Accéder au contenu principal

Manger aux mythes

Le temps passe. Voilà que Mythe & Super-héros va être réédité. Si le temps se maintient, ce ressort en septembre, neuf ans après sa première parution. Ça ne rajeunit personne, et moi moins que quiconque. Et remettre le nez dedans me colle un coup de vieux aussi. Je me souviens de mon état d'esprit en l'écrivant. Si ça faisait 20 ans que je pondais plus ou moins régulièrement des articles concernant les comics et les super-héros, écrire tout un bouquin sur le sujet, c'était une autre paire de manche. J'étais dans mes petits souliers.


 



Et puis il est sorti, il a plutôt bien marché, m'a valu une petite notoriété et une vague aura d'expert auprès des médias, et puis j'en ai écrit d'autres, et puis, et puis…

Et puis les défauts de celui-ci ont commencé à me travailler un peu. Il y avait des choses dont je n'étais pas satisfait dès avant de rendre le manuscrit, mais que je n'avais pas encore la capacité d'améliorer. Il y avait des manques, gros et petits, qui me sont apparus alors que ma pensée évoluait, ou que je faisais des tables rondes et autres discussions. Des coquilles qui étaient restées.

Je m'étais promis qu'en cas de réédition, je mettrais les mains dans le cambouis. Eh bien nous y voilà. Je dois rendre le texte demain, ça fait plusieurs mois que je bricole dedans, et me voici rendu aux dernières phases de relecture et de peaufinage. Et je débusque encore des trucs. Des répétitions, des coquilles, une petite erreur factuelle (d'autant plus drôle que plus loin dans le texte, je donne l'information correcte). Le gros du boulot, il est fait. J'ai déplacé des chapitres, refait des transitions, rajouté des choses, effectué des coupes de taille variable.

C'est le même bouquin, mais plus tout à fait quand même. Certaines choses se tiennent beaucoup mieux. Des considérations qui pouvait sembler tomber un peu comme un cheveu sur la soupe se retrouvent désormais intégrées à un raisonnement global, ce qui aurait dû être le cas dès le début.

Bref, l'occasion d'améliorer le truc, et de remettre le nez dans des machins qui piquent vraiment. Ça valait le coup de nettoyer tout ça.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Pollution sonore

Vous savez ce qu'il existe de pire que les télé-réalités où des gens superficiels essaient de faire de l'introspection sur leurs sentiments avec un vocabulaire que même un CRS trouverait pauvre ? Les mêmes, mais traduites. Là on touche au sublime. La télé-réalité c'est toujours un truc qui m'a mis mal à l'aise, même à l'époque de The Real World sur MTV, à une époque où la télé était dans la pièce où je bossais, et où je mettais en fond soit une chaîne info, soit MTV. C'était il y a plus de vingt ans et c'est la dernière période de ma vie où j'ai été vaguement à jour sur ce qui se faisait en termes de musique. Bon, l'arrivée de The Real World a plus ou moins coïncidé avec celle de la RnB et j'ai décroché de MTV, puis globalement de la télé. Je ne regarde quasi plus d'émissions classiques, seulement des films, des séries et des documentaires. Résultat des courses, je suis à la rue sur tous ces trucs. Mais parfois, notamment pendant les vac...

Tombent les renards en feu

Ça faisait des années que j'utilisais et que je défendais Firefox, ce navigateur internet qui est le très lointain héritier de l'antédiluvien Netscape. L'outil était puissant, rapide, efficace, des lieux devant l'immonde Explorer. Mais depuis les mises à jour de cet été, tout déconne. Gestion du Java complètement aléatoire, persistances d'affichage anormales, perte de la prise en compte de balises HTML pourtant classiques... Et à chaque nouvelle mise à jour, je me prends à espérer que ces problèmes seront réglés, et à chaque nouvelle mise à jour, c'est pire. Tout se passe comme si la Mozilla Corporation, éditeur du logiciel, était devenue Microsoft de la grande époque. Firefox 6.0 sur Mac, c'est un merdier total. Et la version 5, sortie deux mois plus tôt, déconnait déjà dans les grandes largeurs. J'envisage très sérieusement de passer à un autre navigateur. Je n'aime pas ça : j'ai mes habitudes, mes paramétrages, mes kilos de signets, et il v...

Mangé aux mythes

Bon, je sue sang et eau pour finir dans les délais la rédaction de Mythe et Super-Héros , mon ouvrage à paraître chez les Moutons Electriques. Et puis je me suis avisé qu'il faudrait que je commence à réunir l'iconographie, aussi. Depuis ce matin, je scanne, je cherche, j'épluche. Et j'adore. Mais c'est du boulot, la vache, j'aurais pas cru à ce point.

Le Fils du Retour

J'étais allé traîner mes bottes dans une grande surface culturelle, une de celles dont le nom évoque une vieille chanson de Louise Veronica Ciccone, même pas pour y acheter des trucs, c'était sur le chemin d'une grande surface de bricolage où j'avais des trucs à récupérer d'urgence pour plier des travaux chez moi. Bref. Une jeune libraire était en train de ranger des trucs dans un rayon et de mettre un peu d'ordre (je sais pas si vous avez remarqué, mais en librairie, la plupart des clients semblent physiquement incapables de remettre un bouquin à l'endroit où ils l'ont pris pour le feuilleter, ce qui fait que n'importe quel rayon tourne au boxon en quelques heures dès lors que des gens passent devant, c'est ce ce qu'on appelle le Second Principe de la Littérodynamique ). J'en étais à remarquer que les éditions Bragelonne sortent du Robert E. Howard en mode rafale et qu'il va falloir que je rattrape mon retard en la matière. Le Bran M...

C'est dans les vieilles soupes qu'on fait les meilleures lectures

C'est marrant, en ce moment, je me fais une cure de vieux bouquins, parfois en rééditions, parfois en exhumations de derrière mes étagères, ou en récupérations dans des bacs à vils prix. J'ai pourtant pas mal de trucs récents sur ma pile des "à lire", pile aux dimensions de plus en plus conséquentes, mais il y a des moments, comme ça. C'est une question d'humeur. Besoins de lectures à papa… Voire à grand-papa. J'ai fait une cure de Mickey Spillane, par exemple. C'est pas fin, vous me direz. C'est pas ce qu'on lui demande non plus, je vous répondrai. Là, c'était En quatrième vitesse , le premier Mike Hammer. Où l'on voit que Frank Miller a une dette importante (il ne s'en est jamais caché) envers Spillane. Ce ouiquainde, je suis en plein dans Seul contre la Légion , de Jack Williamson. Ça, c'est du bon vieux space opera pulpesque. C'est à peu près contemporain du cycle des Fulgur, de E.E. Doc Smith, pour situer. Bon, c'es...

Sale année pour le futur

Entre Ray Bradbury qui a passé l'arme à gauche avant  les vacances, Roland C. Wagner mort plus tôt ce mois-ci et Neil Armstrong décédé hier soir, on peut dire que ça va mal pour le futur. Notre futur se meurt à mesure que ceux qui le rêvent ou l'incarnent tirent la révérence et se retrouvent enfermés dans un passé figé. Vous noterez que je n'inclus pas Steve Jobs dans les incarnations du futur. Le futur vendu par Jobs (et Zuckerberg et les autres de cet acabit), en fait, il ne m'intéresse pas tellement, je le considère même comme une escroquerie : l'iphone et fèces-bouc, ce n'est pas le futur, c'est le culte de l'immédiateté, c'est l'enfermement dans le présent, justement, avec juste un petit vernis technophile qui, sur le fond, était déjà moisi à l'époque du futurisme italien. C'est baisser la tête pour voir ses messages inutiles genre "je like" ou "kikoulol", alors que Ray Bradbury et Roland C. Wagner nous forçai...

Juste une mise au point, par souci d'urbanité

Alors au fil de questions qui reviennent, et maintenant qu'il y a des communiqués officiels, je peux donc le dire à présent : oui, je fais partie de l'équipe de traducteurs réunie par Urban Comics , le label du groupe Média Participations qui reprend l'édition des DC Comics en France à partir de 2012. Il y a de beaux livres qui se préparent, c'est clair. L'équipe éditoriale, ce sont des gens qui aiment le comics. Qui ont envie de faire quelque chose de durable, de solide, avec de chouettes bouquins. Les premières annonces donnent un avant goût de leur démarche, je pense, permettant d'assurer la continuité, mais aussi de revenir sur l'imposant patrimoine DC. Pour un peu, j'ai l'impression de me retrouver dans ce bouillonnement qu'il y avait chez Semic au moment où on lançait les Semic Books, ou on tentait Birds of Prey et Génération DC . Que de souvenirs. Il y a un peu la même énergie. La différence, c'est que leur hiérarchie à l'air de...

Tiens, ça faisait longtemps...

Que je n'avais pas mis en ligne un nouvel extrait du tome 2 de Crusades (La Porte d'Hermès, par Izu, Nikolavitch et Zhang Xiaoyu, mais ça vous le saviez probablement déjà). Voilà, c'est chose faite !

Le super-saiyan irlandais

Il y a déjà eu, je crois, des commentateurs pour rapprocher le début de la saga Dragonball d'un célèbre roman chinois, le Voyage en Occident (ou Pérégrination vers l'Ouest ) source principale de la légende du roi des singes (ou du singe de pierre) (faudrait que les traducteurs du chinois se mettent d'accord, un de ces quatre). D'ailleurs, le héros des premiers Dragonball , Son Goku, tire son nom du singe présent dans le roman (en Jap, bien sûr, sinon c'est Sun Wu Kong) (et là, y aurait un parallèle à faire avec le « Roi Kong », mais c'est pas le propos du jour), et Toriyama, l'auteur du manga, ne s'est jamais caché de la référence (qu'il avait peut-être été piocher chez Tezuka, auteur en son temps d'une Légende de Songoku ).    Le roi des singes, encore en toute innocence. Mais l'histoire est connue : rapidement, le côté initiatique des aventures du jeune Son Goku disparaît, après l'apparition du premier dr...

Ceux qui vont rester vous saluent bien

Une discussion récente autour de The Leftovers , la série écrite par Damon Lindelof, m'a conduit à expliciter un ou deux trucs. Et comme ça prolonge une réflexion que j'avais entamée dans Apocalypses ! Une brève histoire de la fin des temps (encore une toute petite poignée d'exemplaires dispo chez un éditeur évoquant Méchoui 100.000 volts, profitez-en tant qu'il en reste), je me suis dit que j'allais remettre ça en forme et vous l'expliciter. Ça faisait un certain temps que pas mal de gens me disaient le plus grand bien de The Leftovers . Ça m'embêtait déjà parce que c'est signé Damon Lindelof. Et déjà, ça me ferait mal que ce type-là fasse quelque chose de bien dans sa vie. De "pas pourri", pourquoi pas. Mais de bien, c'est comme imaginer qu'Eric Ciotti puisse un jour dire un truc intelligent, dire que c'est de la science fiction serait insulter gravement la science fiction. Mais pour les besoins de la démonstration, on laissera...