Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du avril, 2020

Les Zi-as

Hop, deuxième épisode, suite du précédent, consacré cette fois-ci aux IA, publié dans le même supplément numérique à Fiction. ici aussi, l'illus est de Gewll Intelligence Artificielle  Les mains dans le cambouis, la tête dans les étoiles « J'ai peur, Dave » lâchait au bout du compte le superordinateur Hal 9000 au moment où l'astronaute David Bowman le lobotomisait sans pitié aucune (désolé de vous avoir spoilé la fin du film au passage). Ce cri pathétique est autant destiné à son bourreau qu'au spectateur : il s'agit de faire comprendre que malgré sa froideur, malgré sa logique, malgré ses crimes, Hal n'est pas si différent de nous, que s'il présente une différence de nature matérielle, spirituellement c'est beaucoup moins tranché. Il peut sembler redondant de se livrer dans ces colonnes à une petite réflexion sur l'intelligence artificielle si peu de temps après avoir y évoqué le robot, tant les deux problématiques sont liées. Mais

Ro-beau

Tiens, une nouvelle petite rediff d'un papier écrit pour la revue Fiction, mais qui n'aura pas eu les honneurs de la version papier, seulement d'un supplément en numérique  pour les souscripteurs. Du coup, c'est cadeau. J'ai aussi sous le coude un autre papier sorti dans les mêmes condition et qui complète celui-ci en évoquant l'intelligence artificielle. Je vous le colle prochainement sous les mirettes. Les illus sont de Gewll, dont le blog Du côté des Méduses est un plaisir pour les yeux, mais n'est plus actualisé depuis un bail. Si tu passes encore dans le coin, mec, file de tes nouvelles ! Robot (les mains dans le cambouis, la tête dans les étoiles) « On n’est pas des robots », cri de guerre de tous les travailleurs exploités de notre monde. Qui feraient mieux de réviser leurs cours de langue tchèque, vu que précisément, si : le robot, c’est étymologiquement « celui qui travaille », et c’est pour ça que Karel Čapek a donné ce nom aux personn

Dans l'abîme du confinement

Ah, encore une petite interview, donnée cette fois-ci à la Miskatonic Asso , chez qui je devais intervenir en octobre prochain pour une conférence et un atelier, sauf que la désorganisation liée au confinement a conduit a reporter l'évènement (et j'en suis malade, y avait plein de gens que j'apprécie qui devaient être là) (tout comme le Salon de l'Ivre, prévu hier soir à la Brasserie de l'Être, lieu où je finis par avoir mes habitudes, a été par la force des choses annulé aussi). Bref. On  y cause essentiellement Lovecraft, mes publications sur le sujet et autres projets en cours (le roman chez Leha, la traduction chez Mnemos).

Continuité pédagogique

On se demande pourquoi, Madame Lavitch préfère que ce soit moi qui fasse bosser l'Histoire à la petite. Genre comme si j'y connaissais quelque chose. Bref, là, dans les trucs transmis par la maitresse, y avait un cours sur la Troisième République. Et donc, je lui ai fait décortiquer les pages envoyées par internet. Quelle ne fut pas pas surprise de découvrir qu'une bonne demi page était consacrée à la Commune. Il faut savoir que, quand j'avais l'âge de la miss (ça ne me rajeunit pas), la Commune était pas un truc qu'on étudiait à l'école. Je me souviens qu'il avait été question du Siège de Paris, avec une zoulie gravure de Gambetta montant à bord de son ballon, et puis on passait à Jules Ferry et ensuite à la Première Guerre Mondiale. Même en Troisième, on n'a pas fait la Commune, alors en CM2, c'était même pas pensable. D'ailleurs, j'imagine mal à présent ma maitresse de l'époque, une bonne femme un peu réac, s'étendre sur c

Jailhouse rock around the clock

Peut-être à cause du confinement, peut-être à cause de recherches que j'ai eu à faire sur Blackgate, la prison de Gotham, j'ai été pris d'une envie subite de revoir The Rock , un peu comme on est pris d'une envie de pisser après trois bières de trop.    N'y va pas, malheureux ! Tu sais que tu te fais du mal ! Ceux qui me connaissent savent que je ne goûte guère le cinéma de Michael Bay, ni l'ambiance Bruckheimer en général. J'aime bien les films d'action, hein, mais il y a chez Bay un je ne sais quoi (en fait, si, je sais très bien, ça va même être l'objet de cette notule) qui me fout de travers à chaque fois. Pourtant, je gardais un relativement bon souvenir de The Rock , vu à l'époque ou peu après (je crois me souvenir qu'un pote m'avait prêté la K7, c'est dire si ça ne nous rajeunit pas), que j'avais pris pour ce que c'était : un truc bas du front mais distrayant avec un chouette casting (oui, en vrai je l'aime

Choisis ton camp esthétique, camarade

Y a de ça un an (que ça me semble loin), j'ai eu à bosser avec des élèves de troisième sur l'entre-deux guerres, la propagande et plus généralement la culture de l'image. L'idée était de les préparer à une épreuve du brevet, qui mêlait histoire de l'art, histoire tout court, français et arts plastiques. Parmi la foule de documents qu'on nous proposait, j'en avais choisi deux pour qu'on les analyse un peu en profondeur, une peinture d'Otto Dix et une affiche nazie. Le résultat ne m'a pas tellement surpris, mais je l'ai trouvé riche d'enseignements. Le portrait de Sylvia von Harden leur a profondément déplu, de façon assez épidermique. Par contre, l'esthétique de l'affiche (et ils étaient parfaitement conscients que le sujet n'était pas forcément aimable) leur convenait beaucoup plus, employait des codes qui leur étaient plus accessibles et plus agréables. Et donc, on a travaillé là-dessus, et sur l'intentionna

Chronique des années de Peste, livre 6

Je profite des rues vides, le soir, pour marcher un peu. Ça m'est devenu indispensable. Papier dûment rempli en poche, je photographie les couchers de soleil et l'obscurité qui envahit peu à peu les venelles de la vieille ville. Ça me permet pour un instant, pour un instant seulement, comme dirait l'autre, d'oublier le brouhaha du monde. Les chats reprennent possession des rues. Les canards prennent la confiance et s'aventure dans des endroits où on ne les voit jamais. J'ai même rencontré un héron qui, quand il s'est aperçu que je le regardais, a filé sans mot dire, mais peut-être pas sans me maudire. Après tout, j'avais fracassé sa tranquillité retrouvée. J'ai assisté à un embouteillage entre deux voitures, un pizzaïolo et un uber-eats qui cherchaient une adresse dans le même dédale étroit. Quand d'aventure je croise quelqu'un, on s'écarte 20 mètres avant d'arriver au contact et on se fait signe silencieusement

En attendant le Mitan

Ah, une ch'tite n'interviou à propos des Canaux du Mitan, mon bouquin schrödingerien qui est sorti/pas sorti tout en même temps. Pour ceux qui voudraient le lire pendant le confinement, il est possible de le commander en numérique sur le site de l'éditeur . Par ailleurs, j'ai un petit souci d'interface sur le blog, avec des difficultés à faire s'afficher les anciens articles en page d'accueil. S'il y a des spécialistes de blogger parmi vous, n'hésitez pas à venir me faire part de vos lumières en commentaire. PS : visiblement, ça remarche, sur le blog…

Manger aux mythes

Le temps passe. Voilà que Mythe & Super-héros va être réédité. Si le temps se maintient, ce ressort en septembre, neuf ans après sa première parution. Ça ne rajeunit personne, et moi moins que quiconque. Et remettre le nez dedans me colle un coup de vieux aussi. Je me souviens de mon état d'esprit en l'écrivant. Si ça faisait 20 ans que je pondais plus ou moins régulièrement des articles concernant les comics et les super-héros, écrire tout un bouquin sur le sujet, c'était une autre paire de manche. J'étais dans mes petits souliers.   Et puis il est sorti, il a plutôt bien marché, m'a valu une petite notoriété et une vague aura d'expert auprès des médias, et puis j'en ai écrit d'autres, et puis, et puis… Et puis les défauts de celui-ci ont commencé à me travailler un peu. Il y avait des choses dont je n'étais pas satisfait dès avant de rendre le manuscrit, mais que je n'avais pas encore la capacité d'améliorer.

Fiat Lux, et avant ?

C'est assez idiot, les questions qui peuvent m'assaillir quand je me pose deux minutes pour souffler. Mais ça tombe bien, aujourd'hui c'est Pâques (Pâques Vobiscum, d'ailleurs, comme on dit) (comme on devrait dire) et c'est l'occasion de vous infliger une de ces homélies un peu pétées, un peu "janséniste-punk" dont j'ai le secret. Hier soir, par exemple, je suis revenu sur ce vieux problème de théologie (et que les théories relativistes du Big Bang ont posé en d'autres termes) : avant la création, qu'y avait-il ? Alors, plus précisément, avant le Fiat Lux, le "et Dieu dit : que la lumière soit, et la lumière fut", était-il dans le noir ? Alors, dit comme ça, ça a l'air effectivement un peu idiot. Ça l'est d'ailleurs probablement. La question de l'avant s'est toujours posé, comme en témoigne Saint Augustin dans Les Confessions : "Je vais répondre à cette demande : Que faisait Dieu avant de cré

Parc à thème

J'en avait causé ici , je suis assez fasciné par la manière dont mon subconscient réinvente la géographie d'une façon à la fois fantaisiste et cohérente. Les lieux que je visite en rêve sont toujours déformés, mais toujours de la même façon.   Illus de Moeb, qui colle un peu à mon propos du jour et puis c'est un classique alors je vous refais votre culture pour le même prix Dans mon rêve de cette nuit, par exemple, après des péripéties malencontreuses (je devais retrouver une amie, la police nous demande nos attestations de déconfinement, nous sautons dans un bus et nous parvenons à nous perdre l'un l'autre alors que nous sommes dans le MÊME bus), je me retrouvais dans le quartier de mon adolescence, un quartier qui a beaucoup changé depuis mon départ il y a… pfouuu… trop longtemps, ça ne rajeunit pas. Très curieusement, ma géographie onirique a pris en compte certains de ces changements, notamment la station de tramway qui a ouvert à côté de la gare. M

En avril, ne te découvre pas fébrile

Bon, il parait que l'aventure est au coin de la rue, mais en ces temps de confinement, encore faut-il y accéder, au coin de la rue. Mais c'est l'occasion, du coup, de vivre des aventures passionnantes (ou qu'on tente de rendre telles) dans sa propre cuisine. D'où toutes ces vidéos qui jaillissent depuis quelques semaines dans lesquelles les gens apprennent à faire du pain, etc. Et puis il y a moi, dont la vie quotidienne a un petit quelque chose de film avec Pierre Richard. Donc de vraies aventures, mais avec toujours un petit côté navrant. Ceux qui me connaissent savent que je carbure au café. Du coup, la cafetière à la maison tourne pas mal, et la quête du détartrant parfait, dans mon patelin où l'eau est calcaire, est l'aventure de ma vie. Mais ce n'est pas de cette aventure là que je souhaitais vous entretenir dans cette homélie déjà longuette et, on va pas se mentir, relativement dépourvue d'intérêt. Hier, peu avant midi, je constate

Désert

Non, ce titre n'a pas grand rapport avec les rues, en ces temps d'incertitude. C'est celui d'une de mes toutes premières nouvelles achevées, un truc qui se voulait vaguement (très vaguement) lovecraftien. Je travaillais plus les ambiances que le fond, à l'époque, et je ne suis même pas sûr que ça ait tellement changé, en fait. C'est resté inédit depuis lors. Bon, plutôt que de le laisser trainer dans mes tiroirs, hein… Désert Ce soir, je tente à nouveau de faire le point avec le petit octant que m’a laissé Michaelson. Je manque terriblement de pratique et j’ai les mains qui tremblent, alors je recommence deux fois. Debout au milieu de l’étendue de sable blanc, je fixe les étoiles avec le petit instrument de cuivre. Puis je note mes résultats avant de les comparer aux éphémérides. J’inscris encore une série de chiffres, plus proche aujourd’hui de ce nombre idéal que je m’efforce d’obtenir depuis des jours. Tellement plus proche… Au matin,