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Romulus et Rémus sont dans un vaisseau

 Comme il y a des domaines sur lesquels je suis toujours un poil à la bourre, j'ai enfin vu Alien : Romulus. J'avais eu l'intention d'y aller en salle, mais pour des problèmes d'emploi du temps, ça ne s'était pas fait. Et de toute façon, vous le savez si vous me lisez depuis longtemps, j'avais signé l'avis de décès de la licence Alien il y a déjà quelques années.


Bon, hier soir, après avoir passé quelques heures en recherches perso sur des sujets obscurs (le proto-canon paulinien de Marcion, ça vous parle ? Probablement pas), je me suis calé devant la télé, et en fouillant dans les menus des plateformes, je suis tombé sur Romulus et je me suis dit : allez. Y a quinze jours, en faisant la même démarche, j'étais tombé sur le documentaire de Werner Herzog sur Bokassa. Pas exactement le même délire.

Je ne m'attendais pas à grand-chose. J'avais vu passer des critiques pas très sympa. Ceci dit, les bandes annonces m'avaient fait envie : décors et éclairages semblaient chouettes et, ce que j'attends déjà d'un film Alien, c'est une ambiance marquée.

Je ne connaissais pas du tout le taf de Fede Alvarez, le réalisateur et co-scénariste, tout au plus savais-je qu'il avait repris Evil Dead. Bon, va falloir que je me penche dessus, parce que je trouve qu'il fait plutôt bien le taf. L'ambiance est là. Le gars a fait ses devoirs, il essaie d'être cohérent dans les aspects visuels de l'univers, en reprenant les décors et la signalétique de Ron Cobb. Gros bon point. Il essaie d'être raccord aussi en termes de scénario. Il intègre les apports de Prometheus et Covenant au niveau de la biologie de la créature et parvient... à ce que ce soit pas débile. Tour de force.

 Après, est-ce que ça apporte quelque chose à la saga ? Ben, pas vraiment. C'est anecdotique, bien foutu mais anecdotique. L'acteur qui fait Andy l'androïde est très bon. L'animatronique de Ian Holm, même si sur le principe, je suis pas hostile, ben c'est pas fifou.

 

On sent qu'Alvarez a fait ses devoirs : on revient sur l'aspect très "O'Bannon" avec des prolos en galère, employés comme chair à canon par la compagnie, mais il y a souvent un côté scolaire à faire des références gratuites à des lignes de dialogue, voire à des scènes entières,  des films précédents. Quand c'est le Holm qui fait "vous avez toute ma sympathie", ça passe, on se dit qu'il a des routines vocales de ce genre. Quand c'est Andy qui lâche un "you bitch", c'est gratuit et ça tombe à plat. La bestiole finale, ça renvoie à un élément que je trouvais déjà raté dans le film de Jeunet, et qui n'est pas assez développé ici pour être vraiment intéressant.

 

C'est là que se pose la distinction entre l'exploitation d'un univers détaillé et le fan service. Les designs de Ron Cobb, ça place immédiatement le film dans un contexte temporel et social. Le pistoflingue qui est d'un modèle proche, avec d'autres codes couleurs, que celui d'Aliens, oui, ça se tient. Les lignes de dialogue en forme de clin d'oeil, c'est non. Le jeu sur "It's clobbering time" dans le récent FF était couillon, mais contextualisé et plutôt rigolo. Ici, on est au niveau de certains trucs de la postlogie Star Wars.

Mais je pinaille. Ça m'a fait sortir du truc à chaque fois, mais ça reste du détail, en vrai. Comme je le disais, le film est anecdotique, mais il raconte une histoire bien ficelée, et la raconte plutôt bien. Les personnages sont schématiques, plus que dans certains autres épisodes de la saga, mais ça reste dans la moyenne d'un genre codifié, celui du film de monstre qui les bouffe les uns après les autres.

 

Est-ce que je vieillis ? Est-ce qu'Hollywood est sénile ? Est-ce qu'on en vient à se contenter d'un film bien foutu au prétexte qu'il ne massacre pas son matériau de base, comme je l'avais fait avec Prey, la nouvelle itération de Predator, dont les qualités permettaient de passer sur les nombreux défauts ? Sachant qu'après ce premier Alien de l'ère Disney, ils enchaînent cet été avec cette série que j'évoquais en passant l'autre jour.

La licence n'est pas morte, mais je crois qu'elle est... normalisée. Ça me chiffonne quand même un tantinet. 

Commentaires

Vincent Corlaix a dit…
Tes retours collent au mien, mais je n’irai pas jusqu’à dire que le scénario est bien ficelé. Il regorge de petites et grosses ficelles pour justifier des situations catastrophiques. Souvent les personnages sont justes bêtes. La séquence de la traversée du corridor plein de facehuggers où il faut faire silence est l’un des plus gros exemples. Tout dans ce passage est raté.
Après, esthétiquement il est irréprochable, mais comme tu le soulignes, c’est une fanfiction, et pas un chapitre intéressant de la saga (mais comme tu l’as dit aussi, décidément je ne fais que te citer), la franchise est décédée depuis longtemps maintenant.
Bises.
V.
Alex Nikolavitch a dit…
oui, y a plein de pétouilles de scénar (Le Ian Holm qui n'a pas l'air de se balader pendant les coupures de gravité, etc.) après les persos sont des ados ou pas beaucoup plus vieux, ils sont donc dans la moyenne des personnages de slasher (la bêtise des persos m'avait plus gêné dans Prometheus, par exemple). mais structurellement, le scénar est pas mal construit.

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