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Affichage des articles du 2021

Writever juillet, part 1

 Et c'est reparti pour une fournée de micro-nouvelles 1/Lumière "Entrez dans la lumière", disait souvent l'aumônier du bord. Il avait cessé depuis trois semaines : la trajectoire du vaisseau les amènerait à frôler l'étoile et tous les hublots avaient été occultés depuis qu'un simple reflet au bout d'une coursive avait aveuglé le vieil homme   2/Chaleur La traversée du désert avait été un enfer pour lui. Avec la chaleur, sa peau sécha, se fendilla, se craquela, et commença à tomber en morceaux, qu'il semait derrière lui sur le sable. Enfin, le vent balaya les restes du Golem.   3/Équateur La vitesse de rotation de ce monde était telle qu'il était déformé. La gravité à l'équateur était moitié moindre de celle des pôles. Les Jeux Olympiques étaient donc "équatoriaux" ou "polaires", mais seuls les records des seconds faisaient entrer dans la légende.   4/Rayon L'immense station roue tournait sur elle-même, créant une gravité

Discordant

 Bon, j'en remets vite fait une couche, c'est ce soir que je lis un passage de L'ancelot avançait en armes , mon prochain roman, à paraître début 2022 chez Les Moutons électriques. Les plus sagaces des lecteurs auront comprit qu'il fait suite à Trois coracles cinglaient vers le couchant , sorti il y a deux ans déjà chez le même éditeur.    Là où les Coracles s'attachaient à suivre la carrière d'Uther, chef des Bretons, L'ancelot se déroule une génération plus tard et suit la progression d'un jeune homme se rêvant en guerrier au service de l'héritier de l'épée sacrée Calibourne. Bien entendu, son apprentissage lui réserve quelques embûches. Le lien pour vous connecter, à 19 h ce soir, sur le discord. PS : c'était bien cool, et je filerai le lien du Ripley dès que je l'aurai.

All work and no play (air connu)

 Les journées d'un freelance se ressemblent toutes et pourtant aucune ne ressemble tout à fait aux autres. On bosse toujours pour trois ou quatre clients en même temps, on twiste entre les deadlines avec l'agilité d'un toréador évitant les coups de corne (ou pas), et on essaie de glisser entre deux des projets persos, une vie de famille, voire dans les moments les plus dingues de voir des copains. Là, ce matin, par exemple, j'ai attaqué à sept heures et demie par un boulot sur une traduction copieuse et difficile, que je devrais techniquement avoir finie, sauf que j'ai accepté une autre trad, urgente copieuse et difficile que je pensais pouvoir faire dans les temps. Elle m'a pris le double du temps prévu, donc je me retrouve avec un joli effet domino qu'il va me falloir gérer très vite. Mais cette trad pas encore tout à fait en retard, j'ai dû l'interrompre. On me demandait un raccord sur la précédente (l'urgente), rendue tout dernièrement. Rien

L'infini, l'au-delà, tout ça tout ça

 J'avais du boulot, mais j'ai fait une pause dans l'aprème pour suivre le live du vol suborbital du patron de Virgin. Bien entendu, tout le monde parle de grande première, d'événement, etc. Ce qui n'est pas le cas. Mais ça demeurait intéressant. Alors, pourquoi n'est-ce pas une première ? Parce que grosso modo, ce n'est rien d'autre qu'une version plus glamour (et avec plus de passagers) d'un vol de X-15 comme il y en a eu un paquet depuis les années 60 : une partie des équipages de Gemini et d'Apollo provenaient d'ailleurs de ce programme, et ils étaient passés à la vitesse supérieure parce que si l'US Air Force considérait la limite de l'espace comme étant à 80 km d'altitude, ce n'était pas le cas d'autres agences qui la situaient à 100 km. Nos pilotes demeuraient donc techniquement des aviateurs et pas des astronautes. Par ailleurs, le vol d'aujourd'hui était un vol suborbital, à un peu plus de Mach 3. La vi

Lecture d'été

La semaine prochaine, mardi 13 juillet à 19 h, je ferai une lecture d'un extrait de L'Ancelot avançait en armes , mon prochain roman (bon, il sort début 2022 chez les Moutons électriques), qui fait suite à Trois coracles cinglaient vers le couchant , et est donc la deuxième partie d'une trilogie arthurienne (le troisième sera normalement consacré à Perceval).   Ce sera sur le discord de ma camarade moutonnesque Nelly Chadour, Triskaïdékaphilit, venez nombreux. Edit : j'avais collé par erreur le lien de ma chaîne youtube. c'est corrigé

Obsessions chroniques

 Je me suis dernièrement repris d'une obsession pour le dessin du trop rare Esteban Maroto, dessinateur espagnol surtout connu pour son oeuvre de fantasy. Il a notamment travaillé sur Vampirella, mais aussi sur Red Sonja (encore récemment), adapté en BD la vie de Vlad l'Empaleur et quelques uns des mythes de Cthulhu.     Là, je suis en pleine relecture des Atlantis Chronicles , où il illustre un script de Peter David. Ça a été réédité il y a quelques temps dans un beau volume, que j'ai pris vu qu'il me manquait 1 ou 2 épisodes de la version comics sortie au milieu des années 80. À l'époque, DC vient plus ou moins de rebooter son univers, et travaille à lui donner un passé cohérent. Atlantis Chronicles est donc à ranger à côté de World of Krypton (dessiné par Mignola), The Kents (écrit par Ostrander) ou Books of Magic (écrit par Gaiman), visant à donner une profondeur temporelle aux aventures des super-héros. Le style élégant de Maroto y fait merveille, et son s

Twist again on Arrakis

 En attendant la version de Villeneuve, j'ai remis le nez dans le Dune de David Lynch. Mais pas la version cinéma que tout le monde connaît, avec ses imperfections, ni la version télé (que j'ai et que je n'avais guère aimé, d'ailleurs), mais un fanedit réalisé il y a quelques années. Vous allez me dire que j'aime me faire souffrir. Et en vrai, c'est plus compliqué que ça. Si je suis conscient des nombreux problèmes de ce Dune , j'ai pour lui une grande tendresse. C'est un film qui a ses fulgurances et qui, pour le meilleur et pour le pire, domine encore pas mal notre représentation visuelle de l'univers de Frank Herbert avec son côté profondément baroque. Si Lynch l'a renié plus que par les trois fois réglementaires, bien des moments portent sa patte : le côté dérangeant du Navigateur de la Guilde, les visions prophétiques de Paul, le foetus d'Alia, etc. sont profondément lynchiens. Mais que peut apporter un fanedit de trois heures ? Eh bie

Occupations

 Bon, je m'aperçois que je ne mets pas beaucoup à jour ce blog, ces derniers temps. Faut dire que je suis pas mal occupé, notamment par des ateliers BD avec des jeunes, ce qui est un bon moyen de se ressourcer. Là, notamment, je viens de boucler un gros cycle avec des élèves du collèges du Bois d'Aulne (terriblement marqué par l'actualité l'an passé), et les élèves ont été super. Tous leurs travaux ont été exposés à la médiathèque de Conflans, avec laquelle je travaille très régulièrement. Toujours à Conflans, je rappelle que je suis en dédicace avec mes vieux complices Nelly Chadour, Melchior Ascaride et Nicolas Texier vendredi prochain, le 25 juin, au Tales of Gourmet, sur le Quai des Martyrs de la Résistance. Viendez nombreux. (bon, j'admets, une des raisons pour lesquelles je me fais plus rare, c'est aussi que je vis moyen bien le fait d'entrer de plain pied dans mon deuxième demi-siècle) (plus une rafale de rendez-vous cette semaine, super chouettes, m

Au rendez-vous des gourmets et des histoires de moutons électriques

Petite annonce de service : les dédicaces reprennent peu à peu ! Il y en aura une vendredi 25 juin à 19 heures sur  les quais de Conflans Ste Honorine, avec mes camarades électriques Nelly Chadour, Melchior Ascaride et Nicolas Texier. Sur la terrasse d'un restau qui sert de bonnes bières, de bons burgers et de super pizzas. Que demander de plus ?  

Writever mai, part 2

Mai se termine avec un début de beaux jours, je vais sans doute profiter de juin pour bouger plus. En attendant, voici ma deuxième volée de micronouvelles pour ce mois. 16/Fenêtre La fenêtre de tir du vol vers Triton était étroite, quelques jours seulement, et les engageait ensuite pour 18 mois de vol sans possibilité de demi-tour. D'une main légèrement tremblante, il fit signe qu'il était prêt. La puissance des moteurs le plaqua à son siège.   17/Fuite La station vénusienne aurait pu être un paradis : spacieuse, bien conçue, elle permettait aux scientifiques d'étudier la planète à même le sol. Sans les fuites d'acide sulfurique dans les parois, empuantissant l'air, elle aurait été parfaite.   18/Escalade Ça avait commencé par la pizza au lait de coco, à quoi il avait été répondu par les bouchées à la reine au caramel. Bientôt, les nouvelles recettes devinrent intolérables et le conflit culinaire transalpin quitta les fourneaux pour se régler à l'arme lourde.  

Y a d'la joie

 Bigre. Pour la première fois de puis des mois, je ne suis plus complètement écrasé de boulot. J'ai rendu ces dernières semaines une foultitude de traductions, de textes pour des bouquins divers et de boulots rédactionnels, et si j'ai encore du travail au planning, c'est avec des délais relativement confortables.  On va pas se mentir, ça me fait tout drôle. Mieux encore, comme je me suis fait pfizeriser et que plein de trucs rouvrent, je peux commencer à nouveau à envisager de bouger. Ça tombe bien, j'ai plein de gens à voir (dans le respect rigoureux des gestes barrière, ceci dit). Du coup, j'ai même organisé une séance de dédicaces. Si tout va bien, on pourra se retrouver le 25 juin au Tales of Gourmet , un bar/restau geek de chez moi. C'est 1 rue Bourbon, à Conflans Ste Honorine, ça donne sur les quais de Seine et c'est super sympa. Comme c'était l'occasion de revoir des copains, je ne serai pas là seul, mais les auteurs des Moutons électriques vo

Double-Face

La petite causerie de l'autre jour, enregistrée pour le collectif Oblik, où j'étais invité par Philippe Maïsetti. Ils font un cycle sur le monstre et les figures du mal.   On discute ici de Harvey Dent, alias Double-Face, un des méchants emblématiques de Batman :

Etat des travaux

 C'est dimanche, alors bon dimanche, sous vos applaudissements. Et sous l'influence positive d'une camarade d'écriture (et merci encore), j'ai réussi à reprendre un rythme extrêmement régulier sur mon prochain roman, une suite aux Trois Coracles publiés il y a déjà deux ans. Pour vous mettre l'eau à la bouche, en voici un petit extrait, sorti il y a deux jours de mes papattes et de mon clavier :     Image non contractuelle (c'est du Arthur Pyle*, incidemment) « Lancelot » était le nom qu’il déchiffra avec peine sous un portrait, une fresque malhabile peinte sur un mur blanc, ne lui ressemblant guère, mais mettant en valeur l’arme énorme. Alors qu’il examinait l’image avec incrédulité, une petite foule s’attroupa autour de lui. « C’est lui ! » entendit-il. Les voix se firent brouhaha, puis grondement sourd. Il comprit en saisissant des bribes que ses compagnons du marais étaient passés la veille, et avaient raconté ses exploits le soir au banquet

Ça cause encore dans le poste

Il faut se mettre au goût du jour, et voilà donc que je me retrouve à participer à des podcasts en rafale.   Le premier, pour le compte de l'Association Miskatonic, revient sur les traductions de Lovecraft, et j'y discute avec deux experts, Maxime Le Dain et Christophe Thill :   Le deuxième est une capsule avec la fine équipe de Mana et Plasma, un podcast spécialisé SF et imaginaire. J'y reviens sur un bouquin pas trop connu de GRR Martin, et on y cause aussi de rock et de metal. Y en a un autre à venir bientôt, avec le collectif Oblik, où il sera question de Harvey Dent, alias Double-Face. Et, sur un format plus traditionnel, mon dernier Défi Nikolavitch, sur le site Bruce Lit, revient sur la Snyder Cut. (le précédent revenait sur la parano dans X-Files )

Writever mai, part 1

 Nouvelle fournée de micro-nouvelles, décidément un exercice qui me fait du bien. Par ailleurs, je bouillonne de projets d'écriture, en ce moment, dont des choses à quatre mains dont je vous reparlerai peut-être bientôt. Et deux nouvelles sont sorties ce mois-ci, "Cuisines de la Terre lointaine", dans l'anthologie Marmites & Micro-ondes aux éditions Gephyre , et "L'abomination du Confluent", disponible gratuitement dans l'anthologie Etranges Provinces de l'association Miskatonic .   1/Compte à rebours 3… 2… 1… Zéro ! La sonde se met en mouvement pour quitter l'orbite et traverser la porte stellaire s'ouvrant à l'instant t. Elle est aspirée et disparait. Au sol, le général reprend le décompte. Il sait qu'elle ressortira dans 17 secondes, affreusement transformée.   2/Studio Il appréhendait toujours le moment d'entrer en studio. Vêtu du collant bardé de réflecteur il se plaça devant les capteurs, les laissa prendre ses mesur

À part l'appart

 Dans mon rêve de cette nuit, je venais de m'installer dans un vieil appart, dans un bâtiment de guingois, au fond d'une ruelle tortueuse. J'y accédais par un escalier branlant, et devais me contorsionner pour en passer la porte, pas du tout à mes dimensions, pour découvrir qu'une autre porte, bien plus grande, donnait dans l'escalier principal dont j'ignorais jusqu'alors l'existence, mais que l'agence ne m'avait probablement rien dit pour pas que je me mélange avec certains voisins. J'étais obligé de m'expliquer avec l'un d'entre eux, un petit vieux qui stockait ses bibles dépareillées chez moi et à qui je dus offrir une bière. À mesure que je prenais mes marques, je découvrais des pièces dont on m'avait caché l'existence. Le plafond du salon était fait de briques de verre dépoli, jointoyées au ciment opaque. Elles laissaient passer un peu de lumière, juste assez pour savoir quand quelqu'un se déplaçait au-dessus. On

Passer notre ordi à la machine

 Bon, après quelques années à maintenir mon ancien ordi sous perfusion (le pauvre avait dix ans et tirait sérieusement la gueule), j'ai fini par me rééquiper. Et j'ai fait le grand saut. Constatant que chaque mise à jour majeure de Mac OS me faisait regretter les précédentes, que les nouvelles configurations Apple n'étaient pas extraordinaires par rapport à mes besoins, et qu'il n'était toujours pas question que je passe sous Windows, j'ai été me faire assembler une machine à mes cotes chez un professionnel du coin, avec Linux dessus. Une fois tout bon bazar sauvegardé, j'ai pu mettre en route. Et force est de constater que ça me change la vie. La nouvelle machine réagit au quart de tour, tout est beaucoup plus fluide. Je vais pouvoir me remettre à ma chaine Youtube, d'ailleurs (le montage était un calvaire avec mon ancienne config). Bémol, j'ai plein de raccourcis clavier à réapprendre, mais ça viendra, et il n'a pas été possible de transférer m

Etranges provinces

 Un petit mot pour vous signaler la sortie en numérique du recueil Etranges Provinces , publié par l'Association Miskatonic.  Sous une couverture de Cheapo, il s'agit d'une anthologie consacrée au "régionalisme cosmique" tel que pouvait le pratiquer en son temps un certain H. P. Lovecraft. J'y signe une nouvelle, "L'abomination du confluent", qui même si elle pioche beaucoup dans mon environnement proche et ma vie réelle, n'est PAS autobiographique (d'ailleurs, si ça avait été le cas, je ne serais pas là pour vous en parler, en fait). Donc voilà, c'est en ligne, c'est gratuit, et c'est bien . Bonne lecture à tous ! Il est possible que ça sort sur papier en octobre. Par ailleurs, l'anthologie Marmites et Micro-ondes , à laquelle j'ai également participé avec le texte "Cuisines de la Terre lointaine" sort ces jours-ci chez Gephyre éditions. Rappel, le financement participatif de l'ouvrage Super-héros des Mo

Writever avril, part 2

Hop, mes microproductions de la deuxième quinzaine, toujours selon le même principe, un mot donné sur lequel l'on brode un micro-récit. 16/Paille On n'avait jamais résolu le problème. Malgré les progrès des textures, le plus pratique pour la nutrition dans l'hyperespace restait les godets munis d'une paille. Les fluctuations erratiques de la pesanteur rendaient dangereuses même les barquettes de purée.   17/Toile Avec l'avènement du cinéma holographique, on n'allait plus "se faire une toile". Comme tant d'autres expressions, celle-ci avait disparu, appauvrissant d'autant le langage. et le langage se réduisant, les films (encore un mot qui n'avait plus de sens) y perdirent aussi. 18/Dévorer La bête rôdait, cherchant des proies. Arrivant en ville, elle crut avoir trouvé un terrain de chasse parfait. Les habitants ne l'entendirent pas de cette oreille, et l'initièrent à leur cuisine, frugale et délicate. Depuis, elle les prépare avec m