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Affichage des articles associés au libellé Crom

Au micro

Bon, ça commence à s'accumuler, donc autant que je vous remette ici les épisodes du Legendarium, l'émission que j'anime sur la webradio locale de par chez moi.   L'interview qui a tout lancé Conan le barbare Beowulf Jack Kirby Spécial origines : Alien Cuchullain   Vous noterez que tout cela tourne pas mal autour des mêmes sujets que ce blog. D'une certaine façon, c'en est une extension en audio. J'essaierai de faire des poins réguliers avec les listes de nouveaux épisodes. Merci encore à Olivier, Anouar, Fred et Alex de m'accueillir dans cette chouette équipe ! 

Le pouvoir du faux

Aujourd'hui, j'avais envie de revenir sur deux images très différentes, mais qui m'ont marqué à vie y a très longtemps et pour à peu près la même raison : La première est de Walt Simonson, tirée de Thor 337, premier épisode d'un des meilleurs runs sur le personnage, un des sommets de Marvel dans la première moitié des années 80, au même rang par exemple que les Daredevil de Frank Miller. Ce n'est pas l'image la plus spectaculaire de son run, ni même de l'épisode, d'ailleurs. Mais elle conclut l'histoire de façon poignante. La deuxième, elle est de Frank Frazetta. C'est celle qu'on appelle souvent "le chariot des ours", mais qui était la couverture de Phoenix in obsidian , un roman de Michael Moorcock, pas son meilleur et de loin (la couve a plus marqué que le bouquin, c'est pas peu dire), sorti chez nous sous le titre Les guerriers d'argent . Qu'est-ce qui rapproche selon moi ces deux images que tout oppose dans le cad...

Something dark this way comes

Je venais de sortir de chez moi au pas de course parce que j'avais un cours à donner lorsque j'ai reçu un coup de fil : non loin, le postier ne parvenait pas à rentrer un colis dans la boîte. J'ai fait demi-tour, réceptionné le colis, et je n'ai pu l'ouvrir qu'à mon retour (j'ai réussi à ne pas être à la bourre, ouf). Dedans, ceci : Le Elric, c'est ma nouvelle traduction. Le Slaine, je n'ai hélas pas bossé dessus, mais je l'attendais de pied ferme. Ce qui est intéressant, dans ces deux bandes dessinées, c'est qu'elles ont un lien. Subtil, certes, mais un lien quand même. La Cité qui Rêve , sorti au tout début des années 80, adapte une nouvelle de Michael Moorcock parue une vingtaine d'années plus tôt, celle qui lançait le cycle d'Elric le Nécromancien et avec lui la Dark Fantasy en tant que genre. Peu de temps auparavant, l'auteur anglais avait créé Sojan le barbare, un décalque de Conan en un peu plus baroque. Un éditeur lui ...

Da-doom

 Je me suis ému ici et là de voir que, lorsque des cinéastes ou des auteurs de BD adaptent Robert E. Howard, ils vont souvent piquer ailleurs dans l'oeuvre de celui-ci des éléments qui n'ont pourtant rien à voir. L'ombre du Vautou r, et Red Sonja, deviennent ainsi partie intégrante du monde de Conan à l'occasion d'un comic book, et Les dieux de Bal Sagot h subissent le même traitement dans Savage Sword . De même, ils vont développer des personnages ultra-secondaires pour en faire des antagonistes principaux. C'est ce qui arrive à Toth-Amon , notamment.  Sienkiewicz, toujours efficace   Mais un cas ultra emblématique, à mon sens, c'est Thulsa Doom. Apparu dans une nouvelle de Kull même pas publiée du vivant de Howard, c'est un méchant générique ressemblant assez à Skull Face, créé l'année suivante dans une histoire de Steve Costigan. Les refus sur Kull ont toujours inspiré Howard : la première histoire de Conan, c'est la version remaniée de la der...

Trop de la Bal

 Bon, parmi les petits plaisirs angoumoisins, hormis les moments passés avec des amis et amies qu'on voit trop peu, hormis les bouteilles, hormis les expos d'originaux, il y a aussi fouiller dans les bacs. C'est ainsi que j'ai mis la main à vil prix sur un Savage Sword of Conan dans la collection Hachette. Je dois avoir dix ou douze de ces bouquins réimprimant au départ les aventures des années 70, publiées à l'époque en noir et blanc et en magazine, du célèbre Cimmérien de Robert E. Howard, souvent pris pour lire dans le train, quand j'en chopais un à la gare. Autant dire que ma collection est salement dépareillée. Mais comme ce sont à chaque fois des récits complets, ça n'a guère d'importance. En fait, c'est typiquement la série dans laquelle vous pouvez taper au pif sans trop de risque de déception.      Celui-ci, le n°5, je m'en voulais de l'avoir raté et je n'avais pas réussi à remettre la main dessus par la suite. Graphiquement y a...

Obsessions chroniques

 Je me suis dernièrement repris d'une obsession pour le dessin du trop rare Esteban Maroto, dessinateur espagnol surtout connu pour son oeuvre de fantasy. Il a notamment travaillé sur Vampirella, mais aussi sur Red Sonja (encore récemment), adapté en BD la vie de Vlad l'Empaleur et quelques uns des mythes de Cthulhu.     Là, je suis en pleine relecture des Atlantis Chronicles , où il illustre un script de Peter David. Ça a été réédité il y a quelques temps dans un beau volume, que j'ai pris vu qu'il me manquait 1 ou 2 épisodes de la version comics sortie au milieu des années 80. À l'époque, DC vient plus ou moins de rebooter son univers, et travaille à lui donner un passé cohérent. Atlantis Chronicles est donc à ranger à côté de World of Krypton (dessiné par Mignola), The Kents (écrit par Ostrander) ou Books of Magic (écrit par Gaiman), visant à donner une profondeur temporelle aux aventures des super-héros. Le style élégant de Maroto y fait merveille, et son s...

Destruction Derby

 Il manquait à mon tableau de chasse un grand classique en conaneries : Conan le Destructeur , suite mal aimée du film de John Milius, avec toujours Arnold Schwarzennator dans le rôle titre. J'avais dû le voir lors d'un passage télé du temps de ma jeunesse folle, et j'en avais oublié la plus grande partie, hormis la rencontre avec Grace Jones et le pétage de miroirs. Il devenait donc urgent que je m'y frotte à nouveau, et c'est chose faite. J'aurais été malin, j'aurais revu ce film avant le Red Sonja/Kalidor dont je vous causait y a pas si longtemps . Mais bon, je n'ai pas été malin sur ce coup. Donc… Donc, Conan the Destroyer , de Richard Fleischer, accessoirement le fils de Max du même nom, qui n'était pas un Mickey pour faire de la belle image qui bouge, ne jouit pas de la même réputation que l'épisode précédent. Fleischer, rappelons-le, a beaucoup donné dans le film d'aventures en costume, bien premier degré, dont les Vikings avec Kirk D...

Motion Pictes

 Je reviens quand même assez souvent sur Robert E. Howard dans ces colonnes. J'ai pas mal parlé de Red Sonja , et encore dernièrement , souvent de Conan , et j'avais causé des adaptations de Solomon Kane et de Kull . Mais je ne crois pas avoir évoqué un autre héros de Howard, un peu moins connu, qui est Bran Mak Morn. Héros d'une poignée de nouvelles publiées dans Weird Tales , Bran est donné comme le "dernier roi des Pictes" et mène une résistance désespérée contre les Romains. Il est l'illustration des idées d'Howard voyant le barbare comme plus noble que les civilisés (conception qui lui vaudra d'ailleurs quelques passes d'armes épistolaires avec son camarade Lovecraft, qui lui se plaçait résolument dans le camp des Romains). La fin de ses aventures a d'ailleurs quelque chose de lovecraftien : elle voit le roi invoquer d'immondes créatures, les "Vers de la terre" pour venger ses compagnons, sachant qu'il risque d'y lai...

Sonja la rousse, Sonja belle et farouche, ta vie a le goût d'aventure

 Je m'avise que ça fait bien des lunes que je ne m'étais pas penché sur une adaptation de Robert E. Howard au cinoche. Peut-être est-ce à cause du décès de Frank Thorne, que j'évoquais dernièrement chez Jonah J. Monsieur Bruce , ou parce que j'ai lu ou relu pas mal d'histoires de Sonja, j'en causais par exemple en juillet dernier , ou bien parce que quelqu'un a évoqué la bande-son d'Ennio Morricone, mais j'ai enfin vu Red Sonja , le film, sorti sous nos latitudes sous le titre Kalidor, la légende du talisman .   On va parler de ça, aujourd'hui Sortant d'une période de rush en termes de boulot, réfléchissant depuis la sortie de ma vidéo sur le slip en fourrure de Conan à comment lui donner une suite consacrée au bikini en fer de Sonja, j'ai fini par redescendre dans les enfers cinématographiques des adaptations howardiennes. Celle-ci a un statut tout particulier, puisque Red Sonja n'est pas à proprement parler une création de Robert H...

Le slip en peau de bête

On sait bien qu’en vrai, le barbare de bande dessinées n’a jamais existé, que ceux qui sont entrés dans l’histoire à la fin de l’Antiquité Tardive étaient romanisés jusqu’aux oreilles, et que la notion de barbare, quoiqu’il en soit, n’a rien à voir avec la brutalité ou les fourrures, mais avec le fait de parler une langue étrangère. Pour les grecs, le barbare, c’est celui qui s’exprime par borborygmes.  Et chez eux, d’ailleurs, le barbare d’anthologie, c’est le Perse. Et n’en déplaise à Frank Miller et Zack Snyder, ce qui les choque le plus, c’est le port du pantalon pour aller combattre, comme nous le rappelle Hérodote : « Ils furent, à notre connaissance, les premiers des Grecs à charger l'ennemi à la course, les premiers aussi à ne pas trembler d’effroi à la vue du costume mède ». Et quand on fait le tour des autres peuplades antiques, dès qu’on s’éloigne de la Méditerranée, les barbares se baladent souvent en falzar. Gaulois, germains, huns, tous portent des braies. Ou alo...

Two guns Bob

Ça me prend à intervalles réguliers, une petite fringale de lecture de Robert E. Howard, sous diverses formes. Le déclencheur, cette fois-ci, ça a été entre autres la lecture de BDs et de Comics consacrés à Conan le Cimmérien , sa création la plus emblématique, ainsi que celle de la grosse intégrale consacrée à Red Sonja par l'éditeur US IDW, reprenant tous les épisodes écrits par Gail Simone. (c'est vachement bien, d'ailleurs, et la VF commence en octobre, je crois, dans une traduction de Stéphanie Chaptal) (donc je dis d'avance que c'est bien, sinon elle tape). Du coup, j'ai ressorti mes vieux NéO (ils n'étaient pas bien loin, hein, dans une étagère bien visible à côté de la porte de mon bunk bureau), et via des sites d'occase et des échanges avec quelques camarades, j'ai entrepris de compléter plus ou moins mes Howard dans cette vénérable collection. Je n'avais pas, notamment, le Sonya la Rouge , et n'avais jamais lu L'Ombre du Vautou...

Un commencement est un moment d'une délicatesse extrême

Une question que j'ai vu passer l'autre jour portait sur les clichés insupportables dans le premier chapitre des romans de Fantasy. J'avais répondu quelque chose sur les grosses considérations historiques assénant sans recul ni point de vue intéressant les grandes lignes de l'univers et ses enjeux. Ça mérite peut-être un peu de développement. Créer un univers (surtout un univers qui ne s'écroule pas trois jours plus tard, comme le rappelle l'ami Phil) est une tâche écrasante. Cela passe par l'accumulation de notes, et plus ce petit monde sera exotique, plus il y aura d'éléments à produire, du vocabulaire au calendrier, en passant par les chronologies, généalogies, géographies et autres mots en "ie". Bien évidemment, l'auteur aura envie de montrer à ses lecteurs son dur labeur. Mais l'infliger d'un bloc, exiger de son lecteur qu'il apprenne en 5 ou 8 pages ce qu'on a mis parfois un ou deux ans à décanter, c'est peut-être ...

Civilisation perdue

Je perds complètement la notion du temps, en ce moment . C'est déjà un truc sur lequel je ne suis pas bien au clair d'habitude, mais avec le confinement, ça devient effrayant. Savoir quel jour on est demande un effort mental répété. Savoir si tel truc a eu lieu il y a 4 jours ou 3 semaines relève de l'énigme. Bref, quoi de mieux pour illustrer ce délitement du temps qu'une réed d'un texte sur le temps figé, sorti dans Fiction n°20, vers 2015.   Illus de Gewll Civilisation perdue Les mains dans le cambouis, la tête dans les étoiles D'une main tremblante, il tient le bout de parchemin déchiré et à demi effacé qui l'a conduit si loin de tout. De l'autre, il écarte les dernières lianes et chasse un insecte démesuré, à l'allure malsaine, gardien chitineux de cette jungle oubliée. Puis c'est l'épiphanie, de l'autre côté du rideau de verdure : un rayon de soleil frappe les grands temples de pierre, sculptés de formes lo...