Accéder au contenu principal

Aïe glandeur

Ça faisait bien longtemps que je ne m'étais pas fendu d'un bon décorticage en règle d'une bonne bousasse filmique bien foireuse. Il faut dire que, parfois, pour protéger ce qu'il peut me rester de santé mentale, et pour le repos de mon âme flétrie, je m'abstiens pendant de longues périodes de me vautrer dans cette fange nanardesque que le cinéma de genre sait nous livrer par pleins tombereaux.

Et puis parfois, je replonge. Je repique au truc. De malencontreux enchaînements de circonstances conspirent à me mettre le nez dedans. Là, cette fois-ci, c'est la faute à un copain que je ne nommerai pas parce que c'est un traducteur "just wow", comme on dit, qui m'avait mis sur la piste d'une édition plus complète de la musique du film Highlander. Et qu'en effet, la galette était bien, avec de chouettes morceaux qui fatalement mettent en route la machine à nostalgie.

"Fais pas le con, Niko !
Tu sais que tu te fais du mal !"

Et là, c'est le drame. Non, pas le revisionnage du film Highlander de 1986, qui malgré ses déchaînements un peu kitsch reste quand même un sacré morceau de pellicule, avec des combats de première bourre. Et puis avec le Kurgan, aussi, qui reste quand même un méchant complètement démentiel. Revoir Highlander, c'est toujours un plaisir. Petit plaisir coupable, peut-être, mais un plaisir que je ne boude jamais.

Non, le drame, c'est un peu tout le reste de la licence. Et c'est là-dedans que j'ai été me vautrer comme un verrat dans un marigot. J'ai voulu me revoir quelques épisodes de la série télé. Si le démarrage avait été pataud, la série avait su prendre sa vitesse de croisière et créer une mythologie plutôt pas mal fichue, avec les Veilleurs, les Cavaliers de l'Apocalypse, etc. Et, après avoir revu un ou deux épisodes plutôt chouettes, j'ai remis le nez dans le tout début de la série. C'est à dire avant qu'elle ne décante sa mythologie, avant qu'elle n'introduise des concepts, et avant qu'Adrian Paul, qui incarne le McLeod local, n'apprenne vaguement à jouer la comédie. Bref, ces épisodes que, pris à l'époque de leur sortie d'une curiosité malsaine, j'avais tenté de regarder, et devant lesquels j'avais dû tenir dix minutes avant de vouloir m'arracher les yeux. Là, j'en ai revu un ou deux, à tête reposée, et en VO. Et là, je me suis rendu compte des efforts herculéens que faisait Pierre Dourlens (la voix de Salieri) pour donner un peu d'épaisseur à McLeod. En VO, ce dernier adopte un timbre que je ne pourrais qualifier que de schwarzeneggeresque, sans doute pour se donner un style tough guy. C'est juste lamentable.

Mais ce n'est pas avec ça que j'ai touché le fond. Après tout, de la série TV mal branlée, ça demeure de la série TV mal branlée. Non, après, j'ai voulu savoir. J'ai voulu voir un des films de la série que j'avais jusqu'ici évité. Pas le quatrième, Endgame, qui malgré tous ses défauts est plutôt pas si mal foutu, exploitant bien la mythologie de la série TV, et que j'avais vu sur le câble. Pas le deuxième non plus, que j'avais eu le malheur de voir en salle à sa sortie en payant ma place avec du bon argent (mais je vais peut-être tenter la version re-refaite, le troisième montage, par pur vice. Pour ceux qui ne l'auraient pas vu, Highlander II the Quickening est un film tellement mal branlé qu'il a fallu un director's cut qui changeait carrément l'histoire, puis une version remaniée du director's cut pour essayer de sauver le truc. Et essayer, hein, j'ai pas dit réussir). Non, ce que j'ai tenté ces jours-ci, c'était le troisième, celui avec Mario Van Peebles.

Highlander 3, je ne l'avais jamais vu. J'étais tombé sur un passage télé, dont j'avais vu dix minutes un quart d'heure du début, les scènes dans la caverne avec le forgeron illusionniste, que j'avais trouvées plutôt distrayantes et pas si mal foutues. Sauf que j'avais dû m'absenter subitement pour je ne sais plus quelle raison, et que je n'avais jamais vu la suite. Du coup, j'avais vaguement dans la tête l'idée que ce film était moins mauvais que ce qu'on m'en avait dit, et que les gens étaient méchants, se vengeaient sur lui du naufrage retentissant qu'avait représenté le précédent, le lamentable Highlander 2 dont je vous reparlerai un jour ici même parce que les gens ont le droit de savoir. Soit dit en passant, au moins, Highlander 2 avait une justification pas trop en bois au fait qu'il reste des immortels dans la nature alors qu'il ne devait en rester qu'un. Mais ce point précis a toujours été le talon d'Achille de la franchise dans son ensemble : il est toujours difficile de faire une suite à une histoire qui est terminée, et donnée comme terminée sur le plan de son concept même.


Il ne peut en rester qu'un, on vous dit !
C'est pour ça que trois films, c'est deux de trop !

Bref, j'ai déniché une director's cut de Highlander 3, avec notre Highlambert national. Et le début du film était à peu près conforme à mon lointain souvenir, plutôt pas mal, donc.

C'est après que ça se gâte.

En fait, les mauvaises langues, les gens méchants qui disaient pis que pendre de cet opus, étaient encore un poil en dessous de la vérité. C'est pas vraiment un problème cinématographique. S'il y a des faux raccords et des petites pétouilles, ça reste véniel (la scène du combat dans le parking, dans le premier film, présente elle aussi de sérieuses bizarreries de montage, après tout). Non, c'est au niveau de l'écriture que ça coince. Et quand je parle de niveau d'écriture, on doit être à peu près au même étage que Prometheus, à peu de choses près.

Une volonté très nette se dégage de ce scénario : après la tentative malheureuse de Highlander 2 de partir dans d'autres directions, il s'agissait de revenir aux fondamentaux. Les références au premier opus abondent. Pas toujours de façon très cohérente ni légère, mais avec un producteur dont le nom de famille est "Panzer", faut probablement pas trop en demander. En soi, certaines de ces références sont même bienvenues (le flic qui fait le rapprochement avec les autres décapitations survenues à New York quelques années plus tôt). Le problème, c'est d'avoir un méchant qui soit le Kurgan sans l'être. Et donc, le mentor décrit le méchant à peu près dans les même termes que l'autre mentor décrivait le méchant précédent. Et le méchant a à peu près les mêmes origines que le précédent (steppes d'Asie centrale dans les deux cas) (le peuple dit "des Kurgan" ne portait pas ce nom et on ignore comment il s'appelait réellement, mais c'est une peuplade nomade des steppes de l'âge du Bronze, au mode de vie analogue à ceux des Scythes, Huns et autres Mongols des époques postérieures). Ce bégaiement du récit est un peu désagréable, mais c'est toujours le risque quand une série devient un peu formulative.

Le problème, c'est que traiter les deux méchants de la même façon introduit de sérieuses incohérences. Le Kurgan a vécu et voyagé, et a donc eu tout le temps d'apprendre les langues des pays où il sévissait, d'en adopter certaines coutumes, certains vêtements, certains tics, et d'en apprendre les technologies à mesure qu'elles apparaissaient. Sans âge, il traverse les époques et arrive à être du coup toujours de son temps, comme McLeod qui troque son kilt pour un jean et des basket, et sa claymore pour un katana, parce qu'en 1986 on est en plein dans la mode des ninjas. Mais Kane qui dit "t'aurais pu m'écrire" ou "après tout, c'est les années 90", c'est... C'est aussi intelligent, pertinent et bien vu qu'un tweet de Nadine Morano.

Un détail : McLeod, qui était censé avoir passé sa (longue) vie à changer d'identité comme d'autres changent de chaussettes a décidé de reprendre son nom de jeune fille. C'est plus facile, sans doute, ça lui évite de se mélanger les pinceaux. Y a plus que le flic de New York qui l'appelle de son ancien nom d'emprunt. Et en plus, c'est rétroactif aussi : il se faisait appeler McLeod pendant la Révolution.

Kane, le nouveau méchant, est resté prisonnier d'une caverne pendant au moins trois siècles, sans contact avec l'extérieur. Quand il sort, il doit peu ou prou être désorienté. Il est impossible qu'il parle la langue (si jamais il a des notions d'Anglais, il ne peut s'agir que d'un anglais élisabéthain, aussi anachronique que le Français de Jacquouille la Fripouille, sans même avoir l'excuse de la comédie) et encore moins qu'il sache ce qu'est un avion. Il sort de sa grotte au Japon vêtu comme un guerrier mongol de la Horde d'Or (sans que ses cheveux n'aient poussé en quatre siècles, d'ailleurs, mais passons). Son camarade retrouve McLeod dans le sous-sol d'un hôpital à New York, toujours vêtu en médiéval mongol. Comment a-t-il fait pour arriver en Amérique, dont trois jours plus tôt il ne connaissait même pas l'existence ? Mystère. Pas en avion, la douane ne l'aurait jamais laissé passer attifé comme ça. Ma théorie, c'est qu'il a grimpé sur le dos du Godzilla du film de Emmerich. C'est une théorie qui vaut ce qu'elle vaut, mais qui n'est pas plus conne que le scénar de ce Highlander.

Accessoirement, pour en revenir à ce sbire qui ne survit pas à sa confrontation ridicule dans la buanderie, je ne savais pas qu'on recousait les têtes, pour les autopsies. C'est peut-être une coutume new-yorkaise, allez savoir.

Il s'est vite mis au goût du jour en termes de look, ceci dit
rasé sur les côtés, piercing sur les tétons, tatoos,
un vrai méchant de BD de Frank Miller !


Ah, rectification : Kurgan bis ne sait pas ce que c'est qu'une capote. C'est normal, ça n'existait pas en son temps (nonobstant le fait que les égyptiens de l'antiquité connaissaient déjà le principe, sauf que les leurs étaient en boyau de chat). Par contre, il sait ouvrir le sachet, et croit visiblement que c'est un chewing-gum. Chewing-gum qui, au 17ème siècle, n'était peut-être pas inventé, faudra que je vérifie. En tout cas, s'il confond avec de la noix de bétel (ce qui s'en rapprochait le plus, dans le temps en Asie du Sud-Est), c'est qu'il est vraiment baltringue. Mais bon, ça doit être un méchant cool, parce qu'il grogne et tire la langue presque aussi bien que son modèle.

Et ainsi de suite. Et quand nos braves scénaristes ne pillent pas le premier Highlander pour remplir leur histoire en décalquant des personnages (la nana historienne, les flics de New York), ils tapent dans le Dracula de Coppola, sorti peu de temps auparavant, pour introduire une histoire de sosie au travers des siècles permettant à McLeod de sauter sur une nouvelle nana alors qu'il est encore en deuil de la précédente (et qu'on sait que le deuil de celle d'encore avant avait été très, très long). Notons au passage que le gimmick des transitions vers les flashbacks est ici très mal utilisé, alors que Mulcahy avait fait des trucs très élégants. Là, c'est juste forcé, et en plus ça ne sert à rien. Si, à justifier le fait que Highlambert passe à nouveau en mode youpi je cours la gueuse.


Je rêvais d'un autre monde...
Où Hollywood ne ferait pas des suites portenawesques.

Et dans ces flashbacks… Oh putain de merde, mais qu'est-ce qu'il fout là, Bertignac ? J'ai pas rêvé ? (**vérifie sur IMDB**) Si si, c'est bien Bertignac. Je ne vais pas me lancer dans une diatribe sur Téléphone et ses séquelles, mais même si je suis dans la bonne tranche d'âge, je n'ai jamais ressenti la moindre nostalgie pour Téléphone. Peut-être parce que j'écoutais les paroles, je ne sais pas. Enfin bref. Bertignac. Pourquoi pas, après tout. Je m'en fous, en fait. Arrivé à ce stade là du truc, je ne suis plus à ça près.

Les combats sont cool. Bon, par contre, dans les films d'action, normalement, on n'est pas censé montrer les trampolines. Là, si. C'est concept. Les échafaudages, c'est une référence visuelle à Highlander 1. Les trapèzes, un moyen de faire comme dans Mad Max 3. La juxtaposition de l'ensemble, ça fait Highlander Movie des frères Wayans, s'ils avaient fait un Highlander Movie. Je crois que je vais m'arrêter là, en fait, continuer s'apparenterait à un ball trap sur ambulance au mortier de 60, et on n'est pas dans la bande de Gaza ni en Ukraine, ici. Même si on regarde des films qui feraient vomir un bouc.

Donc voilà... J'ai scotché sur Highlander 3 alors que j'avais du boulot. Et du coup, ça m'a donné envie de voir le 5, le direct to video produit par Sy-Fy channel. Je crois que je suis irrécupérable.

Commentaires

brodieman a dit…
En effet, tu es irrécupérable. A ce stade, tu pourrais aussi bien voir une conférence sur l'ésotérisme expliqué au travers des scènes du film 2001 de Kubrik.

Posts les plus consultés de ce blog

Pollution sonore

Vous savez ce qu'il existe de pire que les télé-réalités où des gens superficiels essaient de faire de l'introspection sur leurs sentiments avec un vocabulaire que même un CRS trouverait pauvre ? Les mêmes, mais traduites. Là on touche au sublime. La télé-réalité c'est toujours un truc qui m'a mis mal à l'aise, même à l'époque de The Real World sur MTV, à une époque où la télé était dans la pièce où je bossais, et où je mettais en fond soit une chaîne info, soit MTV. C'était il y a plus de vingt ans et c'est la dernière période de ma vie où j'ai été vaguement à jour sur ce qui se faisait en termes de musique. Bon, l'arrivée de The Real World a plus ou moins coïncidé avec celle de la RnB et j'ai décroché de MTV, puis globalement de la télé. Je ne regarde quasi plus d'émissions classiques, seulement des films, des séries et des documentaires. Résultat des courses, je suis à la rue sur tous ces trucs. Mais parfois, notamment pendant les vac...

Tombent les renards en feu

Ça faisait des années que j'utilisais et que je défendais Firefox, ce navigateur internet qui est le très lointain héritier de l'antédiluvien Netscape. L'outil était puissant, rapide, efficace, des lieux devant l'immonde Explorer. Mais depuis les mises à jour de cet été, tout déconne. Gestion du Java complètement aléatoire, persistances d'affichage anormales, perte de la prise en compte de balises HTML pourtant classiques... Et à chaque nouvelle mise à jour, je me prends à espérer que ces problèmes seront réglés, et à chaque nouvelle mise à jour, c'est pire. Tout se passe comme si la Mozilla Corporation, éditeur du logiciel, était devenue Microsoft de la grande époque. Firefox 6.0 sur Mac, c'est un merdier total. Et la version 5, sortie deux mois plus tôt, déconnait déjà dans les grandes largeurs. J'envisage très sérieusement de passer à un autre navigateur. Je n'aime pas ça : j'ai mes habitudes, mes paramétrages, mes kilos de signets, et il v...

C'est dans les vieilles soupes qu'on fait les meilleures lectures

C'est marrant, en ce moment, je me fais une cure de vieux bouquins, parfois en rééditions, parfois en exhumations de derrière mes étagères, ou en récupérations dans des bacs à vils prix. J'ai pourtant pas mal de trucs récents sur ma pile des "à lire", pile aux dimensions de plus en plus conséquentes, mais il y a des moments, comme ça. C'est une question d'humeur. Besoins de lectures à papa… Voire à grand-papa. J'ai fait une cure de Mickey Spillane, par exemple. C'est pas fin, vous me direz. C'est pas ce qu'on lui demande non plus, je vous répondrai. Là, c'était En quatrième vitesse , le premier Mike Hammer. Où l'on voit que Frank Miller a une dette importante (il ne s'en est jamais caché) envers Spillane. Ce ouiquainde, je suis en plein dans Seul contre la Légion , de Jack Williamson. Ça, c'est du bon vieux space opera pulpesque. C'est à peu près contemporain du cycle des Fulgur, de E.E. Doc Smith, pour situer. Bon, c'es...

Mangé aux mythes

Bon, je sue sang et eau pour finir dans les délais la rédaction de Mythe et Super-Héros , mon ouvrage à paraître chez les Moutons Electriques. Et puis je me suis avisé qu'il faudrait que je commence à réunir l'iconographie, aussi. Depuis ce matin, je scanne, je cherche, j'épluche. Et j'adore. Mais c'est du boulot, la vache, j'aurais pas cru à ce point.

Space jesuit ecolo on the run !

Dans mon rêve de cette nuit, j'étais un Jésuite de l'espace chargé d'étudier l'écologie d'une planète nouvellement découverte. Sauf que des colons avaient accidentellement introduit des espèces terriennes et étaient en train de bousiller l'écosystème, du coup. Au camp de base numéro 4, je me souviens distinctement avoir expliqué à un cosmonaute "les charmes et les lapins se sont magnifiquement adaptés, hélas". Le tout dans un décor insolite et grandiose de forêt extraterrestre dont des morceaux commençaient de plus en plus à ressembler au bois de Meudon, me demandez pas pourquoi. Le truc, c'est qu'en me réveillant, il me semble que cette histoire de jésuite écolo n'est pas qu'une production enfiévrée de mon esprit malade. Il me semble avoir lu un roman de SF dans le genre. J'ai de bons souvenirs du Cas de Conscience de James Blish, du père Carmody créé par P.J. Farmer,et il y a des jésuites dans Hypérion de Dan Simmons. Je précis...

Ultimate power of the Niko

C'est effrayant, quand même, le pouvoir qu'on finit par acquérir sur les gens, sans même le savoir. Dans mon quartier, depuis que les gens savent que "le grand monsieur du 24 dont on se demandait s'il n'était pas au chômage, à force de la voir aller prendre son café au bistrot à n'importe quelle heure, là, eh bien vous savez quoi ? Il fait des livres ! Si, comme je vous le dis !", d'un coup, on me regarde différemment. Et on tend l'oreille quand je dis un truc vaguement intelligent, et on acquiesce d'un air entendu genre "il doit savoir de quoi il cause". C'est un peu comme ça que je m'étais retrouvé bombardé expert sur les bonus d'un DVD de japanime. Ça tombait bien, c'était un super film ( Jin Roh, la brigade des loups ), mais bon, il suffit de voir ma dévédéthèque pour voir que je suis loin d'être une pointure dans ce domaine. Il y a des Oshii, des Ghibli, et sinon deux ou trois trucs dépareillés grattés chez de...

Sale année pour le futur

Entre Ray Bradbury qui a passé l'arme à gauche avant  les vacances, Roland C. Wagner mort plus tôt ce mois-ci et Neil Armstrong décédé hier soir, on peut dire que ça va mal pour le futur. Notre futur se meurt à mesure que ceux qui le rêvent ou l'incarnent tirent la révérence et se retrouvent enfermés dans un passé figé. Vous noterez que je n'inclus pas Steve Jobs dans les incarnations du futur. Le futur vendu par Jobs (et Zuckerberg et les autres de cet acabit), en fait, il ne m'intéresse pas tellement, je le considère même comme une escroquerie : l'iphone et fèces-bouc, ce n'est pas le futur, c'est le culte de l'immédiateté, c'est l'enfermement dans le présent, justement, avec juste un petit vernis technophile qui, sur le fond, était déjà moisi à l'époque du futurisme italien. C'est baisser la tête pour voir ses messages inutiles genre "je like" ou "kikoulol", alors que Ray Bradbury et Roland C. Wagner nous forçai...

Tiens, ça faisait longtemps...

Que je n'avais pas mis en ligne un nouvel extrait du tome 2 de Crusades (La Porte d'Hermès, par Izu, Nikolavitch et Zhang Xiaoyu, mais ça vous le saviez probablement déjà). Voilà, c'est chose faite !

Le commencement de la fin

C'est cyclique, ces tubes que tout le monde fredonne, que tout le monde reprend, que tout le monde a entendu et que tout le monde sait identifier. Il y a des chansons comme ça qui atteignent une sorte de masse critique, tous les quelques temps. Et puis vient le moment où pouf, la vague retombe. Où le truc se ringardise d'un coup, et où l'on passe à autre chose. Je crois qu'on est pas loin d'y arriver pour Happy , le tube de Pharrell Williams, lauréat 2014 du prix Jamiroquai du jeune chanteur à chapeau qui incarne la coolitude décalée juste ce qu'il faut* . Y a des signes qui ne trompent pas : on l'entend comme bande-son dans des pubs pour bagnoles, et des entreprises commencent à le mettre en musique d'attente quand on téléphone comme les premières Quatre Saisons de Vivaldi venues. Du coup, le truc va lasser, et en plus les gens vont peut-être finir par se rendre compte que les paroles n'ont aucun sens. Dans très peu de temps, tout le monde tr...