Quand vous écrivez un texte, surtout sous le coup d'une idée que vous suivez à fond de train en essayant de voir où elle vous mènera, y a plein de trucs qui vont déconner. Vous allez omettre une description importante, vous apercevoir que votre choix de temps de narration est moisi, que tel personnage masculin serait mieux s'il était féminin, que ça vaudrait le coup de signaler un détail important bien plus tôt, mais que vous ne l'avez pas fait parce que le détail en question, vous en avez eu l'idée en cours de route... Et cette petite voix dans votre tête qui vous signale le truc, ça vaut le coup de l'écouter. La vraie question, c'est quoi foutre lorsqu'on l'écoute. Plein de collègues vous diront de continuer, d'intégrer le changement à la volée, si c'est un changement de temps ou de genre, ou de noter à part les modifications à faire au début du texte une fois le premier jet terminé. À leurs yeux, ça fait partie de la phase de révisions du text...
Aujourd'hui, j'avais envie de revenir sur deux images très différentes, mais qui m'ont marqué à vie y a très longtemps et pour à peu près la même raison : La première est de Walt Simonson, tirée de Thor 337, premier épisode d'un des meilleurs runs sur le personnage, un des sommets de Marvel dans la première moitié des années 80, au même rang par exemple que les Daredevil de Frank Miller. Ce n'est pas l'image la plus spectaculaire de son run, ni même de l'épisode, d'ailleurs. Mais elle conclut l'histoire de façon poignante. La deuxième, elle est de Frank Frazetta. C'est celle qu'on appelle souvent "le chariot des ours", mais qui était la couverture de Phoenix in obsidian , un roman de Michael Moorcock, pas son meilleur et de loin (la couve a plus marqué que le bouquin, c'est pas peu dire), sorti chez nous sous le titre Les guerriers d'argent . Qu'est-ce qui rapproche selon moi ces deux images que tout oppose dans le cad...