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Les singes et les scarabées

 C'est assez récemment que j'ai découvert l'existence du groupe The Monkees. Alors, bien sûr, j'en connaissais plein de morceaux. Des trucs comme "I'm a believer" et tout, j'ai vu Shrek comme tout le monde. Simplement, dans ma tête (c'est pas les seuls, hein, c'est le cas de plein de morceaux pop de cette époque), tout cela se rangeait dans une vaste catégorie de ma tête intitulée "Beatles", avec "Mister Blue Sky" (j'ai découvert y a peut-être dix ou douze ans que c'étaient pas les Beatles) et d'autres trucs dans le même genre. C'est pas pour dire, mais les mecs cherchaient un peu aussi Je me doute que ça doit vous faire marrer, c'est le signe de ma profonde inculture musicale. Autant, ces colonnes en sont témoin, je peux aller creuser les sujets obscurs pendant des mois pour aller trouver ce qui me semblera une pépite de savoir aberrant (qui ne fascinera que moi, d'ailleurs, et éventuellement un ou
Articles récents

Fouille les bacs d'abord

 Là, j'ai un peu d'actualité côté traduction. Alors, vous allez me dire, j'ai TOUJOURS de l'actualité côté traduction, vu que j'en signe deux à trois par mois et donc qu'elles sortent à peu près au même rythme. Mais c'est bien d'en causer un peu quand même en passant. D'autant que l'une d'entre elles est un petit évènement, vu que c'est le premier tome d'une intégrale de Madman par Michael Allred. Série complètement foutraque et faussement naïve, Madman a connu pas mal d'incarnations au fil du temps. J'étais très content qu'on me confie cette traduction, parce que j'étais loin d'avoir tout. J'avais pris le train en marche à l'époque, au début des années 90, avec la deuxième série, puis j'avais essayé de choper la première (il m'en a toujours manqué un numéro depuis lors) puis j'avais attaqué la série régulière, puis... Les vicissitudes des années 90 m'avaient fait lâcher le truc. J'y r

Branle bas et mets la gomme, ce soir on canonne

 Dans mon rêve de cette nuit, une attaque surprise ennemie avait déferlé sur les quais. La résistance s'était organisée, on avait sorti de Dieu sait où une vieille pièce d'artillerie, un genre d'obusier de 1914 pour pilonner les barges de débarquement. C'était quand même la panique. Il en arrivait de partout. Pataugeant dans l'eau du fleuve, désorganisés, moi et les autres essayions de pointer nos pièces, de trouver des obus, de récupérer du matos sur les soldats et les compagnons morts. Nous étions peu à peu repoussés. Dès que nous trouvions un coin de terrain à l'abri, nous réinstallions notre canon et lâchions un ou deux obus avant de repartir. L'objectif, empêcher la mise en place d'une vraie tête de pont. À un moment, on m'a demandé de servir de pointeur. À l'aide d'un vieux rapporteur et d'un compas, sans papier, je déterminais des angles imprécis, et des distances qu'il fallait corriger après un premier tir. Lever la tête par-d

Writever septembre, part 1

 Voilà le Writever de la rentrée, je continue à explorer ces royaumes montagneux aux habitants un peu déglingués. faut vraiment que je voie quoi faire de tout ça. 1/ Gontrodoric n'était pas une lumière, son conseil restreint le savait. On limitait au possible ses interventions publiques. Mais même avec les discours écrits à l'avance, il y avait des surprises. On finit par engager des doublures pour la plupart des cérémonies.   2/ La reine Gontrade, exaspérée par les rais de lumière intempestifs montrant la poussière en suspension dans l'air exigea qu'on équipât toutes les meurtrières de volets. Les ouvrir et les fermer pour tout le château demandait quatre heures tous les jours à 5 serviteurs   3/ Jean-Baptiste Gobelain était devenu le théâtreux de la cour. Le roi l'aimait, car ses comédies légères n'avaient pas besoin des trucages requis par les grandes tragédies avec interventions divines, batailles, foudre... De plus, elles se finissaient généralement bien.  

Point du tout

 Bon, il est peut-être temps, vu que c'est la rentrée, tout ça tout ça, de faire un petit point rapide sur mon actu des deux mois à venir. Déjà, le mois prochain sort, chez Ynnis, un gros ouvrage collectif sur Lovecraft. C'est pas la première fois que je participe à ce genre de trucs, et j'ai d'ailleurs plusieurs très bons amis au sommaire. Y aura dedans des choses très intéressantes. En termes de sortie, le vendredi 9 septembre à 19h30, je co-présente une projection du premier film Hellboy (en version longue!)   au Club de l'étoile à Paris, avec Alkor et Arnaud Tomasini.   Dimanche 25 septembre, je serai présent au salon Hypermondes à Bordeaux Mérignac. Je signe d'ailleurs une nouvelle, "Transit", dans l'anthologie qui sort à cette occasion. Les lecteurs fidèles y retrouveront un personnage créé pour la nouvelle sortie l'an passé dans l'anthologie Marmite & Micro-ondes . Et, gros morceau du 4 au 6 novembre, je serai au Campus Miskato

Après l'an un, et avant aussi

 C'est un gros cliché, pour parler d'une oeuvre ou d'un auteur, de dire "y a un avant et un après". Un cliché un peu à la con, un peu chiant, à force, et souvent faux, en plus, ou pas vrai de la façon dont les gens l'emploient. C'était un truc que j'évoquais dans ma grosse conf sur Lovecraft à Verdun, l'an passé. Bien sûr qu'il y a un avant et un après Lovecraft, c'est une évidence, mais pourtant, plein de trucs qui nous semblent spécifiques à Lovecraft et à sa joyeuse bande sont déjà présents avant, chez Hodgson, Machen, ou même Victor Hugo (je vous jure). Par contre, personne n'aurait eu l'idée saugrenue de rapprocher Hugo et Machen sans Lovecraft.   Dans l'après Lovecraft, y a l'asile Arkham, mais c'est pas notre sujet Et puis, il y a Frank Miller. Je ne reviendrai pas sur les travers du bonhomme, il en a un paquet, mais l'avant et l'après, là, on a une belle occasion de mettre le nez dedans. Urban a sorti r

Writever août, part 2

Et encore une volée de writever. Truc marrant, ça fait trois mois que je continue à broder dans ce contexte médiéval farfelu, et je commence à gamberger une espèce de truc un peu pratchettien, ce qui n'est pas raisonnable parce que j'ai déjà plusieurs romans sur le gaz. 16/ Les lettres d'amour du moine Ardubélard et de la belle Godolise furent retrouvées et compilées par des copistes qui se les passaient sous le manteau. On vit apparaître des imitateurs, et ces textes servirent à leur tour d'inspiration à des amants qui en manquaient.   17/ Saint Aldubéric reste comme l'auteur d'une fulmination contre le rire, "propre de l'homme et sale de la hyène" dont chaque monastère a une copie. Ce qu'on sait moins, c'est qu'elle lui fut inspirée par une courtisane qui éclata de rire à la vue de ses attributs.   18/ Ardubélard proposa la douceur comme attribut du divin, ça lui valut un procès en hérésie s'éternisant après sa mort. La publicati

Les cheveux qui me restent

 Des fois, c'est à s'arracher les cheveux à pleines poignées. Heureusement que j'en ai plus, sinon je me ferais un total look captain Jeon-Louc Piccooorde. D'accord, les vacances se terminent (j'ai même pu déconnecter quelques jours et partir en famille), mais force est de constater que le flux de boulot demeure. Et le boulot, des fois, c'est compliqué. On peut être lancé sur une traduction pas simple, mais avoir trouvé son rythme et avancer à une bonne cadence, lorsqu'on bute sur un vrai truc difficile. Là on fait une pause, et juste avant de reprendre, bim, des mails réclamant qui un article, qui un correctif sur un vieux boulot, qui un complément sur un truc en cours mais qui n'a rien à voir, des factures à remanier ou à relancer, des illustrations à remonter. On se dit (avec un certain sens de la procrastination) que c'est une aubaine, que ça changera les idées, etc. Et puis il faut du temps pour abattre tout ça, et lorsqu'on se remet à la tr

Noir c'est noir. Ou pas.

 Je causais ailleurs de l'acteur Peter Stormare, qui jouait Czernobog (ou Tchernobog, ou Crnobog, prononcer "Tsr'nobog" dans ce dernier cas) dans la série American Gods , mais qui était aussi Lucifer dans le film Constantine et le nihiliste qui veut couper le zizi du Dude.   de nos jours, il lui latterait plutôt les roubignoles au Dude Tchernobog (ou Czernobog, ou Crnobog) c'est un dieu classique des mythologies slaves, sur lequel il a été beaucoup écrit, un dieu noir et hivernal opposé à la lumière, enfermé dans un cycle de mort et de résurrection, avec donc un rôle dans la fertilité. C'est sur ce mythe-là que Gaiman base son personnage dans American Gods , justement. Les chrétiens l'ont immédiatement assimilé à un diable, et c'est la lecture qu'en fait Disney dans le segment "La nuit sur le Mont Chauve" dans Fantasia .   J'entends cette image   Faut dire que le gars est pas aidé : son nom signifie précisément "dieu noir"

Writever août, part 1

  1/ Drôle d'endroit pour une rencontre. La princesse Wulfagarde croisa le sabotier Martibert en cherchant son chemin dans la forêt interdite. Ils trouvèrent la sortie ensemble, furent embastillés séparément et se retrouvèrent dix ans plus tard à l'autre bout du monde.   2/ Martibert et Wulfagarde se passèrent alors du consentement royal et se marièrent sur une barcasse dont le patron pêcheur avait été nommé capitaine pour l'occasion. Il les emmena ensuite sur l'île d'Hybernon, à laquelle aucun des royaumes voisins ne s'intéressait.   3/ Les deux guerriers mythiques du royaume, Dachille et Jonathocle, partageaient tout, les repas, les honneurs, la bataille, les armes, les butins, la tente, et même le grabat. D'après les exégètes, c'était la preuve qu'ils étaient "très bons amis".   4/ Le roi Arthulf et la reine Gontrade avaient souffert de leur mariage arrangé. Puis était née une complicité, ils s'ingéniaient à dresser les courtisans dé

Arkham Parano

J'ai des camarades de jeux dangereux, sur les internets. Genre, qui diffusent des images de ce genre, tirées d'un bouquin sur les voyages de Lovecraft :    Forcément, ces collisions m'inspirent. Short, bob, et voyages farfelus, ça me fait penser à Hunter S. Thomson. Et donc, j'ai répondu par : "what kind of rat bastard would feed ghouls at that ungodly hour?   - As your attorney, said Doctor Gonzo, I'd advise you to find the closest dive.   God. I didn't need no beer. I wanted mescaline." Et maintenant, j'ai envie d'écrire ce bouquin, un Fear and Loathing in Arkham par Hunter P. Loveson. Je suis irrécupérable.

Pour La Motte-Piquet-Rochereau, changez à Bastingage

Encore un rêve de transports en commun. Après un petit-dèj dans une espèce de librairie salon de thé, je me rends à un rendez-vous à l'autre bout de Paris. J'y amène une pizza, que je porte sur le dos grâce à une sorte de harnais qui m'a été refilé par le libraire, "un modèle tortue ninja", a-t-il précisé. Tout déconne dans les transports, entre le type chelou qui me demande mon avis sur des trucs glauques, me poussant à descendre trois arrêts avant celui prévu, le bus qui passe devant un cimetière de tours Eiffel, un terrain vague où des modèles de 30 ou 40 mètres du monument rouillent après avoir été distordus par... des incendies, peut-être ? Ou le Réchauffement ? Et enfin je suis lâché sur les quais de Seine, à un endroit que je ne connais pas, ma pizza sur le dos, à ne pas pouvoir demander mon chemin parce que les rues sont vides. Faut vraiment que j'arrête la muscade le soir, moi. Ça ne me réussit décidément pas.