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À part l'appart

 Dans mon rêve de cette nuit, je venais de m'installer dans un vieil appart, dans un bâtiment de guingois, au fond d'une ruelle tortueuse. J'y accédais par un escalier branlant, et devais me contorsionner pour en passer la porte, pas du tout à mes dimensions, pour découvrir qu'une autre porte, bien plus grande, donnait dans l'escalier principal dont j'ignorais jusqu'alors l'existence, mais que l'agence ne m'avait probablement rien dit pour pas que je me mélange avec certains voisins. J'étais obligé de m'expliquer avec l'un d'entre eux, un petit vieux qui stockait ses bibles dépareillées chez moi et à qui je dus offrir une bière. À mesure que je prenais mes marques, je découvrais des pièces dont on m'avait caché l'existence. Le plafond du salon était fait de briques de verre dépoli, jointoyées au ciment opaque. Elles laissaient passer un peu de lumière, juste assez pour savoir quand quelqu'un se déplaçait au-dessus. On
Articles récents

Passer notre ordi à la machine

 Bon, après quelques années à maintenir mon ancien ordi sous perfusion (le pauvre avait dix ans et tirait sérieusement la gueule), j'ai fini par me rééquiper. Et j'ai fait le grand saut. Constatant que chaque mise à jour majeure de Mac OS me faisait regretter les précédentes, que les nouvelles configurations Apple n'étaient pas extraordinaires par rapport à mes besoins, et qu'il n'était toujours pas question que je passe sous Windows, j'ai été me faire assembler une machine à mes cotes chez un professionnel du coin, avec Linux dessus. Une fois tout bon bazar sauvegardé, j'ai pu mettre en route. Et force est de constater que ça me change la vie. La nouvelle machine réagit au quart de tour, tout est beaucoup plus fluide. Je vais pouvoir me remettre à ma chaine Youtube, d'ailleurs (le montage était un calvaire avec mon ancienne config). Bémol, j'ai plein de raccourcis clavier à réapprendre, mais ça viendra, et il n'a pas été possible de transférer m

Etranges provinces

 Un petit mot pour vous signaler la sortie en numérique du recueil Etranges Provinces , publié par l'Association Miskatonic.  Sous une couverture de Cheapo, il s'agit d'une anthologie consacrée au "régionalisme cosmique" tel que pouvait le pratiquer en son temps un certain H. P. Lovecraft. J'y signe une nouvelle, "L'abomination du confluent", qui même si elle pioche beaucoup dans mon environnement proche et ma vie réelle, n'est PAS autobiographique (d'ailleurs, si ça avait été le cas, je ne serais pas là pour vous en parler, en fait). Donc voilà, c'est en ligne, c'est gratuit, et c'est bien . Bonne lecture à tous ! Il est possible que ça sort sur papier en octobre. Par ailleurs, l'anthologie Marmites et Micro-ondes , à laquelle j'ai également participé avec le texte "Cuisines de la Terre lointaine" sort ces jours-ci chez Gephyre éditions. Rappel, le financement participatif de l'ouvrage Super-héros des Mo

Writever avril, part 2

Hop, mes microproductions de la deuxième quinzaine, toujours selon le même principe, un mot donné sur lequel l'on brode un micro-récit. 16/Paille On n'avait jamais résolu le problème. Malgré les progrès des textures, le plus pratique pour la nutrition dans l'hyperespace restait les godets munis d'une paille. Les fluctuations erratiques de la pesanteur rendaient dangereuses même les barquettes de purée.   17/Toile Avec l'avènement du cinéma holographique, on n'allait plus "se faire une toile". Comme tant d'autres expressions, celle-ci avait disparu, appauvrissant d'autant le langage. et le langage se réduisant, les films (encore un mot qui n'avait plus de sens) y perdirent aussi. 18/Dévorer La bête rôdait, cherchant des proies. Arrivant en ville, elle crut avoir trouvé un terrain de chasse parfait. Les habitants ne l'entendirent pas de cette oreille, et l'initièrent à leur cuisine, frugale et délicate. Depuis, elle les prépare avec m

Curseurs

 Il m'arrive souvent d'utiliser le mot "curseur" pour parler de traduction, sans doute improprement, mais en fait je m'en fiche un peu. Ce que je veux désigner par là, c'est le fait que certains mots pourtant évidents ne recouvrent pas tout à fait la même chose lorsqu'on passe d'une langue à une autre.  Dans mon boulot, j'y suis forcément confronté avec l'anglais. C'est une langue qu'on connait tous peu ou prou, mais qui pose souvent, dans un sens ou dans l'autre, des problèmes subtils. Le plus connu est celui de la deuxième personne : l'anglais est "cette langue merveilleuse où l'on vouvoie son chien et où l'on tutoie Dieu", comme disait un de mes profs, du temps de ma jeunesse folle. L'usage a amené à utiliser en permanence les formes en "you", deuxième personne du pluriel, et plus du tout celle en "thou", singulier, qui n'ont persisté que dans le domaine religieux (et même là ça t

Tombé du ciel

 Je profite d'une collision de calendrier pour évoquer à nouveau le vol spatial. Hier, l'astronaute français Thomas Pesquet à rallié l'ISS à bord d'une capsule Crew Dragon de la société Space X. C'était son deuxième voyage en orbite, et le premier vol habité d'une capsule recyclée. Nous entrons petit à petit dans l'ère de l'espace low-cost (toutes proportions gardées bien sûr : ce genre d'expédition continue à coûter une blinde, mais les prix d'envoi d'un kilo de cosmonaute là-haut s'effondrent néanmoins). Hier marquait également le triste anniversaire du crash de Vladimir Komarov à bord de Soyouz 1. La capsule, toute nouvelle, n'était pas encore totalement au point (il y aura un autre drame quelques années plus tard, tuant trois occupant de Soyouz 11 de retour de la première station spatiale). Soyouz, c'est justement le véhicule qu'avait employé Pesquet lors de son vol précédent, et ce système (fusée + capsule) est le cheval

Destruction Derby

 Il manquait à mon tableau de chasse un grand classique en conaneries : Conan le Destructeur , suite mal aimée du film de John Milius, avec toujours Arnold Schwarzennator dans le rôle titre. J'avais dû le voir lors d'un passage télé du temps de ma jeunesse folle, et j'en avais oublié la plus grande partie, hormis la rencontre avec Grace Jones et le pétage de miroirs. Il devenait donc urgent que je m'y frotte à nouveau, et c'est chose faite. J'aurais été malin, j'aurais revu ce film avant le Red Sonja/Kalidor dont je vous causait y a pas si longtemps . Mais bon, je n'ai pas été malin sur ce coup. Donc… Donc, Conan the Destroyer , de Richard Fleischer, accessoirement le fils de Max du même nom, qui n'était pas un Mickey pour faire de la belle image qui bouge, ne jouit pas de la même réputation que l'épisode précédent. Fleischer, rappelons-le, a beaucoup donné dans le film d'aventures en costume, bien premier degré, dont les Vikings avec Kirk D

Motion Pictes

 Je reviens quand même assez souvent sur Robert E. Howard dans ces colonnes. J'ai pas mal parlé de Red Sonja , et encore dernièrement , souvent de Conan , et j'avais causé des adaptations de Solomon Kane et de Kull . Mais je ne crois pas avoir évoqué un autre héros de Howard, un peu moins connu, qui est Bran Mak Morn. Héros d'une poignée de nouvelles publiées dans Weird Tales , Bran est donné comme le "dernier roi des Pictes" et mène une résistance désespérée contre les Romains. Il est l'illustration des idées d'Howard voyant le barbare comme plus noble que les civilisés (conception qui lui vaudra d'ailleurs quelques passes d'armes épistolaires avec son camarade Lovecraft, qui lui se plaçait résolument dans le camp des Romains). La fin de ses aventures a d'ailleurs quelque chose de lovecraftien : elle voit le roi invoquer d'immondes créatures, les "Vers de la terre" pour venger ses compagnons, sachant qu'il risque d'y lai

Writever Avril, part 1

Hop, une petite fournée de writevers… Il faudrait aussi que je collationne les micro-nouvelles réalisées dans le cadre d'Hebdocubes. Y en a des bien marrantes… 1/Chaud On sonna au sauna. Sonné dans ses sanies, Sonny s'en fut simuler une syncope. C'est pas fini, saucisse ? siffla Cindy. Elle le souffleta et Sonny s'y sentit. La suite est trop chaude pour être citée, désolé. 2/Crochet "à l'abordage, rebuts de fond de cale !" Le capitaine vociférait. Ces parodies de combat naval, où ils attaquaient indifféremment pécaris et opossums, lui semblaient un moyen d'entretenir le moral de l'équipage depuis qu'ils avaient échoué sur l'île imaginaire.   3/Patron ? -Oui ? -Et pour la planète qui reste, on fait quoi ? -Ah, je l'avais oubliée, celle-la. Tu n'as qu'à foutre les concepts abandonnés. -Ça roule, patron. Et c'est ainsi que les tardigrades, ornithorynques et autres humains héritèrent de la terre.   4/Chaîne Il descendit dans les

J'aime les panoramas

 Ah, une sortie toute récente (genre vendredi dernier) m'amène à vous reparler de traductions de comics. Il s'agit de Panorama , de Michel Fiffe, chez Delirium. Voilà un truc assez atypique, qui m'a bien sorti de ma zone de confort. Chez Delirium, j'ai déjà fait deux Corben, l'un en post-apo et l'autre en heroïc-fantasy, était c'était assez simple, même si Corben a un ton et des univers bien à lui, ça ne pose que peu de difficultés en soi. De même, Vietnam Journal, quoique nécessitant de se plonger dans le langage et l'argot militaire de l'époque (ce qui a amené de grandes discussions avec l'éditeur, pour caler au mieux tout ça), c'est du récit de guerre, un genre dans lequel j'ai déjà donné (notamment en traduisant Garth Ennis, qui a souvent donné dans ce style). Panorama , c'est… autre chose. Il y a là-dedans les affres de l'adolescence, les amours compliquées, du social, toutes choses sur lesquelles j'ai moins travaillé, p