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Cities in the sky with diamonds

Rendu une préface ce matin. C'est vraiment pas un exercice facile, ça. C'est gratifiant mais pas simple. En tout cas pas toujours.



Des préfaces et des postfaces, je commence à en avoir quelques unes au compteur. Sur des recueils de comics, c'est rarement compliqué. C'est un domaine que je commence à bien connaître, on va dire, et souvent, ils s'agit de contextualiser un peu dans l'histoire du genre, de rappeler la bio de l'auteur, etc.
Celle d'aujourd'hui, c'était pour une intégrale d'un cycle de science-fiction à papa, un genre que j'adore. Du temps très lointain de ma jeunesse folle et de mes études, je bossais juste à côté d'une librairie qui avait un gros rayon bien rempli, que je mettais au pillage chaque fois que j'avais ma maigre paye. Je me suis enfilé notamment tous les classiques que la bibliothèque municipale n'avait pas. C'est comme ça que j'avais découvert l'Anneau-Monde, complété Moorcock, picoré dans …
Articles récents

Les médias modernes, c'est plus que de la TSF

Alors, visiblement, tout le monde en a après moi en ce moment, vu que j'ai été zinterviewé (mais la vedette, dans l'histoire, c'est l'excellent Laurent Queyssi) sur le podcast c'est plus que de la SF.

Le sujet étant V for Vendetta, d'Alan Moore et David Lloyd, dont j'ai été jadis le traducteur (même si l'édition courante actuellement reprend la version de Jacques Collin, qui est super bien, j'ai grandi avec).
Et ici, le lien de l'interview complète.

Par ailleurs, il a fallu que j'enregistre une petite vidéo pour causer de ma participation au mook Dune.


Prophète de Mahler

Est-ce qu'on se refait un petit topo sur un trop moisi de la fantasy et SF ? Allez ! Aujourd'hui, la prophétie, rien que ça, en mode oracle, ô désespoir.

Petite sœur des histoires d'élus, la prophétie est un motif déjà très utilisé dès l'antiquité. Avec d'autant plus de facilité que des prophètes professionnels et amateurs y sévissaient un peu partout. Les Romains consultaient l'oracle pour un oui ou pour un non (sans hésiter d'ailleurs à demander un second avis le cas échéant) et toute l'histoire d'Oedipe est basée sur une prophétie qui a mal tournée.
Il y a d'ailleurs à l'époque trois sortes de prophéties :
- L'oracle sibyllin, généralement imbitable ou codé, dans lequel tout un chacun peut trouver ce qu'il veut. La vitalité du secteur "décryptage de Nostradamus" montre la plasticité et la puissance d'une prophétie bien tournée.
- La prophétie ouverte, qui suppose un choix de la part du receveur, c'est celle qui conce…

L'écriture automatique, c'est mon Dada

C'est dimanche, alors bon dimanche, sous vous applaudissements et la petite bruine qui se met à tomber, devant ma fenêtre.

Comme je suis un peu fracassé par le boulot, je vais plutôt que mes vaticinations habituelles vous livrer un bout de texte qui trainait sur mon disque dur, un extrait d'un projet abandonné, une sorte d'autopsie du Zeitgeist du siècle passé, une enquête démente et intérieure, dans laquelle je testais notamment l'écriture automatique sur associations libres, des effets à la Burroughs (l'autre, pas Edgar Rice) et des constructions bizarres. J'ai fini par mettre ça de côté, je le ressortirai un jour, ou pas. En tant qu'exercice, c'était passionnant à faire, en tout cas…

-- La pochette d'allumettes est un indice cosmique. Le feu représente l'univers, pour certains présocratiques et pour les Mazdéens. C'est un principe fondateur duquel tout naît, et par lequel tout se consume.
Cela s'appelle l'entropie, moteur et fin de l&…

Airport 2020, y a-t-il un Niko dans l'avion ?

Dans mon rêve de cette nuit, je faisais un voyage en avion vers New York, dans un truc genre "super Concorde", et il y avait avec moi un parterre de vedettes, genre Annie Cordy et Bernie Bonvoisin (oui, je me dis que même en rêve, je rencontre les vedettes que je mérite). Il y avait une espèce de banquet à bord, sur une longue table, tout le monde parlait avec tout le monde en faisant tourner la bouteille de pinard.


Bien évidemment, nous nous sommes crashés au large de New York avant que la bouteille n'arrive jusqu'à moi. Les secours tardant à arriver, nous avons réinstallé la table sur une des ailes et attendu. En récupérant ce qui était récupérable de la boustifaille.
Une espèce de bourgeoise évaporée s'extasiait sur la nourriture que nous avions sauvée, avec des sorties du genre "aaaaah, mais mon cheeeeer, c'est tellement… gingival…" De mon côté, j'avais réussi à récupérer une des bouteilles de pinard et je cherchais un verre à pied en me disan…

Plein les esgourdes

Petite nouveauté : Trois Coracles Cinglaient vers le Couchant est désormais disponible en livre audio, en exclus sur la plateforme Audible.

Vous pouvez écouter sur leur site un extrait des deux premiers chapitres.
Pour la petite histoire, c'est ma deuxième adaptation en audio. Une chaîne Youtube avait donné une lecture de "Caprae Ovum", une nouvelle sortie il y a quelques années dans l'anthologie La Clé d'Argent des Contrées du Rêve, chez Mnemos. On y trouve la première apparition du Bateau-Carnaval :

Le retour de la perte de l'âge d'or enfui mais qui est devant nous

En fait, je pourrais continuer longtemps sur les trope de la fantasy et l'intérêt qu'il y a pour les auteurs, moi y compris, à les interroger et à les dépasser. Donc, je vais pas me gêner. Après avoir causé des prologues historico-didactiques et de l'élu, voilà qu'on va évoquer l'âge d'or. Sous diverses formes, l'idée d'une époque enfuie et lointaine, de haute magie et grand prestige, dont les protagonistes ne sont que les héritiers et descendants dégénérés ou spoliés, irrigue un peu toute la fantasy.

Lâche d'or

Elle trouve son origine dans les mythologies. L'Âge d'Or est une expression qui nous vient des Grecs, et qui désigne une période où le temps n'opérait pas son travail de sape sur le monde, et que dieux et humains pouvaient vivre en bonne entente. Depuis sa fin, le monde tombe toujours plus bas. On trouve une conception assez similaire dans la Bible avec l'Eden, la sortie du jardin correspondant à l'apparition de la mort et …

Celui-là est l'élu

On parlait l'autre jour des clichés dans l'heroic fantasy. C'est un vrai sujet, quasiment inépuisable. Ce genre, qui a disons un petit siècle (faisons-le débuter par Eddison ou Dunsany, par exemple) nous a déjà donné des classiques, s'est stratifié en sous-genres, a vu naître des imitateurs et imitateurs d'imitateurs, tout en se réinventant à intervalles plus ou moins réguliers.

(the Butler did it) (même que c'était Charles Ernest)


Alors, il est toujours difficile de faire la part de ce qui constitue "les codes du genre" et de ce qui relève du banal cliché. La frontière est de toute façon mouvante et perméable. Tous ces clichés n'en étaient d'ailleurs pas forcément au départ, mais ils le sont devenus à l'usage. Certains sont bénins, d'autres orientent le sens des œuvre et du genre tout entier : la prophétie, le roi perdu, la perte de la tradition, etc.

L'un de ceux-ci, que je retrouve redoutable, est celui de l'élu, du sauveur dési…