Accéder au contenu principal

Ne jamais laisser les costards-cravates se mêler de traduction, jamais

Hier, en allumant la télé, je suis tombé sur un truc horrible. Je zappais sur les chaines de dessins animés pour trouver un truc pour ma petite dernière (ça devient de plus en plus dur, d'ailleurs, y a quand même de sérieuses merdes en dessins animés, de nos jours) et j'ai découvert le trailer des nouvelles séries Mon Petit Poney. Mon Petit Poney, ça n'a jamais compté au rang des chefs-d'œuvres. On est déjà dans le bisounours de troisième génération pondu à la chaine pour développer une licence de jouets. C'est clairement un produit conçu selon la règle du plus petit dénominateur, pas un truc dans lequel on peut s'attendre à une quelconque intégrité artistique ou créative.

Mais le propriétaire de la licence a dû finir par penser que localiser les boitages coûtait des ronds. Et donc ça ne s'appelle plus Mon Petit Poney. Même sur les chaines de télé destinées aux enfants de deux ans, ça s'appelle My Little Pony, maintenant.

Et c'est mal. à tellement de niveaux que je ne sais même pas par où commencer. Mais une chose est claire : les traducteurs consciencieux qui s'étaient tirés les doigts pour inventer Serval*, les Cosmocats, Bilbon Sacquet ou le Millenium Condor (bon, d'accord, peut-être pas le Millenium Condor, faut pas déconner non plus), c'est une espèce en voie de disparition, c'était l'armée noble d'une époque civilisée, c'était une belle tradition qui disparait (insérer ici le visage compassé de Jean-Pierre Pernod).

L'acculturation est chose quasiment faite, on apprend aux gamins de deux ans à être aussi cons que des fansubbers d'anime.

ON A PERDU LA GUERRE  PUTAIN !!!!!!!!!!!!!!!!






J'essaie de me consoler avec ça, du coup, sans succès :



Et demain, je me mets à la drogue, ou au football, ou à fèces de bouc, ou au kit mains libres, en tout cas à un truc immonde qui avilit l'homme.



*Et c'était du Geneviève Coulomb, ça, Serval, cette même Geneviève Coulomb que de jeunes morveux des hordes de lecteurs internautes ingrats ont poussés vers la retraite anticipée. Quand je vous dis qu'on vit dans un monde de merde.

Commentaires

Zaïtchick a dit…
Il ne faut pas confondre Geneviève Coulomb et coulons Geneviève.

Bon, les costards cravates, faut rien leur confier, pas même la gestion de leur autodafé.
Alan Bax a dit…
Question consolation, Robot Chicken proposait aussi un "Apocalypse Pony" vengeur.

http://www.youtube.com/watch?v=FIY41LrvMFQ
abelthorne a dit…
Faut lui trouver "Adventure Time avec Finn & Jake", à la petite dernière. Le titre n'est pas traduit non plus mais c'est probablement beaucoup moins con que "My Little Pony".
Bro-Nie a dit…
Il s'avère justement que la dernière génération de Mon Petit Poney (My little pony friendship is magic de son nom complet), a réussi à attirer un public qui va bien au delà des petites filles, par une écriture pas si enfantine que ça et surtout, à faire produire par les amateurs du show des fanarts de qualité, des dessins à la musique, en passant par des jeux vidéos.

Je vous invite à taper MLP FiM sur Google Images. Vous verrez que les poneys peuvent posséder une réelle qualité artistique.
Alex Nikolavitch a dit…
ah mais les fan arts, pourquoi pas ! après, les nouvelles bande-annonces officielles m'ont tellement terrifié que je n'ai pas été voir plus loin, je l'admets.
Bro-Nie a dit…
Disons que vous avez raison sur un point, Hasbro continue encore de considérer les poneys comme ceux d'il y a encore quelques années, c'est à dire pour les jeunes, très jeunes enfants.

Mais la production de fan a vraiment réussi à dépasser tout ça et à faire prendre conscience de son erreur à Hasbro eux-mêmes.

Et si les bandes annonces officielles vous ont fait peur, vous pouvez toujours vous abreuver à celles faites par les fans, comme celle-ci :

http://www.youtube.com/watch?v=nrTBgTCs-Ew

En espérant vous avoir donné le goût des poneys ;)
Alex Nikolavitch a dit…
Ça me rappelle cet article que j'avais écrit où j'appelais des mœux un Watchmen de Magical Girls, tiens.

Posts les plus consultés de ce blog

Du shoggoth dans le gaz

Dans mon rêve de cette nuit, une éditrice me demandait de lui prêter main forte parce que Tardi avait commencé une nouvelle série sur HP Lovecraft et ne s'en sortait plus, apparemment sa santé mentale commençait à en souffrir passablement. Il avait besoin d'un scénariste pour le remettre sur les rails.  Je me plongeais dans la lecture des deux albums déjà parus, une espèce d'errance de Lovecraft dans une mégalopole bizarre, faire d'immenses immeubles décrépits et étroits, un truc à mi-chemin entre ses Nestor Burma, ses illustrations de Céline, Kafka et La musique d'Erich Zann. Je ne comprenait pas grand-chose au récit et très vite, avec cette logique propre aux rêves, j'en suis devenu le protagoniste. Je portais une gabardine et un chapeau melon et je traquais Lovecraft dans ces passages, ces courettes intérieures, ces enfilades de couloirs sombres éclairés au bec de gaz. Je finissais bien vite par comprendre que Lovecraft ne cherchait pas quelque chose, il l...

L’image de Cthulhu

J'exhume à nouveau un vieil article, celui-ci était destiné au petit livret de bonus accompagnant le tirage de tête de Celui qui écrivait dans les ténèbres , mon album consacré à H.P. Lovecraft. Ça recoupe pas mal de trucs que j'ai pu dire dans d'autres articles, publiés dans des anthologies ou des revues, mais aussi lors de tables rondes en festival ou en colloque (encore cet hiver à Poitiers). J'ai pas l'impression que ce texte ait été retenu pour le livret et du coup je crois qu'il est resté inédit. Ou alors c'est que je l'avais prévu pour un autre support, mais dans ce cas, je ne me souviens plus duquel. Tant pis, ça date d'il y a sept ou huit ans...   L’œuvre d’H.P. Lovecraft a inspiré depuis longtemps des auteurs de bandes dessinées. D’ailleurs, l’existence de nombreuses passerelles entre l’univers des pulps (où a officié Lovecraft) et celui des comic books n’est plus à démontrer, ces derniers empruntant une large part de leurs thèmes aux revue...

Sauvé par le dugong... ou pas

En me réveillant ce matin, j'avais en tête des bribes de rêves avec un festival BD dont l'organisation se barrait en vrille, une invasion de zombies qu'on combattait au taser (ça les faisait convulser, mais ils se relevaient, c'était pas une bonne idée), un incendie criminel lié à une affaire d'espionnage... Le tout sans que je sois capable de remettre ça en séquence ou en cohérence. Ça n'en avait probablement pas. Par contre, j'avais également en tête un truc vu sur une manchette de journal pendant que je cavalais le taser à la main : "Arte coulée par un dugong." Pourquoi, comment ? J'imagine que mon inconscient essaie de me dire quelque chose, mais je ne n'ai pas la moindre idée de quoi. Un dugong, pour ceux qui connaîtraient pas C'est un peu comme un capybara mais aquatique   

Origines pas si secrètes

Même si dans l'espace, on ne vous entend pas crier, rien n'arrive dans le vide. C'est un fait connu, même une oeuvre marquante et, comme disent les Américains, "séminale" (ce qui est rigolo en parlant de mon sujet du jour), a toujours des sources, des racines ailleurs. J'ai fait des conférences explorant les éléments agglomérés lors de la création Superman ou de l'oeuvre de Lovecraft.  Un exemple rigolo, c'est Alien . Le film de Ridley Scott a marqué les imaginaires. On n'avait jamais vu ça à l'époque. Pourtant, une partie de son decorum, les travelings sur le vaisseau au départ, par exemple, vient de Star Wars , qui avait élaboré à partir de ce qu'il y avait dans le 2001 de Kubrick. Mais ça, ce n'est que la partie émergée du Nostromo. On peut fouiller tout le reste et trouver, qui pointent le bout de leur nez, bien des choses en somme. L'histoire de base n'est pas due à Ridley Scott, mais à Dan O'Bannon qui avait recyclé...

Crise de la quarantaine

 Quarante ans de Tchernobyl. Ça fait drôle quand même. Voilà un événement qui a changé pas mal de choses en notre monde. Il a servi de révélateur à la décomposition de l'empire soviétique, a poussé à réévaluer pas mal de systèmes de sécurité, a semé la peur dans le coeur des gens, et il en reste un monument de béton et d'acier à la gloire des défauts de l'humanité : négligence, incapacité à assumer, j'en passe.  De façon un peu gratuite deux pages de la série Havok/Wolverine : Meltdown Un peu oubliée mais que j'ai toujours bien aimée    Il y a aussi là dedans une part d'héroïsme, parfois contraint ou involontaire, qui a empêché la catastrophe d'être bien pire. Alors qu'elle était déjà bien gratinée, hein. Certaines leçons ont été tirées de tout ça, certains ajustement ont été apportés, mais saviez-vous qu'il y a encore une demi-douzaines de réacteurs de ce type encore en service dans le monde ? Quarante ans, quand on arrive au bout, on se dit que ça ...

Si tu ne viens pas à Cthulhu, Cthulhu viendra à toi !

Ça ne change pas, je vais encore passer du temps et noircir du papier à cause de Lovecraft. Il ne me lâchera jamais. Ou je ne le lâcherai pas, c'est comme une valse indicible.    Bref, dans les semaines à venir, il va encore y avoir du tentacule, c'est moi qui vous le dis. Jeudi 9  octobre à 18h30 je donnerai une conférence sur Lovecraft à la Bibliothèque Francophone Multimédia (non, je ne suis pas invité sur BFM, je me respecte, un peu, quand même) de Limoges. Si vous avez des bouquins à signer, amenez-les, c'est prévu.   Vendredi 21 et samedi 22 novembre je serai au Campus Miskatonic de Verdun comme tous les ans, et cette année, en partenariat avec Actu-SF il y aura une anthologie thématique, Pixels Hallucinés, à laquelle je participe. Par ailleurs, le samedi 3 octobre je serai à Marmande pour le petit salon des Ukronies du Val, dans un joli cadre et avec une organisation très sympathique. 

Six, seven, go to hell or go to heaven

 Je l'ai fait. Franchement, je ne sais pas ce qui m'a pris. L'envie de savoir, sans doute, une forme de curiosité très malsaine. Et puis je me suis lancé. Au début, j'étais même un peu surpris, c'était pas si mal, en fait... Le piège à con, non, j'ai souffert jusqu'au bout, ensuite. Bref, j'ai enfin lu Les chasseurs de Dune et Le triomphe de Dune , les deux tomes qui clôturent le cycle jusqu'alors inachevé de Frank Herbert, par Brian Herbert et Kevin J. En Personne. J'ai cette espèce de satisfaction morose d'avoir fait un truc pénible et assez inutile, mais d'être allé au bout. Mais, d'abord, un peu de contexte. Dune , c'est bien évidemment ce classique de la SF qui revient dans l'actualité à intervalles plus ou moins réguliers, que ce soit à cause d'adaptations audiovisuelles, de documentaires sur les adaptations avortées, de révisions des traductions d'époque, d'adaptations en BD, de bouquins revenant sur le cyc...

"And everything I had to know I heard it on my radio"

 C'est très curieux comment fonctionne la mémoire. Il y a les trucs qu'on a bachotés et appris à la dure pour nous les graver dans les neurones, et d'autres qui s'y sont installés sans qu'on leur demande rien.  J'y repensais tout récemment en passant dans des coins où je n'avais pas remis les pieds depuis un bail, avec des souvenirs enfouis qui remontaient, des bouffes avec des copains, des trajets, dans des endroits qui ont pourtant pas mal changé, mais qui convoquent la mémoire et, je dois l'admettre, une pointe de nostalgie. Et puis, et c'est pas la première fois, en cherchant une station sur un poste de radio, du genre où on tourne le bouton en tendant l'oreille entre les parasites, je suis tombé sur le jingle RTL :   Et alors là, dans le genre trou du lapin mémoriel, ça se pose-là. L'épluchage des haricots, les goûters pantagruéliques au retour de longues balades à vélo, les repas sur la petite table... toutes sortes de souvenirs reliés ...

Planches à histoires

J'ai pas mal remis les mains dans le moteur en termes de BD, ces derniers temps. Certains projets ont bénéficié de curieux alignements d'étoiles et il a fallu reprendre des scénarios, les retravailler, attaquer l'écriture d'autres trucs, tester des choses. Et donc, superviser aussi la phase de story-board. C'est un moment clé, le story-board en BD, on n'insistera jamais assez là-dessus. Un scénario, c'est un document technique, assez aride, destiné essentiellement au dessinateur pour qu'il puisse se mettre au travail sans avoir à se poser de question : le scénario est censé y répondre (dans les faits, il manque toujours des trucs, mais dans l'idéal, c'est vers ça qu'il faut tendre) (le fait qu'il reste des trucs à discuter, c'est ce qui fait qu'un dessinateur de BD n'est pas qu'un simple exécutant, d'ailleurs). Le story-board, c'est le moment où on convertit les mots sur le papier en enchaînement de dessins, en bro...

Faire du neuf avec des dieux

Ah, je vois que l'info est enfin officielle : les éditions Mnémos ressortent très prochainement une intégrale du cycle de Thoan , ou Saga des Hommes-dieux , par Philip José Farmer. Pourquoi je vous en parle ? Parce qu'en dehors du fait que Farmer, c'est bien (et que Mnémos a entrepris une série d'intégrales qui lui sont consacrées, avec déjà Le Fleuve et Opar ) je me suis retrouvé associé sur le projet comme préfacier et comme chargé de dépoussiérer la traduction d'époque, un peu erratique, de la version française. Pas des gros travaux, hein, mais une remise en cohérence des termes de cet univers, chaque fois que c'était possible. Si vous ne connaissez pas ce cycle, sachez que c'est du pur roman d'aventures à l'ancienne, très pulp , mais avec un univers épatant, basé sur de gros concepts, avec de purs moment de sense of wonder . Du coup, je vous gratifie d'un petit extrait de la préface : Si globalement, donc, la bibliographie de Fa...