Accéder au contenu principal

Ça ne manque pas de recel

Il n'y a pas que la boite qui tente de me vendre des fenêtres par téléphone tous les mois depuis huit ans qui m'emmerde (du coup, tous les mois, je suis de plus en plus désagréable avec les pauvre téléphonistes de T*rr* de Fenêtres qui m'appellent pour me fourguer leurs services. Parce que que j'ai un installateur de fenêtres à cinquante mètres de chez moi). Le démarchage téléphonique, c'est une espèce de cancer de notre société (en fait, c'est une variante du cancer téléphonique. les gens qui se font des scènes de ménage dans leur kit mains libres en marchant dans la rue en sont une autre) (mais le téléphone est un cancer, à la base, et je ne parle même pas des effets supposés des ondes. le téléphone en tant que tel rend les gens feignants et cons, comme la bagnole). On a essayé rien que ce mois-ci de me vendre deux complémentaires retraite, des cadeaux nazes offert par un nouveau magasin magnifique qui s'ouvre dans mon secteur (à trente kilomètres, c'est dire s'ils ont une définition large du mot secteur, ces cons-là) et vendant selon les cas du mobilier, du vin ou un truc indistinct que je n'ai pas compris dans le brouhaha du centre d'appel.

De toute façon, je pars du principe qu'une boite qui se sent obligée de me téléphoner sans que je sois déjà client chez elle pour essayer de me vendre sa soupe m'insulte à la base : quand j'ai besoin d'une fenêtre, d'une caisse de vin, d'un super abonnement chez Francis et Martin Telecom, d'un traitement antitermites*, d'un meuble de jardin ou d'un ustensile de cuisine, je suis assez grand pour sortir de chez moi et aller chez des commerçants de mon secteur sans qu'on me prenne par la main. En plus, j'ai l'impression qu'on me prend pour un pigeon quand on essaie de me fourguer un truc sans même que j'aie la possibilité de le voir. En plus, je les connais, les manuels du "ne vous laissez pas démonter par les objections des gens" qu'on fait ingurgiter aux opérateurs, donc les gens qui essaient de rebondir quand je leurs sors une excuse quelconque uniquement pour être poli et ne pas leur raccrocher directement au blair, là, je n'ai plus aucun scrupule à être odieux avec eux.

Et puis il y a un cas particulier de boites qui m'appellent ces temps-ci. Depuis quelques mois, des officines de rachat de métaux précieux avec "Or" dans le nom, et puis après des mots comme "postal" ou "liquide", essaient de me convaincre. Cette semaine, c'était madame liquide qui a eu l'idée saugrenue de me téléphoner. C'est un truc qui s'est développé ces dernières années avec la crise. On revend rapido les bijoux de famille, vieilles monnaies et autres dents en or du papy pour se faire un peu de caillasse. Et bien sûr, à un prix défiant toute arnaque (les docs de ces gens-là précisent bien en gros que c'est indexé sur le cours de l'or, mais se gardent bien de préciser quel est l'index en question, qui peut tout changer).

Outre le fait que ça sent bien l'exploitation cynique de la paupérisation graduelle de la population, il y a un détail qui pue bien là-dedans : la Préfecture de Police a sorti dernièrement une statistique indiquant que depuis quelques mois, les vols à l'arraché de colliers en or sont en augmentation très forte. Pour empêcher le recel, le préfet de police de Paris a "demandé à la police judiciaire de renforcer sa collaboration avec les douanes et les fédérations nationales des horlogers, bijoutiers, joailliers et orfèvres", si j'en crois le journal. Et aucune mention de ces officines de rachat d'or (qui depuis quelques mois téléphonent chez les gens, distribuent des prospectus dans les boites aux lettres et font même de la pub dans les journaux). Personne n'a fait le rapprochement ? La vache, c'est le premier endroit où j'irais faire le ménage, pour ma part !

Derrick réveille-toi, ils sont devenus fous !

* La bonne femme des termites d'il y a quelques temps de ça était particulièrement odieuse. Elle a par contre fermé son clapet quand je lui ai mis le nez dans son caca en lui rappelant que quoiqu'elle en dise, la campagne de détermitisation n'avait pas l'aval de la municipalité, et que justement la municipalité avait encore diffusé une circulaire indiquant qu'elle ne soutenait aucune campagne de démarchage téléphonique, et que j'avais dans l'idée que ça visait précisément son entreprise.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'odyssée du crayon

Est-ce que je vais reparler de Kirby ? Oh, c'est toujours bien de parler de Kirby, non ? On n'en fait jamais tout à fait le tour. Un boulot moins connu du King, c'est ce qu'il a fait autour de 2001 , pas l'année, mais le film. À la fin des années 70, il produit donc un roman graphique adaptant Kubrick, puis une dizaine de comics qui lui permettent d'en développer les thèmes à sa sauce, et de créer au passage le personnage de Machine Man, mais c'est une autre histoire.  Mais oui, ça me permet de parler de 2001 aussi, une autre de mes obsessions. Elle est pas belle, la vie ? La BD et le ciné sont deux formes d'arts narratifs qui ont des points de ressemblance, un langage parfois commun, mais aussi de grosses différences. Si Tarkovsky disait que l'art du cinéma consistait à sculpter le temps, la narration en BD consiste à découper l'espace pour donner l'illusion du temps. Si le cadrage emploie le même vocabulaire dans les deux cas, celui-ci a un...

Le pouvoir du faux

Aujourd'hui, j'avais envie de revenir sur deux images très différentes, mais qui m'ont marqué à vie y a très longtemps et pour à peu près la même raison : La première est de Walt Simonson, tirée de Thor 337, premier épisode d'un des meilleurs runs sur le personnage, un des sommets de Marvel dans la première moitié des années 80, au même rang par exemple que les Daredevil de Frank Miller. Ce n'est pas l'image la plus spectaculaire de son run, ni même de l'épisode, d'ailleurs. Mais elle conclut l'histoire de façon poignante. La deuxième, elle est de Frank Frazetta. C'est celle qu'on appelle souvent "le chariot des ours", mais qui était la couverture de Phoenix in obsidian , un roman de Michael Moorcock, pas son meilleur et de loin (la couve a plus marqué que le bouquin, c'est pas peu dire), sorti chez nous sous le titre Les guerriers d'argent . Qu'est-ce qui rapproche selon moi ces deux images que tout oppose dans le cad...

Se creuser la tête quand on a mauvaise mine

 Une des raisons pour lesquelles je poste ici, de temps en temps, des comptes-rendus de mes rêves, c'est que ça s'oublie vite, ces conneries-là. Et y en a des assez chouettes pour que j'aie envie de m'en souvenir. Mais surtout, c'est un matériau brut vachement rigolo. David Lynch disait être en prise directe sur son inconscient et il avait une manière de mettre en scène des choses qui avait une vraie texture onirique. Le rendu des peintures de Giger, il a la texture de mes cauchemars. Dali aussi, ça sent l'onirisme à plein nez. Je kifferais d'avoir une machine à enregistrer les rêves  J'en ai déjà causé ici et là, je pioche dans mes rêves pour faire mes bouquins. Tout le cycle du Mitan part d'un rêve où m'était apparu le Bateau-carnaval. La scène de la caverne avec l'ours, dans les Trois Coracles , j'y ai réinjecté pas mal de choses de mes cauchemars. Mitan 4 (oui, le 3 n'est pas sorti, j'ignore quand il sortira, je vous en recau...

Ça va s'arranger, Monsieur Milan !

Hop, encore un petit article sauvé du naufrage de superpouvoir. J'ai hésité à le poster sur la nouvelle version du site, et puis finalement je le rapatrie ici, comme ça ne parle pas vraiment de comics. Petit tour de table pour débuter la négo La provocation a toujours été consubstantielle de l'activité artistique. à quoi ça tient, mystère. Peut-être au fait que l'artiste, par nature, est un peu en marge du corps social et a donc la distance nécessaire pour l'interroger. Mais "provocation", le mot semble faible pour qualifier les outrances de Laibach. travailleurs de tous les pays... Pour ceux qui ne connaissent pas, Laibach, c'est un peu l'ancêtre sous amphètes de Rammstein. D'ailleurs, un des membres de Laibach le disait : "ouais, c'est bien, ce qu'ils font, Rammstein. Ils rendent notre style de musique accessible aux kids, c'est important." Je paraphrase. Mais donc, provocation. C'est un mot qu...

Spécial origines

Bon, un petit point sur Les Canaux du Mitan , que j'ai envoyé à l'éditeur hier (puis renvoyé ce soir, parce que qui est le boulet qui a oublié d'attacher la pièce jointe ?). Bref. Et j'ai retrouvé pour vous l'origine de ce bouquin, un rêve que j'ai fait en 2006. L'image de ce truc m'est restée, et je l'ai réutilisé dans ma nouvelle Caprae Ovum , chez Mnemos, et ça sert de base au roman que vous pourrez lire en avril. Bon, entretemps, il a fallu que je construise le monde qui allait autour… illustration : M. Acaride -- C'est triste. On ne fait plus de bateaux-carnavals. J'ai rêvé, cette nuit, que dans un port délabré, je trouvais un vieux bateau-carnaval, à quai depuis des années. Les clowns marins qui avaient navigué sur ce bateau avaient dressé une table sur le pont, entre les attractions et les affiches délavées. Ils commémoraient la fin de leur carrière. La fin de la fête. J'étais là par hasard, je fus invité. Quelques heure...

Pour cent Baals, t'as plus rien

Me demandez même pas pourquoi j'ai remis le nez dans mes notes concernant Baal. Enfin si, il y a des raisons, mais lointaines, ça fera pas un bouquin dans l'immédiat. Ce sont des notes structurantes comme j'en accumule des kilomètres sans que ça serve à grand-chose. Sauf que parfois, ça sert. J'exhume un truc noté il y a dix ou quinze ans, et ça devient un détail dans un scénar, voire un personnage, un titre, n'importe quoi d'autre. Il se trouve donc que j'ai des notes aussi sur Baal. Un peu en vrac. Pas trop utilisables en l'état. Alors j'ai pris deux minutes pour y remettre un peu d'ordre avant de me remettre au boulot, parce que c'est pas tout ça, mais avec la rentrée, ça s'accumule. Il y a de grosses traductions à faire. Il y a le tome 3 de Crusades à écrire. Il y a des projets en cours. Mais c'est intéressant, Baal. Déjà parce que, déformés par la Bible, on a tendance justement à parler de Baal comme s'il y avait UN Baal. En...

Toi, tu vas te faire appeler Arthur

Comme je le disais hier, les bandes annonce du prochain Guy Ritchie consacré au roi Arthur et à Excalibur me plongent dans un abîme de sentiments partagés. Il se trouve que, maintenant que le manuscrit de l'Île de Peter est entre les mains d'un pouvoir supérieur (celui de l'éditeur, pour faire court), j'ai pu attaquer mon prochain bouquin, et qu'il tape précisément dans cette période et cette mythologie-là. Et, vous connaissez ma maniaquerie documentaire, j'en suis à collectionner les cartes donnant les limites des royaumes et provinces du Vème siècle grand-breton, celles qui donnent les lignes de côtes, etc. Y a pas le quart de la moitié de tout ce matériel accumulé qui me servira de façon effective, mais c'est comme ça que je bosse, j'y peux rien. Je potasse les sources les plus anciennes pour tenter d'approcher au plus près une texture, une fragrance, pas forcément une réalité mais tout au moins une forme de vraisemblance. Je m'immerge. Je ...

Le super-saiyan irlandais

Il y a déjà eu, je crois, des commentateurs pour rapprocher le début de la saga Dragonball d'un célèbre roman chinois, le Voyage en Occident (ou Pérégrination vers l'Ouest ) source principale de la légende du roi des singes (ou du singe de pierre) (faudrait que les traducteurs du chinois se mettent d'accord, un de ces quatre). D'ailleurs, le héros des premiers Dragonball , Son Goku, tire son nom du singe présent dans le roman (en Jap, bien sûr, sinon c'est Sun Wu Kong) (et là, y aurait un parallèle à faire avec le « Roi Kong », mais c'est pas le propos du jour), et Toriyama, l'auteur du manga, ne s'est jamais caché de la référence (qu'il avait peut-être été piocher chez Tezuka, auteur en son temps d'une Légende de Songoku ).    Le roi des singes, encore en toute innocence. Mais l'histoire est connue : rapidement, le côté initiatique des aventures du jeune Son Goku disparaît, après l'apparition du premier dr...

Bon, ben c'est pas tout ça...

Mais j'ai bien l'impression que 2010 ne passera pas l'hiver. Je pense donc qu'il est temps de passer à autre chose. L'an a vécu ce que vivent les ans, le temps d'un printemps et des saisons connexes, il faut s'y faire, et le voilà qui tire sa révérence sous les flonflons et la préparation intensive de crises de foie homériques. Bien entendu, c'est pile juste avant le réveillon que j'ai eu une fuite et qu'il a fallu que je file chez Casto pour choper la pièce pour la réparer. Je note que tous les gens qui étaient dans le Casto avaient l'air dans le même état de stress que moi, sentant bien que s'ils ne trouvaient pas rapido une solution technique, le passage à 2011 s'effectuerait la clé à molette à la main, alors que normalement ça se fait avec le tortillon qui fait pouet quand on souffle dedans. Bon, réussi à contenir les dégâts. Je finirai la réparation demain, si je suis d'humeur. Quant à vous, j'espère que vous ne lirez ce ...

Amour du travail bien fait

Il y a des jours où j'aime bien être moi. Si si, ça m'arrive. Et c'est grâce au merveilleux métier que je fais. Parce que, quand un personnage s'appelle "Strapon", en VO, moi j'ai le droit de le traduire par "Saint Turgod" en VF. Juste parce que c'est dans The Boys* , et que dans The Boys , à peu près tout est possible (alors que ça n'aurait probablement pas été faisable dans Spider-man ou Mickey Mouse). Et pour bien prouver que tout est possible, tenez, j'ai aussi collé une citation de Dan Ackroyd, par exemple, dans le même album. Ami lecteur, sauras-tu la débusquer ? * Un extraordinaire comic book par Garth Ennis, avec des super-slips et bien d'autres choses encore. Mais n'ouvrez pas les albums de The Boys si vous n'avez qu'une tolérance limitée aux gros mots, gags graveleux, ex tankistes soviétiques majeurement membrés, scènes d'éviscération, psychopathes en tout genre et autres joyeusetés d'une gra...