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L'Empereur-Dieu de Dune saga l'autre

Hop, suite et fin des redifs à propos de Dune. Si jamais je me fends d'un "les hérétiques", ce sera de l'inédit.



Le précédent épisode de notre grande série sur la série de Frank Herbert avait évoqué l'aspect manipulatoire de la narration dans Dune, cette façon d'arriver à créer dans l'esprit du lecteur des motifs qui ne sont pas dans le texte initial.

La manipulation est patente dans le domaine du mysticisme. Demandez à dix lecteurs de Dune si Dune est une série mystique, au moins neuf vous répondront "oui" sans ambage, considérant que ça va de soi.


Il y a même des bonnes sœurs.
C'est à s'y tromper, forcément.

Et, un fois encore, le vieil Herbert (on oubliera charitablement le jeune Herbert et son sbire Kevin J. en personne) les aura roulés dans la farine.

Dune est une série dont l'aspect mystique est une illusion habile, un savant effet de manche. Certains personnages de la série sont mystiques. Certaines organisations et peuples de Dune sont profondément mystiques. Mais l'univers en lui-même et le propos ne le sont, paradoxalement, en aucun cas.

tout de suite, là, vu comme ça,
ça fait moins mystique


Mais le paradoxe n'est, justement, qu'apparent. La multiplication des points de vue et l'insistance mise à trancher le moins possible font de Dune un univers profondément relativiste, déterministe et, par conséquent, matérialiste, quelles que soient les croyances de ses habitants. Le pouvoir le plus fantastique de la série, la prescience, est ramené à une combinaison génétique associée à un déclencheur chimique puissant, l'épice. Tous les autres "pouvoirs" sont présentés comme la libération du potentiel humain, le résultat d'un entraînement rigoureux, sans intervention d'aucune transcendance. Les pouvoirs génétiques mémoriels des Bene Gesserit ont besoin du même déclencheur chimique, et sont liés à une mémoire ancestrale présentée comme allant naturellement de soi.


Avouez que Benoit XVI serait vachement plus rigolo comme ça.


La mystique fait partie du décor de Dune. Il y a une mystique atréïde de la dévotion à l'honneur et à la parole donnée, il y a une mystique bene gesserit du sacrifice à la cause, et une mystique fremen de l'attente du messie, puis de la guerre sainte. Chacune de ces mystiques est battue en brèche, puis annulée par la suite de l'histoire. Les Atréïdes sont exterminés. Les Bene Gesserit se renient, cherchant à empêcher la création du Kwizatz Haderach après avoir réussi à l'accomplir, comprenant qu'elles ont ouvert la boite de Pandore. Les Fremen finissent par être assimilés et par se dissoudre dans l'Empire, finissant comme marchands de souvenirs d'un temps révolu. Il n'est pas innocent que messie promis, Paul Muad Dib ne croit pas à sa propre mystique et tente par tout les moyens d'y échapper.



Bon, tous les autres sont dessinés par Moebius,

alors je vais essayer de faire semblant, histoire de pas me faire repérer.


Et à l'arrivée, la référence à un quelconque Dieu n'est qu'une façade, Dieu n'intervient jamais. Il n'y a que des dieux, des hommes qui se hissent à un niveau divin, ou qui sont divinisés par leur peuple. Le seul à se rapprocher d'un pouvoir divin et opératif est Léto II le tyran, sacrifiant tout pour infléchir le cours du futur.




Essaie encore, petit scarabée

Le mysticisme, dans Dune, est comme le reste affaire de perception. Le jus mystique dans lequel baignent certains des protagonistes contamine le regard du lecteur. Au point que Jodorowsky, quand il tente de l'adapter au cinéma (avec Moebius, Chris Foss et Giger aux manettes graphiques), projette dessus tout un appareil ésotérique. Ce n'est, de sa part, pas un contresens. C'est juste une réinterprétation personnelle, une reconstruction dans un autre cadre de référence. Il n'est d'ailleurs pas innocent que, quand il réutilise le travail accompli pour Dune pour créer une bande dessinée, l'Incal, il soit obligé d'y ajouter deux éléments d'essence divine, Orh et l'Incal lui-même.

Commentaires

Odrade a dit…
Puis-je connaître ta définition de "roman mystique" ?


O.
Alex Nikolavitch a dit…
un roman qui révèle une croyance mystique chez l'auteur, qui se reflète dans son univers. et l'Univers de Dune, en tant que tel (l'univers physique), est un univers matérialiste, déterministe, sans transcendance. c'est le paradoxe intéressant, et qui, me semble faire sens chez Herbert.
Odrade a dit…
OK compris, je crois. Sans transcendance. Sans prosélytisme pour aucune puissance extérieure à l'esprit et la force humaine et au destin (à la fatalité ?), en fait, tu veux dire ?

Mais considères-tu Dune comme un roman initiatique, alors ? Et dès lors, initiatique à quoi ?


O.
Alex Nikolavitch a dit…
initiatique et mystique, ce sont deux notions qu'on lie trop souvent, mais qui n'ont pas grand-chose à voir à la finale. "initiatique", ça suppose une progression sur un chemin de connaissance ardue, cachée ou dangereuse. et de ce point de vue là, les éléments initiatiques de Dune sont évidents, et pas seulement en ce qui concerne Paul. après, une initiation peut avoir un aspect mystique, auquel cas c'est un chemin assez solitaire, beaucoup plus personnel qu'une initiation ésotérique.
Odrade a dit…
Hmmm.
*si j'avais une barbe, je me la tripoterais pensivement*
Intéressant.

Matière à réflexion.


O.
Anonyme a dit…
L'univers de Dune et le déroulement de l'histoire ne relèvent pas du mystique, si, en effet, chacune de ses dimensions est ramenée à un élément matérialiste. Parfois cette absence est tangente en considérant l'existence de la réincarnation (qui suppose une âme), la mutation de Leto en Ver des Sables (une condition humaine dépassée) ou la télépathie des Bene Gesserit (une pensée qui voyage). En revanche, le roman, lui, est mystique, puisque d'une part le récit ramène constamment le lecteur à ces préoccupations, précisément lorsque les personnages les perdent ou les fuient, et d'autre part, d'origines matérielles ou pas, elles sont très éloignées de notre conception du réel.
Les enfants de Dune ne parviennent pas à détricoter la spiritualité qui régit cet univers et mène le récit fondateur du premier roman. J'aurais même tendance à inverser ton propos en disant que les références matérialistes et la négation du divin ne font que donner une aumône de points de repères au mystique, tant son rôle est prégnant.
Quoi qu'il en soit, mystique déçue, sûrement, mais convenons-en, mystique tout de même.
Lp
Alex Nikolavitch a dit…
déjà, j'ai l'impression qu'il y a une confusion entre spiritualité et mystique, là.

en ce qui concerne la "réincarnation", Herbert ne l'appuie pas sur une âme, mais sur une "mémoire génétique", certes éloignée de notre conception du réel (il n'y a guère que les raéliens pour croire encore à une identité ADN/mémoire personnelle), mais qui est cohérente dans la construction d'univers de Herbert. il ne s'agit jamais d'âme, mais de mémoire (au point que chaque Ghola semble se retrouver nanti d'une personnalité propre, voir les considérations de Leto II à ce sujet). notons que chez les BG, ce n'est pas la pensée qui se transmet, mais la mémoire, et que ces mémoires transmises ne deviennent délétères (abomination) que quand elles sont transmises par l'hérédité.

la condition humaine dépassée d'un Leto ou d'un Paul est une condition surhumaine, certes, mais qui s'apparente assez à la surhumanité d'un Nietzsche, non pas changement de nature absolue, mais libération d'un certain nombre d'entraves enserrant l'humain. notons d'ailleurs que ce passage les confronte à d'autres entraves, à leur mesure, bien plus terribles (c'est le principe de la "marionnette qui voit les fils" dans le Watchmen d'Alan Moore)

du coup je maintiens que la mystique dans Dune est une projection exclusive des personnages sur l'écran neutre de ce point de vue de l'univers matérialiste dans lequel ils s'agitent.
Anonyme a dit…
Je ne veux pas pinailler mais aurais-je aussi mal lu la saga ou interprété vos propos que la transformation de Leto soit au-delà du cadre symbolique d'une philosophie, et se ne traduirait pas par une transformation effective ? Peu importe. Vous considérez, à juste titre, que chaque pouvoir des personnages de Dune comme la télépathie, prescience, voix... se ramène à une cause première qui est d'ordre matérielle, je ne l'ai pas nié puisque je les qualifie juste de tangent. Il suffirait de dire le mot magique «génétique» et le débat est plié. Après tout Dieu, lui-même, pourrait fort bien être une donnée matérielle, puisqu'il EST l'univers. Il n'en demeure pas moins que par rapport à notre propre référent du réel, fort éloigné des réalisations de Dune, les thématiques essentielles relèvent du mystique, comme la communication avec les esprits, vue de l'avenir, intelligence supérieure... et que ces pouvoirs ne sont pas une super vitesse ou un dragon cracheur du feu. Donc je maintiens aussi pour ma part que si le mysticisme de l'univers de Dune se heurte à un fond d'explication rationnelle, sa portée, sur le lecteur, elle au moins, fait de Dune un roman mystique. Entre Nietzsche, Georges Gurdjieff et Allan Kardec avaient aussi une propension à l'explication positiviste, mais leur démarche n'en était pas moins mystique. Le docteur Manhattan se sert de ses pouvoirs, bien réels, pour se projeter dans les méandres du futur, mais il lui échappe sans cesse. Si potentialité extra-humaine ou sur-humaine il y a pour notre modeste condition, le fait que Leto y renonce et se complait à la démystifier, ou plutôt s'y laisse empêtrer, n'abolit pas la fascination du lecteur pour ces sujets et plus encore pour les fondations d'un univers aux incroyables potentialités. Ces sujets sont même susceptibles d'un intérêt amplifié en leur voyant attribuée cette causalité qui ne fait que repousser à une autre échelle la part du mystère et du possible. Vous considérez qu'immerger le mystique dans un cadre matérialiste lui ôte son essence. Je pense à l'inverse qu'il l'imprègne. Paul et Leto sont allés trop loin pour nier leur propre condition. Prophète puis anachorète pour le premier, et élu puis demi-dieu pour le second, ils sont de parfaites, et à la fois instables, réalisations de la force mystique qui anime l'univers de Dune.
Lp
Alex Nikolavitch a dit…
tout ce que je dis, c'est que justement, le mysticisme de Dune est un savant effet de manche d'Herbert : la grande force de Dune est d'arriver à faire naitre cette impression mystique dans l'esprit du lecteur, avec des éléments de décor très astucieusement mis en place aux endroits stratégiques. je ne nie pas l'effet de fascination, j'en démonte les ressorts et l'artifice.

bien sûr que la "génétique" est ici une convention, un "plot device" pour faire tenir le truc (tout comme le voyage spatial hyperluminique, autre convention SF).

l'idée, je crois, c'était de déplacer la part de mystère, de prendre du champ, de la distance par rapport au Mystère. sous l'angle herbertien, il se résume à des causes matérielles, c'est quasiment une démonstration de l'axiome de Clarke sur la science suffisament avancée qui ne se distingue plus de la magie.
Anonyme a dit…
«effet de manche», «ressorts et l'artifice», «plot device», pardonnez de reprendre en préambule votre vocabulaire, mais il ne faudrait tout de même pas laisser le sentiment que Dune est une accumulation de procédés romanesques. Il est vrai que la SF pousse le rationnel dans des retranchements qui tiennent de la transcendance, c'est le cas de Fondation, qui s'étale dans le temps ou de 2001, qui remonte aux sources, mais Dune charrie une thématique mystique chargée qui fait du regard «roman mystique» une opinion, qui même si elle est en contradiction avec la structure de l'univers du roman, n'est pas dénuée de fondement. Et, en ce qui me concerne, j'aurais tendance à croire que les développements de l'histoire de la dynastie et ses fondements rationnels ne parviennent pas à écarter les réalisations qui s'y déroulent, au delà d'un «jus», et les forces sous-jacentes qui ne les orchestrent certes pas, mais s'y manifestent avec une force qui fait de Dune une oeuvre littéraire majeure. En rendant cet univers rationnel, Herbert l'a aussi rendu cohérent, et il s'en dégage une cohésion où puiser et distinguer dans ses approches toutes sortes de mystiques. Et l'on pourrait soustraire aux pouvoirs la foi tourmentée des personnages ou l'amour idéalisé à l'extrême de Leto qui, à ce niveau, en deviennent des mystiques, sinon inédites, du moins propres au roman.
Lp
Alex Nikolavitch a dit…
Tout roman est un assemblage de procédés romanesques. Ce qui fait la différence, après, c'est la puissance visionnaire de l'auteur, et de ce côté, je pense qu'on est tous d'accord (et sur les points où nous ne sommes visiblement pas d'accord, je trouve justement très intéressants nos regards croisés et contradictoires). après, la puissance d'évocation d'un roman n'empêche pas qu'on puisse vouloir en comprendre les ficelles techniques, ce qui est aussi l'objet de mes petites notules publiées ici. ce sont justement les oeuvres littéraires majeures qui gagnent le plus à être étudiées à la loupe et décortiquées dans tous leurs aspects : construction d'univers, procédés littéraires, techniques, structure. en tout cas, j'adore ça.

Mais vous mettez le doigt, justement, sur le cœur de mon analyse : les personnages ont une approche mystique (quoique dans le cas de Leto, cette mystique ne se focalise pas sur une transcendance, mais comme vous le notez fort bien sur une idéalisation des sentiments), mais la lecture mystique n'est que cela : une lecture. elle est dans le regard du lecteur, et pas dans les romans eux-mêmes. le noter, je ne crois pas que ce soit faire insulte à Herbert ou l'amoindrir (amoindrir et insulter Frank Herbert, Kevin J. et Brian Herbert s'en chargent depuis quelques années, avec une absence de brio qui force l'admiration).

Fondation est un univers rationnel peuplé de gens rationnels (le fait qu'Asimov soit solidement positiviste n'y est probablement pas étranger). 2001 est au contraire un univers peuplé de gens rationnels, mais qui sont confrontés à quelque chose de totalement irrationnel (ou qui ne peut être éventuellement rationnalisé que via l'axiome de Clarke, tiens donc), l'infinité de l'espace étant associée à une entité inconnaissable, ineffable, peut-être (ou peut-être pas, d'ailleurs) d'essence divine mais en tout cas supérieure.

Dune, sous ce rapport, fonctionne à l'inverse de 2001. Les habitants de cet univers sont en demande de transcendance. Ils attendent le messie, le Court Chemin, etc. Le seul problème, c'est que leur univers n'est pas en mesure de répondre totalement à leur prière : le dieu qui apparait est humain, trop humain, et c'est son humanité qui est sa croix, sa tare fondamentale. pour échapper à son humanité et se rapprocher de l'attente divine, il doit se faire monstre (qui veut faire l'ange fait la bête, disait un de nos grands penseurs). je trouve ça assez brillant, assez fascinant.

Mais le mysticisme dans Dune reste pour moi une propriété émergente, absente du matériau qui la voit naitre : c'est justement ce paradoxe que je trouve fascinant. (mais qui est perturbant aussi quand on l'analyse, je le reconnais)
Anonyme a dit…
Fondation comme Dune se laissent prendre au piège du mystique. Ils créent leur propre mystique. Par exemple, Fondation comme Dune poussent une théorie sociologique à un paroxysme qui ne tient plus du rationnel. Fondation s'inscrit dans une durée temporelle telle que le jeu des incidences, des causes à effets, sociétés après sociétés, tient de l'inouï, du sur-humain, d'une transcendance masquée. De même, le dessein de rendre impossible la guerre en introduisant la femme au coeur de la société militaire, ressort là aussi d'une telle intensité, d'une telle portée, d'un tel bouleversement, d'un tel contraste féminité/guerre, que le mot mystique finit par s'imposer, et me fait dire que le roman recèle en lui une part de mystique, propre certes, mais qui répond aux canons du genre. Pour Fondation c'est plus discutable... Mais Asimov est tout de même connu pour être celui qui insuffle la vie, et plus encore le sens, à la machine. Tous les personnages majeurs de Dune échappent à la condition humaine par leur faculté, parfois ils y retournent, et encore la mort elle-même dans Dune est prise dans des processus de continuité. Je crois qu'Herbert a posé un monde articulé par le mystique, qu'il a voulu rendre rationnel, déterminé, et finalement perceptible. Trop de fondements de l'oeuvre se rapportent à des constantes mystiques. Et quand bien même «propriété émergente» ou en l'absence d'une «entité inconnaissable», la peinture est telle, que tronquée, trahie, elle ramène invariablement à son sujet. Il existe une oeuvre qui est une narration en focalisation zéro d'un quotidien, rien de rien de mystique, à l'évidence. Et pourtant, il suffit du titre, «Les dieux ont soif» pour jeter le germe d'un léger doute, induit par cet usage du mot quelque peu polysémique de «dieux». Rien n'est au hasard dans une oeuvre majeur, encore moins son titre. Et dans le cas de Dune, c'est patent, constant, et n'est pas la réaction du regard du lecteur disposé, sur une simple thématique, c'est un véritable puits, sans cesse déçu, sans cesse renouvelé. Inhérent.
Lp
Dune Jacurutu a dit…
Rarement lu un tel concentré de ...
Vous avez gagné votre place dans la ferme de Bouvard et Pécuchet.
Anonyme a dit…
Pauvre petit imbécile...
Lp
Anonyme a dit…
Et coucou !
Je découvre (tardivement ARF !) l'article via le lien laissé sur Bruce Lit, et avant d'autres précédemment écrits sur la saga de Frank Herbert (et que je vais me faire un plaisir de consulter rapido 😋).
C'est un constat passionnant, cette mise en lumière de la nature de l'oeuvre et, de là où je me trouve -pas bien haut sur l'échelle de ma réflexion de simple lecteur énamouré de cet (ces) univers-, j'oserais quand même avancer que le peu de témoignage biographique de l'auteur, qui figure en post-face du tome final (avant l'hommage de l'éditeur lui-même) tendrait à valider la primauté d'une conception plutôt "concrète" (lire Terrestre) de l'existence, plutôt que baignée de mysticisme ; l'amour partagé semblant représenter l'aboutissement absolu du tout, faisant de l'oeuvre elle-même un "simple" produit consubstantiel, dont la richesse conséquente n'est "que" le résultat en rapport, confirmant le point de vue illustré dans l'article. Voilà, c'était juste mon grain de sel.
Ta sortie au sujet des tâcherons qui exploitent le filon des bouquins m'a bien fait rire !
Bruno. ;)

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