Accéder au contenu principal

Mucho Mucha, muchacho

Revenu de Rouen où j'avais fait un saut express pour diverses raisons familiales (permettre à ma fille de participer à un concours musical organisé par un conservatoire de la région, voir mon frère, sa femme et mes nièces) ce qui m'a permis de découvrir une ville épatante que je ne connaissais que pour l'avoir traversée une fois en voiture (c'était un raccourci. qui avait rallongé notre voyage, si je me souviens bien, de près de trois heures. le conducteur du véhicule s'était fait disputer à l'arrivée par le conducteur de l'autre véhicule affecté à ce départ en vacances, qui avait pris un chemin normal, lui). Là, petit voyage en train, plus rapide d'ailleurs que je ne l'aurais cru, et vieille ville médiévale très belle, avec aussi de super bouquinistes (toujours un plus, dès que je suis concerné) et des boutiques qui vendaient des macarons au carambar, alors fatalement il a fallu que j'essaie.

Bref, alors que j'ai du boulot à ne plus savoir qu'en foutre, ces deux jours m'auront fait un bien fou.

Au retour, ma fille, qui ne fait pas que de la musique, s'est remise à un devoir d'arts plastiques pour l'école et me l'a montré pour avoir des conseils. Et là, je lui ai dit "tiens, c'est marrant, l'effet sur les cheveux, on dirait du Mucha. tu connais Mucha ?" Elle m'a fait non de la tête. Alors je suis allé chercher un bouquin sur Mucha, que je lui ai passé.

Le terme technique décrivant la suite pourrait être "déflagration mentale" (ou "explosion du cosmos intérieur", s'il y a des fans des Chevaliers du Zodiaque parmi vous). Le scotchage immédiat. La gamine vissée dans un coin du canapé à compulser fébrilement l'ouvrage. J'ai personnellement vécu ce genre de moments : des gens qui me faisaient découvrir un auteur ou un artiste qui me mettait sur le cul d'emblée, et que ça me démontait la tête. Mais être à l'origine de la même chose, de ce même violent coup de foudre en filant un conseil anodin (c'est pas la première fois que je lui fais découvrir des trucs qui l'intéressent), ça me fait bien plaisir.


Faut dire que le père Mucha était capable, outre l'élégance folle de son dessin, d'insuffler une grâce mythologique à ses sujets. Un mouvement habillant le réel, le transcendant, sans pour autant le renier. Je crois que ma fille est tombée instantanément amoureuse du style Mucha (du coup, je lui ai monté des trucs sur Guimard, histoire de contextualiser tout ça). Mucha, c'est vraiment une époque révolue, l'image ou le fantôme d'une espèce d'âge d'or fantasmé. C'est la réinvention d'un éternel féminin qui fait irruption dans le Siècle. Ou l'inverse, d'ailleurs.

Et puis faut dire ce qui est : un type qu'on paye pour faire une pub pour de la bière, et qui transforme l'exercice en œuvre immortelle*, inutile de dire que je suis forcément fan.


Comme quoi, l'esthétisme peut aussi s'accommoder de saines valeurs. Comme l'amour des jolies femmes et de la bière.


* et qui avait fait pareil avec des boites à biscuits, des pubs pour des vélos ou des cigarettes et des étiquettes de champagne, il est bon de le noter. Et même avec Sarah Bernard.

Commentaires

artemus dada a dit…
Bien d'accord avec toi sur Mucha, un artiste que j’apprécie énormément.
Stéph a dit…
Ah Mucha... D'ailleurs je me souviens que les couvertures de Adam Hughes pour la mini-série de Alan Moore sur Voodoo m'avaient aussi beaucoup fait penser au style de Mucha.

Posts les plus consultés de ce blog

Rebooteux

 Bon, on a profité de l'été pour se faire des sorties cinés avec la tribu Lavitch. Et comme il y a un tropisme comics par ici, ça a été Superman et Fantastic Four.     Pas grand-chose à dire sur le FF , qui est dans la moyenne des films Marvel en termes de scénar, mais bénéficie d'une belle direction artistique et d'un ton qui, pour le coup, colle assez avec ce qu'on était en droit d'attendre d'un film sur le quatuor le plus emblématique des comics, et qu'aucun des films précédents qui leur étaient consacrés n'arrivait à approcher (à part peut-être un peu le Corman, mais on reconnaîtra que c'est un cas particulier). Pas le film de l'année, mais un moment fun et coloré. On notera que prendre une actrice qui s'appelle Kirby pour faire le personnage le plus stanleesque de la bande ne manque pas d'ironie, mais elle fait bien le job, donc...  Fun et coloré, ce sont aussi des mots qui viennent à l'esprit en voyant le Superman , James Gunn ...

un peu de culture

Michel Ange : la Gauche mesurant l'étendue de la défaite de la Droite aux Régionales (allégorie)

Hellboy en mieux

Bon, imaginons que Baal (ou Bel, dans la tradition), fasse un enfant dans le dos à Billy Batson, alias Captain Marvel (version Shazam), comme ça, pour voir. Ça donnera un bébé demi démon, on est bien d'accord, genre Hellboy. Sauf qu'il est le fils de Bel et du gros fromage rouge. Bon. Et donc, on l'appellera Baby-Bel. En hommage à ses parents.

Mfrpf

Hein ? Déjà samedi ? **consulte son planning** Woh putain... La semaine aura été chargée, et j'ai pas encore tout fini ce que j'avais à faire. C'est du propre, tiens. En vrac, les travaux à la maison (normalement, on en voit le bout). Des traductions (rendu du Darkness , le Arkham Asylum de McKean, du Star Wars période Marvel, et j'ai du The Boys et du Spawn à boucler, là, avant d'enchaîner sur du Wildcats ). Du scénar (on est en train de boucler le tome 2 de Crusades , et ça charcle bien). Et le bouquin sur les Mythes que je suis en train d'essayer de boucler dans les temps (le chapitre sur les réécritures successives de personnages comme Superman et Iron Man n'est pas facile, croyez-moi). Et... Et... Et je vais me resservir un café, là. Ou deux.

Chasse au gaspi

C'est dingue la quantité de messages dont on est bombardés sans arrêt, genre 5 fruits et légumes par jour, les affiches pour expliquer que le tabac c'est caca, pour expliquer comment se laver les mains dans des lieux publics pour cause de grippe (personne ne les a encore détachées), et caetera, et caetera, et tout le quanti. En plus, c'est que ça coûte du pognon, ces conneries. Et le nôtre, en plus. Mais si les gens continuent à en faire, c'est que ça doit servir à quelque chose (en plus de remplir les caisses de ces agences de comm' à créatifs au nez blanchâtre). Tenez, quand on voit une affiche aussi bien que celle que je reproduis ci-dessus, on se dit que depuis le temps, il ne doit plus y avoir un alcoolique dans toute la Russie.

C'est dans les vieilles soupes qu'on fait les meilleures lectures

C'est marrant, en ce moment, je me fais une cure de vieux bouquins, parfois en rééditions, parfois en exhumations de derrière mes étagères, ou en récupérations dans des bacs à vils prix. J'ai pourtant pas mal de trucs récents sur ma pile des "à lire", pile aux dimensions de plus en plus conséquentes, mais il y a des moments, comme ça. C'est une question d'humeur. Besoins de lectures à papa… Voire à grand-papa. J'ai fait une cure de Mickey Spillane, par exemple. C'est pas fin, vous me direz. C'est pas ce qu'on lui demande non plus, je vous répondrai. Là, c'était En quatrième vitesse , le premier Mike Hammer. Où l'on voit que Frank Miller a une dette importante (il ne s'en est jamais caché) envers Spillane. Ce ouiquainde, je suis en plein dans Seul contre la Légion , de Jack Williamson. Ça, c'est du bon vieux space opera pulpesque. C'est à peu près contemporain du cycle des Fulgur, de E.E. Doc Smith, pour situer. Bon, c'es...

Compte à rebours avant Apocalypses : 31 jours

Hop, je viens d'avoir la date officielle pour la sortie d' Apocalypses, une brève histoire de la fin des temps , mon prochain bouquin à paraître chez les Moutons électriques. C'est pour le 6 novembre prochain. Du coup, je vous en rebalance un petit extrait : Ce qu’on appelait l’esprit "fin de siècle" dans années 1990, en le considérant comme un mal transitoire, se retrouve à perdurer sous une forme plus appuyée encore : l’approche de l’an 2000 avait remis sur le devant de la scène le discours millénariste et commencé à le banaliser, l’automne 2001 lui donne un impact dans un monde séculier qui chercher à se déséculariser, à reprendre une place cosmique dans un plan divin. Les groupes de pression fondamentalistes de toutes obédiences ont trouvé des caisses de résonnance dans la société. Si le phénomène n’est pas nouveau, il prend ces dernières années une ampleur assez inédite. En France, des organisations catholiques comme l’Institut Civi...

Frères humains qui après nous vivez

Tiens, je viens de voir les deux premiers épisodes de Real Humains sur Arte. Et j'ai plein de raisons de râler. Pas sur la série elle-même, hein, dont j'ai trouvé le scénar très malin, et la prod très efficace. Le look des Bots et la manière dont ils sont joués sont très bons, et tout le design joue à plein sur la métaphore technophile (déballage et mise en service du Bot, avec le mode d'emploi ouvert à côté, comme on déballe un ordi ou un téléphone portable, cales en polystyrène comprises), mais aussi sur tout un tas de métaphores sociales intriquées (le sous prolétariat immigré, l'alter-mariage, Alzheimer, etc.). Tout amateur de SF bien pensée devrait regarder cette série. Sur le fond, elle reste dans du classique : la garde malade trop zélée renvoie directement à des textes de Jack Williamson qui ne sont pas du tout récent ;  Les Humanoïdes datent de 1949, et Les Bras Croisés d'encore avant. La scène où le voisin fait planter la petite Anita, elle sort dir...

Après tout, autant se recentrer sur ce qu'on sait faire

Figurez-vous qu'aujourd'hui, j'avais envie de rendre hommage à Mac Raboy, dessinateur un peu oublié de nos jours qui avait pourtant contribué à bâtir la légende des éditions Fawcett. Ça nous changera de toutes ces villennies que nous assène l'actualité, parce que c'est vrai, quoi. Vous devez en avoir marre de m'entendre parler de gardes à vue, de vidéosurveillance (pardon, vidéoprotection), et autres lois Lopsi, Hadopi et Pulpipi et surtout d'Eric Besson. Parlons donc plutôt de BD. Caramba, encore raté. Quoi qu'on fasse, on y revient…

Le nouveau Eastern

 Dans mon rêve de cette nuit, je suis invité dans une espèce de festival des arts à Split, en Croatie. Je retrouve des copains, des cousins, j'y suis avec certains de mes rejetons, l'ambiance est bonne. Le soir, banquets pantagruéliques dans un hôtel/palais labyrinthique aux magnifiques jardins. Des verres d'alcools locaux et approximatifs à la main, les gens déambulent sur les terrasses. Puis un pote me fait "mate, mec, c'est CLINT, va lui parler putain !"   Je vais me présenter, donc, au vieux Clint Eastwood, avec un entourage de proches à lui. Il se montre bienveillant, je lui cause vaguement de mon travail, puis je me lance : c'est ici, en Dalmatie, qu'il doit tourner son prochain western. Je lui vante les paysage désolés, les déserts laissés derrière eux par les Vénitiens en quête de bois d'ouvrage, les montagnes de caillasse et les buissons rabougris qui ont déjà servi à toutes sortes de productions de ce genre qui étaient tellement fauchées ...