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Général Jean-Joseph-Amable Humbert


"- Mais que comptiez-vous faire avec si peu de monde?

-Aller à Dublin et libérer une nation qui souffre sous votre joug.

- Voilà bien une idée qui ne pouvait germer que dans une tête française.
"

(Général Jean-Joseph-Amable Humbert, 1767-1823, dialogue avec le général Lake)

Il y a des gens qui ont la poisse. Ils accomplissent des exploits incroyables, et sont néanmoins disgraciés et oubliés. Le général Humbert est de cette sorte : héros des Révolutions Française et Irlandaise, de la défense de la Louisiane et de la flibuste, il est mort en exil, renié par sa patrie.

Avant de devenir général, l'homme avait été tanneur de peau de lapin. La Patrie étant en danger, il fut promu capitaine de la garde nationale de Lyon, participa au siège de Mayence puis à la guerre en Vendée, et fut nommé général de brigade à 26 ans. Devenu second de Lazare Hoche, il l'accompagna lors de la première opération (ratée) de soutien à la révolution en Irlande.

Après une deuxième tentative, Humbert prit le commandement d'une dernière expédition et débarqua en 1798 à Killala avec 1030 hommes. Son sens tactique et l'appui de volontaires irlandais lui permirent de défaire 6000 anglais à Castelbar, et de proclamer l'éphémère République du Connaught. Après deux autres victoires sur les troupes anglaises, Humbert fut contraint à se rendre au général Lake à Ballinamuck.

Humbert fut traité avec beaucoup d'égard par ses adversaires, qui avaient apprécié le côté sportif de son expédition. Les volontaires irlandais qui l'avaient soutenus furent pour la plupart pendus, parce que l'amour du sport des Britanniques a quand même ses limites.

Humbert participa ensuite à l'expédition de Saint Domingue, mais fâché avec le général Leclerc (pas celui de la 2ème DB), il fut disgracié par Napoléon.

Par la suite, il recommença à combattre les Anglais, mais en Louisiane cette fois-ci, avec le général Andrew Jackson, futur président des USA. Il se battit aussi aux côtés des flibustiers Dominique You et Jean Laffitte, ce qui lui permit de devenir gouverneur militaire de la république de Campeche (dernière place forte des pirates des Caraïbes), puis s'impliqua dans la guerre d'indépendance du Mexique.

Il faillit être pendu pour piraterie par les Américains, seules ses relations avec Jackson lui évitant la corde. Assigné à résidence à la Nouvelle-Orléans, il continua de toucher sa solde, qu'il mettait un point d'honneur à aller chercher en uniforme de général de la République, mais la Restauration le priva de cette dernière ressource. Il vécut alors en paria parmi d'anciens esclaves et pirates, voire des prêtresses Vaudou comme la célèbre Marie Laveau.

Le général Humbert repose toujours en Louisiane, dans un parfait anonymat. De nos jours, seuls les Irlandais se souviennent encore de ce vaillant soldat. La France, elle, l'a oublié, on voit le résultat.

Commentaires

Anonyme a dit…
Il y a eu un roman de Thomas Flanagan, L'Année des Français, dont on a tiré une mini-série franco-irlandaise, je crois. En tout cas, le rôle du général Humbert (est-ce un lointain ancêtre d'Humbert H. Humbert?) était tenu par Jean-Claude Drouot. Hé ouais! Quand il sauvait pas la France, Thierry la Fronde sauvait l'Irlande.

Enfin, il essayait...
Alex Nikolavitch a dit…
Comme quoi, on peut pas gagner à tous les coups.
Anonyme a dit…
Il y a un merveilleux roman sur le général Humbert, Les coches bleues, de Michel Caffier (Grasset, 1990). Un beau portrait du grand républicain !

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