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Articles

Les cheveux qui me restent

 Des fois, c'est à s'arracher les cheveux à pleines poignées. Heureusement que j'en ai plus, sinon je me ferais un total look captain Jeon-Louc Piccooorde. D'accord, les vacances se terminent (j'ai même pu déconnecter quelques jours et partir en famille), mais force est de constater que le flux de boulot demeure. Et le boulot, des fois, c'est compliqué. On peut être lancé sur une traduction pas simple, mais avoir trouvé son rythme et avancer à une bonne cadence, lorsqu'on bute sur un vrai truc difficile. Là on fait une pause, et juste avant de reprendre, bim, des mails réclamant qui un article, qui un correctif sur un vieux boulot, qui un complément sur un truc en cours mais qui n'a rien à voir, des factures à remanier ou à relancer, des illustrations à remonter. On se dit (avec un certain sens de la procrastination) que c'est une aubaine, que ça changera les idées, etc. Et puis il faut du temps pour abattre tout ça, et lorsqu'on se remet à la tr...

Noir c'est noir. Ou pas.

 Je causais ailleurs de l'acteur Peter Stormare, qui jouait Czernobog (ou Tchernobog, ou Crnobog, prononcer "Tsr'nobog" dans ce dernier cas) dans la série American Gods , mais qui était aussi Lucifer dans le film Constantine et le nihiliste qui veut couper le zizi du Dude.   de nos jours, il lui latterait plutôt les roubignoles au Dude Tchernobog (ou Czernobog, ou Crnobog) c'est un dieu classique des mythologies slaves, sur lequel il a été beaucoup écrit, un dieu noir et hivernal opposé à la lumière, enfermé dans un cycle de mort et de résurrection, avec donc un rôle dans la fertilité. C'est sur ce mythe-là que Gaiman base son personnage dans American Gods , justement. Les chrétiens l'ont immédiatement assimilé à un diable, et c'est la lecture qu'en fait Disney dans le segment "La nuit sur le Mont Chauve" dans Fantasia .   J'entends cette image   Faut dire que le gars est pas aidé : son nom signifie précisément "dieu noir"...

Writever août, part 1

  1/ Drôle d'endroit pour une rencontre. La princesse Wulfagarde croisa le sabotier Martibert en cherchant son chemin dans la forêt interdite. Ils trouvèrent la sortie ensemble, furent embastillés séparément et se retrouvèrent dix ans plus tard à l'autre bout du monde.   2/ Martibert et Wulfagarde se passèrent alors du consentement royal et se marièrent sur une barcasse dont le patron pêcheur avait été nommé capitaine pour l'occasion. Il les emmena ensuite sur l'île d'Hybernon, à laquelle aucun des royaumes voisins ne s'intéressait.   3/ Les deux guerriers mythiques du royaume, Dachille et Jonathocle, partageaient tout, les repas, les honneurs, la bataille, les armes, les butins, la tente, et même le grabat. D'après les exégètes, c'était la preuve qu'ils étaient "très bons amis".   4/ Le roi Arthulf et la reine Gontrade avaient souffert de leur mariage arrangé. Puis était née une complicité, ils s'ingéniaient à dresser les courtisans dé...

Arkham Parano

J'ai des camarades de jeux dangereux, sur les internets. Genre, qui diffusent des images de ce genre, tirées d'un bouquin sur les voyages de Lovecraft :    Forcément, ces collisions m'inspirent. Short, bob, et voyages farfelus, ça me fait penser à Hunter S. Thomson. Et donc, j'ai répondu par : "what kind of rat bastard would feed ghouls at that ungodly hour?   - As your attorney, said Doctor Gonzo, I'd advise you to find the closest dive.   God. I didn't need no beer. I wanted mescaline." Et maintenant, j'ai envie d'écrire ce bouquin, un Fear and Loathing in Arkham par Hunter P. Loveson. Je suis irrécupérable.

Pour La Motte-Piquet-Rochereau, changez à Bastingage

Encore un rêve de transports en commun. Après un petit-dèj dans une espèce de librairie salon de thé, je me rends à un rendez-vous à l'autre bout de Paris. J'y amène une pizza, que je porte sur le dos grâce à une sorte de harnais qui m'a été refilé par le libraire, "un modèle tortue ninja", a-t-il précisé. Tout déconne dans les transports, entre le type chelou qui me demande mon avis sur des trucs glauques, me poussant à descendre trois arrêts avant celui prévu, le bus qui passe devant un cimetière de tours Eiffel, un terrain vague où des modèles de 30 ou 40 mètres du monument rouillent après avoir été distordus par... des incendies, peut-être ? Ou le Réchauffement ? Et enfin je suis lâché sur les quais de Seine, à un endroit que je ne connais pas, ma pizza sur le dos, à ne pas pouvoir demander mon chemin parce que les rues sont vides. Faut vraiment que j'arrête la muscade le soir, moi. Ça ne me réussit décidément pas.

writever juillet part 2

 Et la deuxième partie du Writever de juillet   16/ Les droits des femelles orques firent des progrès lorsqu'on reconnut les sages femmes des clans comme des soignantes, et qu'on abandonna le terme de "gestation" pour parler de grossesse lorsqu'elles attendaient des enfants. Quoi qu'insuffisant, c'était un pas.   17/ On jugea prématurée la naissance d'Ordulf IV parce qu'elle tombait le jour des festivités du jubilé, et que la reine ne put y assister. Il était pourtant né à terme. Mais la politique royale n'avait que faire des contingences du réel.   18/ La naissance d'Ordulf fut accompagnée d'une prophétie annonçant un règne prospère et heureux. On la considéra comme réalisée. Il faut dire que le règne précédent avait été tellement calamiteux que cinq ans de paix et trois bonnes récoltes semblaient un âge d'or.   19/ Le mythe de création était adapté à chaque changement de dynastie. Il fallait que l'usurpateur, même roturier jus...

Writever juillet part 1

 Avec un peu de retard (j'étais le nez dans le guidon tout le début du mois) voilà un bout de Writever pour juillet. La suite probablement demain ou après-demain.   1/ Une naissance princière était un événement. Bébé était examiné sous toutes les coutures par les oracles. Le temps que Bébé règne on avait oublié leurs prédictions. Sauf quand son royal père canait dans l'année. C'est ainsi que le régent Dongulf fit pendre les oracles.   2/ Le duc aimait beaucoup son fils aîné, issu de sa première femme notoirement volage. Pour éviter toute contestation avec les demi-frères lors de la succession, il décida de l'adopter. Le duc était du genre prudent. Bien sûr, la procédure fut contestée bien plus tard.   3/ La reine Gotrade (noble turgonde, un peuple nouvellement conquis) prit le contrôle à la cour. Elle plaça ses mignons, isola le roi, mena les affaires. Les accidents de chasse étaient si courants dans la vieille garde que le végétarisme fit son apparition aux banquets...

Se la jouer perso

 Un truc qui m'arrive assez fréquemment, lors de l'écriture de romans, c'est d'introduire de nouveaux personnages en cours de route, selon les besoins de l'intrigue. Le risque étant bien sûr d'en faire des personnages-fonction, des catalyseurs commodes de choses et d'autres dans la mécanique du récit. Et surtout, des catalyseurs visibles. Et là, si le lecteur voit ce genre de ficelles, c'est foutu. Il y a pourtant une astuce que je pratique à l'occasion, et qui permet de développer proprement ces personnages, sans que leur arrivée ne semble ad hoc . Dans l'Ancelot , ça m'est arrivé plusieurs fois, lorsque je me suis rendu compte que la relative solitude de mon protagoniste rendait le récit extrêmement sec par moments. Il a fallu ajouter des personnages secondaires pour redonner un peu de pep's à certaines séquences, un peu de volume au texte ici et là, ou ralentir le rythme de certaines autres. Une fois cela fait, je disposais donc de plu...

L'île de glace

 Un souvenir qui me revient, j'ignore absolument pourquoi il vient de poper comme ça dans ma tête, mais je viens de repenser à une session de travail sur Trois Coracles , qui avait ceci de particulier qu'elle n'avait pas eu lieu dans mon cadre habituel. En règle générale, j'écris dans mon bureau ou dans les transports. Une bonne partie des Canaux du Mita n a été écrite dans le bus me menant à un boulot de remplacement que j'avais accepté, y a quelques années. Pas mal de chapitres d' Eschatôn ont été écrits dans des TGV. Mais, contrairement à d'autres collègues, j'écris rarement dans des bars. Il m'arrive de profiter des terrasses des quais, aux beaux jours, pour me poser avec un calepin, mais ça relève surtout de la prise de notes. Et donc, par un soir d'hiver, j'avais accompagné une de mes mômes à un entretien de boulot à Paris, et je m'étais posé dans un rade vers Montparnasse pour l'attendre, sachant qu'il y en avait pour quelq...

Il est passé le temps des cathédrales

 Dans mon rêve de cette nuit, j'étais reçu chez des amis (en vrai, les personnes en question sont des gens que je croise de temps en temps, mais que je ne connais pas plus que ça. Pourquoi mon rêve en a fait des amis proches ? Mystère) dans un immeuble au style assez ancien, mais que je n'arrivai pas à définir. Je débarquai chez eux pour manger après avoir pris un ascenseur bringuebalant, ils me présentent leur bébé, tout cool (et en vrai, les gens en question n'ont pas d'enfants). Je converse en babillant avec le petit, qui est gentil comme tout et très rigolo. Puis ils doivent sortir faire une course, me laissant l'enfant. Nous jouons ensemble, je lui fais des dessins qui l'amusent, mais je commence à m'inquiéter. Ils ne reviennent pas. Bébé dans les bras, je sors, je descends dans la cour, à l'arrière. Je comprends alors pourquoi je n'arrivais pas à définir le style du bâtiment. Tout a été construit, il y a visiblement très longtemps, dans les rui...

Writever Juin

 Cette fois, une liste format familial par l'excellent Saul Pandelakis (La séquence Aardtman). 1/ Lorsqu’il affrontait Minotaurillons, Gargoules, Centibras et autres Barnaclins, le héros Attawulf se posait toujours la question d’à quoi ressemblaient leurs parents. Il était invariablement déçu. Des gens ordinaires, au mieux les souverains de quelque île misérable. 2/ Lorsque la reine Gargantrade fut prête à donner naissance à l’héritière du trône, il fallut courir chercher une sage-ogresse, seule à même de l’assister dans son travail. Une princesse de 72 livres, quand même, dont les cornes royales poussaient déjà. 3/ Le mariage, chez les Octagides, ne ressemblait aux pratiques d’aucun autre peuple. On mettait en garde les gens tentés par une union mixte. Ils ne comprenaient, ni d’un côté ni de l’autre, à quoi ils s’engageaient. Le divorce, lui, se jouait au duel de cornemuses. 4/ Chez le prince Nandulf, il n’y avait pas que l’hérédité à être chargée. La sélection naturelle impitoya...