Accéder au contenu principal

Fouille les bacs d'abord

 Là, j'ai un peu d'actualité côté traduction. Alors, vous allez me dire, j'ai TOUJOURS de l'actualité côté traduction, vu que j'en signe deux à trois par mois et donc qu'elles sortent à peu près au même rythme.

Mais c'est bien d'en causer un peu quand même en passant. D'autant que l'une d'entre elles est un petit évènement, vu que c'est le premier tome d'une intégrale de Madman par Michael Allred.


Série complètement foutraque et faussement naïve, Madman a connu pas mal d'incarnations au fil du temps. J'étais très content qu'on me confie cette traduction, parce que j'étais loin d'avoir tout. J'avais pris le train en marche à l'époque, au début des années 90, avec la deuxième série, puis j'avais essayé de choper la première (il m'en a toujours manqué un numéro depuis lors) puis j'avais attaqué la série régulière, puis... Les vicissitudes des années 90 m'avaient fait lâcher le truc. J'y revenais sporadiquement, prenant de temps en temps une compile que je lisais avec plaisir, mais le fait est, ma collection était toute dépareillée.

En VF, le peu qui avait été publié l'avait été un peu dans le désordre, de façon parcellaire. D'ailleurs, je crois que ce premier tome contient uniquement de l'inédit VF. Autant dire que j'aime quand mon boulot me permet de compléter des trucs que j'apprécie.

Bref, gros plaisir de retrouver ces personnages délirants et ce ton si particulier qui est celui d'Allred (à l'occase, lisez aussi ses Silver Surfer, sur scénar de Dan Slott, c'est très bien aussi), ainsi que son trait qui a quelque chose d'une Ligne Claire à l'américaine sans en être vraiment.

Hormis cela, l'autre événement, c'est King Spawn, déclinaison nouvelle de la série lancée il y a 30 ans par Tod McFarlane. C'est bien foutu, pas mal écrit, ça reste dans le ton tout en retrouvant pas mal de pep's.

De même pour la série Flash Infinite, qui en est à son tome 2, et ça faisait longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir à traduire les aventures du bolide écarlate. (accessoirement, Flashpoint est réédité en poche, et l'intégrale des épisodes de Francis Manapaul d'il y a dix ans débute ces temps-ci).

Chez Delirium, le tome 5 de Vietnam Journal, excellente série de guerre de Don Lomax, et Elric de Melniboné, premier tome d'une adaptation en comics de la Jeunesse d'Elric. Amateurs de classiques de la fantasy, allez y jeter un oeil.

Hormis cela, la suite de l'adaptation de Dune sort enfin. Gros mois côté trad, et là j'ai fait le planning du boulot à abattre d'ici Noël dans ce domaine, j'ai pas fini d'encombrer les tables de nouveauté.

Dans un autre genre, c'est dans deux semaines que sort Les mythes de Lovecraft chez Ynnis, dans lequel je signe plusieurs articles. Normalement, je pourrai en signer au Campus Miskatonic de Verdun début novembre. Par contre, je n'en aurai pas dimanche à Hypermondes, à Merignac, mais par contre, il y aura l'anthologie du festival dans laquelle je signe une nouvelle, "Transit".



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Du shoggoth dans le gaz

Dans mon rêve de cette nuit, une éditrice me demandait de lui prêter main forte parce que Tardi avait commencé une nouvelle série sur HP Lovecraft et ne s'en sortait plus, apparemment sa santé mentale commençait à en souffrir passablement. Il avait besoin d'un scénariste pour le remettre sur les rails.  Je me plongeais dans la lecture des deux albums déjà parus, une espèce d'errance de Lovecraft dans une mégalopole bizarre, faire d'immenses immeubles décrépits et étroits, un truc à mi-chemin entre ses Nestor Burma, ses illustrations de Céline, Kafka et La musique d'Erich Zann. Je ne comprenait pas grand-chose au récit et très vite, avec cette logique propre aux rêves, j'en suis devenu le protagoniste. Je portais une gabardine et un chapeau melon et je traquais Lovecraft dans ces passages, ces courettes intérieures, ces enfilades de couloirs sombres éclairés au bec de gaz. Je finissais bien vite par comprendre que Lovecraft ne cherchait pas quelque chose, il l...

Quand vient la fin

Les super-héros sauvent le monde, c'est leur métier, c'est bien connu. Même un petit joueur comme Peter Parker l'a fait une bonne quinzaine de fois, alors des poids lourds comme Supes ou Reed Richards, je ne vous en parle même pas. Ce besoin quasiment maniaque de sauver le monde tous les quatre matins est une des données du genre, mais pas que de lui : James Bond lui aussi sauve le monde assez régulièrement. Mais tel la demoiselle en détresse attachée au rails par le super-méchant, le monde a parfois besoin d'être plus souvent sauvé à certains moments qu'à d'autres. Car si le super-héros n'est jamais autant à la mode qu'en des périodes d'incertitude et de tension, ces tensions ont parfois été plus délirantes que tout ce qu'il pourrait imaginer. Mais revenons un peu en arrière. Dans la deuxième moitié des années 1940, la menace nazie est conjurée. Deux grandes visions du monde se retrouvent face à face : le capitalisme libéral des Américai...

Night at the opera

Nous vivions à une époque où tout nouveau genre de SF émergent se voit affubler d'un nom en "punk". Le phénomène date bien sûr des années 80 et de l'émergence du cyberpunk à partir de 84 et de Neuromancer . D'ailleurs, le mot ne s'est pas imposé tout de suite, à un moment, le fandom américain appelait ça "mirrorshades" du fait de ces lunettes de soleil à verres chromés que portaient les protagonistes des récits sur les illus, ainsi que certains des auteurs.   La première grosse anthologie était d'ailleurs titrée chez nous "Mozart en verres-miroir". Quand les deux papes du genre, William Gibson et Bruce Sterling ont estimé avoir fait le tour du truc à la fin de la décennie, ils sont partis dans une direction rétrofuturiste qui fut rapidement appelée steampunk par comparaison. Et puis ça s'est emballé et tout ce qui a suivi a été qualifié en punk : dieselpunk, biopunk, splatterpunk (si si, le mot a été utilisé dans les années 90 pou...

Si la cantatrice est chauve, c'est parce qu'elle avait chopé le rôle dans Star Trek, le film

On fait plus des vaisseaux comme ceux de Chris Foss Le futur, c'était quand même mieux avant J'ai toujours été un grand amateur de space opera, ce n'est pas pour rien que mon premier album en grand format et en couleurs, Central Zéro , relevait de ce genre précis. Depuis tout petit, au point de dévorer des juveniles d'auteur de SF comme Asimov ou Henlein, dont je ne découvris qu'un peu plus tard le reste de la production, quand je fus en âge de chiper des J'Ai Lu SF sur l'étagère de mon grand-frère, puis de mettre en coupe réglée les rayonnages de la bibliothèque municipale pour dévorer en masse Van Vogt et les autres. Par la suite, en terme de SF, je suis un peu passé à autre chose, aux grandes fresques philosophiques d'Herbert, aux univers déglingués de Dick, aux charges politiques de Spinrad, aux cyber et steam punkeries diverses… Le space op' était relégué aux lectures de vacances, de préférence du bon gros space op' vintage, j'ai parlé ...

Scott toujours

Hum. J'ai un peu négligé la War Zone, ces derniers jours. Beaucoup de boulot, faut dire. Pas mal de trads, et des pages de scénar promises pour ces jours-ci. Et puis j'avais des ateliers jeunesse la semaine dernière, faudra que je vous en reparle, c'était vraiment sympa et très rigolo. Mais néanmoins, pour me détendre un peu, je me suis maté hier soir la première moitié de Prometheus , le dernier Ridley Scott. Et puis j'ai fini par couper parce que ça m'énervait au lieu de me détendre. J'adore ces genre de films d'exploration spatiale, mais là, trop d'aspects clés sont traités par dessus la jambe. J'admets : le vaisseau est cool. C'est déjà ça. Alors il faut rendre une justice à ce film : c'est hyper joli visuellement. Mais en dehors de ça, qu'est-ce que c'est con, quand même. Entre le trip façon intelligent design (relativement supportable parce qu'il s'intègre peu ou prou à un courant assez ancien et t...

Encore plus dernière minute

Je profite d'une discussion privée par mail sur le sujet pour venir ici dire tout le bien que je pense de Gonzague Saint-Bris. J'adore ce mec. Il arrive à être mi Stephane Bern, mi Frédéric Mitterrand, mi Eve Ruggieri. Peu de personnages dans le genre arrivent à me faire autant rire que Gonzague Saint-Bris. Il est très fort. Beaucoup plus rigolo qu'Eric Besson, par exemple (mais ce n'est pas un exploit).

Au micro

Bon, ça commence à s'accumuler, donc autant que je vous remette ici les épisodes du Legendarium, l'émission que j'anime sur la webradio locale de par chez moi.   L'interview qui a tout lancé Conan le barbare Beowulf Jack Kirby Spécial origines : Alien Cuchullain   Vous noterez que tout cela tourne pas mal autour des mêmes sujets que ce blog. D'une certaine façon, c'en est une extension en audio. J'essaierai de faire des poins réguliers avec les listes de nouveaux épisodes. Merci encore à Olivier, Anouar, Fred et Alex de m'accueillir dans cette chouette équipe ! 

Romulus et Rémus sont dans un vaisseau

 Comme il y a des domaines sur lesquels je suis toujours un poil à la bourre, j'ai enfin vu Alien : Romulus . J'avais eu l'intention d'y aller en salle, mais pour des problèmes d'emploi du temps, ça ne s'était pas fait. Et de toute façon, vous le savez si vous me lisez depuis longtemps, j'avais signé l'avis de décès de la licence Alien il y a déjà quelques années. Bon, hier soir, après avoir passé quelques heures en recherches perso sur des sujets obscurs (le proto-canon paulinien de Marcion, ça vous parle ? Probablement pas), je me suis calé devant la télé, et en fouillant dans les menus des plateformes, je suis tombé sur Romulus et je me suis dit : allez. Y a quinze jours, en faisant la même démarche, j'étais tombé sur le documentaire de Werner Herzog sur Bokassa. Pas exactement le même délire. Je ne m'attendais pas à grand-chose. J'avais vu passer des critiques pas très sympa. Ceci dit, les bandes annonces m'avaient fait envie : décor...

Sonja la rousse, Sonja belle et farouche, ta vie a le goût d'aventure

 Je m'avise que ça fait bien des lunes que je ne m'étais pas penché sur une adaptation de Robert E. Howard au cinoche. Peut-être est-ce à cause du décès de Frank Thorne, que j'évoquais dernièrement chez Jonah J. Monsieur Bruce , ou parce que j'ai lu ou relu pas mal d'histoires de Sonja, j'en causais par exemple en juillet dernier , ou bien parce que quelqu'un a évoqué la bande-son d'Ennio Morricone, mais j'ai enfin vu Red Sonja , le film, sorti sous nos latitudes sous le titre Kalidor, la légende du talisman .   On va parler de ça, aujourd'hui Sortant d'une période de rush en termes de boulot, réfléchissant depuis la sortie de ma vidéo sur le slip en fourrure de Conan à comment lui donner une suite consacrée au bikini en fer de Sonja, j'ai fini par redescendre dans les enfers cinématographiques des adaptations howardiennes. Celle-ci a un statut tout particulier, puisque Red Sonja n'est pas à proprement parler une création de Robert H...

Jamais d'oeufs sans trois

 Il m'arrive de temps à autres, vous l'aurez remarqué sans doute, de venir ici dégoiser sur la licence Alien , en général pour me plaindre de la façon dont elle a été maltraitée par la suite. C'est compliqué, la saga Alien , c'est un empilement de visions d'auteurs qui se sont suivies et télescopées.   Le troisième opus, première réalisation de David Fincher, a été particulièrement malmené, suite notamment à une production des plus chaotiques ( François Theurel est récemment revenu dessus ). Résultat de ces retards, dépassements de budgets, changements intempestifs de scénarios et clashes divers, le film Alien 3 , sorti en salle en 1992 était, de l'avis de tous, très imparfait. Il prenait le risque de fâcher les fans de son prédécesseur, Aliens de James Cameron, en faisant bon marché des personnages introduits à l'époque, pour essayer de revenir aux sources, à une seule créature très menaçante, dans un environnement hostile, mais échouait à développer son ...