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Insérez ici un torrent d'éructations rauques venues du plus profond des bronches

C'est ballot, hein, ces festivals d'hiver où l'on alterne entre salles et chapiteaux surchauffés et rues glaciales. On en revient avec quarante de fièvre, la tuyauterie en feu et envie de se pieuter jusqu'à l'année prochaine.

Truc curieux, je serais bien incapable de dire s'il s'agissait d'une "bonne" ou d'une "pas bonne" édition du festival. Il y a des années où l'on accumule des galères, d'autres où l'on fait des rencontres extraordinaires qui débouchent sur des projets. Là, c'était un peu ni l'un, ni l'autre. Plein de rencontres très agréables avec des gens dont j'admire le travail, plein de retrouvailles avec des amis auxquels je tiens. Mais ce qui rendait aussi le truc curieux, c'étaient les fantômes de Charb, Tignous et des autres, matérialisés par les unes de Charlie placardées dans toute la ville, par tous ceux qui les avaient connus et qui étaient encore là, toute une profession affligée du syndrome du survivant, et par les agents de sécurité qui nous passaient tous au détecteur à chaque passage de porte. Tout le monde prenait sur soi pour que les choses se passent bien, mais cette ambiance d'aéroport à Beyrouth a fait beaucoup pour donner un caractère ambigu à l'édition de cette année. Tout comme le grondement des auteurs, matérialisé par la marche de samedi, qui aimeraient bien que leur caisse de retraite arrête de les prendre pour des truffes.

En dehors de ces considérations, je suis assez content de la façon dont a été reçue ma conférence sur les dieux de Kirby. Quand je m'en viens conférencer à Angoulème, je sais que j'ai affaire à un public un peu plus connaisseur qu'ailleurs, donc je n'hésite pas à balancer du lourd au niveau concepts et analyses. Bon, il y a toujours les spectateurs arrivés là un peu par hasard et qui partent au bout de vingt minutes en faisant un regard à la David Bowman ayant frôlé d'un peu trop près son monolithe, mais je m'aperçois que, de plus en plus, je revois les mêmes têtes d'une année sur l'autre (en dehors de la dizaine de copains qui viennent me soutenir) et donc que mes petites causeries ne tombent a priori pas trop à côté de la plaque. Les gens en redemandent.

Bon, je retourne me faire une tisane, et j'essaie de me remettre au boulot.





PS : ah, sinon, France Cul a fait un sujet sur la traduction de BD sur son site, et m'a interviewé pour que j'en parle.

Commentaires

Unknown a dit…
j'imagine que l'ambiance devait être tendue.
Désolé que toi être malade. Toi devoir venir chez moi...microbes ne survivent pas a moins 15 degrés donc toi pas malade. Toi juste petite bite si toi oublier enfiler slip en fourrure.
Anonyme a dit…
Mais quelle petite nature, quand même. Je suis rentré avec le dos ruiné par le poids de mes péchés et la charge de mes bagages un peu constitués de livres, les pieds capilotadés par l'emploi de gros croquenots dont j'avais perdu l'habitude, mais nul rhume ni bronchite. J'ai encaissé les différences de température avec l'indifférence marmoréenne d'une statue antique.

J'ai trouvé que c'était une très bonne année: pas mal d'expos qui m'intéressaient, les retrouvailles avec les têtes connues, la rencontre avec d'autres têtes, les conférences (à part la conférence sur la bédé allemande, décidément maudite: l'an dernier je me suis endormi, cette année j'ai eu mal aux yeux, et je les ai gardés fermés une bonne partie du temps -- ce qui a dû laisser penser au conférencier que je dormais, d'ailleurs; je n'en sais toujours pas plus long sur la bédé allemande post-guerre mondiale). Et de menus achats, lourds et encombrants mais pas trop ruineux.

Non, franchement, c'était bien.
soyouz a dit…
Manti, tu as finalement acheté une ou des planches ?
Odrade a dit…
HAH ! Ca va alors. Pas la seule à avoir passé la semaine au fond du lit. Rentrée en voiture en pilote automatique dimanche. Intéressant avec la neige.
Idem pour l'ambiance pendant le festival. Etrange.
Mais contente globalement. Bientôt j'espère nouvelles sur mes projets.
biz entre survivants à la pandémie.


O.

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