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"à fréquenter les livres il n'est pas de fin"

Je viens de me relire Tous à Zanzibar , de John Brunner. C'est un bouquin que j'avais lu il y a très longtemps et qui m'avait bien impressionné à l'époque. En remettant le nez dedans, je me suis aperçu que plus de vingt ans plus tard, j'en avais encore des morceaux entiers dans la tête, comme le sabotage de la navette avec un monofilament, les théories de Chad Mulligan sur les déodorants, l'image de Shalmanezer cogitant dans sa crypte cryogénique ou certaines réflexions sur l'eugénisme. Alors que l'intrigue elle-même était partie bien loin et que je n'en avais plus aucun souvenir. Curieux, les tours que nous joue la mémoire. Formidable bouquin, en tout cas, foisonnant, dense, et surtout pertinent, encore aujourd'hui, comme c'est souvent le cas avec Brunner.

Explorant ma pile des "à lire", je me suis enfin décidé à mettre le nez dans La malédiction d'Edgar de Marc Dugain. Bouquin très intéressant, mais assez vicelard, parce qu'il est très difficile d'y faire la part de la réalité historique et de la reconstruction. Ça humanise en tout cas pas mal le personnage de J. Edgar Hoover, un peu trop, même, tant certains éléments sont réinterprétés par l'auteur. Mais ça reste une lecture tout à fait agréable et recommandable.

Enfin lu la fin de World War Hulk que j'avais loupée à l'époque. Bon, on m'avait prévenu que c'était décevant, mais après tout, le concept étant "Hulk pète la gueule à tout le monde dans l'univers Marvel", conclure un truc pareil d'une façon satisfaisante me semble tenir de la gageure. Ceci étant, je trouve que ça tient bien la route. C'est pas fin, mais ça tient son cahier des charges de comic book spectaculaire, et c'est déjà pas mal.

Et puis je me suis repris Entretiens avec le professeur Y (j'avais prêté mon précédent exemplaire, et c'est un de ces bouquins qu'on ne revoit jamais quand on fait ça) un texte très rigolo de Céline, où il verse délibérément dans l'auto-parodie, au cours d'une vraie-fausse interview totalement grand guignolesque où il dégomme tout le monde devant un universitaire qui se pisse dessus. Les allergiques à Céline détesteront, ses thuriféraires considéreront ça comme un truc un peu anecdotique, mais personnellement, je trouve que c'est une bonne introduction au personnage et que c'est par ailleurs une lecture fort distrayante. Ce sera votre moyen de marquer l'année Céline (celle qui a été annulée par l'autre couillon de neveu, là) si vous décidez de sauter le pas.

Voilà. C'étaient mes petites fiches de lecture du week end.

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