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Chronique des années de Peste, livre 7



Donc, nous voilà déconfinés. Et si ce n'est pas encore la déconfiture (mais si je comprends bien l'épidémiologie de la saison, c'est d'ici dix jours qu'on verre les frémissements de la courbe), force est de constater que le "monde d'après" n'a peut-être pas encore tout à fait compris les leçons de celui d'avant. Déjà, on assiste à une offensive médiatique pour que rien ne change au niveau de l'hôpital, avec des éditorialistes qui se demandent la bouche en cœur s'il est vraiment juste d'augmenter des infirmières aux 35 heures (dans les faits, elles cumulent toutes des heures sups non payées) et des ministres des licenciements qui proposent aux salariés du privé de filer leurs RTT aux soignants (qui ne pourront de toute façon pas les prendre faute de personnel pour les remplacer). Pas un sou pour l'hôpital, donc, mais on refinance les compagnies aériennes. L'irresponsabilité de ceux qui s'intitulent fièrement responsables s'organise donc, avec des proposition d'amnistie préemptive. Nous sommes en guerre, parait-il, mais tout porte à croire que nous sommes commandés par le Maréchal Bazaine ou le général Gamelin. Mais ils paradent. Il y a pire ailleurs, bien sûr, il suffit de voir en Angleterre ou aux US. Piètre consolation. Les assureurs refusent d'indemniser chaque fois qu'ils le peuvent. On a perdu un temps fou à évaluer des traitements ineptes.

Nous sommes gouvernés par des peigne-culs, mais les circulaires de l'Educ Nat' demandent de signaler les gamins qui resteraient dubitatifs face à la gestion de la crise, et on vote des lois interdisant de dire le mal qu'on pense des pignoufs (lois votées au prétexte de lutter contre le racisme et l'homophobie, qui n'auraient de toute façon pas droit de cité en ligne si les lois précédentes étaient appliquées).

Dans ma rue, les embouteillages ont repris comme avant.

Mes balades, ça restera le soir tard quand même. J'ai la chance de pouvoir rester semi-confiné. Vu le bazar, je ne remets pas ma gamine à l'école. La sensation de vivre dans une dystopie dont les méchants semblent sortis d'un mauvais dessin animé ou d'un actioneer bourrin reste pesante.

Et vous, le déconfinement, le monde d'après, ça va ?

Commentaires

Marianne Ciaudo a dit…
Je rêve toujours de sortir plus loin que la frontière invisible de mon quartier. Je n'y arrive pas. Rien que le port du masque dans les magasins est une plaie. Je finis toujours avec le bousin devant les yeux. Ce n'est donc pas un virus qui me fait flipper mais bien de passer sous une bagnole. Où de casser des œufs en les foutant à coté du sac de courses (déjà fait pour les légumes sous la mine ébahie du marchand).

Le vrai plaisir : sortir sans cette putain d'attestation (que j'avoue, j'oubliais quasi-systématiquement). Donc, en vrai, ça ne change rien. Si, les librairies sont ouvertes. Cool. Voilà, deux mois que je n'ai pas ouvert un bouquin. Donc... non, ça ne changer rien :)

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