Accéder au contenu principal

Bateleur 5

Bon, on se remet un petit coup de Bateleur ? Là, c'est le moment où je commençais à relier plusieurs fils de ce que j'avais déjà fait (et à exploiter le personnage du Baron, créé pour une nouvelle où le Bateleur n'apparaissait pas encore et destinée à une anthologie… où elle n'a finalement pas été retenue) (je vous la posterai à l'occasion). Après celle-ci, il n'en reste plus qu'une, qui se termine quasi sur un cliffhanger. Je n'ai jamais bouclé le cycle. Entretemps, j'étais passé à autre chose, et je publiais de plus en plus de BD. Les illustrations proviennent d'ailleurs d'un projet d'adaptation en BD qui ne s'est finalement pas concrétisé non plus.



illustration de Laurent Kircher

Sauvez nos âmes… Si possible

L’angle du centre culturel était invisible.

Une dizaine de camions bouchaient la vue, prenaient la place et encombraient le passage. Le Bateleur se résigna : il devrait changer ses habitudes tant que son poste habituel serait transformé en parking pour rénovateurs. Il contemplait l’endroit, assis sur la margelle de la fontaine animée, déçu de ce que la nuit tombante n’avait pas dispersé les véhicules comme il s’y attendait.

Un homme à l’air fatigué vint s’asseoir à côté de lui. Il regarda un instant l’affiche géante annonçant les prochaines expositions, puis haussa les épaules et se tourna vers lui. Le Bateleur lui adressa la parole sans daigner le regarder.

- Frank m’a parlé de votre petit problème… Inutile de dire qu’il est trop tard pour espérer renverser la situation.

L’homme eut une moue de désappointement. Le Bateleur sembla la remarquer, bien qu’il semblait plutôt absorbé par la contemplation d’une camionnette, et il poursuivit.

- Frank a dû me décrire comme un genre de magicien rompu à ces situations, mais je dois vous avouer humblement que c’est inexact.

- Alors pourquoi m’a-t-il conseillé de voir avec vous ?

- Parce qu’il sait que de toute façon, j’ai une approche de ces problèmes qui est beaucoup plus pratique que la sienne. Il connaît beaucoup plus de choses dans ce domaine, mais son savoir se cantonne à sa bibliothèque. Sorti de là, il sèche.

L’homme le regarda plus attentivement.

- Et vous ? Que me conseillez-vous, sur le plan… pratique ?

Le Bateleur haussa les épaules.

- Il vous faudra apprendre à vivre avec, et surtout apprendre à dominer vos instincts. C’est de là que viendront les difficultés.

- Vous pourrez m’aider ?

- Vous comprenez, j’espère, que je n’ai pas d’expérience directe en la matière. Mes avis se feront sur un plan général et ne vaudront alors pas mieux que ceux de Frank. Je vais essayer de vous trouver un vrai spécialiste. Vous avez une carte de téléphone ?

L’homme lui tendit un rectangle de plastique. Le Bateleur se leva, laissant son sac aux pieds de l’homme, et partit en quête d’une cabine. Quand il revint un quart d’heure plus tard, c’était avec une bonne nouvelle.

- Ça vous dirait de vous faire un vernissage, ce soir, ou vous aviez quelque chose de prévu ?

- Que voulez-vous dire ?

- Celui que nous cherchons est à Paris en ce moment, expliqua le jongleur. Nous pouvons aller le voir de suite.

- C’est un ami à vous ?

- Non, répondit le Bateleur. Je ne crois pas que l’on puisse dire ça. Mais je pense qu’il est le plus à même de vous aider.

- Allons-y, alors. Si vous pensez qu’il ne me dira pas un truc du genre “le jongleur surestime grandement ma compétence dans ce domaine…”.

- Ne craignez rien. Je l’ai même plutôt sous-estimé la première fois que j’ai eu affaire à lui et je ne répéterai plus cette erreur.

L’homme se leva, épousseta son pantalon et jeta au Bateleur un regard interrogatif.

- Par là, lui répondit ce dernier en indiquant la direction du Marais.

Ils traversèrent le boulevard, s’enfoncèrent dans les petites rues encore vivantes à cette heure pourtant avancée, puis débouchèrent sur Saint Antoine qu’ils remontèrent jusqu’à la Bastille.

La galerie d’art était violemment illuminée. On exposait les nouvelles œuvres d’un peintre salvadorien que le Bateleur connaissait par ailleurs comme étant très bien documenté sur ce qui concernait les morts vivants de tout poil. Il s’arrêta devant la vitrine pour examiner quelques toiles à dominante ocre, faites de collages brumeux donnant au sujet un air hanté.

Puis il s’approcha du portier.

- Messieurs, la galerie n’est pas ouverte au public. Revenez demain.

Le Bateleur fixa intensément le portier. Celui-ci fronça le sourcil, puis porta la main à son ventre, comme pris de nausées.

- Nous avons une invitation, vous savez…

Adossé au mur, les yeux révulsés, le portier lui fit péniblement signe d’entrer. Ni le Bateleur, ni son compagnon ne se firent prier.

La galerie était bondée. Il y avait là tout ce que Paris peut compter d’amateurs d’art, principalement du genre qui enferme les tableaux dans un coffre du Lyonnais. Au contraire, le personnage que cherchait le Bateleur était un vrai connaisseur, goûtant en expert les formes les plus raffinées de la peinture depuis bien longtemps déjà.

Il était là, une flûte de kir à la main, devisant aimablement avec une créature en robe du soir au décolleté vertigineux qui avait l’air deux fois plus jeune que lui. Le Bateleur s’approcha.

- Baron, très cher ami ! Si je m’attendais à vous trouver…

L’homme entre deux âges lui jeta un regard méprisant.

- Dites-moi ce qui vous amène ici, jongleur, et disparaissez. Je n’ai pas l’intention de vous supporter ce soir.

Le Bateleur se redressa, contempla un instant le Baron, le jaugeant du regard, puis lui montra son compagnon qui n’avait plus l’air tellement dans son assiette.

- Voilà, en deux mots. Cet homme est… Comment dire… Passé de votre bord. Comme il ne vit pas ça très bien, je pensais vous le confier. Vous êtes le plus qualifié pour le former, à mon sens. Vous le civiliserez, lui apprendrez les usages, lui éviterez les mauvaises surprises…

Pas de réponse. Le Baron plissa le nez d’un air méprisant en examinant le compagnon du Bateleur, puis il fit mine de tourner le dos.

- Baron ! Il a vraiment besoin de vous !

Le Baron planta un regard glacial dans les yeux du Bateleur qui le soutint sans broncher.

-Je préfère ne plus avoir affaire à vous, jongleur. Timeo Danaos et tout ce genre de choses…

- Je venais de bonne foi, Baron.

- Vous, de bonne foi ? À d’autres ! Je ne suis pas un badaud auquel on peut faire croire n’importe quoi, moi. Vous semez le trouble où que vous alliez, quoi que vous fassiez… Allez vous-en, laissez-moi en paix.

Les deux hommes échangèrent un dernier regard chargé de tension, puis le Bateleur entraîna son protégé vers la sortie.

- Venez, lui fit-il. Ça ne sert à rien de le mettre en colère.

Ils ressortirent, bousculant au passage le portier hébété.

Une fois dans la rue, fendant la foule sortant des bars branchés, le Bateleur entraîna son compagnon vers les petites rues sombres. Celui-ci se laissait faire, absent et titubant.

- Essayez de tenir. Je vais essayer de vous trouver un endroit où loger.

- J’ai un chez-moi, éructa l’homme…

- Plus maintenant. Votre logement actuel n’est sans doute pas approprié à vos nouveaux besoins, pas plus qu’à vos nouvelles faiblesses. Vous avez quoi, comme rideaux ?

- Que ?

- Bon. Où avez-vous dormi, aujourd’hui ?

- Dans… Dans un parking à Montparnasse…

- Là où je serais incapable de venir vous aider en cas de problème !

L’homme pantelait, soutenu par le Bateleur. Il s’écarta soudain et s’adossa à un mur.

- Et votre endroit, lâcha-t-il avec une grimace, il sera meilleur ?

- Je le pense.

L’homme sortit un mouchoir de sa poche et s’essuya le front.

- C’est quoi, votre endroit ?

- Une boîte de nuit un peu spéciale dont le patron me doit un service.

- Une boîte de nuit ?

- Déserte le jour, et en sous-sol, précisa le Bateleur. Et de nuit, vous y passerez inaperçu. Quoi qu’il en soit, si vous devez discuter la moindre de mes initiatives, nous n’arriverons à rien. Il faudra m’obéir en tout pour vous en sortir.

- Vous m’aviez dit que vous ne pouviez rien pour moi…

- Le spécialiste, c’est le Baron. S’il ne veut pas vous aider, alors je reste encore votre meilleure chance d’y arriver.

- C’est mal parti je le sens, fit l’homme en s’appuyant à nouveau au mur.

- La première chose est d’apprendre à dominer votre faim. Sinon vous ne serez qu’une brute ne fonctionnant que par instinct. Il faut contrôler ça.

L’homme lança au Bateleur un regard mauvais. Puis pris d’un spasme s’appuya de plus belle à son mur. Le Bateleur le prit par l’épaule et le força à se redresser.

Il n’y avait plus personne à cette heure. Les derniers fêtards étaient rentrés chez eux. L’air se faisait plus frais et le Bateleur s’inquiéta de voir transpirer son compagnon à grosses gouttes.

- Apprenez à vous contrôler, tout est là, dans le contrôle. Vous avez fait du yoga, de l’aïki-do ou quelque chose dans le genre ?

L’homme secoua négativement la tête.

- Respirez à fond, alors, reprit le Bateleur. Ce sera déjà ça. Relaxez-vous. Nous sommes presque arrivés.

Mais l’attention de son compagnon avait été attirée par quelque chose d’autre. Une jeune femme remontait la rue en sens inverse, serrant contre elle son sac à main. Le Bateleur s’en aperçut et projeta son compagnon dans une entrée d’immeuble.

- Dominez-vous, bon sang ! C’est justement ce genre de chose que je tiens à éviter !

L’homme le fixa, fronça les sourcils et lança un ordre rauque en sifflant entre ses dents.

- Lâchez-moi !

Le Bateleur serra un peu plus fort les mains autour des poignets de son compagnon.

- Ne jouez pas à ça avec moi, fit-il. Même le Baron ne s’y risquerait pas, et il a plus de pratique que vous.

L’homme se cabra alors violemment, obligeant le jongleur à enfin le lâcher. Puis il se rua sur la femme qui eut à peine le temps de se retourner.

Déjà, il la plaquait au sol, l’empêchant de se débattre, et il enfouit son visage au creux de sa gorge.

- Et merde, fit le Bateleur en sortant une baïonnette de son sac.

À grands pas, il s’approcha de l’homme, l’attrapa par le cou et lui planta la lame dans le cœur.

La femme roula sur le côté, se releva péniblement et le regarda faire, épouvantée. Le Bateleur lui fit impérieusement signe de partir. Elle ramassa son sac, recula de quelques pas, puis tourna le dos et s’enfuit en courant. L’homme se releva à son tour et s’adossa à un réverbère tout en tentant d’arracher la baïonnette.

- Es… Espèce de salaud… Je vous faisais confiance, moi.

- Moi aussi. Je pensais que vous valiez mieux que ça, lui répondît le Bateleur.

Ils s’observèrent un bref instant. L’homme tira une fois encore sur le manche de la baïonnette et réussit à l’extirper. Une tâche écarlate s’étala sur sa chemise.

Le silence fut rompu par le tintement de la lame frappant le trottoir.

- Vous deviez apprendre à vous contrôler. C’est aussi simple que ça. Frapper comme ça, en pleine rue…

L’homme retomba à genoux en lui lançant un regard haineux.

- Vous devrez m’obéir si vous voulez vous en sortir.

- Et vous me planterez au moindre écart ? Je préfère me débrouiller seul.

Avant que le Bateleur n’ait pu faire un geste, l’homme s’était fondu dans les ombres de la nuit. Le jongleur ramassa sa baïonnette et tenta de le suivre, mais il était trop tard.

Alors il rangea sa lame et retourna vers Beaubourg. Là aussi, le parvis était quasiment désert. Mais il entendit pourtant une voix qui le hélait, venant du quartier de l’Horloge.

- Oh, c’est toi Kevin ?

- C’est moi, lui répondit l’autre jongleur en ramenant sur lui les pans de son blouson de cuir pour se protéger du froid de la nuit. T’as pas l’air dans ton assiette, toi.

- Oh, tu sais ce que c’est, on essaie de rendre service et on n’arrive qu’à se faire des ennemis.

- Il y a des connards qui ne comprennent rien.

- Dis-moi, Kevin, ce n’est pas toi qui me faisais la gueule, dernièrement ?

- Ouais, c’est vrai. Mais te voir dans cet état me donne à penser que tu dois être quand même un peu humain, dans le fond. On se jette une bibine, dis ?

- Si c’est toi qui l’offres, Kevin.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Qui casse un oeuf me les casse au passage

Pour un boulot, il a fallut que je retrouver la VF de la comptine d'Humpty Dumpty. Et j'ai réussi à m'énerver tout seul comme un grand devant mon écran.   Bon, Humpty Dumpty, a priori vous connaissez via Lewis Carroll et L'autre côté du miroir. Mais à la base, c'est une comptine anglaise classique. À la base, elle s'énonce ainsi : « Humpty Dumpty sat on a wall. Humpty Dumpty had a great fall. All the king's horses and all the king's men Couldn't put Humpty together again. » Et vu que j'avais besoin de coller la ref dans une trad, j'ai regardé comment ça a été traité. Et je n'ai trouvé aucune VF qui me satisfasse vraiment. Je salue l'effort des confrères qui ont tenté de traduire le nom, en « Heumpty Deumpty », « Gros Coco », « Dodu-Mafflu » ou pourquoi pas « Rondu-Pondu », mais pareil, rien ne sort du lot. Le problème, c'est le reste : je suis quand même tombé sur un "put together" rendu par "remettre ensemble"...

Le super-saiyan irlandais

Il y a déjà eu, je crois, des commentateurs pour rapprocher le début de la saga Dragonball d'un célèbre roman chinois, le Voyage en Occident (ou Pérégrination vers l'Ouest ) source principale de la légende du roi des singes (ou du singe de pierre) (faudrait que les traducteurs du chinois se mettent d'accord, un de ces quatre). D'ailleurs, le héros des premiers Dragonball , Son Goku, tire son nom du singe présent dans le roman (en Jap, bien sûr, sinon c'est Sun Wu Kong) (et là, y aurait un parallèle à faire avec le « Roi Kong », mais c'est pas le propos du jour), et Toriyama, l'auteur du manga, ne s'est jamais caché de la référence (qu'il avait peut-être été piocher chez Tezuka, auteur en son temps d'une Légende de Songoku ).    Le roi des singes, encore en toute innocence. Mais l'histoire est connue : rapidement, le côté initiatique des aventures du jeune Son Goku disparaît, après l'apparition du premier dr...

Sonja la rousse, Sonja belle et farouche, ta vie a le goût d'aventure

 Je m'avise que ça fait bien des lunes que je ne m'étais pas penché sur une adaptation de Robert E. Howard au cinoche. Peut-être est-ce à cause du décès de Frank Thorne, que j'évoquais dernièrement chez Jonah J. Monsieur Bruce , ou parce que j'ai lu ou relu pas mal d'histoires de Sonja, j'en causais par exemple en juillet dernier , ou bien parce que quelqu'un a évoqué la bande-son d'Ennio Morricone, mais j'ai enfin vu Red Sonja , le film, sorti sous nos latitudes sous le titre Kalidor, la légende du talisman .   On va parler de ça, aujourd'hui Sortant d'une période de rush en termes de boulot, réfléchissant depuis la sortie de ma vidéo sur le slip en fourrure de Conan à comment lui donner une suite consacrée au bikini en fer de Sonja, j'ai fini par redescendre dans les enfers cinématographiques des adaptations howardiennes. Celle-ci a un statut tout particulier, puisque Red Sonja n'est pas à proprement parler une création de Robert H...

Prométhée-moi d'arrêter ça tout de suite

Bon, histoire de procrastiner sur une traduction à rendre lundi dernier qui me fatiguait un peu, je me suis maté la fin de Prometheus . C'est dire si je suis pas bien dans ma tête : normalement, on procrastine en faisant un truc moins pénible que ce qu'on veut éviter, et en fait je crois que j'aurais eu mieux fait de continuer à bosser. C'est le petit Jésus qui m'a puni, sans aucun doute. Et la vache, qu'est-ce qu'il m'a mis ! Si la première moitié du film donnait à penser que le scénario était un truc mal branlé passé entre trop de mains pour être tout à fait cohérent, la seconde corrige cette fausse impression. Il n'est pas mal foutu, en fait. Il n'a juste strictement aucun sens et, au lieu de suspendre le disbelief, il lui fait subir des actes à la fois cruels, immoraux, dégueulasses, et globalement réprouvés par la morale et Télérama. Le scénario de Prometheus , c'est une œuvre expérimentale et abstraite qui tente de s'affranch...

Oh pinaise !

Les Humanos viennent de mettre en ligne la bande-annonce de Crusades. C'est con pour moi, je l'ai déjà lu, le bouquin. Mais quand même. ça donne envie. Et c'est ici .

Annonce importante

Vous aurez peut-être vu passer les nouvelles sur la fin de Makassar. C'était un distributeur de livre, spécialisé dans les petits éditeurs. Ils ont permis la mise à disposition aux libraires de cinq des miens, dont mes biographies chez 21g, celles de Lovecraft, Disney et Gagarine (plus des trucs que j'avais traduits). En tombant, ils laissent des ardoises parfois imposantes chez pas mal de petits éditeurs dont certains n'y survivront pas. Un distributeur indépendant qui disparaît, des éditeurs indépendants qui disparaissent, c'est encore une victoire pour les gros requins qui essaient de mettre la main sur la totalité du secteur culturel et dont les piles omniprésentes de bouquins ineptes torchés par des fils à papa ou négrés pour des débiles légers exhibées dans toutes les gares et toutes les grandes surfaces culturelles ne nous donnent qu'un avant goût. Dans le même temps, même des gros groupes de librairie sont à la peine (plutôt que de faire leur boulot de libra...

Mutant !

Tiens, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas fendu d'une rediff de vieil article. Celui-ci est sorti dans le n°18 de Fiction (nouvelle formule) vers 2013 (déjà) et était consacré à la figure classique du Mutant. Extrait d'un Mechanics Illustrated (Notons que c'est la première fois que Wolverine se fait allumer par Cyclope, bien avant la création des deux personnages) Le Mutant En cette époque où Fukushima et autres fuites radioactives conduisent à repenser radicalement la pêche, l’agriculture et la notion même de comestible, et où de grandes multinationales réécrivent le génome de bêtes grains de maïs qui finissent dans nos assiettes, ce terme inquiétant pourrait redevenir d’actualité. Mais actualité ne veut pas dire nouveauté. Car le mutant a été très tôt un des concepts clés de la science-fiction, même s’il n’était pas forcément nommé dès le départ (et même si la science-fiction elle-même ne portait pas encore de nom à l’époque). L’épouv...

Ça va s'arranger, Monsieur Milan !

Hop, encore un petit article sauvé du naufrage de superpouvoir. J'ai hésité à le poster sur la nouvelle version du site, et puis finalement je le rapatrie ici, comme ça ne parle pas vraiment de comics. Petit tour de table pour débuter la négo La provocation a toujours été consubstantielle de l'activité artistique. à quoi ça tient, mystère. Peut-être au fait que l'artiste, par nature, est un peu en marge du corps social et a donc la distance nécessaire pour l'interroger. Mais "provocation", le mot semble faible pour qualifier les outrances de Laibach. travailleurs de tous les pays... Pour ceux qui ne connaissent pas, Laibach, c'est un peu l'ancêtre sous amphètes de Rammstein. D'ailleurs, un des membres de Laibach le disait : "ouais, c'est bien, ce qu'ils font, Rammstein. Ils rendent notre style de musique accessible aux kids, c'est important." Je paraphrase. Mais donc, provocation. C'est un mot qu...

Axe pour homme

Ça doit être le thème de la saison, mais après avoir profité de mes transports et de ma tablette pour me regarder le récent Conan avec Jason Momoa, je viens de regarder Kull le Conquérant , avec Kevin Sorbo. Kevin sort beau. Ou pas. Alors oui, je sais, à ce stade, ça ne pouvait que s'apparenter à une forme particulièrement perverse de masochisme. Et, de fait, il y a un peu de ça, je l'admets. Alors déjà, re situons un peu le contexte. Kull date de la fin des années 90, au moment où Kevin Sorgho, auréolé de sa performance sur la série Hercule , décide de passer au grand écran pour se faire du blé. Il intègre donc le casting de King Conan , qui aurait dû être le troisième volet de la série commencée avec notre Schwarzennator préféré. Sauf que notre héros voit venir le piège. Il préfère ne pas être comparé à Arnold. Et donc, le script de King Conan , librement adapté du roman L'heure du Dragon , est prestement transformé en un scénario de King Kull . L'Aqui...

Un bonsoir en passant

Moins de War Zone ces jours-ci, vous l'aurez peut-être remarqué... Il se trouve que la famille s'est agrandie hier (bon, c'est pas exactement une surprise, hein*) et donc que les heureux parents (moi et madame) sont très occupés. Donc moins de vaticinations Warzonesques dans l'immédiat. Je vais essayer de fouiller mes sauvegardes pour vous gratifier ce soir d'un bout de l'Encyclopédie des Connaissances Inutiles, quand même. * la surprise, ce sont les conditions du truc. la clinique était en train de déménager. Je vous ferais bien un topo des opérations, mais vous n'y croiriez juste pas. C'est resté très bon enfant grâce au professionnalisme de tout le monde là-bas, mais, c'était du genre "tiens, y pas de lavabo dans cette salle ?" "non, il n'a pas encore été livré" ou la noria de chirurgiens en tenue qui poussaient des brancards chargés de cartons (je vous jure devant Dieu, je les vu de mes yeux et j'étais à jeun). Mais bo...