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Causes, toujours

 Dans la mesure où j'ai un peu de boulot, mais que ce n'est pas du tout intense comme ça a pu l'être cette année, j'en profite pour tomber dans des trous du lapin de documentation, qui vont de la ville engloutie de Kitej (pour une idée de roman avec laquelle je joue depuis l'an passé mais que je ne mettrai pas en oeuvre avant de l'avoir bien fait mûrir) à des considérations sur les influences platoniciennes sur le christianisme et le gnosticisme primitifs (pour me tenir à jour sur des sujets qui m'intéressent de façon personnelle) à des trucs de physiques fondamentale pour essayer des comprendre des choses sans doute trop pointues pour moi.

 

 

Là, ce soir, c'étaient des conversations entre physiciens et un truc m'a fait vriller. L'un d'entre eux expliquait que la causalité est une notion trop mal définie pour être encore pertinente en physique. Selon lui, soit on la repense, soit on la vire. Il cite un de ses collègues britanniques qui disait, y a déjà près d'un siècle "la causalité c'est comme la monarchie, un vieux machin dont on comprend pas trop à quoi ça sert, et qu'on garde sous prétexte que ça fait pas de mal alors que peut-être que si."

Il explique sont raisonnement en disant que la physique traite d'évolution de systèmes, et qu'en prenant un système dans sa globalité, tout est tellement interdépendant que chercher une cause n'a en fait pas grand sens. Le système a sa dynamique, qu'on peut décrire dans les deux directions du temps grâce à des équations plus ou moins complexes selon la taille du système, et basta.

Selon lui, ça fait tomber les notions de causalité à distance dans les théories non locales. Réintroduire la causalité n'est ensuite qu'une commodité de pensée pour laquelle on n'a alors plus besoin d'intégration fondamentale du concept à la théorie. Ou alors, il fait créer de toutes pièces une théorie de la causalité rigoureuse, qui sera sans doute très différente de la notion telle que nous la pratiquons intuitivement.

Le truc, c'est que ça a forcément des conséquences (oui, parler de conséquences, c'est encore raisonner en termes de causalité, merci) et qu'à première vue, ça semble générer mécaniquement un univers ultra-déterministe.

Sauf que... notre notion de déterminisme (et là on quitte la conversation du gars pour rentrer dans mes cogitations personnelles et enfiévrées) est basée sur notre notion de causalité. Telle que je la comprends, c'en est même une généralisation. Donc, est-ce que cette vision déterministe est vraiment impliquée par l'abandon de la notion de causalité, ou est-ce qu'il faut avant d'aller plus loin repenser aussi la notion de déterminisme ?

Par ailleurs, le gars évoque aussi la possibilité de causalités probabilistes. Donc pas complètement déterministes au sens fort. Comme il partait pour cela des Inégalités de Bell (et de la suite des travaux de John Bell qui se posait déjà des questions de définition de la causalité) et que c'est pas un truc que j'ai l'impression de bien comprendre...

C'est là que ça devient vertigineux et que je sens venir des soirées à gratter tout ça et à me faire de sacrés noeuds au ciboulot. Donc vous préoccupez pas trop de ce qui précède. C'est un peu ma façon de prendre un note un sujet de réflexion.

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