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Po-pôle

J'ai déjà parlé ici même de certaines caractéristiques géographiques persistantes de mes rêves. Certains lieux imaginaires reviennent souvent, et d'autres qui ne sont que des assemblages baroques et des variations de plusieurs lieux réels reviennent toujours dans la même configuration. Il y a un Paris de mon monde intérieur qui a des propres quartiers, qui ressemblent un peu aux vrais tout en ayant leurs propres caractéristiques (les canaux de Saint Michel, par exemple, sans contrepartie à l'état de veille, ou celle île surélevée pas loin du Champ de Mars devant laquelle je passe souvent (mais sans remettre les pieds dans le restaurant depuis un incident absurde*). Il y a des vallées de montagne qui sont toujours les mêmes, un petit bout de côte mixant des morceaux de Bretagne et de Croatie toujours dans le même ordre. Un quartier de New York complètement défini, et complètement imaginaire.

Et puis, il y a le Pôle Sud. Jamais le Pôle Nord, mais de temps en temps le Pôle Sud.

C'est toujours un lieu géographique qui m'a fasciné, le Pôle Sud. Depuis bien avant The Thing et ma lecture des Montagnes Hallucinées. Et donc, des fois, je rêve du Pôle Sud. Et j'ai bien dans l'idée que le Pôle Sud de mon monde onirique est très différent de celui qui est porté sur la carte.

Oh, il a ses ressemblances. C'est couvert d'une neige épaisse, déjà, très dure, tassée. Et il y a bien un décalage entre le Pôle Sud géographique et le poteau qu'on montre au touristes. En cela, ma cervelle et son activité nocturne sont raccord avec ce qui existe vraiment. Après, la configuration des lieux autour du poteau, telle que je la vois, avec cette légère descente du couloir taillé dans la glace et cette salle circulaire en sous-sol, je ne sais pas si ça a une contrepartie dans le monde réel. Mais c'est crédible. Et c'est un passage obligé pour passer à la suite, il y a un autre couloir de l'autre côté qui mène au vrai pôle.

C'est tout le reste qui est complètement foutraque. Au lieu de baraquements sommaires, de gros immeubles façon stations de ski des alpes. Et sur l'emplacement géographique, une fosse cylindrique, verticale, large de plusieurs dizaines de mètres et profonde de peut-être une centaine, avec au fond du truc une espèce de laboratoire avec plein d'appareils de détection, de mesure, de trucs et de machins. Je ne sais pas ce qu'on y fait exactement. Mais ça a l'air important, parce que chaque fois que je rêve de cet endroit, il y a des histoires louches, genre espionnage, genre paranoïa, genre poursuites. Et en général, je me demande vraiment ce que je fous là, pourquoi je suis mêlé à tout ça.

Pourquoi je cours ? Pourquoi je dévale ces escalators menant aux profondeurs d'un souterrain taillé à même la glace ? Pourquoi est-ce qu'ils me courent après ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?










*incident qui m'a donné l'occasion de créer un personnage que j'ai réutilisé depuis. non pas Cruella Gault&Millaud, mais le très smart Alexis-Nicolas de la Vitche, qui sévit à l'occasion dans certaine gazette stellaire.

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