Quand vous écrivez un texte, surtout sous le coup d'une idée que vous suivez à fond de train en essayant de voir où elle vous mènera, y a plein de trucs qui vont déconner. Vous allez omettre une description importante, vous apercevoir que votre choix de temps de narration est moisi, que tel personnage masculin serait mieux s'il était féminin, que ça vaudrait le coup de signaler un détail important bien plus tôt, mais que vous ne l'avez pas fait parce que le détail en question, vous en avez eu l'idée en cours de route... Et cette petite voix dans votre tête qui vous signale le truc, ça vaut le coup de l'écouter.
La vraie question, c'est quoi foutre lorsqu'on l'écoute. Plein de collègues vous diront de continuer, d'intégrer le changement à la volée, si c'est un changement de temps ou de genre, ou de noter à part les modifications à faire au début du texte une fois le premier jet terminé. À leurs yeux, ça fait partie de la phase de révisions du texte.
Bon, j'ai pas tendance à faire comme ça. Je commence comme ça, oui, mais y a toujours un moment où ça me travaille trop et où, à la première baisse de régime dans l'écriture, ben... Je le fais directement, alors que le texte est loin d'être fini. Et en général, il reste des scories, des concordances de temps foireuses, des mauvaises attributions de genre et ainsi de suite. De toute façon, ce sera le genre de trucs à faire au moment de la phase de révision.
La méthode numéro 1, c'est un truc pour gens organisés et sérieux. Je ne suis ni l'un, ni l'autre, plus le temps passe et plus je m'en rends compte. Je suis fondamentalement trop angoissé pour laisser des trucs comme ça en plan, j'ai toujours la trouille d'oublier ensuite. Et puis c'est un truc de gens qui ont de la méthode. J'ai beau dire, mais dès que je mets au point une quelconque méthode, j'essaie autre chose la fois suivante.
Je suis irrécupérable.

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