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Se creuser la tête quand on a mauvaise mine

 Une des raisons pour lesquelles je poste ici, de temps en temps, des comptes-rendus de mes rêves, c'est que ça s'oublie vite, ces conneries-là. Et y en a des assez chouettes pour que j'aie envie de m'en souvenir. Mais surtout, c'est un matériau brut vachement rigolo. David Lynch disait être en prise directe sur son inconscient et il avait une manière de mettre en scène des choses qui avait une vraie texture onirique. Le rendu des peintures de Giger, il a la texture de mes cauchemars. Dali aussi, ça sent l'onirisme à plein nez.

Je kifferais d'avoir une machine à enregistrer les rêves

 J'en ai déjà causé ici et là, je pioche dans mes rêves pour faire mes bouquins. Tout le cycle du Mitan part d'un rêve où m'était apparu le Bateau-carnaval. La scène de la caverne avec l'ours, dans les Trois Coracles, j'y ai réinjecté pas mal de choses de mes cauchemars. Mitan 4 (oui, le 3 n'est pas sorti, j'ignore quand il sortira, je vous en recauserai quand ça se précisera) part de la collision d'un rêve, que j'ai enregistré ici y a quelques années et dont je relisais régulièrement le texte, avec l'envie d'en faire quelque chose, et d'un voyage.

Les rêves sont aussi un réservoir d'ambiances que j'essaie de restituer en mots ici et là, ça donne des textures que j'aime bien. C'est pas toujours simple, mais l'exercice est souvent enrichissant. 

L'autre jour, ça a été encore plus fort. Je n'avais aucun souvenir de mes rêves de la nuit, hormis... un mot qui m'est resté dans la tête et tournait encore dedans pendant que je trempais mes tartines du petit dèj. J'avais un peu de boulot à faire par ailleurs, mais rien d'urgent. En me posant devant mon clavier, j'ai noté le mot. Il n'existait pas à ma connaissance, mais avait une construction très classique, sur le grec. Il avait un sens évident, quoique curieux. J'ai réfléchi à comment le matérialisé. Du coup j'ai écrit une longue nouvelle en deux jours. 

Elle est déjà entre les mains d'un éditeur (ça collait assez à une antho qu'ils voulaient faire et j'ai pas vraiment eu à forcer pour faire rentrer dans le thème), j'attends la réaction avec l'habituel mélange à parts égales de trouille, de fierté et d'espoir. On verra bien. Le gag, c'est que j'avais déjà renvoyé un texte pour cette même antho, et qu'ils l'avaient aimé. Je me tire donc une balle dans le pied.

Je suis pas fan de l'exhortation  "croyez en vos rêves", ceux qui vous la sortent sont souvent en plein biais du survivant. Je préfère la remplacer par "prêtez attention à vos rêves", ils ont des choses à vous dire.

Commentaires

Anonyme a dit…
Quelle chance de rêver de trucs oniriques, justement : je passe le plus clair (?!) de mes nuits à converser de la pluie et du beau temps avec ma famille et/ou de parfaits inconnus, extrêmement différentiés et tchatche comme c'est pas possible, ou à courir entre mon domicile et mon travail, sans jamais parvenir quelque part -ou trop tard de toutes façons. Même quand je rêve des absents, c'est terriblement réaliste.
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Bruno. :

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