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Les trois coups

 Dans mon rêve de cette nuit, je participais à une pièce de théâtre. La scène était un appartement et, sur le côté avait été ménagé une sorte de balcon donnant sur un décor bucolique très bien imité, jusqu'au courant d'air sentant la lavande.


 

On était un groupe d'acteurs et on répétait dans ce décor de canapés, de coin cuisine fonctionnel, d'halogènes qui me niquaient les yeux. Très franchement, je me demandais ce que je foutais là. La pièce était un mix entre une sitcom à la Friends (et j'aime pas tellement Friends, de base) et une télé-réalité. Genre une sitcom sur une télé-réalité, avec une part d'impro, visiblement.

Le régisseur et la metteuse en scène n'arrêtaient pas de nous donner des indications absurdes. Ils voulaient du drama. De l'autre côté du rideau, j'entendais des gens commencer à s'installer sur les fauteuils, dans la salle. Était-ce la dernière répétition avant la Première ? Je ne sais pas vraiment. Je ne savais même pas comment je m'étais retrouvé embarqué là-dedans.

Je m'entendais moyen avec mes camarades d'infortune. Certains se prenaient au jeu, ils voyaient là-dedans leur occasion de briller. Ils surjouaient des engueulades minables. Je boudais dans le canapé, en m'empiffrant de snacks. La seule avec qui je causais vraiment, lui donnant des conseils sans doute complètement claqués au sol (je ne suis pas bon pour jouer la comédie), c'était une petite nana sympa, aussi paumée que moi, avec un visage étrange. Elle était mignonne, mais avec des cicatrices de brûlures étendues sur le côté droit, qui lui donnaient un regard bizarre.

À un moment, elle s'absente avec la metteuse en scène. Je jette un coup d'oeil de l'autre côté du rideau. La salle est noire de monde, des gens à l'allure sinistre. Qu'est-ce que je fous là, vraiment ?

La petite nana revient en claudiquant. "Je viens de me faire un tour de reins", qu'elle me dit "je dois laisser tomber. Je voulais pas partir sans te dire au revoir, par contre." J'apprécie l'attention, on se fait la bise, elle repart vers les coulisses par le faux balcon. Elle me manque déjà.

Les autres continuent à surjouer leurs engueulades. Même le canapé est détestable. J'hésite à annoncer que je me tire aussi. Au lieu de quoi, je choisis l'instant pour me réveiller.

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