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En garde !

 Petite blessure narcissique sans gravité au Campus Miskatonic l'autre week-end. Outre les dédicaces et conférences, un groupe proposait une initiation à l'escrime médiévale. J'avais bien envie de participer : j'en avais fait y a une vingtaine d'années et j'avais adoré ça. Me dérouiller un peu ne pouvait me faire que du bien. Et ça me permettait de rouler un peu les mécaniques, de jouer les blasés en mode "hin hin, moi je connais, je sais faire". Après tout, j'avais mis la misère à des types d'une école de sabre-laser, en festival, en déployant les quelques feintes et parades de gros bâtard que je savais encore placer, passant instantanément pour un type super doué alors qu'en vrai, je connais juste un ou deux trucs bien fourbes, c'est tout.

Et vous savez quoi ? Ça ne s'est pas tout à fait passé comme prévu.

Les animateurs ont été supers. L'équipement était incroyable, la sécurité sérieuse, tout allait bien. Mais j'ai vite compris un truc (que je savais confusément à un niveau purement intellectuel, suite à des discussions en ligne avec quelques spécialistes du sujet) : ce que je savais ou croyait savoir n'avait pas grand-chose d'historique.

Le maître d'arme qui nous faisait bosser du temps de ma jeunesse folle venait du cinéma. Il avait chorégraphié tout un tas de films de cape et d'épée du temps de sa jeunesse à lui. La réalité historique n'était pas son objectif, mais le spectacle.

Et ça change tout.

Là, j'étais face à des gens qui potassaient des manuels d'époque, et maniaient des armes à la fois plus longues et plus légères que ce à quoi j'avais été habitué (et quand je dis plus légères, on est au tiers de ce que je maniais en mon temps, et ça change tout). Résultat des courses, je redémarrais en fait de zéro. J'étais pas près. Pire, les réflexes que j'avais conservé avaient tendance à jouer contre moi. À la rue, donc, j'étais.

Et c'est passionnant, ce genre de remises en question, ce réapprentissage de trucs qu'on croyait savoir. Merci encore à toute l'équipe (et aux confrères auteurs avec qui on a échangé quelques moulinets).

 

Tableau de Félix Vallotton

trop vieux pour combattre, mais qui est allé voir

 

Le lendemain, autre ambiance, avec l'orga on est allé sur les champs de bataille, à Douaumont et au Musée de la Grande Guerre. C'était fort impressionnant, dans un tout autre genre (ça m'a donné envie de ressortir mon vieux scénar jamais achevé sur les Taxis de la Marne, tiens).

Plus l'expo Art/Enfer sur les peintres des tranchées, absolument fascinante. Bref, un week end ou on a bien fait les kakous avec les collègues, mais où il y a eu des moments de gravité aussi.

Et tiens, puisqu'on y est, en bonus, ma conf du vendredi sur REH et les Pictes :


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