Je repensais à ces longs travelings sur des vaisseaux spatiaux qu'on voit dans plein de films, d'Alien à Star Wars, et parodiés dans La Folle Histoire de l'Espace. Pour ce que j'en sais, le premier du genre est dû à Kubrick dans 2001. La caméra y regarde longuement passer le Discovery, ce qui nous donne à la fois une idée des dimensions du bidule, mais aussi de la lenteur (relative : la vitesse d'un machin pareil sur une telle trajectoire doit dépasser les 11 km/seconde) des voyages spatiaux. Ces plans magnifiques donnent une impression de majesté et sont toujours hyper importants dans l'icônisation d'un gros engin de ce genre.
Et comme souvent, un tel plan n'a de sens que cinématographique. Dans la réalité, je vois mal comment un observateur quelconque pourrait se trouver en situation d'observer un tel déplacement par un vaisseau. Il faudrait une trajectoire absolument synchrone, hormis en ce qui concerne la vitesse, qui me semble difficile à obtenir avec cette précision sans être soi-même largué par le vaisseau avant de ralentir d'un micropoil. Ce placement/mouvement de caméra est aussi impossible que les plans à la Fincher au travers de l'anse de la tasse à café, pour situer. Ça pose, je crois, des questions intéressantes sur notre subjectivité, sur notre projection de la subjectivité, et plus globalement sur notre rapport à l'image.
Le cinéma, art de l'illusion, épisode 32.847…
Nous vivions à une époque où tout nouveau genre de SF émergent se voit affubler d'un nom en "punk". Le phénomène date bien sûr des années 80 et de l'émergence du cyberpunk à partir de 84 et de Neuromancer . D'ailleurs, le mot ne s'est pas imposé tout de suite, à un moment, le fandom américain appelait ça "mirrorshades" du fait de ces lunettes de soleil à verres chromés que portaient les protagonistes des récits sur les illus, ainsi que certains des auteurs. La première grosse anthologie était d'ailleurs titrée chez nous "Mozart en verres-miroir". Quand les deux papes du genre, William Gibson et Bruce Sterling ont estimé avoir fait le tour du truc à la fin de la décennie, ils sont partis dans une direction rétrofuturiste qui fut rapidement appelée steampunk par comparaison. Et puis ça s'est emballé et tout ce qui a suivi a été qualifié en punk : dieselpunk, biopunk, splatterpunk (si si, le mot a été utilisé dans les années 90 pou...

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Martin Milan.