Je repensais à ces longs travelings sur des vaisseaux spatiaux qu'on voit dans plein de films, d'Alien à Star Wars, et parodiés dans La Folle Histoire de l'Espace. Pour ce que j'en sais, le premier du genre est dû à Kubrick dans 2001. La caméra y regarde longuement passer le Discovery, ce qui nous donne à la fois une idée des dimensions du bidule, mais aussi de la lenteur (relative : la vitesse d'un machin pareil sur une telle trajectoire doit dépasser les 11 km/seconde) des voyages spatiaux. Ces plans magnifiques donnent une impression de majesté et sont toujours hyper importants dans l'icônisation d'un gros engin de ce genre.
Et comme souvent, un tel plan n'a de sens que cinématographique. Dans la réalité, je vois mal comment un observateur quelconque pourrait se trouver en situation d'observer un tel déplacement par un vaisseau. Il faudrait une trajectoire absolument synchrone, hormis en ce qui concerne la vitesse, qui me semble difficile à obtenir avec cette précision sans être soi-même largué par le vaisseau avant de ralentir d'un micropoil. Ce placement/mouvement de caméra est aussi impossible que les plans à la Fincher au travers de l'anse de la tasse à café, pour situer. Ça pose, je crois, des questions intéressantes sur notre subjectivité, sur notre projection de la subjectivité, et plus globalement sur notre rapport à l'image.
Le cinéma, art de l'illusion, épisode 32.847…
Dans mon rêve de cette nuit, j'étais un Jésuite de l'espace chargé d'étudier l'écologie d'une planète nouvellement découverte. Sauf que des colons avaient accidentellement introduit des espèces terriennes et étaient en train de bousiller l'écosystème, du coup. Au camp de base numéro 4, je me souviens distinctement avoir expliqué à un cosmonaute "les charmes et les lapins se sont magnifiquement adaptés, hélas". Le tout dans un décor insolite et grandiose de forêt extraterrestre dont des morceaux commençaient de plus en plus à ressembler au bois de Meudon, me demandez pas pourquoi. Le truc, c'est qu'en me réveillant, il me semble que cette histoire de jésuite écolo n'est pas qu'une production enfiévrée de mon esprit malade. Il me semble avoir lu un roman de SF dans le genre. J'ai de bons souvenirs du Cas de Conscience de James Blish, du père Carmody créé par P.J. Farmer,et il y a des jésuites dans Hypérion de Dan Simmons. Je précis...

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Martin Milan.