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Dans l'espace, personne ne vous entendra avancer

Je repensais à ces longs travelings sur des vaisseaux spatiaux qu'on voit dans plein de films, d'Alien à Star Wars, et parodiés dans La Folle Histoire de l'Espace. Pour ce que j'en sais,  le premier du genre est dû à Kubrick dans 2001. La caméra y regarde longuement passer le Discovery, ce qui nous donne à la fois une idée des dimensions du bidule, mais aussi de la lenteur (relative : la vitesse d'un machin pareil sur une telle trajectoire doit dépasser les 11 km/seconde) des voyages spatiaux. Ces plans magnifiques donnent une impression de majesté et sont toujours hyper importants dans l'icônisation d'un gros engin de ce genre.

Et comme souvent, un tel plan n'a de sens que cinématographique. Dans la réalité, je vois mal comment un observateur quelconque pourrait se trouver en situation d'observer un tel déplacement par un vaisseau. Il faudrait une trajectoire absolument synchrone, hormis en ce qui concerne la vitesse, qui me semble difficile à obtenir avec cette précision sans être soi-même largué par le vaisseau avant de ralentir d'un micropoil. Ce placement/mouvement de caméra est aussi impossible que les plans à la Fincher au travers de l'anse de la tasse à café, pour situer. Ça pose, je crois, des questions intéressantes sur notre subjectivité, sur notre projection de la subjectivité, et plus globalement sur notre rapport à l'image.

Le cinéma, art de l'illusion, épisode 32.847…



Commentaires

Anonyme a dit…
Un lien vers les épisodes précédents ?
Martin Milan.
Alex Nikolavitch a dit…
boh, la rubrique cinoche de ce blog, mais sans que ce soit forcément aussi précis que là....

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