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Le mauvais cheval

Cette nuit, j'ai rêvé que je me faisais chier dessus par un cheval.

Bon, la pauvre bête avait des excuses. On était dans une écurie où ça manquait de place, et où les palefreniers avaient installé un système de palans pour déplacer les bêtes. J'étais en train de passer derrière un nouveau canasson (je sais, je suis con, en rêve. à l'état de veille, je sais bien qu'il ne faut par principe pas passer derrière un cheval), mais à ce moment-là les mecs ont décidé de sortir un autre bestiau. Celui que j'étais en train de contourner a vu un de ses congénères sanglés dans le bidule à bouger les chevaux . La grue a soulevé son chargement à quatre fers, qui a henni. Alors le mien s'est cabré, s'est assis, et s'est chié dessus.

Enfin, techniquement, pas dessus lui. Dessous lui. Et donc dessus moi.

J'ai émergé de sous le cheval, couvert de crottin et de très mauvaise humeur. Le rêve s'est poursuivi, au cours duquel je tentais de trouver de toute urgence une chemise propre, soit que je devais rencontrer quelqu'un d'important, soit que je devais parler en public, je ne me souviens plus bien. à moins que je n'aie dû parler devant un public de gens importants.

Et puis je me suis réveillé, j'ai pris mon café, et je me suis remis au boulot, ayant autre chose à faire qu'à creuser la symbolique bancale de ce songe étrange et en odorama (c'est pas souvent que je sens des odeurs, en rêve) (ordre du jour : trouver les datations contradictoires sur la fin du monde Maya. Des savants boches veulent la retarder à 2116. C'est encore un coup de la Bundesbank, je parie) (Vous l'aurez deviné, j'avance sur Apocalypses*)

Plus tard, je suis allé chercher des légumes au marché. Et là, il y avait le boucher chevalin.

Ce midi, ça a été tartare de cheval, du coup.

La vengeance est un plat qui se mange froid.



* Une note en bas  de page de cet ouvrage, tapée aujourd'hui, dit : "Carlos Castaneda et ses continuateurs attribuent la sagesse ancestrale du Mexique aux Toltèques, mais dans des termes tellement vagues que ça ne correspond plus à ce que l'historiographie appelle Toltèques, et qui n'est de toute façon pas tout à fait non plus ce que les Mexicains précolombiens appelaient Toltèques, ce qui laisse un véritable boulevard à toutes sortes d'interprétations qui vont du tiré par les plumes de serpent au totalement fantaisiste oualou." et une autre, au bas de la même page, stipule : "Ce film évoque la fin d'un monde et s'appelle, comme par hasard, Apocalypto. Le film en fait des caisses sur la violence supposées des Mayas et leur goût de la razzia, mais Gibson a démontré que ce n'est pas propre aux Mayas, ni à son regard pour eux. Quand ses films évoquent les rapports entre Anglais et Ecossais, ou entre Juifs et Romains, c'est pareil, il y a de la tripe à l'air." Je sens que je vais encore me faire plein d'amis.

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