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 Un truc que je fais de temps en temps, c'est de la médiation culturelle. Ce n'est pas mon métier, mais je connais suffisamment bien un certain nombre de sujets pour qu'on fasse appel à moi, parfois, pour accompagner des groupes scolaires dans des expos, des trucs comme ça.

Là, on m'a appelé un peu à l'arrache pour accompagner une animation interactive sur les mangas, et notamment les mangas de sport, avec des groupes de centres de loisirs. Bon, c'est pas ma discipline de prédilection, j'ai révisé un peu vite fait.

Le truc, c'est qu'on m'en a causé la semaine passée. La personne qui devait s'en charger était pas trop sûre d'elle. La mairie du coin (dans une banlieue un poil sensible) voyait pas le truc bien s'emmancher, la patronne d'une asso où je donne des cours l'a su, a balancé mon nom, m'a prévenu... Et c'en était resté là. Je restais à dispo au cas où.

On m'a rappelé ce matin "bon, on va avoir besoin de toi". Pour cet après-midi. Sachant que, si on m'avait envoyé un pdf avec le contenu global de la présentation, je n'avais aucune idée de comment ça se passerait concrètement.

Donc, je me suis pointé une demi-heure avant, le technicien de la mairie m'a montré le bidule, des responsables sont arrivés, on a causé un peu, et avant même que j'aie pris en main le système permettant de passer d'une oeuvre à l'autre, le premier groupe de gamins est arrivé.

Vous sentez venir la cata ?

Eh bien non. Même s'il a fallu que je meuble un peu le temps qu'on remette en route, ça s'est bien passé. Les élèves de primaire aiment bien qu'on leur cause de façon un peu solide de trucs qu'ils aiment bien. Ils étaient agités, mais gentils, posaient des questions, s'intéressaient au truc. On a pu dévier sur comment est apparu le manga, y avait de l'anecdote, c'est le genre d'auditoire que je sais tenir. Et ils se sont bien amusés avec le système interactif.

En vrai, c'était pas simple, mais chouette.

Je vois avec le technicien, on ajuste le déroulé suite au retour d'expérience, je me dis le deuxième groupe, ce sera du gâteau.

Bon, ben faut pas prendre la confiance trop vite, je crois. Le groupe de collégiennes arrivé ensuite, pourtant moins nombreux ça a été le bagne.

C'est pas la première fois que je me fais la remarque, mais il se passe un truc au collège, qui change les mômes. Ils deviennent vachement plus blasés, vachement plus arrogants, vachement plus hermétiques à tout.

J'ai réussi à faire à peu près le job, mais il a fallu sortir les rames. Les questions étaient parfois hallucinantes : dans un quartier marqué par le métissage culturel, il y avait quand même un rapport à l'autre absolument bizarre de la part de certaines mômes (d'autres, heureusement, on repris leurs camarades sur certains trucs).

Et le temps de concentration était inférieur à celui du groupe précédent. Ce qui fait que, d'un commun accord avec l'animateur du centre de loisir et la responsable de la mairie, on a un peu écourté. Ils étaient embêtés pour moi.

Normalement, je risque de rempiler. Je ne sais pas à quoi m'attendre pour les prochains. 

Loin de moi l'idée de jouer les boomers. Si j'accepte ce genre de missions, c'est justement que j'y crois et que, me semble-t-il, je me démerde pas trop mal quand je le fais. C'est bien de porter la culture auprès des jeunes, de leur permettre d'approfondir les trucs qu'ils aiment, de partir de là et d'élargir (bon, y en a un qui m'a fait marrer en me demandant, déçu, pourquoi y avait des planches de Slam Dunk et pas de Kuroko's Basket, et ça, en vrai c'était cool), mais parfois on part de très loin. Raison de plus pour y aller. Mais c'est épuisant, des fois.

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