J'ai de la chance dans le malheur : les grands arbres du quai limitent un peu le carnage. Tant que le trottoir et les façades sont dans leur ombre, ça génère un poil de fraîcheur. Mais à partir de 15-16 heures, le soleil tourne et paf, le trottoir et les façades s'échauffent. Et la pierre d'Oise dont sont faits la plupart des bâtiments du coin absorbe bien, et rend pendant des heures ensuite.
Mais le pire, c'est quand on doit sortir de la zone des arbres. La petite place du marché, plus loin, a été refaite il y a quelques années. Le vilain goudron a cédé la place à de jolis pavés de granit. Le problème, c'est de ce temps-là, chacun d'entre eux se transforme en une mini porte de l'enfer. Ils brillent, renvoient chaleur et radiations, de quoi roussir les poils de mollets. Même l'eau qui peut tomber dessus, lorsque les brumisateurs de la place s'active, lorsque le temps orageux lâche quelques gouttes, lorsqu'un cafetier ou un poissonnier passe un coup de jet, elle ne parvient pas à rafraîchir la surface. Elle sèche instantanément, et c'est donc une humidité brûlante qui remonte. C'est effrayant. Aller chercher du pain ou un bout de fromage devient une expédition. Choisir son horaire, u n short large, un t-shirt clair (j'en ai pas des masses, des clairs), avancer d'un pas vif malgré tout. Rentrer en nage, avec en plus les pollens qui me ravagent, c'est le pied.
Ah, et les taons. Y a des taons, cette année, du coup. Je préfère encore les guêpes. Les guêpes vous respectent. Elles ne piquent que pour se défendre. Le taon vous voit comme un bout de barbaque à pomper, c'est un moustique qui se déguise en guêpe.
Et l'autre après-midi, il a fallu monter la petite côte à flanc de falaise, pour aller donner un cours. Une côte raide, une falaise en pierre d'Oise, c'est... ça donne l'impression d'escalader le Golgotha. La Passion du Vitch.

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