Accéder au contenu principal

Soirées de l'âge numérique

Curieux événement que ce "book dating" auquel j'ai participé hier soir. Plus qu'une séance de dédicaces (mais j'ai signé une poignée de bouquins amenés par certains membres du public), il s'agissait d'une sorte de speed dating où, pendant dix minutes chacun, je présentais mon boulot aux gens qui s'installaient devant moi et répondais à leurs éventuelles questions. Je sais que ce concept de rencontre express se pratique beaucoup dans plein de contextes : soirée rencontre, recherche d'emploi, etc. Là, il s'agissait de rencontrer des lecteurs, ou de convaincre des gens qui ne me connaissaient pas de devenir mes lecteurs. Je n'étais pas complètement à l'aide au départ avec l'exercice, mais les gens qui sont venus me voir étaient tellement sympathiques qu'en fait, je me suis très vite adapté à la chose. C'était vraiment rigolo. Très sympa. Et les quelques amis venus me soutenir dans l'épreuve (ou venus se repaître de mon désaroi, j'ai des amis comme ça, aussi) m'ont fait grand plaisir par leur présence. Merci !

Organisé par un libraire numérique (encore un concept un peu nouveau pour moi, qui ai jadis, du temps de ma jeunesse folle, été libraire papier), l'évènement servait à faire connaître leur matériel et leur plateforme. Je n'avais pas regardé de très près les liseuses jusqu'à présent (seulement au tout début du phénomène, et ça a évolué depuis). Je me disais que ma tablette me suffisait bien : elle acceptait tous les formats, était compacte… Mais force est de reconnaître que pour lire le soir, elle explose bien les yeux. Bon, je ne l'utilise que de loin en loin, quand je suis en déplacement, et vous connaissez sans doute mon côté ours casanier. Du coup, une vieille tablette connectée à rien et quelques banques de libres numériques libres de droits comme Gutenberg, archive.org ou ce site de fac canadienne dont j'ai causé ici y a quelques temps, ça suffisait à mon bonheur. L'appareil qui était en démonstration (et sur lequel je pouvais faire lire des passages de mes romans à ceux qui s'installaient à ma table) m'a semblé simple et d'un maniement agréable. La lecture et son paramétrage étaient d'un confort sans commune mesure avec celui qu'offre ma vieille Archos.

Je bouge plus qu'avant. Du coup, investir dans une liseuse, et en profiter pour lire de la nouveauté à ce format, ça devient intéressant. Dès que j'ai un peu de sous, avant mon prochain gros voyage en train, je me lance !

Commentaires

artemus dada a dit…
Ça fait 5 ans à peu près que j'utilise une tablette pour lire (tout en restant aussi un lecteur de livres papier) et c'est d'un grand confort, surtout lorsqu'on se déplace (et les bibliothèques s'y mettent aussi).

Reste la pierre d'achoppement du numérique, les prix pratiqués par la grande majorité des éditeurs.

Et quand on voit les aides*, pour le développement du numériques versés à certains d'entre eux, la pilule a encore plus de mal à passer : 114 699 euros pour Actes Sud dans le cadre du développement numérique (pour une enveloppe totale de 264 167 €), 201 254 € pour Glénat, pour ne citer que les chiffres dont j'ai eu connaissance.

Et ne parlons pas des DRM.

[-_ô]
________

*Oui j'ai été particulièrement surpris d'apprendre que les aides les plus importantes allaient aux éditeurs les plus importants : Le Seuil 264 365€
Alex Nikolavitch a dit…
Les Indés de l'imaginaire font souvent des promos intéressantes, ceci dit.
artemus dada a dit…
Oui il y a des éditeurs qui font du numérique à des prix intéressants. Le Belial' notamment.

Mais ça reste dans l'ensemble assez cher pour des fichiers facilement reproductibles, des frais de stockage et de routage quasi inexistants.
Marianne Ciaudo a dit…
Mais non, voyons, nous sommes venus plein d'intention louable. 1)j'étais invitée donc par curiosité, chuis venue et puis, on ne m'invite pas souvent. 2)je suis venue boire à l’œil 3) je suis venue nourrir ma PAL qui atteint des dimensions olympiennes martiennes.

Sinon c'était bien chouette ^__^ et je suis repartie avec envie de lire encore plus de bouquins !

Posts les plus consultés de ce blog

Deux chouettes campagnes

Tiens, très vite fait, je signale deux campagnes de financement participatif :   La première concerne Fafhrd et le Souricier Gris , deux héros de fantasy patrimoniaux que je connais bien pour avoir traduit la version BD de leurs aventures. Là, une intégrale des nouvelles va sortir chez Mnemos et je suis associé au projet à mon petit niveau. Il reste deux jours dessus. Foncez.    L'autre, je n'ai rien à voir avec, mais elle est chouette, c'est une BD sur Jack Kirby et son passage dans l'armée , par Jean Depelley qui est un spécialiste mondial du sujet. Un beau projet, du coup. 

Au sommet du sumo

Ma tribu me connaît bien. Pour des raisons de récurrence calendaire sur lesquelles je ne m'étendrai pas, deux de mes rejetons m'ont offert des places pour le tournoi de sumo qui se tenait dernièrement à Paris. On y est allés ensemble, la moitié de la tribu Lavitch en expédition au POPB (oui, j'ai déjà parlé de ça, dans ces colonnes, mais pas question que j'appelle la pyramide verte par son nom sponsorisé. C'est Ed Norton qui avait raison, on aura bientôt la Galaxie Starbucks et l'Amas Globulaire IBM).  Le sumo, ils se souvenaient que c'est le seul sport que j'ai réellement suivi dans ma vie, pendant quelques années. Autant je ne crois pas avoir vu plus de 4 ou 5 matchs de foot en entier en plus d'un demi-siècle (dont 2 avec la Croatie et 1 avec l'équipe de Belgrade), autant, entre la fin des années 90 et la première moitié des années 2000, je regardais tous les bashos sur lesquels je pouvais tomber. J'étais fan des deux grands rivaux de l...

Là tu me vois, là tu me vois plus

 En zappant devant la télé l'autre soir, je suis retombé sur un bout d' Insaisissables ( Now you see me ), un film de prestidigitateurs qui profitent de leurs talents pour monter des braquages audacieux au nez et à la barbe des autorités. Je l'avais vu à l'époque, ainsi que sa suite, et j'avais pas détesté le premier, tout en émettant quelques réserves. Le deuxième, par contre, je l'avais trouvé raté à mort, parce qu'il amplifiait les défauts du premier. C'est en rédigeant cette note que j'ai découvert l'existence d'un troisième épisode, je savais même pas.  Le film est de notre Louis Leterrier national, dont j'ai pas vu tant de trucs que ça. Il a fait des trucs que je trouve plutôt cool et des machins que je trouve insauvables, et puis des trucs que je n'irais même pas toucher avec un bâton (genre un Fast and Furious , mais on y reviendra). Ceci dit, ça me semble être un bon faiseur, genre efficace. Les trucs de prestidigitateurs, à...

Seul au monde, Kane ?

Puisque c'est samedi, autant poursuivre dans le thème. C'est samedi, alors c'est Robert E. Howard. Au cinéma. Et donc, dans les récentes howarderies, il manquait à mon tableau de chasse le Solomon Kane , dont je n'avais chopé que vingt minutes lors d'un passage télé, vingt minutes qui ne m'avaient pas favorablement impressionné. Et puis là, je me suis dit "soyons fou, après tout j'ai été exhumer Kull avec Kevin Sorbo , donc je suis vacciné". Et donc, j'ai vu Solomon Kane en entier. En terme de rendu, c'est loin d'être honteux Mais resituons un peu. Le personnage emblématique de Robert Howard, c'est Conan. Conan le barbare, le voleur, le pirate, le fêtard, le bon vivant, devenu roi de ses propres mains, celui qui foule de ses sandales les trônes de la terre, un homme aux mélancolies aussi démesurées que ses joies. Un personnage bigger than life, jouisseur, assez amoral, mais tellement sympathique. Conan, quoi. L'autre...

Chronique des années de cagnard, livre 1

Pour citer une école de grands philosophes du passé, à savoir Les Négresses Vertes, "voilà l'été". Et il fait pas semblant, le bougre. Je dis pas qu'il fait chaud, mais j'attends quand même un peu la venue du Lisan al Gaib . Plus que de Dune , ce qui me revient c'est le début du premier épisode d 'Albator (version  78) avec les océans à sec. J'ai jamais compris pourquoi il y avait cet espèce de prologue, d'ailleurs, vu qu'ensuite on voit pas mal de plans d'eau et d'arbres. Est-ce que c'est un problème de traduction, un flashback mal intégré dans la VF ? Il va falloir que j'investigue à l'occasion. Et puis ça me donnera l'occasion de revoir ce truc qui a quand même pas mal contribué à forger mon imaginaire.      Effet secondaire de la réfection d'un épais mur extérieur, les fourmis qui s'y installent parfois n'avaient plus de porte de sortie. La volée nuptiale de cette année a donc eu lieu (avec trois semain...

Night at the opera

Nous vivions à une époque où tout nouveau genre de SF émergent se voit affubler d'un nom en "punk". Le phénomène date bien sûr des années 80 et de l'émergence du cyberpunk à partir de 84 et de Neuromancer . D'ailleurs, le mot ne s'est pas imposé tout de suite, à un moment, le fandom américain appelait ça "mirrorshades" du fait de ces lunettes de soleil à verres chromés que portaient les protagonistes des récits sur les illus, ainsi que certains des auteurs.   La première grosse anthologie était d'ailleurs titrée chez nous "Mozart en verres-miroir". Quand les deux papes du genre, William Gibson et Bruce Sterling ont estimé avoir fait le tour du truc à la fin de la décennie, ils sont partis dans une direction rétrofuturiste qui fut rapidement appelée steampunk par comparaison. Et puis ça s'est emballé et tout ce qui a suivi a été qualifié en punk : dieselpunk, biopunk, splatterpunk (si si, le mot a été utilisé dans les années 90 pou...

T'es OK, t'es Bat

Souvent, lorsqu'il y a des remakes, reprises ou variations sur un thème ancien, d'aucuns s'insurgent à la trahison parce que la nouvelle version ne ressemble pas assez à l'ancienne, ou que les choix de l'auteur conduisent à repenser le fond. Récemment encore, il y a le cas de la série Harry Potter (outre les polémiques entourant la transphobe en chef) qui désarçonne les fans. Précédemment, les nouvelles traductions de Tolkien, en introduisant Bessac à la place de Sacquet, pour toutes sortes de raisons dont de très bonne, ont fait grincer des dents. Très souvent, les débats de ce genre s'enflamment, avec toutes sortes d'arguments qui relèvent d'un phénomène intime plutôt que d'une vérité universelle.  Quand le processus se prolonge, on s'aperçoit que chaque génération a sa version à elle. Plein de jeunes gens ont grandi avec le Superman de Cavill et ne voient pas ce que des vieux cons comme moi trouvent à Christopher Reeves, mais vont tomber à br...

Un bonsoir en passant

Moins de War Zone ces jours-ci, vous l'aurez peut-être remarqué... Il se trouve que la famille s'est agrandie hier (bon, c'est pas exactement une surprise, hein*) et donc que les heureux parents (moi et madame) sont très occupés. Donc moins de vaticinations Warzonesques dans l'immédiat. Je vais essayer de fouiller mes sauvegardes pour vous gratifier ce soir d'un bout de l'Encyclopédie des Connaissances Inutiles, quand même. * la surprise, ce sont les conditions du truc. la clinique était en train de déménager. Je vous ferais bien un topo des opérations, mais vous n'y croiriez juste pas. C'est resté très bon enfant grâce au professionnalisme de tout le monde là-bas, mais, c'était du genre "tiens, y pas de lavabo dans cette salle ?" "non, il n'a pas encore été livré" ou la noria de chirurgiens en tenue qui poussaient des brancards chargés de cartons (je vous jure devant Dieu, je les vu de mes yeux et j'étais à jeun). Mais bo...

L'oncle Jo

Vous l'aurez peut-être remarqué, même si j'en parle assez rarement ici, j'aime bien Joseph Conrad. Les plus attentifs d'entre vous l'auront d'ailleurs repéré dans mes divers suppléments à l'univers du Château des Étoiles, où j'ai réussi à le glisser en douce.  Il a ressurgi récemment (ce midi, en fait) dans le cadre d'une mini-conférence donnée en visio (malgré le fait qu'une fois encore, je sois une quiche en terme de matos son, heureusement, ne me laissant pas abattre par le décès de mon adaptateur USB-C-Mini-Jack, j'ai pu faire le truc quand même), conférence qui était plutôt orientée Lovecraft. Le rapport, me demanderez-vous ? Très ténu. Mais c'est sur ce fil tenu que j'ai tiré à un moment. Parce que je suis comme ça, on me changera pas. Le sujet, c'était l'horreur maritime, un genre que HPL a quand même un peu exploré. Et, à un moment, je comparais celle-ci à sa grande soeur, l'aventure maritime. Dès lors, le nom de ...