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Le futur a encore vieilli

"Le ciel au-dessus du port était couleur télé calée sur un émetteur hors-service."

Cette phrase, la première du roman Neuromancien (William Gibson, 1984) fait partie des premières phrases les plus célèbres de la SF (avec celle du Monde Inverti, entre autres). Mais, en retombant dessus, je me suis avisé d'un fait troublant.

Pour les "millenials", les jeunes d'aujourd'hui familiarisés avec les notions de "Matrice" et de réseaux, cette première phrase n'a plus de sens. Autant, pour le lecteur d'époque (moi, par exemple), elle était immédiatement évidente et évoquait une réalité très précise, autant de nos jours, c'est terminé. Les écrans de tv cathodiques se sont raréfiés au point, dans leur énormité, de faire figure de curiosité préhistorique. La TNT, la fibre et l'ADSL ont modifié la nature du signal reçu. Finies, les ondes analogiques donnant cette apparence de neige et de bruit blanc à la moindre perturbation. De nos jours, soit le signal est décodé, soit il ne l'est pas. Au pire, une perturbation se matérialisera à l'écran sous forme d'une grosse pixellisation aux couleurs peu naturelles, sinon c'est l'écran noir avec la mention lapidaire "pas de signal". Ce ciel gris, à la couleur inconfortable que décrivait Gibson, il faudrait désormais lui trouver d'autres métaphores. Le futur de Gibson connaissait encore le gros tube cathodique et la transmission hertzienne analogique. Si certaines de ses prédictions (la mainmise de multinationales plus puissantes que des états, l'existence de groupes organisés de hackers menant des opérations militaires dans le cyberspace) se sont plus ou moins réalisés, par certains autres côtés Il est devenu une sorte d'uchronie…

Commentaires

Geoffrey a dit…
Y a encore le logo HBO qui utilise cette neige...idée à creuser ?
Alex Nikolavitch a dit…
exaque.

tiens, ça pourrait être cool qu'ils fassent sur série sur l'univers de la Conurb…

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