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Dry bones

J'ai appris un truc rigolo, aujourd'hui…

Vous avez sans doute déjà vu ces photos très impressionnantes des cimetières d'avions dans l'Arizona et le Nevada, ces coins de désert où l'US Air Force range les zincs de réforme. On pourrait croire qu'elle aurait meilleur temps de les envoyer à la casse, mais non, elle les parque pour certains depuis des décennies. Parfois, les machines sont finalement remises en état, d'autres sont cannibalisées pour récupérer des pièces détachées qui ne se font plus (il paraît que ça couvre largement les frais de stockage, d'ailleurs), mais globalement le tout est laissé à pourrir. Si ça vous intéresse, il y a une très belle séquence là-dessus dans le film Baraka, de Ron Fricke (qui avait été le directeur de la photo sur Koyaanisqatsi et a poursuivi dans le même esprit).



Mais pourquoi ces décharges aériennes ?

Peur de laisser des secrets filer dans la nature, ou de voir des avions récupéré par des puissances pas amicales ? Peut-être. Ce que j'ai appris, c'est que la mise au parking des avions relevant de la dissuasion stratégique était une clause des traités de désarmements : si un B.52 est laissé à pourrir dans le désert, alors c'est la preuve qu'il a été retiré du service actif et que le pays a baissé sa capacité nucléaire. Simple et efficace : les deux blocs disposent de satellites assez efficaces pour tenir mutuellement leur inventaire. Séquelle d'une époque, la Guerre Froide, dont on se demande si elle n'est pas en train de revenir, mais passons.

Et à propos de séquelles de l'ancien temps, je suis un peu embêté par le Prix Nobel de Bob Dylan. Bon, faut dire ce qui est, le Nobel de Littérature, c'est un truc dont je me fous un peu. C'est tant mieux pour le primé, et félicitations, Bob, mais bon, voilà. Pour reprendre l'expression du type de chez nous qui était paraît-il pressenti en son temps pour être Prix Nobel de la Paix, "ça m'en touche une sans faire bouger l'autre" (précisons par contre qu'il n'a jamais été pressenti pour le Nobel de Littérature). Mais donc, sur le plus d'une centaine de Nobel de Littérature, je n'en ai lu, je viens de faire le compte, que 22 (dont Dario Fo, sur lequel j'ai eu envie de titrer "Mort non accidentelle", ce qui l'aurait peut-être fait rire) et je m'aperçois qu'il y en avait au moins autant dont je n'avais jamais entendu parler avant de consulter la liste pour faire le compte. C'est dire si je ne suis pas un expert de la question.

Mais Dylan… Bon, du coup, par acquit de conscience, j'ai essayé d'en réécouter une demi-heure cet après-midi, et le verdict est sans appel. Je n'y arrive toujours pas (je me souviens avoir fait ici même mon coming out sur le sujet il y a de ça quelques années). Je ne supporte pas sa voix et sa musique m'ennuie. Et surtout, sa poésie ne me parle pas du tout, on est sur des préoccupations qui ne me touchent pas, et qui me semblent renvoyer tout droit (c'est logique aussi, vous me direz) à la génération de mes parents. Du coup, quand j'étais gamin, on en bouffait, du Dylan, c'était la référence dans son domaine, parce que ça parlait du monde, tu vois. Sauf que le monde que je voyais dehors, c'était les punks qui en parlaient le mieux, en fait.

Alors le Nobel ? Oui, il est peut-être mérité. Je n'irais pas nier que ce type a compté. Mais dans un monde qui n'existait déjà plus au moment de ma naissance (ou disons au moment où j'ai appris à lire). Un peu comme les B.52 pour mes propres mômes, en fait…

Commentaires

Zaïtchick a dit…
C'est quand, le Nobel pour les Be Fifty Two alors ?

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