Accéder au contenu principal

En passant par l'Halloween avec mes gros sabots

Je n'ai jamais été un gros consommateurs de films d'horreur. C'est sans doute un genre qui, chez moi, marche mieux en littérature. Lovecraft et Barker m'ont mis la tête et les nuits à l'envers plus qu'à leur tour. Sans doute parce qu'ils suggéraient énormément en allant gratter dans des coins vraiment inquiétants et dérangeants. (alors que King m'emmerde assez globalement).

Au cinéma, j'ai plus de mal. Sans doute parce que c'est plus direct, et qu'il faut des réalisateurs vraiment doués pour passer par la pure suggestion de façon vraiment efficace. Ce que j'appelle l'effet ballon, en référence à la scène du ballon dans le couloir, dans Shining, qui arrive à mettre très mal à l'aise avec zéro effet. Les films qui parviennent à me faire cet effet-là, j'adore.

Mais ils sont peu nombreux. Après, si je ne dédaigne pas les trucs gores et sanguinolents, je n'en pense pas grand-chose. Leur "shock value" s'émousse vite, et ils me semblent plus drôles qu'autre chose, qu'ils soient conçus comme tels (les récents Piranhas) ou qu'ils se prennent très au sérieux, ce qui nuit un peu à l'effet. Les trucs à la Saw ne parviennent pas à m'intéresser (j'ai essayé une ou deux fois). La série télé Walking Dead a été, chaque fois que j'ai tenté le coup, une forme très aboutie de la notion d'ennui. Et les slashers avec des ados crétins qui se font dégommer me donnent souvent envie d'aller prêter main forte au tueur, même quand c'est en fait un gros nullard.

Le found footage, à de très rares exceptions, m'insupporte. Je le trouve fainéant et putassier.

Par ailleurs, certains films présentés sous l'étiquette "horreur", par exemple certains Del Toro, me semblent la perdre très vite, se glissant plutôt dans la catégorie des grands films fantastiques, avec parfois une ou deux séquences horrifiques. Faudrait sans doute que j'essaie les Dario Argento, ça a toujours manqué à ma culture. Enfin bon, je ne vais pas faire un catalogue de tout le genre. D'autant qu'en tant que tel, ce n'est pas un genre qui m'inspire un rejet de base, contrairement mettons aux films de sport ou aux comédies pas drôles à la française ou à la Adam Sandler.

J'aime bien les vieilleries de la Hammer pour leur côté kitsch, parce qu'elles ne me font plus peur depuis longtemps.

Alors peut-être ai-je changé : Holocauste 2000 ou Le Triangle du Diable qui, quand j'étais minot, m'avaient foutu une frousse bleue. Et qui revus à l'âge adulte sont pour le premier juste drôle et pour le deuxième bien foutu mais cheap.

Enfin voilà, c'était mon petit dégobillage de bile né d'un instant où je me suis dit "tiens, je me materais bien un film de saison, vu que c'est Halloween", et que j'ai passé une heure à ne pas me décider.

Mon côté vieux con bougon ressort en force, ces temps-ci.

Commentaires

Omer a dit…
Les seuls films d'horreurs vraiment flippant, à provoquer un relâchement total des sphincter, ce sont les épisodes "Halloween" des Simpson.
Benoît a dit…
Une partie de la filmographie de Kiyoshi Kurosawa est peut-être à même de te parler puisque ses films me semblent jouer sur ce sentiment de malaise plutôt que sur une débauche d'effets visuels. Des films comme Kaïro, Loft ou Cure, qui s'inscrivent dans le genre fantastique/épouvante, peuvent potentiellement t'intéresser si tu ne connais pas encore.
Alex Nikolavitch a dit…
oui, je connais très mal le matos japonais, dans le domaine, et j'ai de bonnes raisons de penser que ça me plairait pas mal.
Lord a dit…
Ce que je trouve fascinant pour ma part c'est que ce qui me foutait les jetons adolescent m'indiffère aujourd'hui alors que des films qui ont pu m'ennuyer me foutent littéralement les jetons. Et là je pense surtout à l'Exorciste ou Rosemary's Baby.

Cela dis au dessus reste toujours les films de John Carpenter. Perso j'arrive toujours pas à dormir sereinement après avoir revu Prince des Ténèbres ou The Thing
Alex Nikolavitch a dit…
le regard change, hein ? Mais Carpenter reste très fort, ouais.

Posts les plus consultés de ce blog

Chronique des années de cagnard, livre 2

J'ai de la chance dans le malheur : les grands arbres du quai limitent un peu le carnage. Tant que le trottoir et les façades sont dans leur ombre, ça génère un poil de fraîcheur. Mais à partir de 15-16 heures, le soleil tourne et paf, le trottoir et les façades s'échauffent. Et la pierre d'Oise dont sont faits la plupart des bâtiments du coin absorbe bien, et rend pendant des heures ensuite.   Mais le pire, c'est quand on doit sortir de la zone des arbres. La petite place du marché, plus loin, a été refaite il y a quelques années. Le vilain goudron a cédé la place à de jolis pavés de granit. Le problème, c'est de ce temps-là, chacun d'entre eux se transforme en une mini porte de l'enfer. Ils brillent, renvoient chaleur et radiations, de quoi roussir les poils de mollets. Même l'eau qui peut tomber dessus, lorsque les brumisateurs de la place s'active, lorsque le temps orageux lâche quelques gouttes, lorsqu'un cafetier ou un poissonnier passe un ...

Chronique des années de cagnard, livre 1

Pour citer une école de grands philosophes du passé, à savoir Les Négresses Vertes, "voilà l'été". Et il fait pas semblant, le bougre. Je dis pas qu'il fait chaud, mais j'attends quand même un peu la venue du Lisan al Gaib . Plus que de Dune , ce qui me revient c'est le début du premier épisode d 'Albator (version  78) avec les océans à sec. J'ai jamais compris pourquoi il y avait cet espèce de prologue, d'ailleurs, vu qu'ensuite on voit pas mal de plans d'eau et d'arbres. Est-ce que c'est un problème de traduction, un flashback mal intégré dans la VF ? Il va falloir que j'investigue à l'occasion. Et puis ça me donnera l'occasion de revoir ce truc qui a quand même pas mal contribué à forger mon imaginaire.      Effet secondaire de la réfection d'un épais mur extérieur, les fourmis qui s'y installent parfois n'avaient plus de porte de sortie. La volée nuptiale de cette année a donc eu lieu (avec trois semain...

Deux chouettes campagnes

Tiens, très vite fait, je signale deux campagnes de financement participatif :   La première concerne Fafhrd et le Souricier Gris , deux héros de fantasy patrimoniaux que je connais bien pour avoir traduit la version BD de leurs aventures. Là, une intégrale des nouvelles va sortir chez Mnemos et je suis associé au projet à mon petit niveau. Il reste deux jours dessus. Foncez.    L'autre, je n'ai rien à voir avec, mais elle est chouette, c'est une BD sur Jack Kirby et son passage dans l'armée , par Jean Depelley qui est un spécialiste mondial du sujet. Un beau projet, du coup. 

Là tu me vois, là tu me vois plus

 En zappant devant la télé l'autre soir, je suis retombé sur un bout d' Insaisissables ( Now you see me ), un film de prestidigitateurs qui profitent de leurs talents pour monter des braquages audacieux au nez et à la barbe des autorités. Je l'avais vu à l'époque, ainsi que sa suite, et j'avais pas détesté le premier, tout en émettant quelques réserves. Le deuxième, par contre, je l'avais trouvé raté à mort, parce qu'il amplifiait les défauts du premier. C'est en rédigeant cette note que j'ai découvert l'existence d'un troisième épisode, je savais même pas.  Le film est de notre Louis Leterrier national, dont j'ai pas vu tant de trucs que ça. Il a fait des trucs que je trouve plutôt cool et des machins que je trouve insauvables, et puis des trucs que je n'irais même pas toucher avec un bâton (genre un Fast and Furious , mais on y reviendra). Ceci dit, ça me semble être un bon faiseur, genre efficace. Les trucs de prestidigitateurs, à...

Le fils du retour

Je parlais dernièrement de relectures. J'en ai deux sur le feu, là, pour des sorties en septembre. D'abord, celle de L'île de Peter , en vue de la resortie en poche. Ça ne constituera pas un boulot éreintant. Il s'agit surtout de repérer les dernières coquilles éventuelles (et pour ce que j'en sais, c'est un bouquin qui a été plutôt épargné de ce côté-là), les soucis de typo liés au reformatage, des broutilles en somme. La difficulté, c'est surtout de se retenir de remanier des choses. Je suis toujours tenté de revoir des formulations, de préciser des trucs… Là, il ne faut pas, je pense. Du coup, dès lors que je m'y mettrai vraiment, ce sera une affaire de quelques jours au plus. Non, le gros morceau, c'est la réédition de Mythe & Super-héros . J'y travaille depuis quelques temps, accumulant des notes, mais là, ça y est, je suis à fond dans la réfection du truc. Ça fait quelques années qu'on en parle, et j'appréhendais le moment...

Seul au monde, Kane ?

Puisque c'est samedi, autant poursuivre dans le thème. C'est samedi, alors c'est Robert E. Howard. Au cinéma. Et donc, dans les récentes howarderies, il manquait à mon tableau de chasse le Solomon Kane , dont je n'avais chopé que vingt minutes lors d'un passage télé, vingt minutes qui ne m'avaient pas favorablement impressionné. Et puis là, je me suis dit "soyons fou, après tout j'ai été exhumer Kull avec Kevin Sorbo , donc je suis vacciné". Et donc, j'ai vu Solomon Kane en entier. En terme de rendu, c'est loin d'être honteux Mais resituons un peu. Le personnage emblématique de Robert Howard, c'est Conan. Conan le barbare, le voleur, le pirate, le fêtard, le bon vivant, devenu roi de ses propres mains, celui qui foule de ses sandales les trônes de la terre, un homme aux mélancolies aussi démesurées que ses joies. Un personnage bigger than life, jouisseur, assez amoral, mais tellement sympathique. Conan, quoi. L'autre...

Au sommet du sumo

Ma tribu me connaît bien. Pour des raisons de récurrence calendaire sur lesquelles je ne m'étendrai pas, deux de mes rejetons m'ont offert des places pour le tournoi de sumo qui se tenait dernièrement à Paris. On y est allés ensemble, la moitié de la tribu Lavitch en expédition au POPB (oui, j'ai déjà parlé de ça, dans ces colonnes, mais pas question que j'appelle la pyramide verte par son nom sponsorisé. C'est Ed Norton qui avait raison, on aura bientôt la Galaxie Starbucks et l'Amas Globulaire IBM).  Le sumo, ils se souvenaient que c'est le seul sport que j'ai réellement suivi dans ma vie, pendant quelques années. Autant je ne crois pas avoir vu plus de 4 ou 5 matchs de foot en entier en plus d'un demi-siècle (dont 2 avec la Croatie et 1 avec l'équipe de Belgrade), autant, entre la fin des années 90 et la première moitié des années 2000, je regardais tous les bashos sur lesquels je pouvais tomber. J'étais fan des deux grands rivaux de l...

Les Zi-as

Hop, deuxième épisode, suite du précédent, consacré cette fois-ci aux IA, publié dans le même supplément numérique à Fiction. ici aussi, l'illus est de Gewll Intelligence Artificielle  Les mains dans le cambouis, la tête dans les étoiles « J'ai peur, Dave » lâchait au bout du compte le superordinateur Hal 9000 au moment où l'astronaute David Bowman le lobotomisait sans pitié aucune (désolé de vous avoir spoilé la fin du film au passage). Ce cri pathétique est autant destiné à son bourreau qu'au spectateur : il s'agit de faire comprendre que malgré sa froideur, malgré sa logique, malgré ses crimes, Hal n'est pas si différent de nous, que s'il présente une différence de nature matérielle, spirituellement c'est beaucoup moins tranché. Il peut sembler redondant de se livrer dans ces colonnes à une petite réflexion sur l'intelligence artificielle si peu de temps après avoir y évoqué le robot, tant les deux problématiques sont liées. Mais ...

Night at the opera

Nous vivions à une époque où tout nouveau genre de SF émergent se voit affubler d'un nom en "punk". Le phénomène date bien sûr des années 80 et de l'émergence du cyberpunk à partir de 84 et de Neuromancer . D'ailleurs, le mot ne s'est pas imposé tout de suite, à un moment, le fandom américain appelait ça "mirrorshades" du fait de ces lunettes de soleil à verres chromés que portaient les protagonistes des récits sur les illus, ainsi que certains des auteurs.   La première grosse anthologie était d'ailleurs titrée chez nous "Mozart en verres-miroir". Quand les deux papes du genre, William Gibson et Bruce Sterling ont estimé avoir fait le tour du truc à la fin de la décennie, ils sont partis dans une direction rétrofuturiste qui fut rapidement appelée steampunk par comparaison. Et puis ça s'est emballé et tout ce qui a suivi a été qualifié en punk : dieselpunk, biopunk, splatterpunk (si si, le mot a été utilisé dans les années 90 pou...

Li Bai, ou Li Po

"Le vivant est un voyageur de passage ; le mort, celui qui est rentré chez lui."   Il y a trois poètes que je place au-dessus de tous les autres. Curieusement, ce sont trois pochetrons et trois esprits libres. La ressemblance s'arrête là. L'un était un matheux par ailleurs, un autre un voyou et le troisième un mystique. J'ai déjà dû parler dans ces colonnes d'Omar Khayyam, le Persan qui a un cratère lunaire à son nom, excusez du peu, et de Villon, qui à mon sens a écrit l'une des pages les plus poignantes de la littérature française (et sur lequel j'ambitionne toujours de publier une BD, le scénar est prêt, il ne me manque qu'un dessinateur et un éditeur). Mais je ne crois pas avoir parlé de Li Bai, ou seulement en passant.  À peu près contemporain de Pépin le Bref, Li Bai est un homme au destin en dents de scie. Né en exil (son père était en disgrâce), puis conseiller d'un empereur, puis à nouveau exilé. Il faut dire qu'il avait été recrut...