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Ça n'arrête jamais

 Bon, cet aprème, j'ai pas retrouvé ma motivation. Alors que ce matin, j'avais bien bossé, j'ai une traduction à finir dans la semaine, j'en ai dépoté pas mal ces derniers jours, mais là je calais. Ce sont des choses qui arrivent. Je soupçonne ma motivation d'être crunchée entre deux bouquins que j'ai déplacés.


Alors, vous me direz, j'ai un Perceval à finir. Qui est très loin d'être fini. Mais l'avancer, là, ça veut dire reculer. J'ai un bout déjà fait que je tiens à remanier avant de continuer le récit. Et là, bon, les deux bouquins, le truc aplati entre, vous voyez de quoi je veux dire.

Quand c'est comme ça, je vais marcher sur le quai, je m'oxygène un peu, et puis je fouille mes dossiers et je peux gratter, selon, le scénar de BD sur Villon qui me trotte dans la tête depuis des années, ou celui sur Gilgamesh, voire les bidules expérimentaux qui ne sont même pas conçus en vue de publication, mais à titre d'exercice intellectuel. Tous ces trucs sont compliqués à plier, ça demande de la doc (comme le Perceval, d'ailleurs, je dis ça, je dis rien) et donc, non. Pas là.

Bref, j'ai rouvert mes fichiers de notes Mitan. Vous allez me dire, attendons de voir si Les exilés de la plaine fonctionnent avant de remettre le couvert. Mais c'est l'occasion de vous expliquer à quoi ça ressemble et comment ça marche, ces fichiers.

Avant de taper la moindre ligne d'un roman, je joue avec des idées dans ma tête. Dans le cas du Mitan, j'ai des personnages et des situations restant des bouquins précédents, et ils continuent à s'agiter. Donc, des fois, j'écris dans un calepin ou un fichier texte les trucs qui me viennent, ce qu'ils deviennent, les nouvelles choses qui pourraient arriver, tout ça. J'ai aussi des notes pour un machin se déroulant bien avant ce que les deux romans existants ont déjà traité, dans une époque ancienne et mythique, quasiment le Silmarillion de cet univers. Est-ce qu'il y a urgence à y réfléchir ? Certainement pas, mais plus j'avancerai dans l'exploration de mon petit monde, plus ça aura de sens un jour.

Non, là ce sont des idées quant à Gabriel. Qu'est-ce qu'il devient, est-ce qu'il mange à sa faim, quand est-ce qu'on le retrouve, de quel façon le monde autour de lui a changé. Le bouquin, s'il existe un jour, ne sera probablement pas centré sur lui, mais ce garçon (enfin, il commence à se faire vieux) est une bonne porte d'entrée.

De proche en proche, j'en viens à m'interroger sur ses camarades et amis, à préciser la chronologie de divers trucs, y compris dans d'autres parties du monde... Et peu à peu, les bouts s'assemblent. Ce qui commençait comme une de ces vidéos youtube nulles du genre "que sont-ils devenus ?" commence à prendre forme. Y a un bout de structure dans laquelle s'insèrent les pièces que j'ai.

Le fichier de notes commence à s'organiser, avec une page pour les persos, une autre pour le contexte, une autre pour les plus grosses chevilles narratives du bouquin. Je n'ai pas encore de bouts de dialogues mais ça peut venir assez vite.

J'en parlais dernièrement, je suis de moins en moins "architecte" quand j'écris, donc passé un certain stade, je n'ai pas besoin de plus pour me lancer. Bien sûr, il n'est absolument pas possible que je me lance à ce stade. Et, d'ici là, peut-être que je ferai un tout autre bouquin, dans un tout autre univers. J'ai des choses sous le coude qui n'attendent que la bonne opportunité pour démarrer, que ce soit une discussion avec un éditeur, une idée lumineuse ou quoi que ce soit d'autre. De toute façon, après Perceval, ce sera sans doute un essai thématique, du genre de ceux que je faisais y a dix ans. Ça me fera pas de mal de revenir à ce genre de trucs, de voir si j'ai évolué dans ma façon de les travailler.

En vrai, c'est un bordel dans mon emploi du temps, un foutoir dans ma tête, le chaos dans la plupart de ces fichiers de notes, et je jongle avec tout ça.

Commentaires

soyouz a dit…
Ah le Villon. Me rappelle une discussion suite à une retrouvaille par hasard, sur une table devant un kebab d'Angoulême, le jeudi du festoche, à l'heure du festoiement.
On se caillait les miches en janvier, quand même, à l'époque.
Alex Nikolavitch a dit…
c'est une obsession de longue date, chez moi.

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