Accéder au contenu principal

Ceux qui vont rester vous saluent bien

Une discussion récente autour de The Leftovers, la série écrite par Damon Lindelof, m'a conduit à expliciter un ou deux trucs. Et comme ça prolonge une réflexion que j'avais entamée dans Apocalypses ! Une brève histoire de la fin des temps (encore une toute petite poignée d'exemplaires dispo chez un éditeur évoquant Méchoui 100.000 volts, profitez-en tant qu'il en reste), je me suis dit que j'allais remettre ça en forme et vous l'expliciter.

Ça faisait un certain temps que pas mal de gens me disaient le plus grand bien de The Leftovers. Ça m'embêtait déjà parce que c'est signé Damon Lindelof. Et déjà, ça me ferait mal que ce type-là fasse quelque chose de bien dans sa vie. De "pas pourri", pourquoi pas. Mais de bien, c'est comme imaginer qu'Eric Ciotti puisse un jour dire un truc intelligent, dire que c'est de la science fiction serait insulter gravement la science fiction. Mais pour les besoins de la démonstration, on laissera de côté le fait que le mec ait trempé dans Lost, Cowboys vs Aliens et Prometheus. (Lindelof, je veux dire. Ciotti n'a rien à voir avec Prometheus, il ne peut pas avoir tous les défauts non plus, cet homme-là)

Comme j'ai OCS et que la série est dispo dessus, j'ai testé. Bon, ce que j’ai vu de The Leftovers m’a emmerdé. Ce qui n'a aucune importance, en fait : plein de séries qui ont cartonné ont échoué à m'intéresser et à m'y accrocher : Friends, Lost, 24, Prison Break* et j'en passe, ce sont des trucs dont les gadgets narratifs et les ficelles me semblent surfaits, et dont les personnages me sont globalement antipathiques. Si c'était ça, mon problème avec The Leftovers, je n'en parlerais même pas, d'ailleurs.

Ce qui me gène, c'est quand même que le pitch du truc soit basé sur ce qu'on appelle en français "le ravissement", faute de mieux, et que les Américains appellent "Rapture". Il s'agit d'un dogme religieux selon lequel, en préambule de l'Apocalypse, les "justes" seront enlevés au ciel et n'auront pas à assister au déchaînement de la colère de Dieu. C'est une doctrine née dans les milieux "évangéliques" qui font tache d'huile depuis quelques années dans le monde, mais qui sont quand même essentiellement un phénomène américain : c'est la mouvance des télévangélistes, des "born again christians" et du "prosperity gospel", qu'on peut considérer en première approximation comme une forme dégénérée du calvinisme.

Alors, pour commencer, le "Rapture", ça n’a rien de biblique, c’est une interprétation complètement distordue d’un passage pas clair d’une épitre de Saint Paul, 1 Corinthiens 15:51 si vous voulez voir de quoi il s'agit, et à l'arrivée, c’est une interprétation très libre et hyper pas solide sur le plan doctrinal.

Après, me direz-vous à raison, les gens ont le droit de croire à ce qu'ils veulent et même de le mettre en scène dans des fictions. Et globalement, je suis d'accord. Mais il y a ici une histoire de contexte, qui mérite qu'on s'y arrête.

Pour nous Européens (bon, je sais que je suis lu aussi un peu aux US et au Canada, si j'en crois les stats du blog, mais le gros de vous autres, c'est du local, du Français ou du Belge), le Rapture est une croyance complètement exotique, qui n'a aucun équivalent dans le Christianisme traditionnel (Catholique, Orthodoxe ou Luthérien). Aux Etats-Unis, si c'était au départ une croyance marginale, elle semble avoir gagné pas mal de terrain et faire partie du paysage : même ceux qui n'y adhèrent pas savent ce que c'est.

Voir se répandre une croyance (même en apparence anodine) venant d'une frange extrémiste est toujours inquiétant. Les évangéliques US, c'est un peu l'équivalent chrétien des wahabites pour l'Islam, un truc qui se veut un retour aux sources, mais dérive sur une conception totalitaire de la religion. C'est de là que viennent les attaques sur l'enseignement des sciences, notamment, et toutes les théories d'Intelligent Design qu'on voit aussi se répandre dans la fiction**.

Par ailleurs, c'est une doctrine qui fait assez sens dans un pays qui fait beaucoup la guerre par procuration et au loin, et gère très mal les incidents sur son propre sol (je ne dis pas que la France les gère mieux, hein, c'est pas le débat du jour). Le Rapture, c'est l'assurance pour ceux qui appellent de leurs voeux l'Apocalypse (et la destruction des méchants qu'elle entraîne) (méchants dont la définition très large est encore un autre problème, disons que quelle que soit votre valeur éthique, il y a 98% de chances si vous me lisez que vous fassiez partie de cette engeance condamnée) (et les 2% restants constituent une marge d'erreur statistique inévitable) de ne pas avoir à l'assumer en la contemplant en face de trop près.

Du coup, voir une série télé grand public diffusée à l'international mais basée sur le Rapture, surtout par les temps qui courent aux US, ça me semble plus que malsain. C’est la version « grand public », vendable à l'international et moins conspirationniste de Left Behind, un truc bien perché qui a cartonné dans les milieux évangéliques sous forme d'abord de bouquins, puis d'une série de films à petit budget, puis d'un machin avec Nicolas Cage (et là, on se disait chouette, sa présence suffit à planter le truc pour de bon, mais visiblement ses pouvoirs top moumoute n'ont pas suffi).

C'est là que le fait que The Leftovers soit apparemment bien écrit qui me gène : Left Behind avait cartonné en son temps auprès d'un public acquis à son idéologie, mais demeurait globalement de la merde, c'était à ranger avec le rock chrétien et ces tentatives d'avoir l'air cool tout en vendant de la bondieuserie : ça ne marche qu'avec un public de niche, assez acquis aux idées pour pouvoir le consommer, mais pas trop, parce que sinon ce genre de divertissement est encore trop entaché des pratiques "du monde" pour être admissible chez un vrai, un pur, un beau.

Dans une logique de soft power, le succès de The Leftovers prouve qu'on a franchi une espèce de seuil.

Mais là, un peu d'histoire et de temps long. Le protestantisme, et particulièrement dans sa version calviniste, s'est constitué en réaction aux excès de l'église catholique de l'époque. Le retour à une "pureté originelle" s'est accompagné d'une volonté de dépouillement, cette fameuse austérité protestante devenue chez nous un cliché convoqué dès qu'un protestant arrive à un poste à responsabilités (rappelez-vous ce qu'on disait de Lionel Jospin). Ce côté iconoclaste (au sens religieux du terme) a induit avec le temps un déficit structurel en termes d'imagerie et de culture de l'image. Les protestants peuvent être iconiques (les Puritains font partie du folklore mondial), mais leurs dogmes ne le sont pas. Les liens entre protestantisme et capitalisme moderne (je vous renvoie à Max Weber) font par ailleurs que de nos jours, le télévangéliste de base est visuellement indiscernable du capitaine d'industrie : même costume-cravate sombre, même montre luxueuse, même coupe de cheveux ostensiblement chère. Le prosperity gospel, selon lequel Dieu récompense par la richesse, et qui fait donc du pauvre quelqu'un d'intrinsèquement inférieur sur le plan moral***, conduit aussi à cette convergence dans la mise en scène de la respectabilité.

Ça pose problème quand la civilisation devient une civilisation de l'image. Vouloir diffuser son message dans une civilisation de l'image implique de se créer une imagerie propre. Et c'est comme ça, par exemple, que dans les années 70 le film l'Exorciste, produit donc par Hollywood et donc des protestants et des juifs, emprunte une imagerie catholique pour mettre en scène le sacré. Ses exorcistes sont jésuites et portent le col romain, excellent moyens de les iconiser, de les montrer directement comme religieux. S'ils avaient été pasteurs évangéliques ou mormons, ils auraient porté un costume sombre, un cravate sombre et une chemise claire, et on aurait pu les confondre avec des représentants de commerce, et le film aurait été gâché.

C'est parce que cet imaginaire du sacré est encore inféodé à l'imagerie catholique que, dans les années 60, Anton LaVey dota son église de Satan de rituels en latin. Au moment même où l'église catholique lève officiellement le pied sur l'obsession envers Satan, ses pompes et l'Apocalypse. Comme ces obsessions demeurent le fond de commerce des évangéliques et des mouvances marginales du protestantisme américain (toutes les branches du millerisme, etc.), une église de Satan n'a pourtant de sens que dans un contexte américain. D'où paradoxe dans le paradoxe.

Du coup, faute d'imagerie propre, cette mouvance évangélique, pourtant très militante et très active politiquement, se retrouve dans une impasse. On l'a vu avec le lent grignotage des idées de droite, dans la guerre d'usure que mène Poutine, dans la diffusion des idées conspirationnistes aussi grâce à la fiction, le combat politique se mène d'abord dans l'arène culturelle.

Pour les évangéliques, ça change avec Left Behind qui, si naze soit la série au départ, trouve dans le Rapture un élément spécifique aux évangéliques qui est dramatisable, inconisable, exploitable. Un marqueur. Un moyen de faire du soft power. Peut-être que j'ai tout faux, peut-être que je me fais des idées, mais pour moi, The Leftovers, du coup, c'est un peu le même principe que ces séries TV arabes basées sur les Protocoles des Sages de Sion.



*Et par ailleurs, plein de gens de mon entourage détestent Preacher ou la deuxième saison de True Detective, et moi j'adore. C'est très bien, sur le fond, qu'il y en ait pour tous les goûts, et que Friends existe pour les adultes en carton qui sont incapables de se prendre en charge. Comment ça, je trolle ?

**J'avais écrit il y a quelques temps de ça un papier évoquant ce point précis.

***Vous pigez maintenant pourquoi je me méfie de la diffusion des idées des protestants évangéliques ? Vous voyez les dégâts ?

Commentaires

Photonik a dit…
Un papier très intéressant, et érudit comme d'hab'... mais démenti par le final de la série, je crois. Et même par tout le déroulement de celle-ci. J'ai pour ma part été très séduit par "The Leftovers", et comme tu le subodores, c'est surtout la qualité d'écriture qui impressionne : c'est de très loin le travail le plus abouti de Lindelof en la matière.
Attention, je spoile un brin (mais pas beaucoup) : à la fin de la troisième et ultime saison, un personnage principal raconte avoir percé le "mystère". L'astuce de Lindelof, c'est que le spectateur est libre de croire ou pas ce perso ; c'est censé en dire long sur le spectateur, bien plus que sur le personnage lui-même. En gros, soit elle ment et la "disparition" reste un phénomène inexpliqué que les bigots (bien malmenés par la série, en fait) pourront toujours considérer comme le fameux "Rapture" biblique, ou une approximation qui y ressemble, soit elle dit la vérité et c'est en fait la piste SF qui est privilégiée (l'humanité aurait été séparée en deux par un phénomène cosmique et chaque moitié, les 2 % d'un côté et le restant de l'autre, vit dans une terre parallèle à l'autre, façon "Fringe").
Perso, j'ai "choisi" de croire le perso, et donc la face lumineuse des interprétations possibles. De la façon dont je le vois, Lindelof teste bien la "foi" du spectateur, mais pas sa foi religieuse, plutôt sa foi dans l'explication fantastico-merveilleuse-SF...
Alex Nikolavitch a dit…
Merci, l'ami !

N'ayant pas creusé la série plus que ça, j'en étais resté sur la thématique, et donc visiblement, tu désamorce la moitié des trucs qui m'inquiétaient. Tant mieux, hein.
jyrille a dit…
Merci d'avoir écrit cet article qui m'éclaire un peu plus que les précédents échanges. Comme je te le disais, je devrai faire des recherches moi-même car je n'ai pas le centième de ton érudition, et tu soulèves des points très intrigants.

De mon côté nous discutons avec un ami des scénarios de la première saison, et il soulève des interprétations que je n'ai pas vu du tout, mais qui font sens vers un prosélytisme que je déteste. C'est assez étonnant, car comme le souligne Photonik, toute la série démonte les charlatans des sectes, ne prouve rien sur une existence possible de dieu, ne donne pas de morale, et fournit des pistes SF ou fantastiques bien loin de l'imagerie de la religion (ou alors est-ce une imagerie moderne, revisitée ? Je ne pense pas, puisque la plupart des personnages n'ont aucun attrait pour la religion, la rejette, et se confrontent à ceux qui ont un fort attachement à cette même religion catholique).

Je ne voulais pas dévoiler la fin, mais si elle te rassure, alors Photonik a bien fait. Encore merci.
Alex Nikolavitch a dit…
Comme je dis toujours, je ne demande pas mieux qu'on me donne tort. Si Leftovers n'est pas un sous-marin propagandiste, tant mieux. Et si Lindelof devient compétent, ça me patafiole les organes, mais tant mieux aussi !
Présence a dit…
Merci pour cette explication claire et documentée.
Stanislas Gros a dit…
Bonjour, je viens de reparler de cette série avec Jyrille et il me renvoie à cet article, enfin bref, je viens pour te donner raison.
Déjà cette fin (que j'avoue n'avoir pas vue, comme toi j'ai trouvé cette série assommante et n'ai pas pu dépasser les 4 ou 5 épisodes, je ne connaissais pas cette croyance du rapture, ce qui m'a alerté c'était plutôt les allusions religieuses un peu partout et certaines idées bizarres,réacs ou complotistes. Comme je n'y connais rien j'avais soupçonné des témoins de Jehovah ^^) n'est absolument pas rassurante : la question n'est pas vraiment de savoir si le rapture est l'oeuvre de Dieu ou de je ne sais quelle mystérieux phénomène cosmique, le problème c'est... de mettre en scène le rapture, c'est ça qui est un discours de secte. Ensuite elle essaie probablement de se distinguer d'une religion ordinaire, elle nous met probablement en garde contre les autres religieux qui sont tous des charlatans et vous propose sa version à elle, qui semble plus rationnelle mais ne l'est pas (puisque le rapture n'existe pas, il ne peut pas y avoir d'explication rationnelle, elle est fatalement un peu mystique, même si ça se voit moins).
Je pense que Lindelof est compétent et qu'il sait très bien ce qu'il fait, comment le faire et pourquoi, en particulier je me suis aperçu que les spectateurs avaient souvent des interprétations très variées des scènes et des personnages qu'ils ont vus, ceux qui détestent les flics vont trouver le flic odieux, ceux qui les défendent vont le trouver sympa, pareil pour chaque personnage. En fait quand on regarde de près, ils sont traités de manière extrêmement neutre, on a très peu d'informations sur eux, leur psychologie et leurs motivations ne sont jamais clairement indiqués. Mon hypothèse c'est que c'est fait exprès pour que le le spectateur projette un peu ce qu'il veut sur eux. A l'arrivée chaque spectateur a l'impression d'avoir vu le flic qu'il avait envie de voir, ou le pasteur qu'il avait envie de voir et s'y est attaché. Un de mes amis a même réussi à voir de l'humour dans l'épisode ahurissant où les héros sont à la recherche du Jésus de la Crèche.
Un passage a achevé de me convaincre que j'avais affaire à une secte : un fonctionnaire se met à réciter un article de loi anti-secte pour faire obstacle à une action (j'ai oublié laquelle, il s'agissait sans doute de sauver des vies), bref la loi anti-secte est vue comme un vrai danger. Si vous voulez vérifier je crois que c'est dans l'épisode 5 de la première saison, enfin moi c'est là que j'ai abandonné l'affaire.
A l'époque ça m'avait agacé mais je n'avais pas pris ça très au sérieux, mais depuis je me suis rendu compte que d'autres films ou série ressemblaient à the Leftovers, c'est souvent moins flagrant (pas forcément de référence au rapture) mais il y a cette même ambiance morne, des allusions bibliques pénibles (qui passent sans doute inaperçues pour qui ne les connaît pas), souvent de très belles images, avec des chefs op prestigieux et une musique souvent issue du courant minimaliste, comme celle de Richter, et les personnages vides dont la psychologie est laissée à l'imagination des spectateurs : les autres productions de Lindelof comme Prometheus (grosse allusion créationniste au début dans mon souvenir) ou Watchmen (et je n'ai jamais vu Lost mais rien que le titre...), mais aussi ceux de Villeneuve, du moins les deux derniers, et plus récemment Tale of the Loop (Romanek aux images, Glass à la musique. ça aurait pu être TELLEMENT COOL!). Tout ça m'inquiète encore plus en cette période de pandémie qui semble très propice aux conversions à des croyances cheloues.

Enfin voilà, je ne sais pas trop que faire de ces réflexions, alors je les pose ici. En tout cas je suis heureux de me rendre compte qu'au moins je ne suis pas seul à penser ça de cette série.
Alex Nikolavitch a dit…
alors, le Rapture, c'est plus une croyance des Evangéliques (les Témoins de Jéhovah n'ont pas d'équivalent dans leur doctrine), mais c'est un peu la case à côté.
j'ai pas plus creusé Leftovers depuis cet article, mais on m'a signalé que la fin levait une partie de mes objections, ce qui est possible. Pour avoir vu Watchmen, qui m'a un peu réconcilié avec Lindelof, je découvre que c'est un type plus fin qu'il ne m'avait semblé au départ et que, notamment sur Prometheus, il a eu à se débattre de la note d'intention toute pétée de Scott. Je dis pas que tout Watchmen est réussi (Lindelof essaie des trucs, et se rate par moments), mais l'épisode sur Le Miroir, avec son passé de prédicateur endimanché qui, même émancipé, ne parvient pas à se libérer de sa paranoïa, m'a semblé très intéressant, justement par rapport à tout cet arrière plan religieux.

sur le créationnisme en SF et Prometheus, j'avais fait une vidéo :
https://youtu.be/YjsycXbS_cs
qui développe un peu ça, sur le sens que ça peut avoir (ce n'est pas forcément de la propagande, et je ne crois pas que ça en soit dans le cas de Prometheus, justement, c'est plus le reflet des angoisses métaphysiques de Scott depuis la mort de son frère)

Posts les plus consultés de ce blog

C'est Byzance

Je suis en train d'avancer dans la lecture du cycle de Sarance , de Guy Gavriel Kay. J'étais passé à côté de ce truc, c'est d'avoir rencontré l'auteur l'an passé (je lui ai brièvement servi d'interprète) qui m'a lancé sur ce cycle. Kay, je l'avais très peu lu jusqu'alors, seulement un ou deux tomes de Fionavar , de mémoire, mais j'ai un peu tilté quand j'ai compris que Sarance , c'était un cycle de fantasy basé sur l'empire byzantin. Bon, là il m'a énervé, le Guy Gavriel. Non, son cycle est vachement bien, c'est documenté, malin, bien mené, y a des personnages attachants... mais ça m'a énervé. Pour une raison toute con, dont il n'est même pas responsable. Depuis des années, Byzance était un exemple que je donnais quand je parlais de worldbuilding . On construit rarement un monde de fantasy à partir de rien, c'est toujours sympa d'avoir une base, quitte à la maquiller, histoire en cas de blocage d'avoir ...

Déplacement sur Sith

Ce week-end et le suivant, vous pourrez me retrouver :  Au championnat de France de sabre-laser de Montigny le Bretonneux , dimanche 24 et lundi 25 mai. Je vous rassure tout de suite, je ne concours pas, je viens juste signer des comics Star Wars et quelques autres bouquins en partenariat avec la librairie J.M.S.    Le week-end prochain, donc le dimanche 31 mai, je serai au Geek Up Festival des Clayes sous Bois, toujours avec la librairie J.M.S. Je vais essayé de me débrouiller pour avoir quelques exemplaires d'Euphories Cosmiques s'il y a déjà des sortis de presse.  

Jamais d'oeufs sans trois

 Il m'arrive de temps à autres, vous l'aurez remarqué sans doute, de venir ici dégoiser sur la licence Alien , en général pour me plaindre de la façon dont elle a été maltraitée par la suite. C'est compliqué, la saga Alien , c'est un empilement de visions d'auteurs qui se sont suivies et télescopées.   Le troisième opus, première réalisation de David Fincher, a été particulièrement malmené, suite notamment à une production des plus chaotiques ( François Theurel est récemment revenu dessus ). Résultat de ces retards, dépassements de budgets, changements intempestifs de scénarios et clashes divers, le film Alien 3 , sorti en salle en 1992 était, de l'avis de tous, très imparfait. Il prenait le risque de fâcher les fans de son prédécesseur, Aliens de James Cameron, en faisant bon marché des personnages introduits à l'époque, pour essayer de revenir aux sources, à une seule créature très menaçante, dans un environnement hostile, mais échouait à développer son ...

Scott toujours

Hum. J'ai un peu négligé la War Zone, ces derniers jours. Beaucoup de boulot, faut dire. Pas mal de trads, et des pages de scénar promises pour ces jours-ci. Et puis j'avais des ateliers jeunesse la semaine dernière, faudra que je vous en reparle, c'était vraiment sympa et très rigolo. Mais néanmoins, pour me détendre un peu, je me suis maté hier soir la première moitié de Prometheus , le dernier Ridley Scott. Et puis j'ai fini par couper parce que ça m'énervait au lieu de me détendre. J'adore ces genre de films d'exploration spatiale, mais là, trop d'aspects clés sont traités par dessus la jambe. J'admets : le vaisseau est cool. C'est déjà ça. Alors il faut rendre une justice à ce film : c'est hyper joli visuellement. Mais en dehors de ça, qu'est-ce que c'est con, quand même. Entre le trip façon intelligent design (relativement supportable parce qu'il s'intègre peu ou prou à un courant assez ancien et t...

Garder l'alien fraîche

Vous vous souvenez peut-être de mes diatribes enflammées* à propos de Prometheus , film magnifiquement loupé qui démontrait par l'exemple à quel point l'obsession d'Hollywood pour les prélogies, origines secrètes et autres au commencement était problématique. Certes, ça peut donner des trucs chouettes, mais la moitié du temps, ça répond de travers aux questions qu'on se posait, et ça prend le temps de répondre à côté de la plaque à des questions qu'on ne se posait même pas. Et Prometheus prend valeur d'exemple (et il prend pour les autres, aussi : le Hannibal au Commencement m'intéressait tellement pas que je n'ai pas été y voir) parce que ce trop plein d'informations finit par abîmer la saga sur laquelle il se branche. à force de réinteprétations, on peut dire qu'il en a bavé Et ça ne s'arrange pas avec sa suite, Alien Covenant . Vous allez me dire que je pouvais m'estimer prévenu avec Prometheus , et en effet, j'ai rési...

Star Turc

Poursuivant mon exploration nonchalante des séries Z les plus improbables de la galaxie, je me suis enfin confronté à Turist Ömer Uzay Yolunda , le célébrissime Star Trek turc. Autant le dire tout de suite, c'est moins extrême dans le résultat que le Star Wars turc , mais ça reste un opus assez aberrant pour mériter d'être étudié en détail.      Kapitan Kirk dans : Les Dents de l'Espaaaace ! Il faut savoir que le Turist Ömer du titre (doit-on traduire ça par "Homère le Touriste" ? Personnellement, je ne m'y risquerai pas, mais si ça vous fait marrer, libre à vous, hein.) est un personnage comique récurrent du cinéma turc, vivant des aventures improbables aux quatre coins du monde (voire ici de l'univers). L'acteur, Sadri Alisik, est un de ces galériens du cinéma turc, qui a pas mal de films à son actif, y compris des drames, et ce qui semble être un Lucky Luke turc ( Atini seven kovboy ), à moins que ce ne soit une version gaguesque des Sep...

Axe pour homme

Ça doit être le thème de la saison, mais après avoir profité de mes transports et de ma tablette pour me regarder le récent Conan avec Jason Momoa, je viens de regarder Kull le Conquérant , avec Kevin Sorbo. Kevin sort beau. Ou pas. Alors oui, je sais, à ce stade, ça ne pouvait que s'apparenter à une forme particulièrement perverse de masochisme. Et, de fait, il y a un peu de ça, je l'admets. Alors déjà, re situons un peu le contexte. Kull date de la fin des années 90, au moment où Kevin Sorgho, auréolé de sa performance sur la série Hercule , décide de passer au grand écran pour se faire du blé. Il intègre donc le casting de King Conan , qui aurait dû être le troisième volet de la série commencée avec notre Schwarzennator préféré. Sauf que notre héros voit venir le piège. Il préfère ne pas être comparé à Arnold. Et donc, le script de King Conan , librement adapté du roman L'heure du Dragon , est prestement transformé en un scénario de King Kull . L'Aqui...

Space bourrins

 Le truc curieux avec les nouvelles plateformes, c'est qu'on a accès à plein de trucs, mais qu'on en profite d'abord pour revoir des films qu'on n'a pas vu depuis longtemps. L'autre soir, je me suis refait Le Treizième Guerrier , par exemple. C'est un film que j'aime beaucoup, et un des rares trucs de fantasy de la fin des années 90 à ne pas avoir été immédiatement ringardisé par la sortie des Seigneur des Anneaux à parti de 2001.   Et là, hier, ça a été Aliens . La plateforme avait la version courte, celle sortie initialement au cinéma, que je n'avais pas revue depuis... allez, on va dire une trentaine d'années. Et mon dernier visionnage de la version longue doit bien avoir quinze ans facile. De mémoire, j'avais remis le nez devant pour choper une citation de la VF dont j'avais besoin pour une trad. Marrant de revoir ce film dans son jus, et de noter à quel point il semble manquer quelque chose désormais : la référence à la fille de ...

Romulus et Rémus sont dans un vaisseau

 Comme il y a des domaines sur lesquels je suis toujours un poil à la bourre, j'ai enfin vu Alien : Romulus . J'avais eu l'intention d'y aller en salle, mais pour des problèmes d'emploi du temps, ça ne s'était pas fait. Et de toute façon, vous le savez si vous me lisez depuis longtemps, j'avais signé l'avis de décès de la licence Alien il y a déjà quelques années. Bon, hier soir, après avoir passé quelques heures en recherches perso sur des sujets obscurs (le proto-canon paulinien de Marcion, ça vous parle ? Probablement pas), je me suis calé devant la télé, et en fouillant dans les menus des plateformes, je suis tombé sur Romulus et je me suis dit : allez. Y a quinze jours, en faisant la même démarche, j'étais tombé sur le documentaire de Werner Herzog sur Bokassa. Pas exactement le même délire. Je ne m'attendais pas à grand-chose. J'avais vu passer des critiques pas très sympa. Ceci dit, les bandes annonces m'avaient fait envie : décor...

Plus près d'Ator

J'avais entendu pis que pendre des films Alien versus Predator . Ce qui me chagrinait, je dois bien le dire, tant j'avais pu apprécier les comics que j'avais pu lire sur le sujet, et le jeu vidéo avec lequel je m'étais bien amusé en mon temps (ah, les bastons en réseau dans le métro ou dans l'immeuble de bureaux, c'était de la balle) (et de la grenade, aussi) (et de la griffe) (et du laser). J'appréciait trop la saga Alien , et les films Predator *, pour vouloir tenter ces films dont on ne me disait qu'ils n'étaient pas au niveau de leurs modèles. Et la façon dont Prometheus démontrait avec brio (ou plutôt, justement, avec une formidable absence d'icelui) qu'on pouvait très facilement bousiller cet univers m'avait convaincu qu'il valait peut-être mieux ne pas insister, et que la dernière incarnation valable sur grand écran des bestioles était probablement Pitch Black . Et puis du coup j'avais pas tenté de les voir, les AvP. ...