Accéder au contenu principal

Boulangeries circassiennes

En fait, je crois avoir mis le doigt sur une espèce de dénominateur commun dans pas mal de trucs qui me gonflent. Les antivax, bien sûr, mais plus globalement une espèce d'état d'esprit sectaire qui se répand. Et si c'est si dur à déraciner, c'est qu'en fait, c'est basé sur un machin vraiment fondamental.

La clé du truc, c'est la notion de souillure ontologique. Et c'est un machin tellement basique, qui fait tellement parti de nos codes de représentations du monde, qu'on le le voit même plus.

De quoi est-ce qu'on cause ?

Tout simplement de la vieille distinction pur/impur. La viande impure qu'il ne faut pas manger. La jeune fille censée rester pure jusqu'au mariage. Le vêtement blanc (pour le mariage en question, par exemple, mais pas que). Le corps qui "est un temple qu'il convient de respecter". Les prescriptions rituelles diverses (changeante selon les religions) qui se parent d'une apparence hygiéniste, comme le rasage des prêtres égyptiens, le lavage des mains "jusqu'au coude" des Pharisiens, les manières de manger, de pisser ou de faire ses ablutions dans diverses religions.

De la même manière que les anciens délimitaient la ville et le pays à l'aide de rituels (c'est très bien documenté pour Rome, avec le sillon inviolable, par exemple), séparant l'ordre d'une société du chaos de l'extérieur, le rite et la prescription rituelle séparent le pur et l'impur, le licite et l'illicite dans quasiment toutes les religions connues. La forme la plus extrême est représentée par certains tabous (on met à mort ceux qui ont vu telle ou telle chose, soit qu'elle souille irrémédiablement celui qui la regarde, soit au contraire que le regard de l'homme souille l'espace sacré qu'elle délimite).

La forme forte de cette logique, dans nos sociétés sécularisées, est bien évidemment représentée par l'Islam, dont la visibilité réinjecte ces notions dans l'espace public et les rend à nouveau évidentes, mais elles ne lui sont pas spécifiques. Les prescriptions du Judaïsme sont de même nature et, quand elles sont appliquées de façon littérales, encore plus complexes. Et si elles s'expriment de façon plus symboliques dans le christianisme contemporain, le fait de se couvrir ou de se découvrir (selon le sexe) à l'église est du même ordre. Le baptême, d'ailleurs, est à l'origine une façon de se laver d'une souillure fondamentale, celle du péché originel.

Même si certaines prescriptions de ce genre peuvent avoir des raisons pratiques (il a beaucoup été écrit sur les raisons de la prohibition du porc, ou de la vache sacrée, et j'avais du causer ici même de l'intéressant cas du cheval dans le Nord de l'Europe, lié à une raison religieuse assez rigolote), et si la notion d'impureté renvoie de toute façon à des processus fondamentaux de la vie humaine (grosso modo, le fait que maman se fâche tout rouge si bébé mange son caca, et le fait qu'il apprenne très vite à ne plus le faire, de même que le gamin de trois ans apprends que "les baies rouges de la haie sur le chemin de l'école, faut même pas y toucher c'est poison"), l'articulation de ces distinction entre pur et impur, dès lors qu'elle est essentialisée, ne repose plus sur rien de rationnel. On est dans la transmission culturelle pure, avec un couvercle sacré pour verrouiller le tout. Dès lors que la pureté est un objectif fondamental, mais quasi impossible à atteindre, et que la souillure est partout, on vit dans un monde dont les codes ne sont pas si différents que ça de ceux de la paranoïa*.

Mais n'allons pas croire que nos sociétés modernes soient à l'abri de ça. La forme technologique et sécularisée, c'est par exemple la chasse au téton automatisée sur facebook. Pour "protéger la sensibilité", on va censurer Delacroix (et je ne parle même pas de Courbet, hein), mais il s'agit bien de protéger le regard d'une souillure perçue. C'est aussi le poil perçu comme "sale", et sa suppression sous prétexte d'hygiène (et les médecins pestent contre la mode de l'épilation intégrale de la foufoune, qui justement est un contresens sur le plan de l'hygiène, et on en revient directement à l'irrationalité de ce genre de représentations).

Ce qui est intéressant, c'est que la découverte des microbes a complètement changé les choses. En désignant un phénomène précis, mesurable, visible (avec un microscope), on a radicalement désessentialisé la notion de souillure. Alors pour beaucoup, symboliquement, ça ne change pas grand-chose. Il n'y a pas de différence fondamentale entre "c'est dégueulasse" et "c'est comme ça qu'on attrape des microbes". Dans l'usage courant, c'est quasiment interchangeable. Mais le "corps étranger qui souille", il est devenu rationnel. Et ça change tout. Oh, pas totalement rationnel, il suffit de voir les gens qui souffrent de microphobie (c'était le cas d'Howard Hughes, sur la fin), nonobstant le fait que des tas de microbes sont inoffensifs, d'autres sont même utiles, et que les vrais pathogènes ne représentent, dans le tas, qu'une infime minorité. On sait aussi que vouloir se débarrasser radicalement des microbes peut conduire à des effets de sélection darwinienne redoutables (ce qui nous rapproche des paradoxes irrationnels évoqués plus haut).

Si la "souillure" devient affaire de petites bébêtes et que la maladie est un problème d'hygiène de vie et non plus de punition divine, ça bouleverse radicalement le paysage. La non rationalité (attention, là je n'emploie pas le terme dans un sens péjoratif) des autres distinctions pur/impur apparaît. Elles sont mises en lumière comme des constructions sociales. La première solution (en dehors de leur rejet pur et simple, et donc d'une sécularisation totale) peut consister à les accepter comme relevant d'un autre ordre. Il y a l'hygiène du corps d'un côté, et celle de l'âme de l'autre. C'est un peu le même principe que la distinction que le pape proposait à Stephen Hawking : "après le Big Bang, c'est pour vous, mais l'avant, vous nous ne laissez" (je paraphrase).

Le problème, c'est que cette gymnastique, cette double modalité, n'est pas du goût de tout le monde. Alors, au-delà de la position médiane que j'évoquais, il y a bien sûr tout un spectre. Mais dans les versions les plus extrêmes, cela revient à un rejet général de tout ce qui renvoie au "matérialisme". Et là, l'essentialisme on est en plein dedans. Le jugement de valeur est la seule modalité de rapport à l'extérieur. Et l'on peut voir dans certains cas extrêmes refleurir des théories selon lesquelles les microbes n'ont rien à voir avec la maladie. Sans revenir dessus, c'est le sens de formules du genre "l'homéopathie soigne un malade, pas une maladie" (ce qui est assez logique, puisque les bases conceptuelles de l'homéopathie datent d'avant la mise en évidence du rôle pathogène des microbes). Dans un tel contexte, il n'est guère étonnant de voir la vaccination cristalliser tous les fantasmes. Le registre de vocabulaire utilisé, la "soupe purulente", par exemple, indique bien que ce qui est en jeu, c'est cette notion de s'injecter ce qui est vécu comme une souillure. Et si la souillure est vue non pas comme quelque chose de transitoire, mais quelque chose d'essentiel, de contraire à l'ordre divin, vous voyez d'ici le tableau. Une vidéo récente (mise en ligne par une affabulatrice notoire, dont les fantasmes dégueulasses ont failli briser des carrières d'enseignants) délirait copieusement sur des histoires de cellules de singe et de porc.

Attention, je ne dis pas que tous les antivax soient de cette pâte, au service d'un réarmement des calotins de toutes obédiences. Il y a, dans le tas, des gens normaux que l'agitation a conduit à s'inquiéter. Et les marchands de peur vous le dirons tous : la peur est mauvaise conseillère, elle conduit à des réactions irrationnelles, viscérales. C'est la vieille histoire des gens qui ont plus peur de se baigner dans la mer à cause des requins que de traverser la rue (or, les accidents de la route tuent en une journée, rien qu'en France, autant de gens que les requins dans le monde entier en un an). Ce sont les mesures antiterroristes qui conduisent à créer des mouvement de foules compactes, et donc vulnérables, aux points de contrôle là où la circulation était auparavant à peu près fluide. Et ainsi de suite, je ne vous fais pas un dessin. Paradoxes de l'irrationalité.

Nous vivons à l'ère des marchands de peur. Et la peur, outre le fait qu'elle n'empêche pas le danger, peut même le produire. C'est précisément ce qui se passe avec ces histoires de paniques entretenues autour des vaccins (il faudrait rappeler à tous ces braves gens que la mise en danger de la vie d'autrui est un délit grave), et ce qui se profile derrière a un côté inquiétant : un délitement du discours rationnel, pour le remplacer à nouveau par des dogmes poussiéreux instrumentalisé par des gourous, marchands d'indulgences et de bagues magiques et autres directeurs de conscience. Le vrai problème est là, même pas dans les vaccins ou les histoires de terre plate (oui, les platistes les plus hardcore laissent transparaître leurs préoccupations religieuses) et de dinosaures qui étaient plus petits parce que la terre a gonflé entre temps ou de Peste de Justinien qui était en fait la même que la Peste Noire de 1347 (je vous jure, quand on va y voir, y a des théories hallucinantes). (et tous ces gens se sentent salis quand on leur balance des contre-arguments solides. ils n'iront pas se salir en allant essayer de comprendre les raisonnements à la base des choses)

Par certains côté, c'est quand même une version particulièrement perverse du pain et des jeux, tout ça. De fausses polémiques sur lesquelles pas mal de gens gaspillent une énergie et un temps de cerveau considérables. Au lieu de s'occuper de vrais problèmes.





*Et c'est précisément ce qu'on retrouve dans les milieux sectaires, ou toute "influence extérieure" est vécue comme une souillure, on l'a encore vu tout dernièrement avec ces enquêtes sur les écoles privées hors contrat des intégristes catholiques.

Commentaires

Alex Nikolavitch a dit…
Un truc dont j'aurais pu parler plus avant, c'était de l'essentialisation de la "race", de la "nation" ou de tout autre groupe communautaire du même ordre. cela conduit aussi à la peur de la souillure, qu'on voit dans les discours sur les ingérences étrangères, la peur de l'autre, le racisme. fondamentalement, ça reste exactement la même démarche. (et il est à noter qu'une bonne partie des hoax sur la vaccination sont relayés par des milieux de ce genre)

Posts les plus consultés de ce blog

JC et ses doubles (Double Ellis, deuxième partie)

Hop, deuxième article sur Ellis, légèrement mis à jour par rapport à la version publiée en 2008. Alan Moore ne le savait probablement pas à l'époque, mais quand il créa John Constantine dans les pages de Swamp Thing, au milieu des années 80, il avait introduit dans la psyché collective plus que le simple irritant, l'aiguillon motivateur que ce personnage était à l'origine. John Constantine s'est rapidement imposé comme un nouvel archétype hantant nos illustrés favoris. Et cet archétype hante particulièrement, depuis, l'œuvre d'un certain Warren Ellis, mutant à mesure, s'amalgamant, évoluant et revenant sur lui-même au point de s'offrir brièvement à l'auteur dans sa propre série. Warren Ellis a écrit Hellblazer, la série consacrée au personnage. Ce run, fort méritoire et plein de qualités, n'a pourtant pas marqué durablement la série comme un de ses points hauts. Il n'aura pas eu l'impact dévastateur de celui de Garth Ennis. Il n...

Space jesuit ecolo on the run !

Dans mon rêve de cette nuit, j'étais un Jésuite de l'espace chargé d'étudier l'écologie d'une planète nouvellement découverte. Sauf que des colons avaient accidentellement introduit des espèces terriennes et étaient en train de bousiller l'écosystème, du coup. Au camp de base numéro 4, je me souviens distinctement avoir expliqué à un cosmonaute "les charmes et les lapins se sont magnifiquement adaptés, hélas". Le tout dans un décor insolite et grandiose de forêt extraterrestre dont des morceaux commençaient de plus en plus à ressembler au bois de Meudon, me demandez pas pourquoi. Le truc, c'est qu'en me réveillant, il me semble que cette histoire de jésuite écolo n'est pas qu'une production enfiévrée de mon esprit malade. Il me semble avoir lu un roman de SF dans le genre. J'ai de bons souvenirs du Cas de Conscience de James Blish, du père Carmody créé par P.J. Farmer,et il y a des jésuites dans Hypérion de Dan Simmons. Je précis...

Zéros sociaux

Ça fait déjà quelques temps que je reçois au moins une fois par semaine un mail m'avertissant que telle ou telle personne de mon entourage veut m'inviter sur un service internet que, par commodité et pour ne pas le nommer, j'appellerai Fesse-de-Bouc. Bien entendu, pour ne serait-ce que voir le profil de la personne invitante, il faut se connecter au site, et pour ça, créer un compte. Donc impossible de savoir à quoi on s'inscrit exactement sans s'inscrire. C'est quand même redoutablement vicieux, comme système. Alors d'accord, vous allez me dire que, gagna, Fesse-de-Bouc, c'est gratuit, blabla, que ça n'engage à rien, tralala, etc...) Mais avant de mettre mon nom et mes coordonnées dans un truc (et rappelons que, de nos jours, un nom et des coordonnées, ça vaut de l'argent, c'est pour ça que tous les formulaires d'inscription sur internet sont censés être munis d'une case interdisant de monnayer les informations de ce type), j'aim...

Seul au monde, Kane ?

Puisque c'est samedi, autant poursuivre dans le thème. C'est samedi, alors c'est Robert E. Howard. Au cinéma. Et donc, dans les récentes howarderies, il manquait à mon tableau de chasse le Solomon Kane , dont je n'avais chopé que vingt minutes lors d'un passage télé, vingt minutes qui ne m'avaient pas favorablement impressionné. Et puis là, je me suis dit "soyons fou, après tout j'ai été exhumer Kull avec Kevin Sorbo , donc je suis vacciné". Et donc, j'ai vu Solomon Kane en entier. En terme de rendu, c'est loin d'être honteux Mais resituons un peu. Le personnage emblématique de Robert Howard, c'est Conan. Conan le barbare, le voleur, le pirate, le fêtard, le bon vivant, devenu roi de ses propres mains, celui qui foule de ses sandales les trônes de la terre, un homme aux mélancolies aussi démesurées que ses joies. Un personnage bigger than life, jouisseur, assez amoral, mais tellement sympathique. Conan, quoi. L'autre...

Fly, fly, fly !

Hop, au passage, la couverture de Fly me to the moon , à paraître au printemps chez La Cafetière, sous les crayons du toujours excellent Marc Botta (avec lequel j'avais déjà créé La Dernière Cigarette , chez le même éditeur), et sur un scénario de vous devinez qui. Et si vous ne devinez pas, vous voyez la porte, là ? C'est pour vous. Hop. Et au passage, n'hésitez pas à aller faire un tour là . C'est un autre blog qui vous tiendra au courant de l'avancement d'un autre de mes projets en cours. Par Crom !

Amour du travail bien fait

Il y a des jours où j'aime bien être moi. Si si, ça m'arrive. Et c'est grâce au merveilleux métier que je fais. Parce que, quand un personnage s'appelle "Strapon", en VO, moi j'ai le droit de le traduire par "Saint Turgod" en VF. Juste parce que c'est dans The Boys* , et que dans The Boys , à peu près tout est possible (alors que ça n'aurait probablement pas été faisable dans Spider-man ou Mickey Mouse). Et pour bien prouver que tout est possible, tenez, j'ai aussi collé une citation de Dan Ackroyd, par exemple, dans le même album. Ami lecteur, sauras-tu la débusquer ? * Un extraordinaire comic book par Garth Ennis, avec des super-slips et bien d'autres choses encore. Mais n'ouvrez pas les albums de The Boys si vous n'avez qu'une tolérance limitée aux gros mots, gags graveleux, ex tankistes soviétiques majeurement membrés, scènes d'éviscération, psychopathes en tout genre et autres joyeusetés d'une gra...

Les chiffres, on leur fait dire ce qu'on veut

Ça me fait toujours marrer quand on sort une statistique pour prétendre savoir ce que pensent "les Français". Déjà, la stat ne reflète que la pensée de la majorité. Et tout dépend de la façon dont on pose les questions du sondage. Là, je viens de lire (c'était sur le site du Monde ) un article expliquant que les apéros géants n'avaient pas la faveur des Français, sous prétexte que 85 % des sondés n'avaient pas l'intention d'y participer. J'aimerais, du coup, qu'on me sorte les stats des choses qui ont la cote. Genre Rolland Garros, quel pourcentage de Français a l'intention d'y aller un jour ? à mon avis, 95 % des gens n'iront jamais s'y assoir. Pour les matches de foot à voir en vrai, les gens qui aiment aller au stade, ça représente quel pourcentage de la population ? Et tous ces gens qui se gargarisent du fait que les français les aiment ? Quel est le pourcentage de Français qui n'a lu aucun livre de Marc Levy et qui n'a ...

En fait, je me demande si je suis pas plus heureux dans mon bunker

Tout avait pourtant bien commencé. Comme ça m'arrive de temps à autres, il avait fallu que je me rende sur Paris. J'avais des papiers à poser chez un éditeur, une réunion de calage avec un coauteur pour affiner des trucs sur un bouquin, et entre les deux, je déjeunais avec un collègue scénariste. L'éditeur, je bosse depuis des années avec sans souci. Donc de ce côté là, aucun problème. Le coauteur, on s'entend bien, on veut vraiment assurer sur le bouquin, on a avancé. Donc là, aucun problème non plus. Le collègue, très sympa, en plus le petit restaurant faisait un saint Marcelin pané qui était juste une tuerie, et un rôti de porc miel et romarin qui relevait de la pure poésie gustative. Donc franchement, que demander de plus ? Hein ? Elle était quand même plutôt positive, la journée. Mais ça impliquait de crapahuter dans Paris en croisant des gens. Et ça, ça devient de plus en plus dur. Déjà, on croise Guillaume Musso avec son pull à capuche de jeune (ou de fan...

Mutant !

Tiens, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas fendu d'une rediff de vieil article. Celui-ci est sorti dans le n°18 de Fiction (nouvelle formule) vers 2013 (déjà) et était consacré à la figure classique du Mutant. Extrait d'un Mechanics Illustrated (Notons que c'est la première fois que Wolverine se fait allumer par Cyclope, bien avant la création des deux personnages) Le Mutant En cette époque où Fukushima et autres fuites radioactives conduisent à repenser radicalement la pêche, l’agriculture et la notion même de comestible, et où de grandes multinationales réécrivent le génome de bêtes grains de maïs qui finissent dans nos assiettes, ce terme inquiétant pourrait redevenir d’actualité. Mais actualité ne veut pas dire nouveauté. Car le mutant a été très tôt un des concepts clés de la science-fiction, même s’il n’était pas forcément nommé dès le départ (et même si la science-fiction elle-même ne portait pas encore de nom à l’époque). L’épouv...

Star Turc

Poursuivant mon exploration nonchalante des séries Z les plus improbables de la galaxie, je me suis enfin confronté à Turist Ömer Uzay Yolunda , le célébrissime Star Trek turc. Autant le dire tout de suite, c'est moins extrême dans le résultat que le Star Wars turc , mais ça reste un opus assez aberrant pour mériter d'être étudié en détail.      Kapitan Kirk dans : Les Dents de l'Espaaaace ! Il faut savoir que le Turist Ömer du titre (doit-on traduire ça par "Homère le Touriste" ? Personnellement, je ne m'y risquerai pas, mais si ça vous fait marrer, libre à vous, hein.) est un personnage comique récurrent du cinéma turc, vivant des aventures improbables aux quatre coins du monde (voire ici de l'univers). L'acteur, Sadri Alisik, est un de ces galériens du cinéma turc, qui a pas mal de films à son actif, y compris des drames, et ce qui semble être un Lucky Luke turc ( Atini seven kovboy ), à moins que ce ne soit une version gaguesque des Sep...