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Articles

Ïa ! Ïa !

Le terrible séisme qui a frappé le Pakistan a eu une conséquence étonnante : au large du port de Gwadar, c'est une île qui a émergé, de plusieurs centaines de mètres de long et de vingt mètres de hauteur. On imagine bien les algues luisantes, les pierres fleurant bon la vase des profondeurs, les flaques où clapotent encore des créatures étranges arrachées aux grands fonds. Des gens sont allés y voir. Et moi je leur dirais bien "n'y allez pas, malheureux ! fous !" Mais en fait, je n'ai qu'une chose à dire. Et c'est : "Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn".

Des nazes à la Nasa ?

Le secteur spatial entame depuis quelques années sa privatisation. En plus des énormes agences étatiques, des entreprises privées (mais pas encore d'USS entreprise) se lancent dans la construction et le déploiement de vaisseaux spatiaux, avec en ligne de mire, des vols habités, voire des vols touristiques. Hoc cygno non vince, pour l'instant Fatalement, vu les modes managériales actuelles, il n'a pas fallu attendre longtemps pour qu'apparaisse la sous-traitance dans ce secteur. Et c'est ainsi que la Nasa a demandé à une entreprise privée, Orbital Science, d'assurer un vol de ravitaillement vers la station spatiale internationale avec une capsule automatisée. L'arrimage de Cygnus à l'ISS devait avoir lieu aujourd'hui. En cause, je cite : "l'incompatibilité entre les formats de données des systèmes de navigation respectifs de l'ISS et de Cygnus". Et là, je me dis... Le cahier des charges n'a pas été transmis ? La compati...

In ze niouzes toudé

Tiens, en lisant le journal, j'ai vu qu'il y avait eu une condamnation hier pour un appel au boycott. Ce qui m'a conduit à m'interroger : comment caractériser un appel au boycott, quand le consommateur a le droit d'acheter ou de ne pas acheter ce qu'il veut (si le consommateur se retrouve obligé d'acheter ce qu'il ne veut pas, ça s'appelle la vente forcée et ça tombe aussi sous le coup de la loi). Et de fait, comme souvent dans ces cas-là où deux principes se heurtent de front, l'affaire est compliquée. De fait, visiblement, l'appel au boycott ne relève pas, ou pas que de la liberté d'expression. Dans le cas de la condamnation d'hier, l'appel était ciblé sur un pays, et les gens qui appelaient au boycott ont envahi une grande surface pour coller sur les produits des étiquettes appelant à les boycotter (ou le coup des étiquettes, c'est une autre affaire, j'ai lu distraitement la dépêche en diagonale, ce n'est que le...

L'occasion fait le luron

Il arrive que, quand je traduis un truc encré par John Tartaglione et qu'il est crédité "John Tartag" (sans doute parce que le lettreur avait une crise de flemme ce jour-là), j'ai une envie irrépressible, au lieu de mettre "John Tartag : encrage", d'écrire "John Tartag : Heulalarécré". C'est une pulsion viscérale contre laquelle je lutte à chaque fois (bon, pas souvent, parce que Tartaglione, c'est un encreur des années 70-80, donc je ne traduis son boulot que quand on me confie des rééditions de vieilleries) et c'est dans ces moments-là que je me dis qu'on est bien peu de choses, et aussi que je ne suis plus assez suicidaire pour me livrer à ce genre de petits jeux traductifs (en fait, si, mais de façon plus discrète*). J'ai peur que mes éditeurs me fassent les gros yeux. Il était arrivé, comme ça, dans un épisode de Star Wars où les héros cherchaient Chewbacca, que je glisse un "il était où, hein, le Wookie ?...

Voyages, voyages

On s'en doutait depuis quelques temps, mais les nouvelles analyses des mesures transmises par la sonde Voyager 1 sont formelles : ce bidule bardé d'antennes lancé il y a des décennies a quitté le système solaire et s'aventure dans l'espace interstellaire, là où la main de l'homme n'avait jamais mis le pied, tel l'USS. Enterprise moyen. Et puisqu'on en parle, si vous vous rappelez bien, dans le vieux film Star Trek (le célèbre "not in motion picture"), c'est une sonde Voyager qui revient des profondeurs intersidérales pour nous péter la gueule. On se rappelle aussi que l'appareil embarque avec lui un message de l'humanité à nos frères d'outre-espace, aussi tentaculaires et globuleux soient-ils parfois. Pour mémoire, je vous remontre à quoi ça ressemblait : Ce disque d'or est intéressant à plus d'un titre. Déjà, j'espère que les extraterrestres sont mieux équipés que nous. Parce que de nos jours, ce genre de ...

Et bateau, il vécut ce que vivent les bateaux...

Tiens, en cherchant tout à fait autre chose, je suis tombé là-dessus : http://www.boreally.org/industrie-abandon/casse-peniche-conflans-sainte-honorine/ Le site d'un photographe fan de vieux trucs rouillés, et qui est allé photographier une vieille casse qui se trouve à quelques encablures de chez moi. J'avais moi-même voulu y faire un tour en mon temps (notamment quand il y avait le sous-marin), mais le côté acariâtre du proprio m'avait dissuadé d'approcher pour prendre des photos. Et puis le truc a été abandonné, puis vidé. Et maintenant il n'y a plus grand-chose à voir. J'en profite pour vous balancer quelques une des photos du gars, mais allez voir son site, y a plein de trucs super dans le genre.

un peu de rigueur !

Dans mon rêve de cette nuit, j'allais faire un tour au sauna. C'était un endroit assez moderne, avec piscine, bains à bulles, centre de remise en forme, bains de vapeur et buvette. C'était propre, familial, sympa. Seule particularité notable, le service était assuré par des zombies. D'authentique morts-vivants plus ou moins esquintés. Très courtois et professionnels, hein, tendant la serviette ou la savonnette sans qu'on leur demande et tout. Mais zombies néanmoins. L'un d'entre eux avait mis mes affaires au casier et rapporté une clé. Après une douche et un bain de vapeur, j'étais revenu chercher un truc resté dans ma poche (je ne me souviens plus de ce que c'était, juste que c'était légèrement absurde à avoir avec soi au bain de vapeur, genre bouquin, ordinateur, cornet de glace, sandwich thon mayonnaise ou que sais-je encore). Manque de chance, le préposé zombie n'était pas présent (moi qui croyait que ces gens-là n'avaient pas besoi...

Hoc signo vinces

Il peut arriver parfois que, sous l'influence par exemple de lectures édifiantes, je puisse être tenté de raccrocher les éperons de mon agnosticisme viscéral à la patère d'un regard plus théiste sur les choses, que je puisse avoir des envies de grâce divine, de retour à la croyance et à la foi, une sorte de besoin impérieux d'élévation vers le sacré comme d'autres ont des pulsions les conduisant à se flinguer un pot de Nutella à la cuiller à soupe. Là, par exemple, ayant finit sur un banc public délicieusement ombragé la lecture (la relecture, d'ailleurs) de  L'Anneau du pêcheur * , très beau roman de Jean Raspail j'étais, en repartant, frappé d'une sorte de pulsion franciscaine d'amour du très haut et du prochain, et j'avançais sur un nuage et dans la rue vers un rendez-vous de boulot. (J'avais un peu d'avance du fait des horaires d'été du RER, c'est pour ça que j'avais profité d'un instant pour aller me poser sur un ba...

C'est un dur labeur que celui du traducteur

Après quelques jours de repos plus que mérité, j'ai remis l'ouvrage sur le métier. Au menu, de la vieillerie, et par coïncidence, deux vieilleries que j'avais lues en mon jeune temps, quand j'étais plus petit, avec plus de cheveux et moins de poil. Et donc, deux histoires qu'on me demande de retraduire à présent. La première, c'est Mickey et l'Atombrella , un classique avec Iga Biva et un chapeau aussi ridicule qu'antinucléaire, dont je garde un excellent souvenir d'une lecture par épisodes, un été lointain sur les bords de la Loire, dans le Journal de Mickey. Le méchant qui tente de s'emparer du chapeau est le Rhyming Man, un espion qui parle en rimes*. En VF d'époque, il s'appelait Alex Handrin. Dès lors, ma conscience professionnelle me confronte à un délicat problème : si j'ai l'habitude de traduire des personnages rimeurs (je me suis frotté par exemple à plusieurs reprises à la versification d'Etrigan le Démon), je me d...

In ze méleboxe

Tiens, je viens de recevoir le numéro 17 de la revue Fiction , deuxième représentant de la nouvelle formule, plus compact (et légèrement plus austère dans sa maquette). Bel objet (j'apprécie particulièrement la texture de la couverture, on sent qu'on s'amuse beaucoup avec ce genre de choses, chez les Moutons, voir la très dérangeante sensation que couverture de la réimpression de Zombies , qui colle parfaitement au thème, pour le coup. Pour la petite histoire, la revue comprend un petit texte signé de ma pomme expliquant ma perception et mon interprétation de la SF, et de sa pertinence en tant que genre. C'est pas forcément très original, mais pour un numéro fêtant les 60 ans de la revue, c'était le genre de truc qui faisait sens (et c'est là que je m'aperçois avec horreur que ma précédente participation à Fiction remonte à 2005, ce qui ne rajeunit personne). C'est le numéro d'automne, alors je ne sais pas exactement quand il sera mis en vente. S...

Power of the Potemkine !

Le fiston matait la cérémonie d'ouverture, ou de clôture, ou de milieu, ou de je ne sais quoi d'un quelconque raout athlétistique qui avait lieu en Russie ces temps-ci. Et comme souvent dans ces cas-là, les organisateurs essayaient de convoquer de grands classiques de la culture locale. D'où extraits du Cuirassé Potemkine, le célébrissime film d'Eisenstein (si vous ne l'avez jamais vu, c'est libre de droits et dispo sur Youtube et Internet Archive) sur une musique de Prokofiev. Rien de bien surprenant. Et il y avait aussi des chorégraphies. Et là, j'ignore si les organisateurs de ce genre de cérémonies ont le sens de l'ironie, surtout en Russie. Je vais donc supposer que l'ironie profonde de ce que j'ai vu était parfaitement involontaire. Parce que nos braves danseurs ont pénétré sur le stade en portant sur leurs épaules un énorme cuirassé Potemkine gonflable. Un Potemkine bidon. Un Potemkine Potemkine, un Potemkine au carré, en quelque sorte. ...

Alimentaire, mon cher Watson

Parfois, pour raconter une histoire à la petite, le soir, quand on n'est pas inspiré, on tape dans les vieux cartons de bouquins et on y ramasse un vieux recueil d'historiettes estampillées Disney datant de pfou... Genre du temps où c'était nous, le petit. Et on pioche une histoire au pif, genre Mickey et Dingo cow-boys, et on commence à la lire en faisant des bruitages, des effets de voix et tout ce qui rend le truc rigolo. Et puis pouf, le traducteur se réveille et cale sur un machin idiot. Il finit certes de lire le récit de quelques pages, mais sur un ton un peu plus monocorde, tant la lecture est renvoyée en tache de fond pendant que le reste du cerveau est monopolisé par l'analyse du phénomène. Car dans l'histoire, Mickey et Dingo ont mis la main sur une cargaison de "blé turc". Et ils se débarrassent de bandits en jetant au feu un sac de la céréale en question, parce que du coup ça crépite au point de faire un bruit de fusillade. Le bouquin en...