Accéder au contenu principal

Vitesse de distorsion maximale, Scotty !

 On se demande parfois à quoi servent les versants les plus spéculatifs de la science, notamment de la physique. C'est une question à laquelle toute réponse de ma part serait bien trop longue pour avoir sa place ici. Mais...


Mais des recherches très théoriques et très spéculatives peuvent parfois mener à d'autres recherches bien plus concrètes mais... tout aussi spéculatives, en vrai.

Mon sujet du jour, ce sont les aliens. On sait qu'ils doivent exister quelque part, c'est une question de statistique. Je vais pas revenir ici sur l'équation de Drake, qui tente de calculer la probabilité de présence d'une civilisation extraterrestre dans notre galaxie (mais les découvertes successives d'exoplanètes "habitables" permettent d'en préciser les termes) ni sur le paradoxe de Fermi, qui revient à se demander "mais si ils sont quelque part, où qu'ils sont, en vrai?" (je paraphrase) (il existe certaines solutions au paradoxe de Fermi qui sont terrifiantes, d'ailleurs, mais c'est un autre problème).

Depuis des décennies, on a envoyé des bouteilles à la mer, du message d'Arecibo envoyé en direction de l'Amas d'Hercule aux diverses plaques vissées sur les sondes Pioneer et Voyager. Personne n'a encore à ce jour ni reçu ces invitations, ni répondu. Mais on cherche. De l'analyse poussée des signaux collectés par les radioastronomes, avec notamment le programme SETI (vous avez peut-être eu les économiseurs d'écrans qui servaient à en traiter les données) aux résultats du télescope James Webb indiquant des molécules liées à la vie dans l'atmosphère de monde lointains, on cherche même très fort.

Mais deux pistes un peu perchées s'avèrent prometteuses.

La première, c'est la recherche de sphères de Dyson, ces coquilles géantes permettant de capter toute l'énergie solaire d'une étoile, avec un rendement bien plus énorme que les panneaux photovoltaïques vissés sur les toits. Bien sûr, nous ne sommes absolument pas capables de monter un bidule pareil, mais une civilisation très avancée pourrait. Or, si ça existait quelque part dans la galaxie, ça se verrait. Ou en fait non, ça ne se verrait pas, puisque l'étoile serait totalement occultée. Mais la sphère finirait fatalement par rendre une partie de l'énergie sous forme d'infrarouges. Et ça, on sait capter. On sait même calculer ce que ça donnerait exactement. On a donc un outil théorique permettant d'identifier des sources infrarouges ponctuelles en l'absence d'une source lumineuse. C'est aussi simple que ça.


On a donc cherché à l'aide de télescopes à infrarouges, et... On a trouvé pas moins de sept candidats ! Bon, si ça se trouve, plein d'autres phénomènes peuvent expliquer ces sources, mais on va aller y regarde de plus près, sait-on jamais.

L'autre moyen de découvrir des civilisation avancées, c'est de chercher leurs moteurs supraluminiques. Vous me direz, Einstein, tout ça tout ça, vitesse de la lumière, barrière infranchissable. Et vous auriez raison. Sauf que... Sauf qu'il existe des solutions aux équations de papy Albert permettant de contourner le truc. Un scientifique du nom de Miguel Alcubierre a imaginé un système permettant de générer une bulle locale d'espace-temps qui elle peut filer à n'importe quelle vitesse, avec éventuellement dedans un vaisseau. Bon, spoiler : c'est comme les sphères de Dyson, on sait pas fabriquer le bousin, ça demande de la matière ultradense et une forme d'énergie négative (voire de la masse négative ultradense) et... Si les équations ont des solutions pour de la masse/énergie négative, on n'a même aucune foutue idée de ce à quoi ça peut ressembler et de comment le manipuler. Mais on ne va pas chipoter sur de malencontreux détails. Nous on sait pas faire, mais peut-être que les aliens ont astucé le truc, allez savoir.

Toujours est-il que la métrique d'Alcubierre, c'est un truc bien bordé mathématiquement. Et que ça génère des ondes gravitationnelles, surtout quand le machin tombe en rade. Oui, oui, ils ont poussé le calcul aussi loin que ça. En tout cas, les ondes gravitationnelles, ça, on sait détecter. Reste à fabriquer un détecteur calé sur les fréquences prévues pour un moteur Alcubierre.

Bref, nous voilà désormais nantis de deux solutions élégantes pour repérer des aliens. Elle est pas belle, la vie extraterrestre ?


Bon, j'en profite pour signaler qu'aujourd'hui ressort mon essai sur l'imaginaire de la conquête spatiale, aux Moutons électriques (soutenez la maison ici) sous couverture du toujours excellent Melchior Ascaride.

Par ailleurs, le principe du moteur Alcubierre est peu ou prou le même que celui de ce que j'appelais le Propulseur Penrose dans Central Zéro, y a déjà une vingtaine d'années de ça, et dans Eschatôn, y a environ dix ans. Le fait que les deux bouquins partagent de tels éléments technologiques (et d'autres points de vocabulaire) n'est absolument pas innocent. Un jour, peut-être, tout cela pourra-t-il s'éclairer.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tombent les renards en feu

Ça faisait des années que j'utilisais et que je défendais Firefox, ce navigateur internet qui est le très lointain héritier de l'antédiluvien Netscape. L'outil était puissant, rapide, efficace, des lieux devant l'immonde Explorer. Mais depuis les mises à jour de cet été, tout déconne. Gestion du Java complètement aléatoire, persistances d'affichage anormales, perte de la prise en compte de balises HTML pourtant classiques... Et à chaque nouvelle mise à jour, je me prends à espérer que ces problèmes seront réglés, et à chaque nouvelle mise à jour, c'est pire. Tout se passe comme si la Mozilla Corporation, éditeur du logiciel, était devenue Microsoft de la grande époque. Firefox 6.0 sur Mac, c'est un merdier total. Et la version 5, sortie deux mois plus tôt, déconnait déjà dans les grandes largeurs. J'envisage très sérieusement de passer à un autre navigateur. Je n'aime pas ça : j'ai mes habitudes, mes paramétrages, mes kilos de signets, et il v...

Pollution sonore

Vous savez ce qu'il existe de pire que les télé-réalités où des gens superficiels essaient de faire de l'introspection sur leurs sentiments avec un vocabulaire que même un CRS trouverait pauvre ? Les mêmes, mais traduites. Là on touche au sublime. La télé-réalité c'est toujours un truc qui m'a mis mal à l'aise, même à l'époque de The Real World sur MTV, à une époque où la télé était dans la pièce où je bossais, et où je mettais en fond soit une chaîne info, soit MTV. C'était il y a plus de vingt ans et c'est la dernière période de ma vie où j'ai été vaguement à jour sur ce qui se faisait en termes de musique. Bon, l'arrivée de The Real World a plus ou moins coïncidé avec celle de la RnB et j'ai décroché de MTV, puis globalement de la télé. Je ne regarde quasi plus d'émissions classiques, seulement des films, des séries et des documentaires. Résultat des courses, je suis à la rue sur tous ces trucs. Mais parfois, notamment pendant les vac...

Sale année pour le futur

Entre Ray Bradbury qui a passé l'arme à gauche avant  les vacances, Roland C. Wagner mort plus tôt ce mois-ci et Neil Armstrong décédé hier soir, on peut dire que ça va mal pour le futur. Notre futur se meurt à mesure que ceux qui le rêvent ou l'incarnent tirent la révérence et se retrouvent enfermés dans un passé figé. Vous noterez que je n'inclus pas Steve Jobs dans les incarnations du futur. Le futur vendu par Jobs (et Zuckerberg et les autres de cet acabit), en fait, il ne m'intéresse pas tellement, je le considère même comme une escroquerie : l'iphone et fèces-bouc, ce n'est pas le futur, c'est le culte de l'immédiateté, c'est l'enfermement dans le présent, justement, avec juste un petit vernis technophile qui, sur le fond, était déjà moisi à l'époque du futurisme italien. C'est baisser la tête pour voir ses messages inutiles genre "je like" ou "kikoulol", alors que Ray Bradbury et Roland C. Wagner nous forçai...

C'est dans les vieilles soupes qu'on fait les meilleures lectures

C'est marrant, en ce moment, je me fais une cure de vieux bouquins, parfois en rééditions, parfois en exhumations de derrière mes étagères, ou en récupérations dans des bacs à vils prix. J'ai pourtant pas mal de trucs récents sur ma pile des "à lire", pile aux dimensions de plus en plus conséquentes, mais il y a des moments, comme ça. C'est une question d'humeur. Besoins de lectures à papa… Voire à grand-papa. J'ai fait une cure de Mickey Spillane, par exemple. C'est pas fin, vous me direz. C'est pas ce qu'on lui demande non plus, je vous répondrai. Là, c'était En quatrième vitesse , le premier Mike Hammer. Où l'on voit que Frank Miller a une dette importante (il ne s'en est jamais caché) envers Spillane. Ce ouiquainde, je suis en plein dans Seul contre la Légion , de Jack Williamson. Ça, c'est du bon vieux space opera pulpesque. C'est à peu près contemporain du cycle des Fulgur, de E.E. Doc Smith, pour situer. Bon, c'es...

Mangé aux mythes

Bon, je sue sang et eau pour finir dans les délais la rédaction de Mythe et Super-Héros , mon ouvrage à paraître chez les Moutons Electriques. Et puis je me suis avisé qu'il faudrait que je commence à réunir l'iconographie, aussi. Depuis ce matin, je scanne, je cherche, j'épluche. Et j'adore. Mais c'est du boulot, la vache, j'aurais pas cru à ce point.

Dédicaces et apparitions publiques

Tiens, je profite que vous êtes là pour vous signaler que je serai en dédicace samedi prochain toute la journée, le 13 Mars, au Leclerc d'Osny , en région parisienne, avec d'autres auteurs. Ils organisent un mini festival très sympathique, si vous êtes dans le coin, ça vaut le coup de passer. Et sinon Samedi 10 Avril à la Fnac des Halles, à 17 heures , j'anime un genre de Master Class avec Izu, pour parler de Crusades . Si vous avez envie d'entendre mes vaticinations en live, c'est le moment.

Tiens, ça faisait longtemps...

Que je n'avais pas mis en ligne un nouvel extrait du tome 2 de Crusades (La Porte d'Hermès, par Izu, Nikolavitch et Zhang Xiaoyu, mais ça vous le saviez probablement déjà). Voilà, c'est chose faite !

Seul au monde, Kane ?

Puisque c'est samedi, autant poursuivre dans le thème. C'est samedi, alors c'est Robert E. Howard. Au cinéma. Et donc, dans les récentes howarderies, il manquait à mon tableau de chasse le Solomon Kane , dont je n'avais chopé que vingt minutes lors d'un passage télé, vingt minutes qui ne m'avaient pas favorablement impressionné. Et puis là, je me suis dit "soyons fou, après tout j'ai été exhumer Kull avec Kevin Sorbo , donc je suis vacciné". Et donc, j'ai vu Solomon Kane en entier. En terme de rendu, c'est loin d'être honteux Mais resituons un peu. Le personnage emblématique de Robert Howard, c'est Conan. Conan le barbare, le voleur, le pirate, le fêtard, le bon vivant, devenu roi de ses propres mains, celui qui foule de ses sandales les trônes de la terre, un homme aux mélancolies aussi démesurées que ses joies. Un personnage bigger than life, jouisseur, assez amoral, mais tellement sympathique. Conan, quoi. L'autre...

Le super-saiyan irlandais

Il y a déjà eu, je crois, des commentateurs pour rapprocher le début de la saga Dragonball d'un célèbre roman chinois, le Voyage en Occident (ou Pérégrination vers l'Ouest ) source principale de la légende du roi des singes (ou du singe de pierre) (faudrait que les traducteurs du chinois se mettent d'accord, un de ces quatre). D'ailleurs, le héros des premiers Dragonball , Son Goku, tire son nom du singe présent dans le roman (en Jap, bien sûr, sinon c'est Sun Wu Kong) (et là, y aurait un parallèle à faire avec le « Roi Kong », mais c'est pas le propos du jour), et Toriyama, l'auteur du manga, ne s'est jamais caché de la référence (qu'il avait peut-être été piocher chez Tezuka, auteur en son temps d'une Légende de Songoku ).    Le roi des singes, encore en toute innocence. Mais l'histoire est connue : rapidement, le côté initiatique des aventures du jeune Son Goku disparaît, après l'apparition du premier dr...

Axe pour homme

Ça doit être le thème de la saison, mais après avoir profité de mes transports et de ma tablette pour me regarder le récent Conan avec Jason Momoa, je viens de regarder Kull le Conquérant , avec Kevin Sorbo. Kevin sort beau. Ou pas. Alors oui, je sais, à ce stade, ça ne pouvait que s'apparenter à une forme particulièrement perverse de masochisme. Et, de fait, il y a un peu de ça, je l'admets. Alors déjà, re situons un peu le contexte. Kull date de la fin des années 90, au moment où Kevin Sorgho, auréolé de sa performance sur la série Hercule , décide de passer au grand écran pour se faire du blé. Il intègre donc le casting de King Conan , qui aurait dû être le troisième volet de la série commencée avec notre Schwarzennator préféré. Sauf que notre héros voit venir le piège. Il préfère ne pas être comparé à Arnold. Et donc, le script de King Conan , librement adapté du roman L'heure du Dragon , est prestement transformé en un scénario de King Kull . L'Aqui...