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Make king off

C'est très curieux, ces phases d'écriture où l'on avance par soustraction. Pour faire avancer un roman, on taille dedans, on vire des trucs, on supprime. Alors on ne met pas ça à la poubelle, hein. En tout cas, je ne procède pas comme ça. Mais on colle toutes les parties ôtées dans un fichier de notes auquel on sait qu'il est peu probable qu'on retouche un jour. Même les morceaux qu'on pourrait être tenté de remettre ailleurs, on a tendance à les réécrire en profondeur auparavant.

Une fois ces prélèvements effectués et les cicatrices recousues, on peut se remettre à avancer, à tomber du chapitre et de la scène. Tout ce poids mort empêchait l'histoire d'avancer, faut croire. Y a ce côté vieille deux-chevaux qui a du mal à démarrer, parfois, dans l'écriture. Ou qui négocie mal une côté un peu raide, je ne sais pas. Mon peu d'appétence pour la chose automobile rend mes métaphores un peu hasardeuses.

Bref. Une petite livraison du jour, pour montrer que je bosse :



Uther acquiesça. Les coracles furent mis à l’eau, et tous embarquèrent. Brude tendit un manteau de toile noire à son demi-frère.
« Il y a encore trop de lune ce soir. Nous devons nous faire ombres dans l’ombre. »
Le chef accepta le don avec une certaine reconnaissance. La nuit s’avérait fraîche, et il put s’emmitoufler, couvrant son menton dont la cicatrice contournée le lançait. Tandis que les Pictes avançaient à la gaffe, Uther se laissa bercer par le doux clapotement rythmique. Son souffle se mit bientôt à l’unisson des coups de perche dans l’eau. Son esprit vagabonda à la surface, s’éloignant des bateaux. Il y avait bien des hommes sur l’île, et une présence qu’il ne parvenait pas définir. Il sentait comme une animalité, assez semblable à l’ours qui l’habitait depuis sa descente dans la caverne. Cela flottait au-dessus d’un point un peu plus élevé de l’île. L’esprit d’Uther s’en rapprocha. Il flottait comme l’équivalent spirituel d’une odeur de sang, émanant d’un arbre autour duquel des hommes faisaient cercle. La présence sembla remarquer Uther, qui battit en retraite.
Les coracles s’engagèrent dans le chenal saumâtre, peu profond, encombré de joncs et de roseaux, qui séparait l’île du Cantium. Les parfums de la mer avaient cédé la place à la lourde odeur de la vase pourrissante. Uther ouvrit les yeux.
« Il y a une ancienne ferme fortifiée au Sud de l’île, murmura-t-il. C’est là qu’ils sont installés. Ils se livrent à une sorte de banquet, je crois. »



Commentaires

MUNARO! a dit…
Salut Niko. Comment vas tu?

Je passe par ton blog pour te demander ton adresse mail. Je ne l'ai plus, j'ai perdu tout mes mails, je t'expliquerai.

Passe une bonne fête de fin d'année.

Tu pourras auto détruire ce message après l'avoir lu.

Cyrille Munaro.

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