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Elections, piège à quoi, déjà ?

Le résultat des dernières élections a atterré pas mal de gens dans mon entourage. Et en fait, c'était tellement prévisible que du coup j'ai un peu haussé les épaules. Ce qui est atterrant c'est surtout la pantomime des excités, qui sent le réchauffé un peu comme des raviolis dans un relais routier en déroute.

En plus, quand on décrypte les chiffres, on s'aperçoit qu'en vrai, le premier parti de France, c'est encore l'abstention, avec plus de 50%. Si ça se répercutait dans les assemblées, la chaise vide y serait majoritaire, joli symbole quand même.

De plus, quand on regarde en valeur absolue, en nombre de voix, on s'aperçoit que le vote FN est relativement stable, donc que le déferlement n'est qu'un mirage statistique et que le gros problème, c'est la capacité des autres partis à démobiliser leur propre électorat.

Du coup, tous les discours du genre "c'est un cri de colère" tombent d'eux-mêmes. Ce sont juste les mêmes gueulards qui parlent aussi fort que d'habitude, la différence est que les autres ont quitté la pièce et que ça fait plus de réverbération.

Le jeu des reports de voix devrait de toute façon limiter l'impact de ce premier tour. La vraie question, c'est dès lors l'amplitude de ce report de voix.

Parce qu'en 2002, par exemple, il avait joué à plein. Mais entre une Droite qui n'a toujours pas compris que le vote sanction de 2012 n'avait pas soldé les comptes du père Sarko (et je ne parle même pas de ses comptes de campagne), et une Gauche dont le leader naturel (le Premier Ministre, dans la logique des institutions) semble être un clone du sanctionné, malhonnêteté intellectuelle incluse, ça devient très, très dur. Tout se passe comme si le FN avait gagné la batailles des idées, comme si l'autoritarisme très bas du front devenait la nouvelle "seule politique possible". Et même le Front de Gauche s'est écrasé au moment de l'état d'urgence, ce qui sape pas mal les alternatives possibles.

Du coup, dans la configuration actuelle, la différence entre FN, LR et PS n'est plus une différence ontologique, mais une question de degré. Façon Cinquante Nuances de Brun, quoi.

Et du coup, l'atterrant ce n'est pas les rodomontade un peu m'a-tu-vu des Marinistes et de Marionnette, ni les philippiques de Philippot, mais la déliquescence visible et généralisée de ce que tous ces gens prétendent défendre, à savoir les Valeurs de la France, celles qui sont au fronton de nos institution et que tout le monde avait à la bouche y a encore quinze jours.

Les journées post électorales sont souvent grotesques, un festival de pauvres justifications, de tentatives de faire passer des défaites pour des victoires, des reculades pour des percées, et des compromissions pour de la sagesse. Mais là, on a l'impression d'être chez Jacques Martin, sauf que tout le monde a perdu, les électeurs les premiers.

Le problème n'est même pas celui du "tous pourri", parce qu'en bon pragmatique, je peux m'accommoder d'un pourri pour peu qu'il soit efficace. Non, le problème, c'est qu'ils sont tous pleutres (mais fiers à bras), tous charognards (mais honteux), tous à la ramasses (mais persuadés d'avoir raison), et tous à notre charge (mais brocardant les "assistés").








Bon, pour se changer les idées, on va mettre un peu de vieille musique de l'ancien temps :

Commentaires

Tonton Rag a dit…
Très bon article : la différence entre ces partis, une question de degré, très juste. En fait, sur le plan économique, le PS est le plus à droite des trois. Pourquoi ? Parce que, quand l'UMP-les républicains, essaye de faire une réforme trop réactionnaire et trop anti-sociale, les syndicats réagissent. Ce serait encore plus net si c'était le FN. Mais le PS peut faire passer ces contre réformes et ces attaques contre le code du travail. Le PS est économiquement à droite des républicains ou du FN...
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