Il est étrange, ce quai. Très large, séparant le fleuve des maisons trapues en pierre, pavé, la voiture n'y a semble-t-il pas cours. J'y déambule souvent, en rêve. Il ne correspond que par minuscules bribes à des lieux réels. L'espèce de marécage ou de vasière, en amont, qui marque le confluent avec une rivière paresseuse, ressemble peut-être partiellement à un bout de bras de mer que je connais, mais qui est loin de toute ville d'importance. Diverses rampes et volées de marche permettent de descendre jusqu'à l'eau. Souvent, pour rejoindre des canots amarrés, parfois des péniches ou de plus gros navires arrivés là Dieu sait comment. Suivant les rêves qui m'y conduisent, il peut y avoir des bouquinistes, des guinguettes, une digue séparant l'immense fleuve de la vasière, de l'activité de transbordement, voire même de la bagarre, mais ces éléments n'apparaissent pas systématiquement, et d'une fois sur l'autre les lieux évoluent. Parfois, j...