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À part l'appart

 Dans mon rêve de cette nuit, je venais de m'installer dans un vieil appart, dans un bâtiment de guingois, au fond d'une ruelle tortueuse.


J'y accédais par un escalier branlant, et devais me contorsionner pour en passer la porte, pas du tout à mes dimensions, pour découvrir qu'une autre porte, bien plus grande, donnait dans l'escalier principal dont j'ignorais jusqu'alors l'existence, mais que l'agence ne m'avait probablement rien dit pour pas que je me mélange avec certains voisins. J'étais obligé de m'expliquer avec l'un d'entre eux, un petit vieux qui stockait ses bibles dépareillées chez moi et à qui je dus offrir une bière.

À mesure que je prenais mes marques, je découvrais des pièces dont on m'avait caché l'existence. Le plafond du salon était fait de briques de verre dépoli, jointoyées au ciment opaque. Elles laissaient passer un peu de lumière, juste assez pour savoir quand quelqu'un se déplaçait au-dessus. On voyait et entendait ces ombres mouvantes, ces voisins que je ne devais pas voir, ou qui ne voulaient pas me voir : je n'avais même pas la clé de la porte donnant sur leur escalier, et je me promis d'en démonter la serrure à la première occasion.

Je décidai de sortir acheter quelques affaires et denrées dont j'avais besoin avant que les déménageurs ne viennent m'apporter tout mon fourbi, sans savoir si j'allais vraiment rester dans un lieu pareil.

En traversant les venelles tortueuses de la vieille ville pour me rendre au marché, je passais entre deux églises noircies par les fumées, imposantes, sépulcrales. Et là, je me pris à penser "ah, mais c'est d'ici que me vient ce coin de rue que je vois si souvent en rêve ! Il existe donc réellement, c'est marrant !"

Et bien entendu, cette espèce d'inception m'a réveillé, avec à la clé quelques secondes d'effet "papillon taoiste".

Je dors pas beaucoup, en ce moment, et pas très bien. Mais si, quand je parviens d'aventure à roupiller 3/4 d'heures de plus que d'habitude, c'est pour avoir des machins comme ça, c'est pas la peine, merci, tant pis pour les cernes.

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