Accéder au contenu principal

Writever Mars, Part 1

Avec un poil de retard, voici la première partie du mois de Mars…

 

 

 

1/Désert
Pendant longtemps, la tribu avait cru que le désert était tout ce qui existait, la totalité du monde. Elle naviguait d'oasis en oasis, s'orientant aux étoiles. Elle parvint un jour au bord de la mer. Les sages décidèrent: ce n'était qu'une autre sorte de désert.


2/Viking!
Le pauvre gars venait d'être repéré par les villageois alors qu'il testait un casque à cornes. Il voulut se défendre
"Mais les Vikings ne portent pas ces trucs! C'est pour…"
Ils ne le laissèrent pas finir. Ce jour là devint férié, celui de l'invasion repoussée.
 
3/Impact
Il s'était entrainé dans les meilleurs écoles de pilotage, on venait de lui confier un des appareils les plus avancés de son époque, mais on souda le cockpit après qu'il soit monté dedans.
L'empire n'avait plus besoin d'as de la chasse, mais de kamikazes.
 
4/Circonférence
rayon, diamètre…il avait étudié les dimensions des colonnes du temple d'Orghl et s'était livré à de savants calculs. Il y avait retrouvé la distance terre-lune, le dosage parfait de l'huile dans la mayonnaise et les chiffres du loto d'un siècle lointain.
 
5/Chroniques
Il avait fini par se faire accepter. Le héros le laissait le suivre et répondait même parfois laconiquement à ses questions. Astulph faillit ne pas survivre aux maintes quêtes dont il composa la chronique.
Mais c'est le seul nom de son maitre que l'on retint.

6/Planète !
La vigie du vaisseau était surexcitée. L'équipage pourrait se poser, se réapprovisionner et souffler un peu après sa longue traversée du vide.
Puis le scan fut formel: ce monde était peuplé d'humains, pire engeance de l'univers.
"plein gaz", dit le capitaine
 
7/Vapeur
Il montait une épaisse vapeur des tréfonds de la caverne, l'air restait pourtant glacial. Dakota Williams huma les volutes.
"On dirait des…"
"c'est pas des brocolis, professeur Williams!"
"en effet, qui irait préparer des brocolis à la vapeur 2000 m sous terre?"
 
8/Extraterrestre…
C'est ainsi que les autres l'appelaient. Il s'intéressait passionnément à des sujets qui leur échappaient. Mal à l'aise parmi eux, il finit par construire une machine, un portail qui le conduisit par delà des gouffres d'espace, et se sentit chez lui.
 
9/Olympe
Ce tour operator dimensionnel avait lancé un voyage organisé Divin passant par le Valhalla, le royaume étincelant… Il avait fallu qu'il ajoute de l'isolant sur le bus pour protéger de la foudre en traversant l'Olympe. Zeus, curieusement, tenait à son intimité.
 
10/Rouge
-On disait "plutôt rouge que mort", à l'époque. Ou l'inverse, je ne sais plus.
-Mais ça voulait dire quoi ?
-Aucune idée. Ils en avaient plein des comme ça 'chuis vert', 'je ris jaune'. C'était avant l'épidémie de fièvre daltonienne, et le sens s'est perdu.
 
11/Mission
"… si vous l'acceptez, devra être accomplie sous 48h. Si vous étiez capturé ou tué, nos services nieront avoir connaissance…"
Il coupa l'appareil et le jeta dans le recycleur, en ce demandant quel budget ces machines représentaient pour le service.
 
12/Esprit
Il aimait ce lieu abandonné, dont les murs étaient dévorés par les plantes grimpantes. Il venait souvent y converser avec l'esprit qui vivait là, une chose ancienne, semblant avoir oublié d'où elle venait et pourquoi elle restait attachée à ces lieux.
 
13/Cratère
Les colons de Fomalhaut-c venaient chaque année rendre hommage à leurs prédécesseurs moins chanceux. La minute de silence avait quelque chose de solennel, au bord de l'immense cratère marquant le point d'impact de l'énorme vaisseau.
 
14/Pôle
Il creusèrent la calotte glaciaire à l'emplacement exact du pôle, descendant de milliers de mètres pour atteindre le soubassement rocheux. Ils n'y trouvèrent rien de particulier et comprirent d'autant moins l'obsession des terriens pour cet endroit inhospitalier
 
15/Tempête
Cette tache mystérieuse dans l'atmosphère planétaire était une tempête gigantesque, repérée par les astronomes depuis des siècles, semblant n'en jamais finir.
Là s'était réfugié le dieu des colères atmosphériques, après la mort de son dernier croyant.
 
 

Commentaires

Côme a dit…
Merci pour ces instantanés toujours délicieux - et inspirants. C'est après avoir lu un de vos "Writever" que je me suis mis à écrire chaque jour à partir d'un mot au hasard, 111e jour aujourd'hui et je ne m'en lasse pas.
Alex Nikolavitch a dit…
Ravi que ce ce soit utile ! ce sont de super exercices, ça remuscle la créativité.

ils m'ont sorti d'une période où j'avais vraiment du mal à me remettre à écrire, aussi.

Posts les plus consultés de ce blog

Deux chouettes campagnes

Tiens, très vite fait, je signale deux campagnes de financement participatif :   La première concerne Fafhrd et le Souricier Gris , deux héros de fantasy patrimoniaux que je connais bien pour avoir traduit la version BD de leurs aventures. Là, une intégrale des nouvelles va sortir chez Mnemos et je suis associé au projet à mon petit niveau. Il reste deux jours dessus. Foncez.    L'autre, je n'ai rien à voir avec, mais elle est chouette, c'est une BD sur Jack Kirby et son passage dans l'armée , par Jean Depelley qui est un spécialiste mondial du sujet. Un beau projet, du coup. 

Au sommet du sumo

Ma tribu me connaît bien. Pour des raisons de récurrence calendaire sur lesquelles je ne m'étendrai pas, deux de mes rejetons m'ont offert des places pour le tournoi de sumo qui se tenait dernièrement à Paris. On y est allés ensemble, la moitié de la tribu Lavitch en expédition au POPB (oui, j'ai déjà parlé de ça, dans ces colonnes, mais pas question que j'appelle la pyramide verte par son nom sponsorisé. C'est Ed Norton qui avait raison, on aura bientôt la Galaxie Starbucks et l'Amas Globulaire IBM).  Le sumo, ils se souvenaient que c'est le seul sport que j'ai réellement suivi dans ma vie, pendant quelques années. Autant je ne crois pas avoir vu plus de 4 ou 5 matchs de foot en entier en plus d'un demi-siècle (dont 2 avec la Croatie et 1 avec l'équipe de Belgrade), autant, entre la fin des années 90 et la première moitié des années 2000, je regardais tous les bashos sur lesquels je pouvais tomber. J'étais fan des deux grands rivaux de l...

Là tu me vois, là tu me vois plus

 En zappant devant la télé l'autre soir, je suis retombé sur un bout d' Insaisissables ( Now you see me ), un film de prestidigitateurs qui profitent de leurs talents pour monter des braquages audacieux au nez et à la barbe des autorités. Je l'avais vu à l'époque, ainsi que sa suite, et j'avais pas détesté le premier, tout en émettant quelques réserves. Le deuxième, par contre, je l'avais trouvé raté à mort, parce qu'il amplifiait les défauts du premier. C'est en rédigeant cette note que j'ai découvert l'existence d'un troisième épisode, je savais même pas.  Le film est de notre Louis Leterrier national, dont j'ai pas vu tant de trucs que ça. Il a fait des trucs que je trouve plutôt cool et des machins que je trouve insauvables, et puis des trucs que je n'irais même pas toucher avec un bâton (genre un Fast and Furious , mais on y reviendra). Ceci dit, ça me semble être un bon faiseur, genre efficace. Les trucs de prestidigitateurs, à...

Seul au monde, Kane ?

Puisque c'est samedi, autant poursuivre dans le thème. C'est samedi, alors c'est Robert E. Howard. Au cinéma. Et donc, dans les récentes howarderies, il manquait à mon tableau de chasse le Solomon Kane , dont je n'avais chopé que vingt minutes lors d'un passage télé, vingt minutes qui ne m'avaient pas favorablement impressionné. Et puis là, je me suis dit "soyons fou, après tout j'ai été exhumer Kull avec Kevin Sorbo , donc je suis vacciné". Et donc, j'ai vu Solomon Kane en entier. En terme de rendu, c'est loin d'être honteux Mais resituons un peu. Le personnage emblématique de Robert Howard, c'est Conan. Conan le barbare, le voleur, le pirate, le fêtard, le bon vivant, devenu roi de ses propres mains, celui qui foule de ses sandales les trônes de la terre, un homme aux mélancolies aussi démesurées que ses joies. Un personnage bigger than life, jouisseur, assez amoral, mais tellement sympathique. Conan, quoi. L'autre...

Chronique des années de cagnard, livre 1

Pour citer une école de grands philosophes du passé, à savoir Les Négresses Vertes, "voilà l'été". Et il fait pas semblant, le bougre. Je dis pas qu'il fait chaud, mais j'attends quand même un peu la venue du Lisan al Gaib . Plus que de Dune , ce qui me revient c'est le début du premier épisode d 'Albator (version  78) avec les océans à sec. J'ai jamais compris pourquoi il y avait cet espèce de prologue, d'ailleurs, vu qu'ensuite on voit pas mal de plans d'eau et d'arbres. Est-ce que c'est un problème de traduction, un flashback mal intégré dans la VF ? Il va falloir que j'investigue à l'occasion. Et puis ça me donnera l'occasion de revoir ce truc qui a quand même pas mal contribué à forger mon imaginaire.      Effet secondaire de la réfection d'un épais mur extérieur, les fourmis qui s'y installent parfois n'avaient plus de porte de sortie. La volée nuptiale de cette année a donc eu lieu (avec trois semain...

Night at the opera

Nous vivions à une époque où tout nouveau genre de SF émergent se voit affubler d'un nom en "punk". Le phénomène date bien sûr des années 80 et de l'émergence du cyberpunk à partir de 84 et de Neuromancer . D'ailleurs, le mot ne s'est pas imposé tout de suite, à un moment, le fandom américain appelait ça "mirrorshades" du fait de ces lunettes de soleil à verres chromés que portaient les protagonistes des récits sur les illus, ainsi que certains des auteurs.   La première grosse anthologie était d'ailleurs titrée chez nous "Mozart en verres-miroir". Quand les deux papes du genre, William Gibson et Bruce Sterling ont estimé avoir fait le tour du truc à la fin de la décennie, ils sont partis dans une direction rétrofuturiste qui fut rapidement appelée steampunk par comparaison. Et puis ça s'est emballé et tout ce qui a suivi a été qualifié en punk : dieselpunk, biopunk, splatterpunk (si si, le mot a été utilisé dans les années 90 pou...

T'es OK, t'es Bat

Souvent, lorsqu'il y a des remakes, reprises ou variations sur un thème ancien, d'aucuns s'insurgent à la trahison parce que la nouvelle version ne ressemble pas assez à l'ancienne, ou que les choix de l'auteur conduisent à repenser le fond. Récemment encore, il y a le cas de la série Harry Potter (outre les polémiques entourant la transphobe en chef) qui désarçonne les fans. Précédemment, les nouvelles traductions de Tolkien, en introduisant Bessac à la place de Sacquet, pour toutes sortes de raisons dont de très bonne, ont fait grincer des dents. Très souvent, les débats de ce genre s'enflamment, avec toutes sortes d'arguments qui relèvent d'un phénomène intime plutôt que d'une vérité universelle.  Quand le processus se prolonge, on s'aperçoit que chaque génération a sa version à elle. Plein de jeunes gens ont grandi avec le Superman de Cavill et ne voient pas ce que des vieux cons comme moi trouvent à Christopher Reeves, mais vont tomber à br...

Un bonsoir en passant

Moins de War Zone ces jours-ci, vous l'aurez peut-être remarqué... Il se trouve que la famille s'est agrandie hier (bon, c'est pas exactement une surprise, hein*) et donc que les heureux parents (moi et madame) sont très occupés. Donc moins de vaticinations Warzonesques dans l'immédiat. Je vais essayer de fouiller mes sauvegardes pour vous gratifier ce soir d'un bout de l'Encyclopédie des Connaissances Inutiles, quand même. * la surprise, ce sont les conditions du truc. la clinique était en train de déménager. Je vous ferais bien un topo des opérations, mais vous n'y croiriez juste pas. C'est resté très bon enfant grâce au professionnalisme de tout le monde là-bas, mais, c'était du genre "tiens, y pas de lavabo dans cette salle ?" "non, il n'a pas encore été livré" ou la noria de chirurgiens en tenue qui poussaient des brancards chargés de cartons (je vous jure devant Dieu, je les vu de mes yeux et j'étais à jeun). Mais bo...

L'oncle Jo

Vous l'aurez peut-être remarqué, même si j'en parle assez rarement ici, j'aime bien Joseph Conrad. Les plus attentifs d'entre vous l'auront d'ailleurs repéré dans mes divers suppléments à l'univers du Château des Étoiles, où j'ai réussi à le glisser en douce.  Il a ressurgi récemment (ce midi, en fait) dans le cadre d'une mini-conférence donnée en visio (malgré le fait qu'une fois encore, je sois une quiche en terme de matos son, heureusement, ne me laissant pas abattre par le décès de mon adaptateur USB-C-Mini-Jack, j'ai pu faire le truc quand même), conférence qui était plutôt orientée Lovecraft. Le rapport, me demanderez-vous ? Très ténu. Mais c'est sur ce fil tenu que j'ai tiré à un moment. Parce que je suis comme ça, on me changera pas. Le sujet, c'était l'horreur maritime, un genre que HPL a quand même un peu exploré. Et, à un moment, je comparais celle-ci à sa grande soeur, l'aventure maritime. Dès lors, le nom de ...