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Et on remet deux thunes dans le bastringue

En cette période de Noël, on peut rappeler cette expression anglo-saxonne à propos du cadeau qui "keeps on giving". Eh bien Jacques Séguéla est un peu comme ça, lui aussi. Même quand on croit que les piles sont usées, il continue. Un vrai lapin Duracell. Tchikitchikitchikitchikitchiki ad lib. C'est assez fascinant.

On se rappelle sur sa tirade comme quoi "quand on n'a pas une Rolex à cinquante ans, c'est qu'on a raté sa vie". C'est marrant, on ne doit pas avoir la même notion du ratage ou de la réussite : moi-même, j'ai bientôt quarante ans, et je n'ai même pas de montre. Enfin si, mais elle est dans un tiroir, je ne m'en sers jamais. Et je l'avais eue en cadeau avec je ne sais plus quel abonnement (et à l'abonnement suivant, j'ai refilé la tocante correspondante à mon fiston, qui était content d'avoir une montre de grand). Pour moi, quelqu'un qui a besoin d'une montre, c'est quelqu'un qui court après le temps. C'est pas ce que j'appelle une réussite, pour ma part. Je suis très content de me créer mon propre rythme et de ne pas être à cinq minutes près. Et puis bon, la Rolex, c'est pas donné. Mettre dans une montre le prix de deux Encyclopédies Universalis complètes, je pige juste pas. Faut vraiment avoir trop de pognon. Bref.

Par la suite, il avait qualifié internet de "plus grande saloperie jamais inventée par l'homme". Bon, là encore, on n'a pas la même notion de la saloperie. Je croyais que les camps de concentration, le moteur à combustion interne, la retransmission du football ou la publicité étaient des saloperies bien pires. Mais je ne sors peut-être pas assez.

Et là, avec un à propos absolument sidérant, le voilà qui assène : "le salaire moyen d’un Chinois est 10 % du smic et ils sont heureux." Notons que c'est sur la foi d'un sondage qui ne traitait pas du tout de bonheur, mais de confiance en l'avenir. Mais admettons. De toute façon, je suppose que si le Chinois à confiance en l'avenir, c'est parce qu'il estime être en mesure à moyen terme de passer à 12 voire, soyons fous, à 15% du smic. Alors que le Français à qui on a bien montré que sa retraite, il pourrait se la foutre en suppositoire, que son logement, ce n'était pas gagné vu les tarifs pratiqués en ce moment et qu'on lui préparait un match Coppé-Fillon pour 2017, on peut comprendre que l'avenir lui semble morose. On devrait envoyer Monsieur Séguéla sans sa Rolex travailler 12 heures par jour dans une usine d'Iphones, tenez. On verrait ce qu'il en dit.

Mais bon, Jacques Séguéla est un publicitaire, il est donc normal que son rapport au réel soit ténu, voire inexistant. Ce qui est triste, c'est que la différence entre le pubard et le tubard, c'est que le tubard, on a des antibiotiques pour le guérir. Que le pubard, non.

Commentaires

JayWicky a dit…
Et puis visiblement, les pubards ne regardent pas les rétrospectives de l'année à la télé, comme les gens normaux (ils doivent préférer regarder les sondages sur cette saloperie d'Internet). Sans ça, Séguéla aurait revu cette image du "Zapping 2010 de Canal Plus" (diffusé hier ou avant-hier) montrant un ouvrier chinois qui déclarait, en début d'année, devant les caméras, que les salaires de miséreux et zéro protection sociale, ça commençait à lui faire comme un hérisson dans l'anus (je paraphrase).
Zaïtchick a dit…
C'est pathétique de voir qu'un mec qui était une pointure de la pub (on dit "com" maintenant ? Alors, le fils de pub serait devenu tête de com, alors ?), bref, que ce mec qui savait faire si bien parler de lui ("Wé, c'est moi qu'ai fait élire Tonton, la farce tranquille, tout ça..."), en soit réduit à sortir des imbécilités que J.C. Van Damme, lui-même refuserait de dire, pour faire parler de lui.

C'est pathétique, mais c'est bien fait.
Po(p)litiques a dit…
C'est dans l'air du temps, quoi. Y a comme un grand mouvement venu d'en haut (très haut) visant à convaincre les français que c'est dans le travail qu'ils doivent dorénavant trouver leur bonheur et que le salaire c'est très surfait.
Travailler plus, quoi.
Alex Nikolavitch a dit…
sachant que ce n'est pas la loi des 35 heures qui a signé le divorce entre les français et le travail, mais le Management à la française.

les employés de France Telecom et du Techno Centre Renault pourraient nous en parler. Ceux qui ont survécu, en tout cas.
Po(p)litiques a dit…
Mouais. Ca et le fait que le travail quand il ne permet que de survivre et pas de vivre (et encore moins d'améliorer la situation de tes enfants), c'est quand même pénible.
Mais bon, autant dire que tout ça c'est la faute des 35h et de Mai 68.

Marrant quand même que pour lutter contre le chômage, il faille garder les vieux plus longtemps et faire travailler plus ceux qui ont déjà un boulot. Moi, bizarrement, ça me serait pas venu à l'idée.

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