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Sang impur, sillons et autres étendards sanglants

Il ne faut pas sa voiler la face. D'ailleurs, c'est désormais interdit. Mais la situation est grave. Au train où vont les choses, dans trois semaines tout au plus, si l'on en juge par la rhétorique de ce qui nous tient actuellement lieu d'élites, nous serons en guerre contre le Luxembourg. Ce conflit répondra à un double objectif : détourner l'attention de la biographie de Carla Bruni qui sort ces temps-ci et permettre à Eric Woerth de commander un peloton de parachutistes ce qui lui permettra de passer pour un héros et le rendra intouchable pour plusieurs décennies, l'affaire Bettencourt devenant alors, par la force des choses, Secret Défense. Accessoirement, une bombe bien placée pourrait aussi détruire les archives de Clearstream et ce serait toujours ça de gagné.

Avec ses 43 véhicules de transports de troupe (dont au moins 24 blindés), le Luxembourg est tout à fait en mesure de se lancer dans des opérations de guerre éclair contre lesquelles l'histoire a prouvé que la France était tragiquement démunie. D'autant que l'actuel Ministre de la Défense est centriste. Rien que pour acheminer le porte-avions Charles de Gaulle sur le théâtre des opérations, il faudra abattre 174 ponts sur la Meuse et élargir le fleuve en 14 endroits à l'aide de tractopelles fournis par le groupe Bouygues. Compte tenu des réparations en cours, l'arrivée du Charles de Gaulle est prévue aux frontières du Luxembourg 14 mois après le début des hostilités. Le contrat de délégation de service prévoit que les travaux de terrassement seront payés d'avance et non remboursables en cas de non utilisation, comme les vaccins anti-grippe A de l'année passée.

L'équipement de nos vaillantes troupes sera confié au groupe Lagardère. Suite aux économies d'échelle demandées par l'actionnariat, l'acheminement de cet équipement fera l'objet d'un appel d'offre entre deux filiales logistiques du groupe, Hachette Livre et Prestalis. Nos soldats seront invités à retirer leurs boites de munitions dans les Relay les plus proches de leur lieu d'affectation, pour peu qu'aucune erreur d'étiquetage n'ait contrarié la diffusion.

Il va de soi que, pendant la durée du conflit, l'état d'urgence sera proclamé et la liberté de la presse suspendue, pour éviter que nos vaillantes troupes ne soient démoralisées par de fielleuses insinuations propageant le défaitisme droitdelhommiste, selon lesquelles les colliers d'oreilles portés par Xavier Bertrand et Frédéric Lefebvre pendant les conférences de presse proviendraient de Roms auxquels les appendices auraient été achetés 300 euros la douzaine.

Il va de soi que la défaite est inéluctable et que durant l'occupation qui s'ensuivra, le gouvernement se réfugiera chez le dernier régime ami qui nous restera, l'Italie berlusconnienne.

Par précaution, commencez à stocker du sucre, de l'essence et du saucisson sec. Pour les bananes, on se demande comment il se fait que nous n'en soyons pas déjà le premier exportateur mondial.

Commentaires

Mathieu Doublet a dit…
Quel fin stratège que ce Niko ! Niko président ! Niko président ! Niko président ! :)

(ouais, Niko avec k pas avec un c)

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