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Apo potins

Passé une partie du week end à bricoler dans Apocalypses. C'est à dire à déplacer des paragraphes, à transformer des encadrés en chapitres et inversement, à retailler des trucs, à rajouter des commentaires en note...

Ça donne des trucs dans le genre :


Les petits films pédagogiques diffusés à l'époque, comme le célèbre Duck and Cover (1951) sont absolument terrifiants, et incroyablement irresponsables. La Défense Civile voulait que, dans les écoles, les petits Américains puissent réagir convenablement en cas d'attaque nucléaire avec, comme exemple, la gentille tortue Bert qui se réfugie dans sa carapace en cas d'explosion. Totalement anxiogène, le film détaille les risques liés à l'explosion nucléaire, le fait que l'attaque peut se produire n'importe quand, et donne comme seule consigne aux écoliers de se cacher sous la table. Le film prend le temps d'expliquer que cela leur épargnera le gros des radiations, quand bien même dès cette époque, l'on sait que les plus ionisantes sont diffusées dès l'instant du flash. Au mieux, se couvrir permet d'éviter une partie des retombées et des radiations plus lentes (alpha, par exemple). Mais ce mélange d'agitation d'une menace absolue et le déni de ses conséquences sont, encore aujourd'hui, dérangeants, alors que toute bonne campagne de prévention se doit d'être anxiogène pour porter ses fruits*. La peur est de toute éternité un outil politique bien pratique.

Projeté dans les écoles dès le début des années 1950, ce petit film marquera de façon durable l'imaginaire collectif. Les enfants auxquels on aura appris duck and cover (plonge et mets-toi à couvert) seront ceux qui, la décennie suivante, brandiront des fleurs dans les manifestations pour la paix, ou iront au contraire se faire trouer la peau en Asie du Sud-Est.



* On le voit encore de nos jours avec les publicités pour des margarines anti cholestérol ou les campagnes de la société de cardiologie, de la prévention routière ou des associations de protection de l'enfance sur internet.

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