jeudi 5 janvier 2012

Qui nous gardera de nos bouquins ?

Depuis des années, quand on me parlait des rééditions françaises de Watchmen / Les Gardiens, fracassant chef d'oeuvre signé Moore et Gibbons, je ne suivais ça que distraitement. Je glissais parfois, dans la conversation, que j'avais la première édition VF chez Zenda, achetée à l'époque. Je jouais les vrais de vrais, les purs de durs, les apifiouves, quoi (alors que si un pote ne m'avait pas dit "Alex, je crois qu'il se passe vraiment un truc, là, faut que t'ailles voir cette série, je veux ton avis" alors que le tome 2 consacré à Doc Manhattan venait tout juste de sortir, je serais totalement passé à côté, soyons clairs. Et ma vie en aurait peut-être été changée, d'ailleurs, mais c'est une autre histoire), je flambais perfidement, je roulais les mécaniques. J'ajoutais même que j'avais l'autre première édition, celle toute moche et mal foutue d'Aredit Artima, mort-née au bout de deux numéros (achetée, quand à elle, quelques années plus tard, par curiosité malsaine, et aussi parce qu'il y avait en deuxième partie les The Question, de O'Neil et Cowan, dont je n'arrivais pas à trouver les premiers numéros en VO). Elle est drôlement intéressante, cette autre édition en kiosque d'époque : c'est le catalogue de tout ce qu'il ne faut pas faire. C'est en l'examinant que j'ai appris certaines choses sur la façon dont doivent fonctionner les maisons d'éditions qui font du comics. Plus de 20 ans après, ce sont des réflexions qui me guident parfois encore.

Par la suite, les diverses rééditions m'en avaient touchée une sans faire bouger l'autre. La Zenda en deux tomes, reprenant les images promotionnelles d'époque en guise de couverture, très bien faite, puis la Delcourt en un tome, restée un classique du genre, puis les diverses versions de l'édition Panini, avec la polémique sur la retraduction qui s'en était ensuivie. Certaines étaient agrémentées de matériel additionnel, mais je tenais à ma première édition. Pas par fétichisme de l'édition originale (en plus il manque un film de noir sur une ou deux pages d'un des volumes), mais par une forme de nostalgie, aussi. Ces bouquins m'avaient quand même asséné une sacrée claque, à l'époque. Déjà lointaine. Putain, ça ne nous rajeunit pas, tout ça. Bref.

Bref, c'était plutôt blasé que j'ai posé les yeux aujourd'hui sur un exemplaire qui trainait sur le bureau d'un type avec lequel je travaille. C'était genre le premier sorti de presse. Et le premier bouquin réalisé par le gars en question depuis qu'il avait pris la tête d'un nouveau label comics, cet automne.

Et puis, le bouquin, je l'ai pris en main. Belle bête, bien épaisse. Bien massive. Beau papier, mat comme j'aime, impression semble-t-il de première bourre (peut-être une très légère dégradation du trait sur certaines pages, faudrait que je compare, et si c'est vraiment le cas, ça vient probablement du processus de scannage chez DC). Beaux suppléments. Belle maquette. La traduction Manchette restituée (avec quelques légers dépoussiérages, assez logiques après tout ce temps).

C'est une absolue tuerie. Sans doute l'édition définitive. C'est simple, je crois que j'en veux un exemplaire. C'est absolument ultime dans le genre.

Vous voilà prévenus.




4 commentaires:

Geoffrey a dit…

Damned, moi qui possède la Delcourt, tu viens de me donner envie,surtout que bon, la Delcourt en plus d'être très épaisse , n'a pas le format comic-book, du coup au bout d'un moment ça pèse dans mes petites mains toutes fragiles...

Mathieu Doublet a dit…

"Elle est drôlement, cette autre édition en kiosque d'époque : c'est le catalogue de tout ce qu'il ne faut pas faire."

Il doit manquer un mot, là. :)

Sinon pour les Watchmen, je crois que c'est le travail de Moore auquel j'ai le moins accroché. Donc je vais certainement rester avec mon intégrale Delcourt (parce que j'ai les mains solides et fortes ;) )

Nikolavitch a dit…

moins grand, mais plus épais du double. je suis pas certain que ce soit moins lourd.

Geoffrey a dit…

Bon bin...je jugerai sur pièce dans ce cas ! ;-)