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Back from the talk

J'étais arrivé hyper préparé pour ma conférence. Ayant mesuré les raisons de mes soucis de cet hiver, j'avais complètement abandonné le principe du plan sur papier, décidant de m'en remettre exclusivement à une iconographie hyper structurée (l'autre raison de mes soucis, c'était que je n'avais pas dormi la nuit précédente. Mais comme je suis grièvement sujet au trac, j'ai pas plus dormi cette fois-ci, sans plus avoir l'excuse des copains et des verres de bière). Donc, j'avais sur moi 116 images, mises dans le bon ordre, permettant d'évoquer 100 ans d'histoire des comics, avec des auteurs, des personnages et des concepts clés. Plus Superboy distribuant des mornifles à des gorilles démesurés et Adam West juché sur un éléphant. Les images me servaient d'aide-mémoire, de guides, de moyen de rythmer la conférence, et d'illustrer certains points qui méritent d'être vus (le lettrage, par exemple, ou le travail des couleurs).

Et bien entendu, quand je suis arrivé, un problème de communication a fait qu'il n'y avait pas de projecteur. Ce sont des choses qui arrivent.

Sauf que j'étais là, devant mon public, sans un papier ni une image. J'ai hésité à aller piller le rayon comics de la bibliothèque (très bien fourni, d'ailleurs, alors que généralement, le comics est un peu le parent pauvre du rayon BD, dans les bibliothèques municipales), mais j'ai fini par renoncer : je me voyais mal brandir bouquin après bouquin pour montrer des cases minuscules à la cantonade en disant "vous voyez, c'est bien ce que je disais : dès qu'il dessine Peper Potts en train de mettres des vents à Happy Hogan, on comprend que Don Heck était taillé pour les romance comics, et pas pour les trucs de super-héros pif paf."

Et donc, ça a été les mains dans les poches, en étant bien content que je me sois cantonné à un plan parfaitement chronologique, ce qui permettait d'être raccord sans avoir besoin d'avoir des notes sous les yeux.

Les gens ont été contents. Après mon speech, les questions du public ont été d'autant plus intéressantes que ce public était varié, avec des gens ayant découvert les comics assez récemment, et d'autres étant des lecteurs de longue date (ceux-là, je les avais repéré dès le début de la conférence : ce sont ceux qui avaient un sourire entendu quand j'ai dit "et pour boucher un trou dans le premier numéro d'Action Comics, l'éditeur finit par accepter une histoire de Siegel et Shuster dont personne ne voulait, et qu'ils étaient tout contents de vendre pour deux cent dollars"). Mais du coup, il a fallu aussi que je fasse la traduction simultanée quand les fans posaient des questions. Parce que les autres ne savaient pas forcément ce qu'était un TPB, qui était Cable ou pourquoi il ne convient pas de faire lire The Boys à des enfants de dix ans. De là, la conversation a dérivé sur la censure dans les comics aux USA, la censure dans les comics en France, et donc fatalement sur le slip de Tarzan, les pulsions SM inconscientes de Moulton, et les publications Elvifrance.

Ce qui fait que, malgré l'incident technique initial, ça s'est quand même remarquablement bien passé. Et qu'en rentrant, j'ai hyper bien dormi.

Commentaires

artemus dada a dit…
Tu sais quoi amigo ! Ce genre de conférence, il faudrait que l'organisateur puisse l'enregistrer (à l'heure actuelle il me semble que le dispositif doit être asse simple. ceci dit s'il n'y avait pas de projecteur évidemment ... ); et toi, tu pourrais la mettre sur ton blog par exemple(en format mp3).

Je suis sûr que ça intéresserait du monde.
Alex Nikolavitch a dit…
le plus difficile, dans ces cas-là, c'est la prise de son : la conférence DC à Angoulème, le son était épouvantable;

pour avoir un truc correct, il faudrait un micro-cravatte, des trucs comme ça.

Après, Jim Lainé postait les transcriptions de ses conférences, à une époque. En ce qui me concerne, c'est pas trop possible, puisque le texte se résume, dans le meilleur des cas, au plan sur lequel je brode ensuite en fonction de mon auditoire.
Odrade a dit…
Oui j'ai beaucoup regretté de ne pas avoir enrégistré ta conférence à Angougou.
C'était vertigineux.

;o)


O.

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