lundi 30 mars 2015

Encore un petit bout

Tiens, vu que j'ai passé du temps à remettre de l'ordre dans les notes correspondant à ce bouquin, voici un autre extrait du roman sur lequel je bosse depuis quelques temps :



Wangen risqua un œil à son tour. L'objet qui approchait dans la nuit immense n'était ni une nef, ni une barge. Cela ressemblait plutôt à une monture sur laquelle était juché le drone le plus répugnant qu'il eut jamais contemplé en face. Installé à califourchon sur une selle d'orichalque, l'être difforme fixait la barge des fugitifs avec des yeux grands comme des assiettes, aux pupilles immenses, des gouffres sans fond conçus pour y voir même dans les ténèbres séparant les mondes. Ses doigts filiformes au bout de bras démesurés s'agrippaient à des pommeaux répartis le long des flancs de son étrange cavale et dansaient, bondissant de l'un à l'autre à chaque fois qu'il avait un ordre à lui transmettre. Derrière lui, l'on devinait d'autres formes semblables. C'étaient donc cela, les fameux limiers montant la garde le long des routes du Mental, traquant les voyageurs trop faibles pour résister à leur sauvagerie. Ils étaient la raison pour laquelle, depuis deux millénaires au moins, les hommes qui s'éloignaient par trop de leurs territoires privilégiaient les immenses et lourdes nefs, que les limiers ne pouvaient espérer violer qu'au prix de pertes monstrueuses dans leurs propres rangs. Une barge isolée n'avait guère de chance de leur résister, surtout conduite par un drone qu'on n'arrachait à l'influence de ses maîtres qu'au prix d'un effort aussi conséquent que continu.

2 commentaires:

  1. J'aime bien...même en dehors de son contexte on est rapidement intéressé. Cela me rappelle le style de Cliford Simac.

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  2. Je le prendrai d'autant plus comme un compliment que je sais que tu aimes beaucoup Simak (et que c'est d'ailleurs toi qui m'avais réconcilié avec cet auteur)

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