samedi 17 mai 2014

Et zim, et boum, et tatsi-tatsoin



Cela fait quelque temps que je ne vous avais pas gratifiés d'un bon fix de musique militaire nord-coréenne. Alors que j'adore, c'est tellement premier degré qu'on ne peut absolument pas le consommer au premier degré. C'est vraiment un plaisir délicat.





Et c'est parfait comme bande-son pour mes efforts actuels de finalisation de Cosmonautes !, cette instructive monographie qui sera à la rentrée dans toutes les bonnes librairies, publiée par les Moutons électriques (sur le stand desquels je serai en dédicace demain, je vous le rappelle au passage).

Je vous en rebalance un extrait, tiens, pour vous faire patienter :

C'est en 1903, l'année où sur la plage de Kitty Hawk, les frères Wilbur et Orville Wright font péniblement décoller leur premier Flyer, un engin fragile et pataud bricolé entre autres à partir de pièces de bicyclettes, que le mathématicien Constantin Tsiolkowski pose les bases conceptuelles de l’astronautique. Pour lui, l'essentiel du problème est de nature mathématique : il s'agit de définir les vitesses nécessaires pour accéder à l'orbite, puis pour s'en libérer et partir dans l'espace interplanétaire. Pour y parvenir, son ouvrage L'exploration de l'espace cosmique par des engins à réaction propose des moteurs de fusées à carburants liquides qui remplacent avantageusement les énormes canons de Jules Verne et consorts. Essayant de baliser tout ce champ nouveau, Tsiolkovski explique qu'il faudra stabiliser ces nouveaux appareils à l'aide de batteries de gyroscopes, et envisager un système de propulsion par étages successifs, des principes qui feront école. Dans le même ordre d'idée, il développe les concepts qui mèneront aux satellites et à ce qu'on appellera par la suite l'ascenseur orbital, un câble tendu entre la surface et l'orbite géostationnaire qui permet d'expédier de lourdes charges avec une dépense en énergie réduite.
Dès lors que ses thèses se diffusent, elles attirent l'attention de toute une génération d'ingénieurs qui vont les étudier en détail et tenter de leur donner une traduction technique. Ils s'appelleront Oberth, Noordung, Goddard, Von Braun ou Korolev, mais ils ne feront parler d'eux que quelques décennies plus tard. Car avant de tenter l'orbite, il faut déjà arriver à voler plus de quelques secondes, ce que les aérostats et autres dirigeables font très bien, mais à des vitesses et des manœuvrabilités réduites. Le plus lourd que l'air n'en est qu'à ses balbutiements, et si le principe du moteur a réaction est connu (Et là encore, depuis l'antiquité, la machine à vapeur d'Héron d'Alexandrie en témoigne), on est loin de disposer des moyens de lui donner une traduction concrète. Les Santos Dumont, Farman, Blériot et autres Voisin en sont encore à batailler avec les forces de l'aérodynamique, avec des matériaux aussi peu adaptés aux hautes altitudes que la toile et le balsa, et des moteurs à piston qui empestent l'huile de ricin. Et même ainsi, à ce degré frustre, il faudra la guerre pour que cette technologie soit convenablement financée et développée.

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